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Aux Etats-Unis en revanche, les amateurs ne purent assister qu'à la fin du transit car le phénomène avait déjà commençé chez eux plusieurs heures avant le lever du Soleil. Vu les conditions météos aux petites heures du matin, la plupart des photographies ont été réalisées sous un ciel brumeux ou partiellement nuageux, envahi de cumulus et de stratus. Bien que les conditions d'observation aux Etats-Unis n'étaient pas du tout propice à ce genre de spectacle, certains amateurs n'ont pas hésité à sortir leur lunette apochromatique ou leur téléobjectif pour réaliser des photographies d'une grande valeur esthétique comme en témoigne les trois documents présentés ci-dessous parmi beaucoup d'autres. Une simulation de 7.4 MB Mpeg préparée par le GSFC
L'équipement Voyons à présent quel type de matériel ont utilisé les amateurs durant cet événement. Les clubs et les groupes d'amateurs ont souvent travaillé avec des optiques de 50 à 200 mm par projection oculaire sur un écran et donc sans filtre protecteur. Lorsqu'ils étaient isolés la plupart des amateurs ont utilisé un filtre solaire d'une transmission inférieure à 1/1000 (densité optique de 3 à 5), ajusté au diamètre de leur objectif ou excentré, parfois simplement attaché avec un élastique quand il s'agissait d'une simple feuille souple. Beaucoup d'amateurs isolés ont utilisé de petites lunettes achromatiques (doublets) comme la lunette de 80 mm d'ouverture Orion ST-80 ED et autre Tele Vue Pronto 76 ou 85 équipée de filtre solaire objectif. A mon grand étonnement, parmi mes relations pas moins de cinq amateurs avertis ont utilisé ces petites lunettes, soit seules et fixées sur un trépied ou sur une monture équatoriale soit montées en parallèle sur de gros télescopes qui, pour une fois, leur servaient de guide. Quelques amateurs chanceux n'ont pas hésité à sortir leur "bazooka", je veux dire leur lunette apochromatique Astro-Physics, Pentax, Takahashi or Zeiss de 100 à 155 mm d'ouverture, leur télescope Newton-Cassegrain ou leur Schmidt-Cassegrain de 200 ou 300 mm de diamètre. Parmi les accessoires sortis tout spécialement pour cette occasion, citons les lunettes de Soleil protégées par un film polymère, une feuille de Mylar ou un film AstroSolar de Baader en polyester aluminé, le filtre solaire pleine ouverture en verre métallisé jusque 250 mm de diamètre (les modèles d'Orion Telescopes ou le modèle 2+ de Thousand Oaks Optical, le filtre interférentiel H-alpha de Coronado ou de Daystar, le prisme d'Herschel, la lentille de Barlow 1.8 et 2x et les oculaires de longues focales (32 à 12 mm).
Parmi les boîtiers photographiques utilisés, pour les vues rapprochées du Soleil tous les amateurs ont choisi un modèle numérique, allant du petit APN Casio Exilm EX-S2 au réflex Nikon D1X en passant par la webcam Philips Vesta Pro ou la caméra vidéo Panasonic NC-DS15. A propos du couplage entre le système oculaire et le boîtier numérique, si beaucoup d'amateurs ont utilisé une bague T adaptée à leur boîtier et ont travaillé au foyer primaire de leur télescope ou par projection oculaire avec une bague d'extension, dans certains cas l'objectif de l'APN, de la webcam ou de la caméra vidéo était inamovible. Dans ce cas ils ont travaillé en mode afocal, plaçant l'oculaire ou le système de projection assimilé tout près de la lentille de leur APN, effectuant la mise au point à l'infini quand s'était possible et plaçant le mode zoom optique au maximum (3x à 10x). Il y eu quelques accidents sans gravité comme cet amateur pourtant averti qui a vu son filtre solaire vissé sur son oculaire éclater sous la chaleur (cette solution est déconseillée pour cette raison), cet autre qui constata que son filtre Mylar était piqueté et qui dût en catastrophe colmater tous les trous d'épingle avec un stylo feutre et de la peinture noire pour éviter les reflets parasites (d'où l'intérêt des filtres solaires de qualité) ou cet autre amateur qui brisa sa caméra CCD et dût se rabattre sur son appareil photo numérique. Nos préparatifs étant terminés et le transit étant sur le point de commencer en Europe, voyons quelques unes parmi les plus belles images enregistrées durant cet événement qui, faut-il le rappeler ne se reproduira plus avant le 6 juin 2012. Si vous avez ratez celui-ci, réservez déjà la prochaine date parce que dame Nature ne vous offrira pas une troisième chance.
