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Météorologie
élémentaire
Stabilité
et instabilité
Voyons
tout d'abord les différents états d'équilibre tels qu'ils sont
définis en physique.
Une
position d'équilibre est dite stable lorsqu'un mobile
légèrement écarté de sa position initiale sous l'effet d'une
action perturbatrice très petite tend à y revenir de lui-même.
Une
position d'équilibre est dite instable lorsqu'un mobile
légèrement écarté de sa position initiale sous l'effet d'une
action perturbatrice tend à s'écarter de cette position initiale. |
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Les
trois états d'équilibre. De gauche à droite,
l'équilibre stable, instable et indifférent. |
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Une
position d'équilibre est dite indifférente lorsqu'un mobile ne
manifeste aucune tendance à quitter la nouvelle position qui lui est
assignée.
Selon
le principe d'Archimède, tout corps (dans ce cas ci une particule d'air)
plongé dans un fluide (l'atmosphère) subit une poussée dirigée vers le
haut et égale au poids du fluide déplacé. Dans le cas d'une particule
d'air le poids P d'une particule est une force dirigée vers le bas
qui a pour valeur P = Vrg avec V le volume de
la particule, r sa masse
spécifique et g l'accélération de la pesanteur. Ce théorème
conduit à trois observations :
1°.
Pour une altitude donnée, si la température d'une particule d'air est
supérieure à la température de l'air environnant, cette particule est
sollicitée par une force dirigée vers le haut,
2°.
Pour une altitude donnée, si la température d'une particule d'air est
égale à la température de l'air environnant, cette particule n'est
sollicitée par aucune force,
3°.
Pour une altitude donnée, si la température d'une particule d'air est
inférieure à la température de l'air environnant, cette particule est
sollicitée par une force dirigée vers le bas.
Si
pour une raison quelconque (relief, front, etc), cette particule d'air est
soulevée jusqu'à un niveau de pression p', la particule y
présentera une certaine température. A cet endroit les forces
d'équilibre dépendent également de la température de l'air environnant
:
1°.
Si la température de la particule est supérieure à celle de l'air, la
particule est sollicitée par une force dirigée vers le haut; il y a donc
instabilité.
2°.Si
la température de la particule est identique à celle de l'air, la
particule n'est sollicitée par aucune force; elle restera donc au niveau
p; il y a équilibre indifférent.
3°.Si
la température de la particule est inférieure à celle de l'air, la
particule est sollicitée par une force dirigée vers le bas, elle revient donc à son niveau initial; il y a stabilité.
Utilisation
pratique des critères de stabilité et
d'instabilité
Le
diagramme thermodynamique est très utile pour déterminer les critères
d'équilibre d'une masse d'air sans devoir réaliser de calculs complexes
ni utiliser d'ordinateurs, d'où l'avantage qu'offre souvent la
représentation graphique d'un phénomène sur sa modélisation. Très
vite toutefois les modèles numériques trouvent aussi leur utilité. Nous
y reviendrons.
Stabilité
absolue
Une
couche d'air est dite stable lorsque sa courbe d'état est inclinée vers
la droite de la pseudo-adiabatique saturée qui passe par sa base. Son
gradient progresse en moyenne de 0.5°/100 m dans les basses couches.
En
effet, supposons que la particule d'air située initialement à un niveau
de pression p° soit absolument sèche. Si nous la soulevons jusqu'au
niveau de pression p', son point d'état se déplacera le long d'une
adiabatique sèche.
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Au niveau p', cette particule possède une
température T1
inférieure à celle de l'air ambiant (T'); elle est donc sollicitée vers
le bas et tend à reprendre sa position initiale (critère de stabilité).
Supposons
maintenant que la particule d'air située au niveau p° soit saturée. Au
cours du soulèvement, son point d'état se déplacera le long d'une
pseudo-adiabatique saturée. Arrivée au niveau p', la particule aura,
comme dans le cas précédent, une température T3
inférieure à la température de l'air ambiant.
Supposons
enfin que la particule d'air située au niveau p° soit humide mais non
saturée. Au cours de son ascension, son point d'état se déplace le long
d'une adiabatique sèche jusqu'au niveau de condensation et le long d'une
adiabatique saturée ensuite. Au niveau p', sa température T2
est, une fois de plus, inférieure à la température de l'air ambiant. Par
conséquent, quelle que soit l'humidité relative initiale, la particule
d'air considérée tend toujours à revenir à son point initial. Dans ce
cas on dit qu'il y a stabilité absolue.
