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Présentation de l'iPhone d'Apple Premiers piratages (II) A peine l'iPhone d'Apple était-il sorti d'une semaine que plusieurs pirates informatiques expliquaient déjà sur leur blog comment utiliser le nouvel appareil sans payer l'abonnement obligatoire à l'opérateur désigné (AT&T aux Etats-Unis). En effet, certains utilisateurs aimeraient utiliser leur iPhone dans une fonction téléphonique semblable à celle de l'iPod muni d'une connexion WiFi mais sans être obligé de souscrire un abonnement téléphonique. Plusieurs méthodes de piratage sont décrites sur le site iPHone Dev Wiki. Parmi celles-ci, il y a une méthode très technique qui intéressera les développeurs, découverte par le hacker norvégien Jon Lech Johansen, mieux connu sous le pseudonyme de "DVD Jon". Dans un message publié dès le 3 juillet 2007, il expliquait sur son blog qu'il est possible d'activer cette fonction en utilisant, d'une part le logiciel Phone Activation Server (PAS) tournant sous MS .NET Framework 2.0, et d'autre part en modifiant les paramètres hardcodés dans certains registres mémoire de l'appareil via l'édition du fichier iTunes.exe (sous Windows XP ou Vista) avec UltraEdit-32. Il faut enfin modifier le fichier /etc/hosts pour rediriger temporairement les requêtes DNS vers votre ordinateur. Ainsi que les spécialistes le comprendront, il faut également veiller à libérer le port 80 durant la manip (fermer tout serveur Apache ou IIS). Une fois les données sauvegardées, le PAS et iTunes lancés, l'activation sera effective moins de 60 secondes plus tard. Mais il existe une manière plus simple d'activer l'iPhone. Elle consiste à prendre la carte SIM d'un iPhone déjà activé et de la placer dans un iPhone non activé. Placer ensuite le nouvel iPhone sur son socle (dock) et lancer iTunes. iTunes va immédiatement activer le nouvel appareil auprès de l'opérateur. Cela prend 2-3 minutes. Par ailleurs, l'utilisateur ne devra plus encoder les informations personnelles associées à son compte. Et si ces méthodes ne suffisent pas, la version américaine de PC Magazine explique comment craquer la limite des 100-120 chansons téléchargeables par iTunes sur l'iPhone ! Faut-il rappeler que tout cela n'est vraiment pas très légal. Décidemment, les programmeurs auront toujours une longueur d'avance sur les constructeurs de PDA et autres combinés ! Alors qu'ils ne seront commercialisés en Europe qu'en 2008 seulement, attendez-vous donc demain à voir des iPhone dans nos rues sous Base, Orange ou BT ! Moralité : quand les entreprises s'entendent avec les opérateurs pour monopoliser le marché ou brider leurs appareils, attendez-vous à ce que le public réagisse et se défende. Cela va peut-être incité Apple à ouvrir un peu plus son iPhone. En attendant, les hachers tentent le tout pour le tout... A lire : L'iPhone d'Apple a été débloqué (sur le blog) Première vulnérabilité du système d'exploitation Le ver est dans la pomme La société PandaLabs qui vend notamment des solutions anti-virus et anti-piratage, a prévenu le public le 10 juillet 2007, qu'acheter un iPhone en ligne peut coûter au client beaucoup plus que le prix du téléphone.
