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Exploitation civile de l'énergie nucléaire

    

Liste des incidents, accidents et délits (II)

Années 2000 à 2010

Le 9 août 2010, l'état d'urgence a été déclaré à Ozersk (en Oural, à 1500 km à l'est de Moscou) où se trouve la centrale de Mayak, l'un des plus grands centres de stockage et de retraitement des combustibles nucléaires, selon l'agence de presse RIA Novosti citant l'administration locale.

Les autorités locales ont interdit l'accès et la sortie des forêts environnantes depuis le 6 août 2010, affirmant que la mesure a été provoquée par la « situation compliquée » née des nombreux incendies de tourbières qui font des ravages dans les 17 régions russes. L'état d'urgence a déjà été déclaré dans 13 régions. 582 foyers ont été détectés depuis l'espace.

L'état d'urgence a également été déclaré au centre de Snejinsk, qui élabore des armes nucléaires. Le 8 août 2010, le ministre russe des Situations d'urgence a demandé à ses services de travailler 24 heures sur 24 pour éteindre un incendie sur sept hectares autour du centre.

Le centre de Sarov situé à 500 km à l'est de Moscou est également en état d'alerte. Il accueille depuis la période soviétique un important centre de recherche nucléaire où sont notamment fabriquées des armes atomiques russes. Plus de 800 hommes continuent de lutter contre le feu qui fait rage à proximité.

Le ministre russe des Situations d'urgence Sergueï Choïgou a annoncé le 5 août 2010 que si les incendies naturels s'étendaient  à la région de Briansk contaminée par les fuites radioactives de la centrale nucléaire de Tchernobyl, le taux de radioactivité naturelle pourrait augmenter.

Etendue des incendies en Russie le 7 août 2010. Document NASA.

Des défenseurs des droits de l'homme ont demandé dans une lettre ouverte au président Dmitri Medvedev qu'il sollicite une aide massive des pays étrangers pour éviter « une catastrophe humanitaire ». De son côté, Alexeï Iablokov, ancien conseiller pour l'écologie au Conseil de sécurité russe, a mis en garde contre « une catastrophe sanitaire et écologique majeure », dans un entretien à l'AFP.

Le 7 mai 2009, pendant des opérations de chargement/déchargement d'un batch, un technicien de Sterigenics informe l'opérateur qu'il va entrer dans la cellule d'irradiation pour y effectuer quelques relevés de dimensions. Quand l'opérateur a fini le chargement, il commence la séquence de démarrage de l'irradiation sans vérifier l'absence d'être humain dans la cellule. Le technicien a immédiatement enclenché un des systèmes d'arrêt d'urgence qui se trouvent à l'intérieur de la cellule. Cet arrêt d'urgence interrompt la séquence de démarrage et coupe toute l'installation.

L'incident a été notifié au directeur-général de Sterigenics le 11 mai et ce dernier en a avisé Bel V, la filiale de l'AFCN. Un inspecteur de l'AFCN s'est dépêché sur place immédiatement, accompagné par un expert de sa filiale pour investiguer les causes de l'incident.

Entretemps, des actions immédiates ont été prises, notamment l'interdiction d'interférer de quelque manière que ce soit dans le processus de routine d'irradiation des produits.

Cet incident a été classé au Niveau 2 de l'échelle INES. Il n'a eu aucune conséquence radiologique, ni pour la personnel de Sterigenics, ni pour l'environnement.

Le 15 octobre 2008, une alerte incendie s'est déclenchée  dans la centrale nucléaire de Cattenom (F). EDF précise que l'incendie a atteint une zone non nucléaire.

La centrale nucléaire de Cattenom (5.4 GW). Document Essem.

De la fumée a été détectée en fin de matinée dans la salle des machines de la tranche 4, actuellement à l'arrêt pour cause de rechargement de combustible. Le début d'incendie a rapidement été maîtrisé par des techniciens de la centrale, avant l'arrivée des pompiers, selon le communiqué d'EDF. Cet incident n'a eu aucune conséquence sur la sûreté ni sur le fonctionnement de l'installation.

Le 25 août 2008 à 17h30 l'AFCN a été informé par l'IRE (Institut des RadioEléments) d'une augmentation des émissions d'iode par la cheminée de l'Institut au cours du weekend. L'AFCN a dépêché un expert sur place, ainsi qu'un spécialiste de la ventilation, pour examiner la situation en vue d'éventuelles mesures additionnelles. La situation environnementale est actuellement suivie de près à l'aide des balises TELERAD qui n'ont, jusqu'à présent, pas relevé d'augmentation des doses dans l'environnement.