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En
jaune, la courbe d'état. La ligne oblique blanche à 45°
représente l'adiabatique sèche. T2, T3 sont les
pseudo-adiabatiques saturées. |
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Instabilité
absolue
Une
couche d'air est instable lorsque sa courbe d'état (en jaune) est inclinée vers la
gauche de l'adiabatique sèche qui passe par sa base. Son gradient
progresse de plus de 1°/100 m dans les basses couches.
Si
nous effectuons une étude similaire à celle réalisée précédemment,
nous constatons que quelle que soit l'humidité de la couche d'air
considérée ou le niveau de comparaison choisi, les particules d'air ont
toujours tendance à continuer d'elles-mêmes leur mouvement ascendant.
Dans ce cas ci on dit qu'il y a instabilité absolue. |

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Instabilité
conditionnelle
Une
couche d'air est en instabilité conditionnelle lorsque sa courbe d'état
est située entre l'adiabatique sèche et la pseudo-adiabatique saturée
qui passe par la base.
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En
effet, supposons que la particule d'air située initialement au niveau p°
soit sèche, le mouvement montre qu'il y a stabilité.
Si
la particule située au niveau p° est saturée, le soulèvement montre
qu'il y a instabilité.
Si
la particule située au niveau p° est humide (cas le plus fréquent en
pratique) nous constatons que :
-
pour un soulèvement jusqu'à un niveau inférieur au niveau pi,
niveau d'intersection de la pseudo-adiabatique saturée avec la courbe
d'état, la température de la particule qui s'élève est inférieure à
celle de l'air ambiant. Il y a donc stabilité;
-
au niveau pi, la
température de la particule qui s'élève est égale à la température
de l'air ambiant. Il y a donc équilibre indifférent; |
-
pour un soulèvement jusqu'à un niveau supérieur au niveau pi,
la température de la particule qui s'élève devient supérieure à la
température de l'air ambiant. Il y a instabilité.
Par
conséquent, l'instabilité ne se déclenche qu'à la condition (c'est
l'instabilité conditionnelle) qu'il y ait un soulèvement (provoqué par
une cause extérieure) jusqu'à un niveau supérieur au niveau pi.
Ce niveau sera atteint d'autant plus vite que l'humidité initiale est
plus grande.
Pour
reprendre l'image de la bille, on peut l'imaginer au centre d'un
récipient retourné présentant un rebord. La bille est théoriquement en équilibre
stable; elle tend en effet à reprendre sa position initiale si on la
déplace d'une quantité très petite. Mais si nous la soumettons à une
impulsion initiale suffisamment forte, elle continuera
d'elle-même son mouvement, franchissant le rebord du vase et s'éloignera de sa position
initiale.
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Ce
qu'il faut retenir
La
détermination du caractère de stabilité d'une couche d'air
s'effectue en étudiant la position de la courbe d'état par
rapport à l'adiabatique sèche et à la pseudo-adiabatique
saturée passant par le point d'état de la couche considérée.
Si
la courbe d'état est située entre l'adiabatique sèche et la
pseudo-adiabatique saturée, et si la particule de la base est
saturée, il y a instabilité (zone 2 ci-dessous).
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1.
Instabilité absolue
2.
Instabilité conditionnelle
3.
Stabilité absolue |
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Si
la courbe d'état est confondue avec l'adiabatique sèche :
-
si la base est saturée, il y a instabilité
-
si la base n'est pas saturée, il y a équilibre indifférent
jusqu'au niveau de condensation, instabilité ensuite; dans
l'ensemble on peut dire qu'il y a instabilité conditionnelle.
Si
la courbe d'état est confondue avec la pseudo-adiabatique
saturée,
-
si la base est saturée, il y a équilibre indifférent
-
si la base n'est pas saturée, il y a stabilité.
Gradient
de l'air humide ou sec : 1°/100 m (adiabatique sèche)
Gradient
de l'air saturé : 0.5°/100 m (pseudo-adiabatique saturée). |
Prochain chapitre
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nuages
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