|
|
Les missions spatiales L'exploration de Mars (III)
Depuis l'avènement de la conquête spatiale, Mars a été approchée ou visitée par 40 sondes spatiales, elle vient juste derrière la Lune en quantité mais plus de la moitié des missions ont échoué ! Dans son grand programme d'exploration de Mars, la NASA a confié au Télescope Spatial Hubble la mission d'étudier la météorologie martienne à long terme. Avant d'envoyer des sondes automatiques dans le cadre du projet MESUR, dans un premier temps la NASA envoya une sonde Observer vers la planète Rouge en 1992. Ensuite une sonde orbitale dénommée Mars Global Surveyor (MGS) fut envoyée en 1996 cartographier la surface de Mars et analyser son atmosphère. Grâce à une caméra dix fois plus performante que celle équipant la sonde Viking, des détails insoupçonnés sont rapidement apparus réduisant à néant certaines spéculations débridées. Un an plus tard, le 4 juillet 1997 l’éclaireur miniature Mars Pathfinder arrivait dans l’environnement martien et y déployait avec succès le "Sojourner", un micro-véhicule d’exploration à 6 roues qui connut une fin prématurée après avoir percuté un rocher. Fin 2003 et début 2004, les sondes Spirit et Opportunity de la mission Mars Exploration Rover (MER) envoyée par la NASA arrivèrent sur Mars et renvoyèrent vers la Terre de nouvelles images étonnantes de la surface martienne. Elle seront suivies par la sonde japonaise Nozomi mais elle rata son entrée orbitale et fut perdue. Pour rappel, le lander Beagle II de l'ESA n'a jamais donné signe vie et fut également perdu. La sonde Orbiter Mars Express confirma la présence d'eau glacée au pôle Sud de la planète Rouge. Aujourd'hui l'exploration du sol par les véhicules de surface continue, en particulier grâce aux deux infatiguables petits rovers Spirit et Opportunity et la sonde orbitale Mars Reconnaissance Orbiter (MRO). Après l'échec des missions Russes de 1993-94 et 1996, les Russes ne s’y reprendront pas avant la prochaine fenêtre martienne prévue en 2007. Ils seront rejoints par la mission NetLander du CNES qui sera équipé d’un microphone de la Planetary Society. Au tournant du siècle ses successeurs, les "New Millenium Microprobes" étudieront la météorologie martienne et rechercheront des traces d’eau. L’Orbiter enverra des images avant l’atterrissage et si tout va bien lâchera des micro-sondes de 4 kg dans le sol martien. De son côté la Planetary Society a proposé un projet de ballons de haute-altitude qui devrait circuler au-dessus des plaines martiennes après 2007. Elle sera suivie par la mission Mars Sample Return qui prélevera des échantillons du sol qui seront ramenés dans une sonde en orbite grâce à un guidage laser très sophistiqué. Si les projets se maintiennent et si les 26 pays signataires sont d'accord, des astronautes devraient fouler le sol martien en 2020. Coût : 8 fois le budget du programme Apollo ou de la station ISS, soit 800 milliards de dollars ! Mais l'office américain d'évaluation technologique préconise dans un premier temps une mission robotisée qui préparera la venue des hommes. C'est donc en se fondant sur les expertises les plus convaincantes que les partisans de l'un ou l'autre projet gagneront des voix. A voir : Mars Image Library - JPL
L'exploration lunaire Jusqu'en 2006 la Lune avait fait l'objet de 81 missions d'exploration dont 9 missions Apollo auxquelles il faut ajouter 3 missions supplémentaires planifiées jusqu'en 2008. C'est le corps céleste qui a été le plus visité. La prochaine grande mission spatiale reste la base lunaire. Le Président américain George Bush annonça en 1989 : "Avant 20 ans, nous retournerons sur la Lune". En proclamant son institution en présence des trois héros de l'aventure lunaire, Armstrong, Collins et Aldrin, l'ancien Président des Etats-Unis faisait resurgir le rêve américain et avec lui toute l'ambition de l'humanité : la conquête de l'espace. Pour répondre à cette ambition, la NASA devait trouver un budget d'au moins 15 milliards de dollars, 50% de plus que le programme Apollo. Car n'oublions pas qu'à côté de cela les programmes de surveillance de la Terre restent dans la course. Ensemble ils grèvent le budget américain de 2.5 milliards de dollars. Se greffe sur cette difficile gestion budgétaire le fait que les scientifiques doivent jouer des coudes pour conserver leurs projets et démontrer leur utilité aux sénateurs. Souvent peu convaincu, le Congrès sacrifie régulièrement quelques missions spatiales voire des programmes complets, tel SETI. Cette fois le Congrès américain refusa de financer le projet d’habitation permanente sur la Lune et l’exploration humaine de Mars. En 2004, le Président Bush, Jr remis le projet de son père sur le bureau du Congrès et annonça que l'homme débarquerait sur la Lune en 2015. Nous savons aujourd'hui que le projet est déjà postposé d'au moins 5 ans. Mais tel le Phoenix qui renaît de ses cendres, la NASA (USA), l'IKI (Russie), l'ESA (Europe), la JAXA (Japon), l'ISRO (Inde) et la CASC (Chine) planifient de concert les prochaines étapes qui leur permettront de poser les briques de leur base de lancement permanente à partir de la Lune. Notre satellite n'ayant pas d'atmosphère, certains astronomes envisagent même d'y installer des bases scientifiques équipées de télescopes et de radiotélescopes. Après l'avoir ignorée pendant vingt ans, cette plate-forme est une étape obligatoire si l'on envisage poursuivre l'exploration spatiale avec des missions habitées, notamment vers Mars et les astéroïdes. Pour plus d'information Sur ce site Les communications spatiales avec Mars Vidéos astronautiques (animations) Les fusées, les projets et les missions spatiales Encyclopedia Astronautica (Astronautix) The Planetary report, The Planetary Society Hubble Heritage Project, STScI Spacecom (News) Science Connection, Magazine de Belspo (B)
|