Léonard de Vinci

Biographie d'un génie

Une grande exposition intitulée « Da Vinci. The european genius » s'est ouverte à la basilique de Koekelberg, à Bruxelles, le 18 août 2007 et se poursuivra jusqu'au 16 mars 2008. Selon les organisateurs, il s'agit de la plus importante exposition jamais réalisée consacrée à la vie et à l'oeuvre de Léonard de Vinci, le génie de la Renaissance italienne.

Autoportrait de Léonard de Vinci. Il est exposé à la Bibliothèque Royale de Turin.

L'exposition est une initiative de l'association "Collections & Patrimoine" sous la houlette des directeurs artistique et technique, Jean-Christophe Hubert et Agostinio Da Cunha, "Europa 50" et de la Commission européenne, à l'occasion du cinquantième anniversaire du Traité de Rome.

"Nous souhaitions célébrer la grandeur de Léonard de Vinci dans une exposition inédite, en dehors du cadre rigide d'un musée ou d'un bâtiment classique", expliquent les organisateurs. "Nous avons jeté notre dévolu sur Koekelberg, une des plus vastes églises au monde, poursuit René Schyns, commissaire de l'exposition. Nous avions besoin de cet espace et de ce décor grandioses. Nous voulions tout montrer, explorer toutes les facettes de cet homme si représentatif de la Renaissance."

L'exposition qui s'étend sur 3000 m2 s'articule autour de 5 thèmes : la vie de Léonard, ses peintures, ses écrits, ses machines et enfin la recherche et la technologie. Des documents originaux, ses codex, 45 maquettes de ses inventions et ses découvertes sont présentés au public.

En parcourant l'exposition, le visiteur découvrira notamment le codex original dit "du vol des oiseaux", l'autoportrait de Léonard de Vinci (présenté à droite), un tableau inédit figurant Marie-Madeleine, qui n'a été que récemment attribué au maître, et une copie de la "Joconde" peinte par l'un de ses élèves et dont le cadre a été sculpté par Michel-Ange.

Le visiteur pourra également découvrir des dizaines de maquettes reconstituées d'après les plans du maître. Parmi celles-ci, des ponts, des machines volantes et militaires, des bâteaux, des instruments de mesure, un parachute, un rotor d'hélicoptère, une automobile, une bicyclette et un pont tournant de plus de 20 mètres de long.

Au soir de l'ouverture, l'exposition avait reçu plus de 1200 visiteurs. De l'avis général, ce fut "fascinant". Au terme de la première semaine, plus de 10000 personnes avaient visité l'exposition, une fréquentation supérieure à certaines expositions parisiennes.On en parle même dans le quotidien China Daily. C'est effectivement une exposition unique que vous devez absolument visiter.

L'exposition est ouverte tous les jours de 10 à 19h (fermeture de la billetterie à 17h), le mercredi de 10 à 22h et le dimanche de 13 à 19h. L'exposition sera fermée le 25 décembre 2007 et le 1 janvier 2008.

Le prix d'entrée est de 10 € pour les adultes avec des réductions accordées aux séniors, aux étudiants et aux groupes. Un audio-guide vivement conseillé est disponible pour 2.5 €.

Réservation entre 10 et 17h au (+32) 02 / 420 55 05 ou par e-mail. Information : (+32) 087 / 881000.

Présentation

Léonard de Vinci a toujours fasciné le public. Ce génie de la Renaissance, artiste-peintre, sculpteur, architecte, écrivain, ingénieur et inventeur visionnaire est évidemment célèbre pour ses fresques, ses croquis et ses inventions notamment.

Léonard de Vinci avait pour devise "obstination et rigueur". On ne comprend vraiment l'homme qu'à travers le sens qu'il donna à sa vie et qu'il résume dans ses écrits. 