Le 26 août 2008, sur base de l'enquête menée, l'AFCN a décidé d'arrêter la production de l'IRE et de MDS Nordion, et classe provisoirement l'incident au Niveau 3 sur l'échelle internationale INES.

le 29 août 2008, le Centre de Crise du SPF Intérieur recommande à la population des communes de Fleurus (Fleurus, Wanfercée-Baulet, Keumiée) de ne plus consommer les fruits et légumes feuillus du potager et de ne pas utiliser d'eau de pluie. La consommation de produits laitiers frais des environs est également déconseillée.

Les nouveaux résultats d'analyses effectuées sur des échantillons d'herbe pris dans l'environnement direct du site de l'IRE ont effectivement révélé des taux d'iode radioactif plus élevés qu'auparavant, alors que les résultats des premières analyses ne présentaient pas de risques pour l'environnement.

Au 1 septembre 2008, la prise de comprimés d'iode n'est pas nécessaire. Au 28 octobre 2008, la production de radioéléments n'avait toujours pas repris à l'IRE. Pour plus d'information contacter le Service de Communication : +32 (0)2 289 21 34

Le 24 août 2008, un incendie s'est déclaré dans une centrale nucléaire du nord-est de l'Espagne. Le CNS, le conseil de sûreté nucléaire espagnol, a annoncé que l'incendie avait été maîtrisé deux heures plus tard. Le générateur électrique du réacteur nucléaire Vandellos II, situé dans la région de Tarragone, a pris feu pour une raison encore inconnue. La centrale nucléaire a été mise à l'arrêt pendant un certain temps. Les autorités affirment que l'incident est sans conséquence pour les collaborateurs de la centrale et pour l'environnement

Le 23 juillet 2008, 100 employés de la centrale nucléaire du Tricastin, dans le sud-est de la France, ont été "légèrement contaminés" par de la poussière radioactive, a indiqué la direction de la centrale, un peu plus de quinze jours après un incident sur le même site.

L'incident s'est produit mercredi vers 9h30, dans le bâtiment d'enceinte d'un réacteur à l'arrêt pour maintenance. "Un tuyau à l'intérieur du bâtiment a été ouvert dans le cadre de cette opération de maintenance et de la poussière radioactive s'en est échappée", a expliqué à l'AFP Alain Peckre, le directeur de la centrale nucléaire EDF, qui a qualifié cet incident de "fait sans gravité". Cet incident est le deuxième sur le site du Tricastin et du troisième incident survenu sur un site nucléaire en France en un peu plus de quinze jours.

Le 18 juillet 2008, suite à la rupture de canalisation, des rejets d'effluents radioactifs "sans impact sur l'environnement" ont été constatés dansl'usine française FBFC qui fabrique du combustible nucléaire pour des centrales de production d'électricité et des réacteurs de recherche, et exploitée par une filiale du groupe franco-belge Areva/NP.

"Les inspecteurs de l'ASN ont relevé que la rupture de la canalisation enterrée daterait, selon l'exploitant, de plusieurs années". "L'exploitant va procéder le 18 juillet au nettoyage de la zone contaminée", poursuit l'ASN, précisant que les inspecteurs ont demandé "que la totalité des matériaux retirés soit analysée pour évaluer la masse d'uranium présente".

Cet incident suit celui intervenu dans la nuit du 7 au 8 juillet où un dysfonctionnement est apparu lors d'un transfert entre deux cuves de la société Socatri à Tricastin. des effluents contenant environ 75 kg d'uranium ont été rejetés dans les cours d'eau proches du site. Après une enquête interne, Areva a reconnu "un manque de coordination évident entre les équipes en charge des travaux et celles responsables de l'exploitation" qui est "à l'origine de cet incident".

Le 4 juin 2008, le Centre d'Urgence et d'Incidents (IEC) de l'IAEA a déclenché le système d'alerte européen sur les risques radioactifs, après avoir constaté un incident dans la centrale nucléaire de Krsko (25000 habitants), située dans le sud-est de la Slovénie. Cet incident classé mineur a nécessité la mise à l'arrêt complet des installations. Les autorités ont rapporté une fuite dans le système de refroidissement mais tout risque est écarté. Les modèles informatiques de l'IEC ne prévoient aucune conséquence en Belgique ni ailleurs en Europe.

Pour l'année 2007, l'Agence fédérale de contrôle nucléaire belge (AFCN) précise dans un communiqué de presse publié en juin 2008, qu'elle a enregistré 14 incidents dont 10 ont été classés comme "anomalie" (Niveau 1 sur l'échelle INES). Ces incidents n'ont pas constitué de danger pour le personnel et la population, a précisé l'AFCN.

Dans le secteur de l'industrie au sens large, trois incidents ont été communiqués dont 1 à l'hpital universitaire de Gand (cf. 5 juillet 2007).