En effet, si votre ordinateur fait partie de l'un des 7500 PC zombies du réseau Botnet (bottom network) infecté par le virus troyen "Aifone.A bot", cela pourrait vous coûter tout ce que vous avez épargné à la banque. En effet, PandaLabs a découvert un outil utilisé par des cybercriminels qui permet de contrôler le Botnet. Si les utilisateurs d'un ordinateur infecté essayent d'acheter un iPhone par Internet, ils seront reroutés vers une page piratée simulant la page officielle d'iPhone. S'ils essayent d'acheter l'appareil à partir de cette page usurpée par spoofing, autant dire qu'ils offriront réellement leur compte en banque aux cybercriminels ! Les cyberescrocs peuvent également utiliser cet outil pour afficher des menus popups et des bannières faisant de la publicité pour l'iPhone afin d'inviter les utilisateurs infectés à visiter la page piratée. "C'est l'une des attaques les plus sophistiquées que nous avons rencontré visant une communauté d'utilisateurs, dans ce cas-ci les utilisateurs de l'iPhone. C'est une attaque vraiment complexe et dangereuse qui combine des éléments malveillants (le Troyen), de phishing (la page Web usurpée) et même un adware (popup, modification des résultats de recherche, etc)", déclare Luis Corrons, directeur technique de PandaLabs. Les utilisateurs qui souhaitent vérifier si leur ordinateur a été infecté par ce virus malveillant peuvent effectuer gratuitement un scanning de leur système à partir du site Infectedornot qui exploite le logiciel Nanoscan. Appuyez sur le bouton suivant pour accéder au site. Ne vous inquiétez pas s'il installe quelques fichiers localement (ini et dll) avant de lancer l'opération. Le scanning dure une bonne minute. "C'est une bonne chose d'utiliser le Nanoscan pour vérifier si un malware est installé sur votre système avant d'effectuer un achat ou un transfert bancaire en ligne", a déclaré Ryan Sherstobitoff, Product Technology Officer chez Panda Software. Le Nanoscan dispose des signatures de plus d'un million de virus et autres malwares, c'est un record dans sa catégorie. A ce jour, 14% des ordinateurs scannés étaient infectés par une forme de virus. Notons que je me suis inquiété pas plus tard que le 19 juillet sur le forum de Kaspersky du fait que ce Troyen ne figurait pas dans l'encyclopédie Viruslist. Je n'ai pas eu de réponse claire de la société, tandis que le modérateur du forum a simplement répondu que la base de données ne pouvait pas lister tous les virus ou toutes les détections et que d'autres virus avaient des effets tout aussi graves. A chacun de juger. La "découverte" des experts Le 19 juillet, j'écrivais en conclusion de cet article : "Une chose est sûre, le Botnet représente la première faille dans le système d'exploitation de l'iPhone. Mais relativisons la gravité de la situation, car ce genre de vulnérabilité est hélas "programmé" dans tout système d'exploitation. Espérons seulement qu'on n'en reparlera pas trop souvent, mais j'en doute vu l'ampleur du phénomène iPhone. C'est la rançon du succès ! Espérons aussi que Steve Jobs ne mordra pas dans la pomme et fixera le problème." Et que lisait-on le 23 juillet dans le New York Times : "Des experts en informatique de l'Independent Security Evaluators (ISE) annoncent qu'ils ont découvert une vulnérabilité dans le système d'exploitation de l'iPhone d'Apple". Vous constaterez que l'article reprenait en fait ce que PandaLabs avait découvert deux semaines plus tôt, à savoir l'existence d'une faille dans le système d'exploitation de l'iPhone, mais dont pratiquement personne n'avait parlé jusqu'à présent ! Le rapport des trois experts transmis à Apple dès le 17 juillet expliquait que moyennant une connexion WiFi via le navigateur Safari ou grâce au réseau Botnet (par usurpation - spoofing - du site officiel d'Apple), il est possible de prendre le contrôle d'un iPhone à distance. Dans leur rapport, les trois experts affirment que la vulnérabilité est d'autant plus grave que "tous les processus essentiels tournent avec les privilèges d'administrateur, ce qui signifie que toute application touchée peut alors servir de point d'accès au terminal." Pour les utilisateurs de l'iPhone ne connaissant pas les méthodes du réseau Botnet et des PC zombies, les trois experts expliquaient que l'iPhone peut être contaminé et piraté en visitant simplement une page usurpée dans laquelle se loge le Troyen. Ainsi que nous venons de l'expliquer à propos du mode de fonctionnement du Botnet, lorsque le visiteur se trouve sur la page piratée, le ver est pour ainsi dire dans la pomme ! En effet, le pirate n'a plus qu'à ouvrir à l'insu de l'utilisateur un canal d'accès vers son iPhone pour télécharger toutes ses données personnelles, y compris ses numéros de téléphone et ses adresses e-mails privées. Les experts confirment qu'ils sont même parvenus à donner un appel téléphonique, à faire vibrer l'appareil, vérifier l'historique des connexions Internet, envoyer un message SMS, déclencher l'enregistrement audio, lire les contacts vocaux, et plus encore !
