Les Marathons Messier  & Massive, par Don E.Machholtz

2. Le Massive Marathon

Lorsque le Marathon Messier sera devenu pour vous aussi banal qu'un vieux jouet, il y aura toujours le "Massive Marathon" de Don E.Machholtz pour susciter votre intérêt.

Car il apparaît bientôt à l'observateur qu'il existe bien plus d'objets dans le ciel que ceux catalogués sous le vocable des "Objets Messier". Ainsi on commence bientôt à s'émerveiller des raisons pour lesquelles Charles Messier oublia quelques-unes des plus brillantes galaxies, amas et nébuleuses, alors qu'il enregistra quelques unes des plus faibles !

Si l'observateur d'aujourd'hui, étant capable de localiser et d'observer tous les objets Messier, ajoute à sa liste des objets ceux qu'il peut en plus découvrir ou qui sont accessibles depuis son site d'observation, il aura une liste de plusieurs centaines d'objets !

Tous ne seront pas visibles en une seule nuit et vous devrez prendre deux nuits séparées de quatre à huit mois pour observer chacun des sujet de votre liste.

A consulter : le catalogue NGC-IC2000 complet 

Fichier Excel compressé de 1.4 MB

La première chose à faire est donc de dresser la liste des objets non-Messier accessibles.

Don E.Machholtz dispose d'une liste de 548 objets non-Messier qui lui ont permis de remporter le Massive Marathon en 1981. L'auteur peut vous envoyer une copie de cette liste historique qui inclut presque tous les objets accessibles à la latitude moyenne de 40° pour un télescope de 250 mm f/3.8. A vous maintenant d'y ajouter ou d'y soustraire quelques objets et de relever le défi.

On peut aussi dresser cette liste comme Charles Messier l'a fait, en recensant les objets observés lors de nuits consacrées à la recherche de comètes, en prenant comme base l'ascension droite et en formant ainsi des colonnes de zones observées, passant les déclinaisons pour s'arrêter dans le cas de Don à 40° de latitude sud. Cette déclinaison sud limite dépend de votre latitude et dans votre cas personnel des objets situés plus au sud de cette ligne pourraient être visibles et ajoutés au total observé lors d'autres sessions. Si vous êtes situés plus au nord, vous aurez probablement moins de chance de pouvoir dépasser le record établi par Don. Il sera pour le moins étonnant si d'autres observateurs scrutant le ciel finissent par dresser une liste exactement identique à celle de Don. Des instruments différents et des conditions d'observation changeantes produiront d'autres listes qui ne doivent, rappelons-le, ne contenir que des objets facilement visibles, en excluant tous ceux qui sont à la limite de la visibilité. Ici le récent atlas photographique The Night Sky Observer's Guide" (2 volumes) publié chez Willman-Bell vous sera très utile ainsi que l'ouvrage publié sous forme électronique (PDF) par Roger Fell, The telescopic Companion to the Messier Objects.

Deux ouvrages de terrain richement documentés : "The Night Sky Observer's Guide" et la version électronique  de "The Telescopic Companion to the Messier Objects" et son complément "The Telescopic Companion to the Finest N.G.C.'s" de Roger Fell.

Procédure

Les listes que l'auteur peut vous envoyer constituent une sorte de guide que vous pouvez vous-même établir en deux étapes. Tout d'abord une liste des objets non-Messier observés durant les soirées consacrées à la recherche des comètes, la principale activité de Don. Cela totalise 252 objets. Ensuite, en scrutant le ciel il localisa 295 autres amas d'étoiles, galaxies et nébuleuses totalisant ainsi quelque 548 objets. Ajoutés aux 110 objets Messier, nous avons devant nous 658 objets, une façon originale de redécouvrir l'astronomie et le plaisir d'améliorer notre connaissance du ciel.

Une fois cette liste compilée, l'étape suivante consiste à les marquer sur un atlas céleste (s'ils ne sont déjà pas inscrits) ou d'imprimer des "charts" personnalisées à partir d'un logiciel de planétarium et d'identifier les objets du "Massive Marathon", MM. Ensuite il faudra tracer des lignes d'objets en objets, les groupant dans des séquences de 1 à 25 membres. Don a regroupé les 658 objets dans 77 séquences, chaque objet étant relié au suivant par des traits nord-sud et est-ouest. Pour ceux qui préfèrent utiliser les coordonnées équatoriales, cette procédure n'est pas nécessaire.