Scientifique avant la lettre, Léonard de Vinci écrivit : "Le plaisir le plus noble est la joie de comprendre". "Ne pas estimer la vie, toute la vie, c'est ne pas la mériter". Il était curieux de tout, passionné de musique, de poésie, de philosophie, de science, d'astronomie, de botanique, de géologie, de technique, d'urbanisme, et même d'anatomie, mais à l'insu de l'Inquisition ! Il approfondit les mathématiques avec le Pr. Luca Pacioli et l'optique avec le Pr. Fazio Cardano, titulaire de la chaire de Mathématiques à l'Université de Pavie. Léonard de Vinci représente un idéal européen d'excellence.

Portrait de Léonard de Vinci dessiné par son ami et assistant Francesco Melzi vers 1485.

C'est Léonard de Vinci qui introduisit les mathématiques dans l'art, notamment à travers le nombre d'or φ (rapport d'harmonie valant ~1.6) et l'effet de perspective qui était jusqu'alors très mal maîtrisé.

Léonard de Vinci était rationnel, perfectionniste et ambitieux. Il vivait dans la réalité scientifique. Génie sauvage, il voulait tout connaître, tout expérimenter. C'était un ingénieur adepte de la praxis. Il écrivit : "Tout instrument doit être le fruit de l’expérience". Tout ce qu'il sait, il l'a étudié ou expérimenté. Il aborda toutes les études mais passa aussi rapidement à autre chose, comme dans ses tableaux qu'il ne terminait pas dès qu'il y voyait un défaut.

Léonard vécut toute sa vie en célibataire et abstinent. On ne lui connaît aucune femme ni enfant. Il a consacré sa vie à la recherche de la connaissance, au point d'oublier sa vie sentimentale, comme le fera plus tard Newton.

Ni tourmenté par le mystère de la vie ni reclu dans son atelier comme certains l'ont imaginé, on dit que Léonard était bel homme, savait danser et aimait la musique. Bien qu'il ait été célèbre de son vivant et acceptait le regard indiscret de ses assistants, Léonard n'a pratiquement pas transmis ses connaissances à son entourage. Il n'a finalement peint qu'une quinzaine de tableaux qu'il jugea parfait, en laissant beaucoup d'autres inachevés. En revanche, il nous légua tous ces cahiers, croquis et instruments qui en disent long sur son génie.

Rappelons les faits marquants de sa biographie.

Biographie d'un génie

Léonard de Vinci (Leonardo di ser Piero da Vinci) est né le 15 avril 1452 de l'ancien calendrier Julien, d'une relation illégitime entre un père notaire et une jeune paysanne, dans le village d'Anchiano, en Toscane, à 2 km du village de Vinci (situé à 50 km de Pise et 80 km de Florence), en Italie.

C'est en 1466, que Léonard, sa maman et son deuxième mari s'installent à Florence. Léonard s'intéresse à la nature, à la technologie et puis finalement à tout.

Une page du codex sur l'astronomie écrit par Léonard de Vinci de la main gauche (il était ambidextre) et à l'envers, ajoutant autant à son génie. Ce document qui discute de la Lune notamment, est exposé à la British Library

C'est à cette époque qu'il dessine ses premières caricatures sur des feuilles volantes ou dans des cahiers, et étant gaucher mais ambidextre, il se permet d'écrire de la main gauche et à l'envers (écriture dite spéculaire, lisible grâce à miroir), en rébus et en dialecte Toscan. C'était aussi la seule langue qu'il maîtrisait, n'ayant pas longtemps étudié le latin et le grec, ce qu'on lui reprocha par la suite (comme à Michel-Ange d'ailleurs).

Au fil des années, il rédigera d'innombrables documents traitant de sujets scientifiques et techniques de cette écriture mystérieuse, ajoutant autant à son génie.

Voyant ses dons précoces pour le dessin, son père d'adoption, Ser Piero da Vinci montre quelques unes de ses esquisses à un ami artiste renommé qui s'enthousiaste pour les travaux du jeune prodige et lui propose de le prendre dans son atelier.

Evidemment, le jeune Léonard ne se fait pas prier et saisit l'occasion pour développer ses talents.

Elève apprenti à 14 ans

C'est ainsi qu'à sa plus grande joie, à 14 ans, Léonard devient élève apprenti dans l'un des plus prestigieux ateliers d'art de la Renaissance de Florence, celui d'Andrea del Verrocchio, lui-même orfèvre de formation, peintre et sculpteur, le mentor idéal.