Apple a donc été contraint de corriger son système d'exploitation de toute urgence et proposer un premier "fix" à ses milliers de clients, un mois à peine après la sortie de l'iPhone. Je ne suis pas certain qu'il faille applaudir la découverte, car si la faille est de taille, elle aurait déjà pu être corrigée puisque PandaLabs savait que le ver était dans la pomme depuis le 10 juillet 2007 ! Notons que le site Security Evaluators décrit la vulnérabilité de l'iPhone dans plusieurs articles rassemblés sous le titre "Exploiting the iPhone". Suite à la découverte de ces vulnérabilités, le 30 juillet 2007, Apple a publié une mise à jour de sécurité du firmware de l'iPhone. Cette version 1.0.1 (1C25) est téléchargeable par iTunes. Et les mises à jour se succèdent. Déblocage de l'iPhone Le 24 août 2007, une équipe de six jeunes hackers américains de l'organisation Dev Wiki annonça qu'elle avait débloqué l'iPhone, dont le système était verrouillé sur un seul opérateur, afin de pouvoir utiliser l'appareil avec les cartes SIM de n'importe quel opérateur, brisant ainsi le monopole d'AT&T et des opérateurs exclusifs. Deux solutions avaient été testées avec succès, l'une hardware, l'autre software. A lire : iPhone SIMfree débloque l'iPhone pour 100$ ou pour 40 € Cette manipulation intéressant de nombreux utilisateurs ou clients potentiels, on peut se demander si elle est légalement autorisée ou s'il s'agit réellement d'un piratage. L'un des hackers prétendait que la manip n'était pas illégale. Que dit la loi ? En Europe, la directive EUCD (EDRi) protège les brevets de fabrication de la même manière que le DMCA américain. L'EUCD est même plus complète car elle protège les droits civils et les droits transversaux tels ceux associés à Internet et à la communication dans la société de l'information (rétention illégale d'information, spam, violation de droit d'auteur, blocage et filtrage de contenu sur Internet, etc).
Voyons ce que dit le DMCA en collaboration avec un avocat américain. Aux exceptions près, l'EUCD appliquera les mêmes termes à l'iPhone européen. Plusieurs points sont à retenir. Comme tout produit informatique, le firmware de l'iPhone est protégé par le copyright tel que transcrit dans le DMCA. Toutefois, en 2006, le Bureau du Copyright américain a défini 6 exceptions dont l'une autorise les utilisateurs à débloquer leur téléphone cellulaire (GSM) "dans le seul but de se connecter légalement à un réseau de communication téléphonique sans fil". Apple et AT&T ne peuvent donc pas poursuivre les auteurs selon les clauses du DMCA. Mais le DMCA ne dit pas non plus que les sociétés ne peuvent pas poursuivre les contrevenants sous le couvert d'autres lois. En fait, la loi dit que le firmware de l'appareil n'est pas protégé par le DMCA si vous débloquez l'appareil pour vous connecter légalement à un réseau mobile. Ce qui est une définition très précise. Elle ne signifie pas qu'il est légal de débloquer l'iPhone. Seul problème, les exceptions au DMCA autorisées par le Bureau du Copyright ne sont valables que durant 3 ans. Cela signifie qu'elles expireront en 2009. Evidemment, d'ici là on sera déjà à la troisième génération d'iPhone, ils auront conquis le monde, la justice aura fait son oeuvre, mais cela veut également dire que débloquer l'iPhone pour le simple plaisir est actuellement illégal aux Etats-Unis. Mais qui va contrôler les utilisateurs ? Apple sans doute ? En revanche, en Europe la situation est différente et tant la Commission Européenne que les Etats membres peuvent édicter leurs propres lois. Ainsi, dès 1996 la Commission Européenne estimait que si un client demandait le déblocage de son terminal, l'opérateur devait accepter cette requête. Le droit français a concrétisé cette idée. L'article 5 de la décision n° 2005-1083 de l'ARCEP (l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes) en date du 8 décembre 2005 prévoit qu'afin de garantir la liberté de choix des clients : - l'abonné a le droit de demander à tout moment le déblocage de son terminal, éventuellement contre un paiement au montant prévu dans les tarifs de son opérateur ; - l'opérateur a l'obligation de communiquer gratuitement à l'abonné la procédure de déverrouillage de son terminal à l'issue d'une période au plus égale à la durée de l'engagement éventuel du client auprès de son opérateur, ne devant en aucun cas excéder six mois à compter de la date de conclusion du contrat d'abonnement. Aussi, la question de savoir si vous perdez votre garantie si vous débloquez l'iPhone, légalement la réponse est non. L'opérateur ne peut pas non plus poursuivre le client pour ce motif. Mais je crains qu'il faille aller en