Il est maintenant temps d'observer ces objets.

Observations

Vous choisissez une nuit sans Lune et vous planifiez votre programme depuis la première rosée de la soirée jusqu'à l'aube du matin qui suit. Vous constaterez alors qu'à mesure que vous avancez dans votre liste, votre enthousiasme s'accroît. Veillez seulement à connaître l'objet qui figure à l'ouest du premier et quel sera le dernier visible dans le ciel du matin. 

Pendant que vous disputerez ce marathon il sera peut-être difficile d'avoir une bonne et longue observation de chaque objet car l'idée du marathon est de localiser, d'identifier et d'observer chaque objet ce qui demande en soi de la pratique pour les capturer sans se perdre parmi les étoiles. Des observations prolongées, la photographie et l'observation en groupe devront être réservées pour une autre occasion.

Pour la première de ces deux nuits, essayer d'observer tout ce qu'il y a au-dessus de l'horizon durant la nuit. Connaissez surtout les objets situés dans la partie sud du ciel, ils sont visibles la plus grande partie du temps. Les objets qui n'ont pas été observés durant la première session pourront - heureusement - encore être observés durant la seconde session, quelques mois plus tard.

Chaque objet de votre liste devra être visible durant au moins l'une des deux sessions d'observation tenant compte du fait que ces sessions sont distantes d'environ 6 mois et que la Lune et les nuages devront briller par leur absence toute la nuit.

S'il y a parmi vous un challenger au titre, sachez que Don entama la première partie du Massive Marathon durant la soirée du 3 au 4 avril et put observer 599 objets du ciel profond entre 19h49m et 4h33m, soit une moyenne d'un objet toutes les 52 secondes. Six objets ne figurent pas dans la liste originale, trois d'entre eux étaient brillants mais en-dessous de -40° de déclinaison sud, les trois autres étant des galaxies pâles uniquement visibles au début de la session mais qui étaient trop faibles pour être inclus dans la liste. Les objets manquants seront observés à la fin de l'année, par une belle nuit d'octobre ou de novembre.

Les consoles Goto de navigation : un plus

Comme nous l'avons dit, historiquement ces marathons sont nés de l'envie personnelle de Don de trouver une méthode simple pour localiser les objets du ciel profond. Rapidement Don y trouva un moyen de se surpasser, d'évaluer sa capacité à se retrouver dans le ciel, à comprendre le "langage" des étoiles simplement équipé d'un télescope sans entraînement. La prouesse mérite d'être saluée car elle révèle la grande maîtrise de son auteur et combien Don a dû passer de nuits blanches la tête en l'air pour parvenir à une telle maîtrise.

Aujourd'hui la plupart des télescopes achetés récemment, même de petit diamètre, disposent d'un ordinateur de bord et de moteurs correcteurs (système Goto) qui assurent le pointage vers n'importe quel objet du ciel en moins d'une minute à partir de coordonnées entrées sur une console portative. Les Meade LX200, les Celestron NexStar, Ultima 2000, les Vixen SkySensor et toutes les autres montures acceptant les systèmes automatiques NGC-MinMax de JMI par exemple assurent ces fonctions.

Les consoles de navigation "Goto" sont aujourd'hui proposées par défaut avec la plupart des télescopes, y compris avec les petits instruments de 90 ou 125 mm d'ouverture. Grâce à leur base de données d'objets célestes et leur système de guidage automatique embarqué ces consoles permettent à un néophyte de s'y retrouver facilement dans le ciel et d'observer enfin les galaxies et nébuleuses qui, jusque là, restaient de belles images dans les magazines, un peu trop abstraites. 

Aussi la question se pose de savoir s'il faut ou non débrayer le système automatique de ces instruments pour participer aux marathons de Don E.Machholtz ? Je serais tenté de dire "oui" dans le respect de sa méthode de recherche, comme je l'ai dit dans la première page, malheureusement tous les systèmes "Goto" ne sont pas débrayables et vous risquez d'endommager votre entraînement si vous essayez de le forcer manuellement.

