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Les tornades sont formées d'une bande large de quelques dizaines de kilomètres composées de cumulonimbus presque soudés accompagnés d'orages et d'averses très fortes. Cette bande est suivie d'une autre plus étendue (de l'ordre d'une centaine de kilomètres) où la pluie, de plus en plus faible, provient d'une nappe de nuages moyens. Au-dessus de la forêt équatoriale principalement, ces nuages sont doublés de quelques bancs de stratus. La forte turbulence que l'on observe dans la zone orageuse contraste avec l'accalmie qui lui fait suite dans la zone de pluie faible. Lorsque le sol sous-jacent est très léger, les tornades s'accompagnent au début de soulèvement de sable ou de poussières que les pluies lavent à l'arrière. Dans certains cas, la pluie s'évapore avant d'atteindre le sol en provoquant un refroidissement important. Dans les pays tropicaux, ce phénomène désigné au Soudan sous le nom de "Haboob", se présente comme un mur de sable surmonté d'un cumulonimbus à base très élevée.
B. Les cyclones tropicaux Les cyclones tropicaux sont des perturbations à grande échelle (l'équivalent de la superficie de la Belgique si pas deux fois plus grand), des zones de forte dépression prenant naissance au-dessus des eaux chaudes des océans de la zone intertropicale, et qui s'accompagnent de vents très violents (supérieurs à 118 km/h) et de pluies torrentielles. Ces dépressions sont appelées ouragan ou hurricane dans la mer des Antilles et dans le Golfe du Mexique, et typhons dans l'ouest du Pacifique. Leur énergie est sans commune mesure avec celle libérée par une tornade ou une tempête tropicale et atteint celle d'une bombe atomique (au moins 5 fois Hiroshima). Ce sont donc les phénomènes météorologiques les plus spectaculaires des régions tropicales. Les dégâts qu'ils provoquent sont immenses et les victimes souvent nombreuses. Les tempêtes ou tornades tropicales (TT) leurs ressemblent mais elles présentent des vents beaucoup plus faibles, de l'ordre de 40 à 80 km/h. L'événement récent le plus grave et le plus spectaculaire fut le cyclone Katrina qui s'abattit sur la Louisiane le 29 août 2005. Nous en reparlerons page suivante. A lire : Foire Aux Questions sur les cyclones
Structure Les cyclones tropicaux sont des dépressions très profondes (moins de 900 mbar) et grossièrement circulaires (diamètre de 300 à 1000 km !). Les gradients horizontaux de pression sont en moyenne de 1 mbar/10 km; ils peuvent toutefois atteindre 1 mbar/km. De tels gradients entraînent des vents très violents pouvant souffler à des vitesses moyennes supérieures à 300 km/h ! La vitesse élevée des vents dans un cyclone s'explique par le fait qu'au centre de la dépression l'air devient jusqu'à 7 fois moins dense que dans l'atmosphère avoisinante. A l'image d'un espace sous vide, ce phénomène engendre un appel d'air. L'air environnant s'engouffre donc dans cet espace de basse pression où il subit une forte accélération.
L'oeil du cyclone est entouré d'un large anneau dans lequel règne des vents violents dont la vitesse diminue progressivement vers l'extérieur alors que le passage du calme central à l'anneau de tempête est très brutal. Les cyclones tropicaux sont des dépressions à centre chaud; on observe une discontinuité très nette de température au franchissement de l'oeil. Banques d'images à consulter: NASA Hurricane Photo Library - Visible Earth - GEOS Project Comment se forme un cyclone ? La formation des cyclones tropicaux est encore mal connue et diverses théories plus ou moins satisfaisantes ont été proposées. Dans les années 1970, Depperman, grand spécialiste des cyclones d'Extrême-Orient, a montré que les cyclones ont essentiellement une origine frontale et apparaissent au point de rencontre du front intertropical et d'un front froid d'alizé ou à l'extrémité d'un front d'alizé. L'arrivée d'air froid sur des mers chaudes, dans une région où la composante horizontale de l'accélération de Coriolis n'est pas nulle, paraît essentielle. Cet air froid supprime l'inversion d'alizé et provoque la condensation de l'eau évaporée libérant ainsi l'énergie (chaleur latente de condensation) nécessaire à la formation du cyclone. La preuve de l'importance de l'évaporation comme source énergétique est évidente lorsqu'on observe l'évolution de l'intensité d'un cyclone le long de sa trajectoire et la manière très différente dont il évolue sur la mer et sur les terres. Les cyclones se forment exclusivement au-dessus de la mer; ils se désagrègent assez rapidement sur terre; ils se reforment fréquemment lorsqu'ils retrouvent la mer après avoir traversé une île ou frôlé un continent sur lequel ils peuvent stagner quelques heures.
Les cyclones tropicaux se forment essentiellement aux environs de 10° de latitude et se déplacent en bordure des anticyclones subtropicaux. Leur trajectoire est, en moyenne, parabolique mais les trajectoires individuelles présentent souvent des points de rebroussement, des boucles, des états quasi-stationnaires, des variations d'intensité et de vitesse, etc. Si un cyclone peut parcourir 2000 km en une semaine, il peut également stationner au-dessus d'une région durant 24 heures, ne se déplaçant qu'à 5 km/h par exemple tout en perdant de son intensité. Il va sans dire que plus un cyclone est vaste et stagne au-dessus d'une région, plus les dommages seront importants et le risque de mortalité élevé si tous les habitants n'ont pas été évacués. C'est notamment ce qui s'est produit fin octobre 2005, lorsque le cyclone Wilma mesurant 800 km de diamètre menaça le Yucatan au Mexique durant plusieurs jours. En général lorsqu'un cyclone de catégorie F4 ou F5 touche une côte, il provoque une hausse des flots (mer, lac, etc) qui peut atteindre 5 mètres en moyenne. Rien n'y résiste généralement, à moins de construire de véritables barrages sur plusieurs centaines de kilomètres autour des zones à risque. En quelques jours, les dégâts peuvent se chiffrer en milliards de dollars.
Remarquons que l'océan Atlantique Sud n'est pas touché par les cyclones; nous avons vu à propos de la météorologie tropicale que sous l'influence des masses d'air froid, le front intertropical demeure constamment au Nord de l'équateur. Deuxième partie Katrina et le Mississippi contre New Orleans : 1-0
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