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D'aspect extérieur sombre comme beaucoup de pierres, la sidérite n'offre a priori aucun intérêt. Mais très lourde (masse volumique voisine de 8 g/cm3, trois fois plus dense qu'une roche terrestre ordinaire) et sensible à l'aimantation, un spécialiste la reconnaîtra immédiatement dans un lot de roches amorphes. La coupe d'une sidérite présente en effet une structure caractéristique qui en fait tout l'intérêt : le motif de "Widmanstätten". Lorsqu'elle est coupée, son coeur mis à jour et sa surface polie puis soit attaquée à l'acide ou chauffée, on découvre que la masse de fer est traversée par des lames de nickel et parfois d'autres métaux. Certaines contiennent un réseau enchevêtré de lignes dont l'orientation dépend du sens de la coupe. On ne retrouve plus les typiques grains cristallisés et juxtaposés des lithoïdes. Ce réseau entrecroisé reflète la structure des cristaux métalliques qui, le plus souvent, forment une structure octahédrique. La largeur de ces bandes dépend du rapport entre les quantités de fer et de nickel présents dans la météorite. La largeur des bandes d'une octahédrite moyenne varie entre 0.5 et 1.5 mm.
La seconde étape est l'analyse des composants. Elle nécessite un appareillage plus complexe. Elle se fait d'ordinaire au moyen d'un microscope électronique à balayage, qui reproduit en même temps les spectres d'émission X des atomes détectés. Une première approche peut s'effectuer par une attaque avec des produits chimiques. 91% des météorites sont composés de fer (à 87%). Ces sidérites contiennent également du nickel (12%), du cobalt (1%) ainsi que des traces de phosphore et de soufre. Elles sont réparties en 13 grandes catégories en fonction de leur teneur en métaux. Ces sidérites ont été formées dans un lointain passé, dans le noyau d'un astre parent encore en fusion qui a différencié le fer des silicates moins denses et s'est ensuite refroidi. Le fer et le nickel se sont ensuite cristallisés pour donner le motif de "Widmanstätten", un des multiples agencements possible du métal fondu. Un conseil, si vous devez en acheter faites attention à leur conservation. Constituée de fer, souvent abandonnée à l'air libre dans une vitrine ou sur une étagère, le fer s'oxydera en l'espace de quelques années et votre belle sidérite commencera à rouiller en présence d'humidité. Prenez conseil auprès d'un musée ou d'un laboratoire de chimie afin qu'il vous procure un anti-oxydant avec lequel vous pourrez enduire la partie polie et prévenir ainsi un vieillissement prématuré. A défaut, acheter une bombe de vernis acrylique et couvrez-en la partie polie de l'échantillon. A consulter : Préparation d'une sidérite
Les lithoïdes Cette famille regroupe les météorites non ferreuses, c'est la plus importante avec près de 93% de tous les spécimens récoltés. Les lithoïdes regroupent les achondrites dont la croûte est lisse et les chondrites dont les carbonées que l'on reconnaît à leur croûte boursouflée. Mais c'est l'analyse microscopique ou chimique qui est souvent déterminante. Les lithoïdes contiennent très peu de fer et de nickel (4% maximum dans les urélites). Elles sont beaucoup plus fragiles que les sidérites et peuvent se désagréger au contact du sol. Un éclat dans la météorite permet de distinguer de petites structures de taille millimétriques et généralement de couleur grise, ce sont des nodules de silicates. Constituée soit de matière différenciée soit totalement retraitée, les lithoïdes sont formées par fusion puis recristallisation dans le coeur ou à la surface d'un astre parent. Il en résulte une structure et une minéralogie distinctes typique d'un processus igneux. A. Les achondrites La famille des achondrites ne représente que 7.1% des chutes météoritiques. Les achondrites contiennent surtout du silicium et des silicates tel l'oxyde de magnésium. On relève également des traces de chlore, de potassium, de scandium, de titane, de vanadium, de manganèse, etc. La présence d'enstatite leur donne une couleur interne blanche. Les achondrites sont classées en deux familles en fonction de leur teneur en calcium qui peut atteindre 25% : - Les achondrites riches en calcium (> de 5 %) : - Les howardites : hétérogènes, elles contiennent des brèches rocheuses - Les eucrites : riches feldspath calcique et pigeonite - Les angrites : riches en pyroxène calcique titanifère. - Les achondrites pauvres en calcium (- de 3 %) : - Les diogénites : le calcium pyroxène est moyennement riche en fer - Les urélites : contenant 4 % de ferro-nickel, elles peuvent également contenir des diamants - Les aubrites : sans calcium. Il existe d'autres sous-familles mais elles sont très rares (Acapulcoites, etc). B. Les chondrites Elles représentent la majorité (85.7%) des chutes météoritiques. La datation isotopique donne aux chondrites un âge de 4.55 milliards d'années. C'est l'âge approximatif du système solaire. Elles sont donc les rares représentantes virginales de la matière première qui façonna le système solaire bien que, comme nous allons le voir, dans de nombreux cas leurs propriétés natales aient été altérées par la chaleur ou le froid. Leur étude se révèle donc particulièrement intéressante pour déterminer la composition primitive du système solaire. Ce type de météorite se compose de 15 à 75% de chondres (du latin "chondros" qui signifie grain de sable) sorte de petites inclusions claires composées d'olivine et de pyroxène dans différentes proportions et structures. Par leurs propriétés et leur structure granuleuse particulière, les chondrites nous donnent un indice précis quant à leurs origines. Les chercheurs les ont divisées en plusieurs familles : - Les ordinaires - Les enstatites - Les carbonées - Les kakangary - Les rumurutiites. Les chondrites ordinaires, les plus communes, contiennent à la fois des éléments volatils (gaz) et des éléments oxydés (fer, magnésium, etc) qui ont subit une cristallisation rapide, parfois sous forme liquide. Leur forme sphérique suggère également une gravité très faible voire absente. Ces processus font penser qu'elles ont séjourné à l'intérieur de la Ceinture des astéroïdes et ont évolué dans un environnement à l'écart des planètes, loin des contraintes gravitationnelles.