Le réseau de mesure TELERAD a généré 161 alarmes au total mais aucune n'a eu d'impact radiologique. Ces alarmes ont été déclenchées à la suite d'adaptations industrielles ou de circonstances météorologiques.

Ily a eu 6 incidents à la centrale nucléaire de Tihange, 3 à Doel et 1 à l'Institut des Radioéléments de Fleurus. Ils n'ont pas eu de "conséquences radiologiques".

Dans l'industrie, on a relevé trois incidents dont notamment la disparition temporaire d'un instrument de mesure dans une aciérie liégeoise.

Le 7 septembre 2007, la ministre français de la Santé a révélé que 4500 patients ont été surirradiés dans le dossier de radiothérapie de l'hôpital d'Epinal dévoilé le 6 mars 2007.

Le 9 août 2007, alors que le réacteur était à puissance nulle, l’application d’un document opératoire erroné a conduit à ne pas respecter la prescription des spécifications techniques d’exploitation (STE) relative à la position des grappes de commande.

En fait l’exploitant a utilisé un document opératoire erroné et a ainsi placé certaines grappes de commande dans une position interdite par les STE. Toutefois, à l’issue des essais, les grappes de commande ont été placées dans une configuration conforme aux STE.

En raison des lacunes mises en évidence dans la culture de sûreté de l’exploitant, l’évènement a été classé de Niveau 1 sur l’échelle INES.

Le 16 juillet 2007, suite au séisme de magnitude 6.8 qui s'est produit au Japon (à 10h13 locale, il fit 7 morts et 1000 blessés), de l'eau contenant des matériaux radioactifs s'est échappée de la centrale nucléaire de Kashiwazaki située à 250 km au nord de Tokyo, a rapporté l'agence de presse japonaise Kyodo News, citant des responsables de la centrale.

Emissions de fumées d'un transformateur électrique dans la centrale nucléaire de Kashiwazaki au Japon, après le séisme du 16 juillet 2007. Document AFP.

Des flammes et des nuages de fumée noire s'échappaient de la centrale nucléaire qui est la plus importante centrale du monde en termes de capacité de production d'électricité avec une puissance thermique de 4.5 GWe. Selon la télévision publique NHK, l'incendie s'est déclenché dans un transformateur électrique.

NHK a précisé que l'eau s'est déversée dans la Mer du Japon, mais que le niveau de radioactivité était inférieur au seuil de sécurité et que la fuite ne présentait aucune menace contre l'environnement. Rappelons que le Japon a édicté les règles de sécurité les plus sévères en matière nucléaire, d'autant plus nécessaires que la centrale est située dans un port qui abrite 100000 habitants.

Un responsable de la centrale a précisé que le sinistre a été circonscrit peu après midi.

Toutefois, le 17 juillet, les autorités ont reconnu que le séisme avait eu une intensité plus importante que la tolérance de la centrale prévue par les ingénieurs ! Ils ont notamment constaté qu'une centaine de fûts de matière radioactive s'étaient renversés dans la centrale. Une enquête est en cours. En attendant, suite au séisme,12000 personnes se retrouvent sans abri et ont été pris en charge par les autorités locales.

Le 5 juillet 2007, l'AFCN (B) a révélé que 17 patients ont été irradiés suite à un traitement de radiothérapie incorrect à l'hôpital universitaire de Gand (UZ Gent). Neuf patients sont décédés depuis, mais on ignore si leur décès est lié à cette erreur de traitement.

L’équipe d’inspection pluridisciplinaire confirme que les problèmes survenus résultent d’une erreur au niveau de la localisation de l’irradiation. La dose était correcte, mais elle n’a pas été administrée au bon endroit. 

La configuration incorrecte fut cliniquement mise en service le 26 décembre 2005. La première anomalie fut constatée fin août 2006. Un examen au scanner a permis de constater un écart de 1.3 cm au niveau de l’endroit de l’irradiation. Dans cette forme de radiothérapie, il est crucial que l’irradiation s’opère au bon endroit. Lorsqu’un examen plus détaillé révéla que l’origine se situait au niveau de la combinaison des appareils utilisés, ce système fut immédiatement mis hors service. Aucune irradiation utilisant cette configuration n’a eu lieu depuis septembre 2006. Cet incident a donné lieu à l'organisation d'un premier tour de table sur le sujet. Une deuxième réunion s'est déroulé en juin 2008.

Le 15 juin 2007, l'ASN (F) a été informée qu'un manipulateur a été irradié au cours d'une électroradiologie médicale. L'incident s'est produit au service de radiothérapie du centre Georges François Leclerc (centre de lutte contre le cancer) de Dijon.