Pour être complet, rappelons que le 6 juin 2012 seuls les observateurs habitants dans les fuseaux horaires +7 à +12h GMT (Russie-Chine-Philippines-Australie-Nouvelle Zélande) pourront suivre la totalité du transit de Vénus. Cette fois Vénus passera devant la partie supérieure du Soleil comme indiqué ci-dessus (les heures indiquent le plus grand transit). En Europe, le Soleil ne se levant que vers 4h TU, les observateurs ne pourront assister qu'à la fin du transit (3eme et 4eme contact) qui aura déjà débuté au Etats-Unis vers 22h TU. A Paris ou Bruxelles le Soleil ne sera qu'à 6 ou 8° au-dessus de l'horizon lors du 3eme contact. Inversement à Los Angeles ou au Québec les amateurs n'assisteront qu'à la première phase du transit (1er et 2eme contacts) peu de temps avant le coucher du Soleil. A vous de réaliser des images aussi esthétiques que celles réalisées cette fois-ci par nos collègues américains. Un horizon Est (Europe) ou Ouest (USA) dégagé en bordure de mer sera l'endroit idéal pour observer ce phénomène. L'événement du siècle Dès le premier regard à l'oculaire, tous les amateurs furent surpris par la taille de Vénus (nous avions tous en tête le disque minuscule de Mercure) et plus encore par la netteté de son disque qui semblait coupé au couteau. Nous avions en effet l'habitude d'observer son croissant qui est légèrement flou. Moyennant le port de lunettes à éclipse, Vénus était même visible à l'oeil nu comme un petit point noir se profilant devant le Soleil. Cet événement allait sans aucun doute être spectaculaire, et notre pressentiment fut confirmé tout au long de son évolution.
L'effet de goutte noir et le halo Parmi les "effets de bord" annexes au transit, notez l'effet de "goutte noir" aux environs du 2eme et du 3eme contact visible de manière plus ou moins prononcée sur quatre des images présentées (Ayiomamitis, Dierick mais suspecte, Bishop et Chrisman) ainsi que l'arc de lumière ou halo dans l'atmosphère de Vénus sur les images précédent le 2eme contact et suivant le 3eme contact (Comolli, Smaal et Seip). Ce dernier effet dura 20 minutes selon l'observation faite par Lorenzo Comolli avec un S-C de 200 mm.
Selon Tom Van Flandern de l'institut META Research, "la goutte noir est provoquée par les différences de réfraction des cellules convectives de l'atmosphère terrestre". Bradley Schaefer[1] précise que "l'image idéale...sera déformée...ce qui donnera une image quelque peu floue sur les bords (c'est-à-dire ce qui est considéré comme les limites du disque) et ressemblant à une goutte noire. La principale raison de cette déformation est liée aux conditions d'observation astronomiques (associées au faible angle de dispersion dans l'atmosphère terrestre) ainsi qu'à la diffraction dans le télescope (le disque d'Airy). Parmi les autres contributions à cet effet mais qui ne sont généralement pas dominantes citons les imperfections dans l'optique instrumentale, les imperfections dans les yeux de l'observateur, la résolution angulaire du détecteur et même la dimension physique de l'objectif de l'instrument". Donc en résumer, l'effet de "goute noir" est avant tout lié à la hauteur du Soleil au-dessus de l'horizon (les conditions d'observation), ensuite à l'effet de diffraction, tandis que la résolution instrumentale et donc la taille du télescope vient loin derrière. C'est bon à savoir. Voici les photographies. Toutes les images présentées ci-dessous ont été redressées, présentant le Nord au-dessus et l'Ouest à droite, comme si vous observiez le Soleil à l'oeil nu. La chronologie des événements a également été respectée.
Pour plus d'information Les maths faciles derrière le transit de Vénus, par Fred Espenak, NASA-GSFC 2004 and 2012 Transits of Venus, par Fred Espenak, NASA-GSFC Sun-Earth Day Venus Transit 2004 (et le prochain transit), NASA-GSFC Where was the black drop ?, Sky Tonight (anc.Sky & Telescope) The black drop effect, par Chuck Bueter The black drop effect, par Tom Van Flandern Transit of Venus of 9 december 1874, par H.C.Russell Galleries d'images Transit of Venus observed by TRACE ESO Gallery of Venus Transit 2004 Filtres Orion Telescopes & Binoculars (filtre solaire en verre métallisé) Baader-Planetarium (film AstroSolar en polyester aluminé) Thousand Oaks Optical (filtre solaire en verre métallisé, en polymère noir et filtre H-alpha Lumicon) Coronado (filtre H-alpha) Daystar (filtre H-alpha) Voir également mes 1001 Links, Manufacturers |
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[1] Bradley Schaefer, "The Black Drop Effect", Journal for the History of Astronomy 32:4 (Nov. 2001), p334. |
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