Verrocchio initie Léonard à la préparation des couleurs, la décoration, la peinture des fresques, la gravure, ainsi qu'à la sculpture sur marbre et sur bronze. Privilège suprême, il lui confie le soin de terminer ses tableaux. Aucune oeuvre de Léonard ne subsiste de cette époque.

En 1472, à l'âge de 20 ans, Léonard est enregistré officiellement dans le Campagnia de Pittori, le Livre Rouge de la compagnie de St Luc, la guilde des artistes peintres de Florence. C'est le début de sa grande carrière de peintre, avec des oeuvres comme "La Vierge à l'œillet" (Madonne), ou "L'Annonciation" (1473), des huiles sur bois, en général du peuplier.

Dès cette époque, Léonard signe tout simplement ses oeuvres Leonardo ou Io, Leonardo (Moi, Leonardo), les gens du peuple étant à cette époque uniquement désignés par leur prénom généralement suivi du nom de la ville la plus proche, le nom patronymique n'étant utilisé que dans les grandes familles.

Artiste accompli à 26 ans

En 1478, à 26 ans, Léonard juge qu'il a dépassé son maître et mentor dans toutes les disciplines et choisit de devenir peintre indépendant. Jugez de son talent avec le portrait de "La Vierge à l'enfant" réalisé cette année là.

Devenu concurrent de Michel-Ange (1475-1564), de vingt ans son cadet, les deux artistes vont parfois se partager le "marché italien" et européen mais leur génie s'exprima différemment. Léonard de Vinci était un génie de la peinture, alors que Michel-Ange était son alter ego en sculpture, même si tous deux maîtrisaient les disciplines de leur concurrent.

En 1481, le monastère de San Donato commande à Léonard "L'Adoration des Mages". Mais si on en juge par les analyses scientifiques de l'oeuvre par réflectographie infrarouge, Léonard hésita longtemps sur le thème (on détecte 70 personnages et figures, dont la silhouette d'un chameau) et finalement ne termina jamais son oeuvre. Il quitta Florence pour aller travailler au service d'un mécène, le duc de Milan Ludovic Sforza, durant 19 ans. Les moines, encombrés par une oeuvre invendable, auraient demandé à un peintre moins qualifié de la terminer.

En 1485, Léonard rédige son "Codex Atlanticus", un livre manuscrit dans lequel figure des anamorphoses, les déformations d’un visage d’enfant et d’un œil.

"L'homme de Vitruve" (1492) dessiné par Léonard de Vinci.

Léonard fera à cette époque des oeuvres remarquables comme "La Dame à l'hermine" (1490), le portrait favori du duc de Milan. Il réalisa également "L'homme de Vitruve" (1492) qui illustre un passage du livre "De Architectura" de Vitruve (Marcus Vitruvius Pollo, 1er siècle av. JC) que la Renaissance a réédité et adulé. Ce croquis illustrera le traité "De divina Proportione" de Luca Pacioli paru en 1496 et est exposé à la Galleria dell'Accademia de Venise.

A la demande du prieur, Léonard peindra également la "Cène" (1495-1498) sur les murs du Réfectoire du monastère dominicain de Santa Maria delle Grazie, à Milan. Depuis 1980, le bâtiment et la fresque ont été classés au patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO.

Profondément humaniste, Léonard voulait partager son savoir et se mettre au service des autres. C'est l'une des raisons pour laquelle il s'intéressa beaucoup à différents projets techniques. Il améliora la machinerie du théâtre de la ville ainsi que ses canaux, les horloges, le métier à tisser, les grues, etc. Il étudia aussi l'urbanisme et proposa des plans de cités idéales.

Entre 1500 et 1506, Léonard déménagea plusieurs fois, réalisant entre-temps quelques esquisses et peintures, et développa plusieurs projets militaires, dont des systèmes de fortifications.

En 1499, les troupes du roi de France Louis XII prennent le Duché de Milan et destituent le duc Ludovic Sforza.