justice pour faire valoir votre bon droit. En effet, actuellement, que vous achetiez un iPhone aux Etats-Unis, près de chez vous ou en ligne, dès lors qu'il est débloqué, en cas de panne, Apple considère que la réparation est à votre charge. Pourquoi ? Car ainsi que nous le disions dans le cadre du DMCA, ni la loi française ni aucune autre loi interdit à Apple d'autres voies de recours. Lesquelles ? Apple pourrait invoquer la concurrence déloyale (mais les autres opérateurs lésés se défendront) ou plus sérieusement le droit de la propriété intellectuelle, à condition toutefois qu'il puisse démontrer que le déblocage porte atteinte à l'intégrité logicielle et/ou matérielle de l'iPhone, ce qui est loin d'être démontré. Enfin, Apple peut refuser les effets de la garantie dès lors que l'iPhone a été débloqué selon une procédure non-conforme à celle établie par ses soins. Et c'est généralement sur ce principe que se fondent les constructeurs. Alors légal ou pas légal ce déblocage ? Débloquer l'iPhone pour son seul bénéfice personnel ne va pas vous attirer d'ennuis. Un jugement allemand du 21 novembre 2007 va d'ailleurs plus loin, dans l'esprit de la décision de la Commission Européenne. Contre-effet sans surprise de cette décision, l'opérateur allemand T-Mobile vend l'iPhone beaucoup plus cher que prévu (999 € au lieu de 399 € s'il est associé à un contrat et un forfait). Il faut seulement être conscient des risques, comme le fait que la manip peut annuler la garantie du constructeur qui refusera probablement de réparer votre appareil si un jour il tombe en panne. Ceci dit, le logiciel iPhone SIMfree permettant de revenir à la configuration originale, il suffit de lancer la procédure en cas de panne de l'appareil (à condition qu'il fonctionne encore un peu) ! C'est du piratage et punissable ? Non, rassurez-vous, puisqu'il s'agit d'un usage privé. Convaincu ? Des iclones de l'iPhone au trompe l'oeil Si le côté tactile et l'ergonomie de l'iPhone ont séduit beaucoup de consommateurs, la concurrence s'est laissée distancée par l'innovation. En effet, six mois après sa sortie, les produits concurrents se comptent encore sur les doigts d'une main Parmi les GSM offrant un écran tactile sans stylet et des fonctions à peu près similaires, citons : - Le LG KE850 Prada sorti début 2007 (350 €) - Le Samsung Ultra Smart F700 (alias SHG-F700) sorti en avril 2007 (900$) - Le Meizu M8 fabriqué en Chine (sera commercialisé en janvier 2008, annoncé à 400$) - L'IP2000 de Hua Long, mais qui a encore parfois besoin d'un stylet (140$) A lire : L'iPhone sera vendu en Allemagne sans contrat (sur le blog) Du point de vue esthétique, beaucoup de menus et d'icônes du LG KE850 ou du Samsung F700 sont affichés en deux couleurs (N/B souvent ou en tonalité de bruns ou de bleus) et dans un choix de 262000 couleurs, ce qui surprend quand on sait qu'un iPhone ou un GSM Nokia affiche 16.7 millions de couleurs, tandis que le Meizu M8 est vendu avec une carrosserie blanche qui peut déplaire et la société n'a pas la même image de marque qu'une société japonaise ou occidentale. L'avenir : le 3G Techniquement parlant, l'iPhone de la première génération ne supporte pas les connexions à haut débit 3G (EVDO, HSDPA, etc). En revanche, le Samsung (et certains Blackberry) supportait déjà la technologie 3G (HSDPA jusqu'à 7.2 Mbps) en 2007, ce que l'iPhone n'annonçait pas avant mai 2008 ainsi que l'expliquait cette dépêche de Bloomberg. En attendant, les connexions Internet du Samsung étaient deux fois plus rapides que celles de l'iPhone ! En février 2007, PC World publia un comparatif entre l'iPhone, le LG KE850 et le Samsung F700. Globalement, tous les critiques reconnaissaient que le Samsung F700 était plus complet et plus performant que l'iPhone d'Apple. Enfin, un an après la sortie du premier iPhone, en juin 2008 Apple annonça la commercialisation de son iPhone 3G. Il sera disposnible à partir du 11 juillet 2008. Entre-temps les écrans tactiles sans stylet commencent à apparaître. On en voit de plus en plus sur les GSM, le premier ayant été le Nokia Aeon et timidement sur quelques PDA. Encore quelques mois de patience et l'offre des "iclones" s'étoffera. Mais attention, ne confondez pas un iclone avec un iPhone. Ainsi l'iclone chinois Onda VX858 (119$ pour la version 2 GB) n'est pas un GSM combiné mais un simple baladeur MP3 (en fait MPEG-4/PMP) équipé d'un tuner FM, une sorte de iTouch amélioré... Voyez la vidéo sur YouTube. Cet article est une compilation de plusieurs billets publiés sur mon blog. Pour plus d'information (en français) Tout savoir sur l'iPhone, Macgénération
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