Toutefois, je pense sincèrement que rien ne vaut un système qui localise les objets du ciel profond à votre place plutôt que de passer une heure et plus à essayer de vous y retrouver parmi les étoiles sans rien observer de tangible... L'astronomie doit rester une passion et ne pas devenir une contrainte. Adoptons donc les systèmes Goto sans honte, nous en profiterons bien plus qu'à notre tour, foi d'observateur.

Dans une séquence de recherche, Don est capable de localiser un objet du ciel profond en 52 secondes en moyenne. Par comparaison, un télescope robotisé localise en moyenne un objet en quelque 45 sec avec une précision qui oscille entre 1 et 8' d'arc.

Il est certain qu'un débutant ne pourra jamais aller aussi vite que Don pour plusieurs raisons :

- Le débutant ne connaît pas le ciel et doit mémoriser les constellations avant de s'attaquer à un tel marathon

- Il a du mal à utiliser un chercheur et doit apprendre à jouer avec les repères

- Il n'a pas idée du champ couvert par ses oculaires et des distances relatives qui séparent les objets du ciel profond

- Il ne connaît en général pas les effets du mouvement nocturne sur la position des objets célestes.

Toutes ces difficultés rendent la chasse aux objets du ciel profond peu attrayante pour l'observateur occasionnel, même équipé de catalogues et d'ordinateurs. Durant un marathon il perdrait un temps précieux à essayer de localiser un objet brillant et finira vraisemblablement par abandonner la partie s'il ne peut le localiser en quelques minutes, et se détournera finalement de l'astronomie pratique.

Aussi, l'astronomie étant avant tout un loisir, un plaisir que l'on s'offre, je pense que le système automatique peut apporter une aide précieuse à tous les amateurs occasionnels qui ne connaissent pas suffisamment bien le ciel ou le maniement de leur télescope que pour sauter d'étoiles en étoiles et s'assurer de pouvoir localiser n'importe quel objet en l'espace d'une minute.

Le système automatique leur permettra également à mesure qu'ils l'utiliseront de se familiariser avec le ciel et ses méandres, de mémoriser la position des objets célestes et d'apprécier mieux que jamais le plaisir de "faire de l'astronomie". Notre communauté y gagnera un membre qui en retour partagera avec plaisir son expérience. Tout le monde y gagnera quelque chose.

Rappelons que ces marathons ne sont pas des concours, ils ne sont donc pas dotés de prix, mais peut-être serons-nous suffisamment nombreux lors de la prochaine session pour récompenser les observateurs les plus habiles.

Comme vous le constatez, ce projet est fascinant et éducatif. Il nous permet de nous familiariser avec le ciel profond et nous encourageons tous les amateurs à pratiquer ce type d'exercice.

Le texte complet fut publié dans Deep Sky Monthly en 1981 et je l'ai récemment remis à jour.

Pour plus d'information

J'observe les objets de Messier, O'Meara, Broquet Lavoie, 2002

Les objets de Messier, Guillaud-Saumur/Réthoré, Dunod, 2002

Les objets de Messier, A.Broquet, Broquet Lavoie, 1995

Messier Marathon Observer's Guide, Don E.Machholtz, MakeWood Products, 2002

Burnham's Celestial Handbook (3 vol.), R.Burnham, Dover Publications, 1978

The Night Sky Observer's Guide (2 vol.), G.R.Kepple/G.W.Sunner, Willmann-Bell, 1998

Uranometria 2000, W.Tirion/ Rappaport/ Lovi, Willmann-Bell, 2000

Sky Atlas 2000.0, W.Tirion, Cambdrige University Press, 1998

Year-Around Messier Marathon Field Guide, H.Pennington, Willmann-Bell, 1997

The telescopic Companion to the Messier Objects, Roger Fell (fichiers ZIP)

2MASSier catalog

COAA Messier Marathon Form

The Messier Marathon (Obs.Paris-Meudon/SEDS)

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