En 1502, Léonard entre au service du prince César Borgia avec le titre de "capitaine et ingénieur général". Son rôle consistera à inspecter les forteresses et territoires nouvellement conquis par le fils du Pape Alexandre VI. C'est une tache dans son CV, car ce personnage fut machiavélique avant l'heure, étant en relation avec le trop fameux Nicolas Machiavel, "espion" de Florence. César Borgia fut un assassin et sera lui-même tué au siège de Viana, au Brésil, en 1507.

A partir de 1503, Léonard s'installe au couvent de l'église Santa Maria Novella, à Florence. Ce bâtiment à toute une histoire. Aujourd'hui devenu une basilique, c'était à l’origine la maison des frères Dominicains qui créèrent la pharmacie de Santa Maria Novella (Officina Profumo Farmaceutica) en 1612 et constitue l'une des plus vieilles pharmacies et parfumeries d’Occident, voire du monde, où se fabriquaient de fins parfums et des savons naturels.

La Joconde, Mona Lisa

Vers 1503, Léonard réalise des études anatomiques et commence les séances de pose pour "La Joconde" ou "Mona Lisa", aujourd'hui exposée au Louvre. On ignore s'il s'agit réellement du portrait de Mona Lisa del Giocondo, l'épouse de Francesco del Giocondo.

"La Joconde" exposée au Musée du Louvre. Comparé à la célébrité du portrait, le tableau est tout petit : 53x77 cm. Léonard de Vinci a toujours considéré qu'un tableau devait être "une ouverture au monde". Document Musée du Louvre/A. Dequier /M.Bard.

Ce fut un oeuvre à laquelle visiblement Léonard de Vinci s'attacha et qu'il voulut sans défaut, parfaite. Bien qu'il n'y travailla pas en permanence, il l'aurait terminée au plus tard en 1507, selon les experts du Louvre.

Voici la critique du Louvre dans son dossier consacré à la Renaissance italienne (Etape 9/17) : "La figure se présente en buste, de léger trois quarts, le visage de face, les deux mains croisées, appuyées sur un accoudoir. Cette présentation s'inscrit dans la tradition du portrait nordique, et sera reprise par les Italiens contemporains de Léonard. Néanmoins il apporte un élément essentiel à son modèle : il lui donne la vie. L'échelle un adoptée, la proximité du personnage dont les mains sont au premier plan et le traitement du regard dirigé vers le spectateur participent de cette impression de vie. Le célèbre sourire, qualifié de "divin" par Vasari, invite à méditer sur les textes d'inspiration platonicienne où le sourire d'un visage gracieux reflète la beauté de l'âme. Ce sourire qui éclaire le visage ne serait-il pas non plus une notation onomastique qui viendrait confirmer l'identification de Mona Lisa, Gioconda (giocondo en italien signifie heureux)."

"Cette impression de vie est rendue possible par la technique léonardesque qui supprime le trait au profit de subtils passages entre l'ombre et la lumière : le sfumato. C'est la "juste répartition des lumières" qui donne le volume et suggère la distance. Le paysage derrière la figure est baigné dans une " vapeur légère" et les montagnes de l'arrière-plan sont noyées dans l'enveloppe atmosphérique."

En 1504, le père adoptif de Léonard meurt sans lui laisser d'héritage, vu son illégitimité. A la même époque, Louis XII informe les dignitaires de Florence qu'il aimerait que Léonard revienne à Milan.

En 1506, Léonard étudia le vol des oiseaux et rédiga le "Codex de Turin" qui fut malheureusement détruit en 1904 au cours d'un incendie.

En 1508, Léonard espère obtenir la commande de la décoration du plafond de la chapelle Sixtine au Vatican, mais le Pape Sixte IV choisit le jeune Michel-Ange, son rival de toujours.

En 1513, à la demande du Pape Léon X, membre de la famille des Médicis, Léonard monte travailler à Rome. Pour répondre à la fresque de Michel-Ange exposée à la chapelle Sixtine, Léonard peint une série de "Déluges" ainsi que "La Vierge à l'Enfant et Sainte Anne". Il s'occupe ensuite d'assécher les marais Pontins du domaine du duc Julien de Médicis et en 1514, il étudie un projet d'aménagement du quartier Médicis, à Florence.