Les chondrites enstatites présentent abondamment d'éléments réfractaires, signes de hautes températures. Elles ont été complètement réduites. Elles proviendraient donc de la région interne du système solaire. Quant aux chondrites carbonées, elles présentent le plus d'éléments volatils et sont également les roches les plus oxydées. Elles auraient été formées à plus grandes distances du Soleil. Chaque catégorie de chondrite est ensuite subdivisée en sous-groupes pour distinguer certaines structures typiques de leur évolution Les chondres contiennent des éléments bien structurés que l'on a regroupé en 6 textures :
Les chondrites carbonées se subdivisent en trois grandes catégories en fonction de leur teneur en matière organique : - Le type C1, contient des sulfates, de la magnétite de fer, du nickel et des silicates sous forme hydratée amorphe. Leur structure granuleuse prouve que la matière s’est agglomérée à basse température, inférieure à 500°C. Ces météorites contiennent jusqu'à 6% de composés organiques (carbone); - le type C2, renferme du soufre et du fer sous forme hydratée. Ces météorites contiennent des chondres, petites inclusions d’environ 1 cm de diamètre. Elles contiennent 2.5% de carbone. - le type C3, est moins hydraté que les chondrites de type C2 et contiennent beaucoup moins de carbone (0.5%). Enfin les chondrites carbonées sont divisées en divers groupes pétrographiques :
Les chondrites de types C1 et C2 renferment donc du carbone dont les molécules organiques sont quelquefois solubles dans les solvants organiques ou inorganiques. Des controverses passionnées ont été soulevées par les biochimistes H.Urey, G.Claus, B.Nagy et consorts à propos de soi-disant traces de microfossiles découvertes dans la météorite d’Orgueil, d’Ivuna et plusieurs autres chondrites carbonées. Ils avaient en effet découvert des sortes de microfossiles sphériques qui n’existaient pas dans les autres types de météorites qui rappelaient la structure compartimentée des cellules ou certaines algues. Mais jusqu’à aujourd’hui les expertises semblent indiquer que les composants insolubles ne contiennent aucune trace d’organismes, morts ou fossiles. Les rares chondrites carbonées pétillantes de vie que l’on a trouvé ne contiennent en réalité que du gaz carbonique dissout[5]...
Une tentative d’explication se dégage aujourd’hui grâce à l’analyse spectrale qui révèle que les chondrites carbonées présentent un spectre infrarouge similaire aux composés aromatiques, telles que la suie ou la cellulose[6]. Il semblerait que ces météorites se soient “charbonisées” en subissant une métamorphose identique à celle du bois de charbon. Enfin, Roy S.Lewis et ses collaborateurs de l’Institut américain Enrico Fermi ont démontré que la plupart des chondrites contenaient un peu de poussière de diamant dans une proportion allant jusqu’à 780 ppm (Murchison). Cet éléments’est formé à l’extérieur du système solaire, dans une phase métastable lors de la condensation stellaire. Les chondrites de type C2 contiennent également de petits noyaux de la taille du micron formés de grains de quelques dizaines de nanomètres de diamètre. Elles présentent également une teneur anormale du rapport des isotopes du néon Ne-20/Ne-22 par rapport à la constitution moyenne du système solaire. Ces découvertes indiqueraient que ces météorites ce sont vraisemblablement formées lors d’une phase gazeuse en-dehors du système solaire, sous les rayonnements des novae et des supernovae, il y a plus de 4.5 milliards d’années. Prochain chapitre Les météorites métamorphiques et les tectites
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