A voir : La Joconde reproduite en code html

La carte du monde

Expert en géographie, Léonard se pencha également sur les "figures de la Terre", les cartes du monde établies par Bartomoleu Dias (1450-1500), Christophe Colomb (1451-1506), Amerigo Vespucci (1454-1512) et Vasto de Gama (1469-1524), parmi d'autres grands navigateurs (Magellan ne fera son tour du monde qu'en 1519).

Entre 1513 et 1514, Léonard réalise une synthèse de ces documents et dessine la première carte du monde en octant (secteur en huitième de cercle). Il divise le globe terrestre en huit triangles sphériques équilatéraux ; chaque section est tangente à l'équateur et à deux méridiens.

Pour un historien, cette carte présentée ci-dessous est remarquable pour plusieurs raisons. D'abord la projection utilisée qui n'a rien de trivial. Ensuite, c'est l'un des premiers planisphères qui utilise le terme "America" (qui est représenté comme une île comme on le voit mieux sur cette carte) et place le Brésil ainsi que le continent Antarctique. Notez que l'Océanie n'est pas encore représentée (dans l'octants situé en dessous à l'extrême gauche).

Mais la carte manque de précision et de maîtrise, ce qui n'est pas à l'image du maître, ce qui fait dire à certains historiens, qu'elle serait le travail d'un assistant ou d'un copiste qui travailla sous la direction du maître. Une fois encore, l'intuition de Léonard de Vinci est remarquable. Notons que la projection plane (cylindrique) de Mercator ne sera inventée qu'en 1569.

Grand parmi les Grands

En 1516, Léonard est invité en France avec son ami et assistant artiste-peintre Francesco Melzi, où il entre au service du roi François 1er, qui l'installe au riche Clos Lucé, à portée du château royal d'Amboise, en Indre-et-Loire. Léonard est nommé "Premier peintre, ingénieur et architecte du roi".

Autoportrait de Léonard de Vinci vers 60 ans.  Il s'agit d'un croquis au charbon rouge mesurant 33x21.6 cm. Il est exposé à la Bibliothèque Royale de Turin.

Adepte du style Renaissance, François 1er est un roi cultivé, il parle couramment l'italien et l'espagnol, s'intéresse beaucoup aux découvertes des navigateurs. C'est un humaniste, doublé d'un esprit ouvert aux idées nouvelles. Le roi de France est fasciné par le savoir et la qualité des travaux de Léonard, alors âgé de 64 ans, qu'il prend d'affection et considère comme un père. François 1er qui aime le faste, lui confie l’organisation des fêtes de la Cour, la création de costumes ainsi que l’étude de divers projets, notamment celui de la ville idéale que Léonard envisagea d'appliquer à la ville de Romorantin en Sologne.

Léonard dressera les plans d'un gigantesque palais à cheval sur les deux rives de la Sauldre, à l'ouest du château des Comtes d'Angoulême. Il concevra également un projet de travaux hydrauliques. Mais une fois de plus, ce projet n'aboutira pas. François 1er se tournera alors vers Chambord.

En fait, le maître est malade depuis de longs mois et est atteint d'une paralysie partielle de la main gauche. Léonard rédige son testament le 23 avril 1519 et meurt le 2 mai 1519 au Clos Lucé, à l'âge de 67 ans.

Un mausolée fut érigé en son hommage à la chapelle Saint-Hubert, dans l'enceinte du château d'Amboise sur lequel est gravé cet épitaphe : "Leonardus Vincius : Quid Plura ? Divinum Ingenium, Divina Manus. Emori In Sinu Regio, Meruere. Virtus Et Fortuna Hoc Monumentum Contigere. Gravissimus Impensis Cuavrerunt".

L'Héritage

Célibataire par vocation dirait-on, Léonard de Vinci n'a pas eu de descendance. Il nous laissa un testament dont nous possédons une copie. Il légua l'essentiel de ses biens, ses manuscrits, ses instruments, ses carnets et autres documents à son ami et disciple, Francesco Melzi, qui hérita de quelque 50000 pièces qu'il ne publia jamais et sur lesquelles il veillera pendant les 50 années qu'il vivra.

Reproduction en grandeur nature des inventions décrites par Léonard e Vinci dans ses codex.

De nombreuses peintures comme "La Joconde", "Saint Jean Baptiste" et "La Vierge à l'Enfant et Sainte Anne", qui se trouvaient encore dans l'atelier de Léonard, furent transmises à un autre élève et disciple très apprécié par Léonard, Giacomo Caprotti, et d'autres pièces à des serviteurs.

A la mort de Francesco Melzi en 1570, les deux tiers de sa collection furent dissiménés à travers toute l'Europe, notamment des documents rédigés en vieux toscan, crypté par Léonard de Vinci, et quelque 100000 croquis.

En 1994, Bill Gates acheta aux enchères le "Codex Hammer" (ex Codex Leicester), un manuscrit également crypté, pour la somme de 30.8 millions de dollars. Ce document de 72 pages en écriture spéculaire est de temps en temps présenté au public au cours d'expositions.

Aujourd'hui quelques 13000 documents dont 7000 notes et croquis ainsi que 22 cahiers ont été récupérés et archivés au Vatican, exposés dans des galeries de Turin, Florence et Milan ainsi que dans quelques musées internationaux, notamment au Musée du Louvre à Paris, au Musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg, à la National Gallery of Art à Washington D.C. et à la National Gallery de Londres.

Chaque fresque, croquis, carnet, texte, note, etc., que réalisa Léonard de Vinci est considéré comme une œuvre d'art à part entière. Rappelez-vous ses croquis anatomiques du corps humain, du visage, des muscles, de l'oeil, du foetus, de la circulation sanguine, ses études du cheval, de l'aile, des tourbillons, de la Lune ou ses projets évoquant des véhicules, des chars d'assaut, des ponts, des armes, une horloge, une presse, un parachute, un delta plane, une bicyclette, un avion et même l'ancêtre de l'hélicoptère (vis aérienne), parmi d'autres inventions.

Léonard de Vinci fut débordant d'imagination et incarne avec brillance l'esprit de la Renaissance, l'homme encyclopédique.

Paradoxe du génie, de son vivant, Léonard de Vinci n'a jamais publié ses codex et rendu public ses inventions. Ce n'est qu'au XIXeme sièce, lorsque Napoléon vola les codex, qu'il permit au monde de les découvrir. On peut se demander ce qui se serait passé si des savants comme Galilée, Descartes ou Newton avait consulté ces documents. On peut supposer que la face du monde en aurait été changée.

Rien ne sert de préciser que le fameux livre "Da Vinci Code" n'a rien à voir avec de Vinci ni avec la science. Ce n'est qu'une oeuvre de pure fiction qui mélange adroitement l'histoire, le sacré et le mythe, pour le plus grand plaisir des amateurs de mystère et de conte fantastique et de tous ceux qui "veulent y croire".

Car Léonard de Vinci a également fait l'objet de toutes les spéculations quant aux signes soi-disant cachés dans ses tableaux, de "La Joconde" à "La Vierge aux Rochers" en passant par "La Vierge à l'enfant". Certains y voient des signes religieux et même pré-maconniques ! Quel crédit faut-il accorder à ces théories ? Autant qu'aux légendes de la mythologie car Léonard n'a vraisemblablement jamais vu les signes qu'on lui prête dans ses oeuvres. Ne faites pas dire aux morts ce qu'ils n'ont pas dit de leur vivant !

Pour plus d'information, consultez le Musée National de Science et de Technologie Leonard de Vinci (Milan) ainsi que les sites Internet Léonard de Vinci - Homme de la renaissance, Les Grands Peintres - De Vinci, Le Clos Lucé ainsi que les articles et analyses du Pr. Lygeros. A titre informel, consultez les articles consacrés à Léonard de Vinci publiés en anglais sur Artcyclopedia et en français sur Wikipédia.

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