Cet évènement s’est produit lors du traitement d'un patient par radiothérapie. L’irradiation du patient a été lancée alors qu’un manipulateur se trouvait encore dans la salle de traitement. L’irradiation a été interrompue par actionnement de l’arrêt d’urgence de l’installation après une dizaine de secondes. Le manipulateur, qui se trouvait près de l’irradiateur, a été exposé par une partie du rayonnement délivré au patient. Selon l'IRSN, le manipulateur a reçu une dose efficace d'environ 30 mSv, soit 33% de plus que la dose efficace annuelle. Il n’est pas attendu d’effets sur la santé de cette personne. Une enquête a été ouverte.

Le 7 mai 2007, alors que le réacteur N°1 de la centrale nucléaire de Fessenheim était en phase d’arrêt, les procédures opératoires pour la réalisation d’un essai programmé n’ont pas été correctement mises en œuvre, ce qui a conduit à rendre inopérant le circuit d’injection de sécurité (RIS) basse pression.

Lors de la réalisation de l’essai, des vannes du circuit RIS n’ont pas été ouvertes et les tuyauteries RIS d’injection d’eau à basse pression dans le circuit primaire sont restées ainsi isolées pendant 11 heures. Or, les règles générales d’exploitation exigent la disponibilité totale des deux voies du circuit RIS basse pression.

Cet évènement a été classé au Niveau 1 de l’échelle INES.

Dans la nuit du 8 au 9 mai 2007, le réacteur N° 2 de la centrale nucléaire de Fessenheim (F) a du être arrêté suite à "une légère fuite sur une soupape d'un réservoir d'air comprimé" installé dans une zone non nucléaire, a déclaré la direction. Le réacteur devrait rester coupé du réseau pendant quelques jours, son arrêt allant être "mis à profit pour réaliser d'autres opérations de maintenance sur l'unité de production", a ajouté la direction.

Le 10 mai 2007, alors que le réacteur était à l’arrêt pour maintenance et rechargement, un manque de surveillance lors des opérations d’exploitation a entraîné la vidange d’un volume d’eau du circuit primaire supérieur à ce qui était prévu. L'évènement a été classé au Niveau 1 sur l'échelle INES.

Notons que depuis 2006, divers groupements politiques et des OGN exigent le démantèlement de la centrale. Ségolène Royal (PS) s'est même déclarée en 2007 favorable "à l'arrêt définitif des deux réacteurs de la centrale de Fessenheim". Mais le Président Sarkozy ne l'entend pas ainsi.

Le 9 avril 2007, un accident nucléaire de Niveau 1 s'est produit à la centrale de Dampierre (F). Suite à une défaillance électrique sur le réacteur N° 3, l'ASN a mis en place son organisation nationale de crise dans la nuit du 9 au 10 avril. Les opérations de restauration du dispositif défectueux engagées par EDF ont conduit à lever le plan d'urgence interne le 10 avril à 8h15.

Le 12 mars 2007, un dysfonctionnement d’un gammagraphe s’est produit le mardi 27 février 2007 dans un local de l’entreprise CICO Centre de Clamecy (Nièvre, F). L’ASN a constaté que les intervenants ont fait preuve d’une réactivité correcte et ont géré l’incident de manière satisfaisante. L’ASN a demandé à chaque entreprise intervenante de rédiger un rapport sur l’incident et de tirer profit du retour d’expérience associé.

Le 6 mars 2007, l'ASN (F) a rapporté qu'un accident de radiothérapie a conduit au surdosage de 24 patients irradiés pour cancer de la prostate à l'hôpital Jean Monnet d'Epinal

Selon le rapport de l'ASN, cet évènement qui est survenu entre le 6 mai 2005 et le 1er août 2005 constitue le plus important accident impliquant des rayonnements ionisants en France. Actuellement 5 patients en sont déjà morts.

Après enquête du ministère de la Santé, on apprit le 7 septembre 2007 que les autorités ont menti à la population. En fait, 400 patients ont été surirradiés durant un traitement du cancer de la prostate entre 2001 et novembre 2006. Quelques 300 autres patients ayant subi une surirradiation de 7% entre juillet 1999 et juillet 2000 sont "tous individuellement contactés et se voient proposer une consultation et un suivi médical", a indiqué le ministère de la Santé.

Mais ce sont au total 4500 personnes traitées à l'hôpital d'Epinal pour différents cancers qui ont reçu des surdoses, pour l'essentiel comprises entre 3.5 et 5%, depuis le dysfonctionnement de l'appareil en 1989, a indiqué le directeur de l'ARH-Lorraine, Jean-Yves Grall. "L'affaire d'Epinal est plus grave que prévu", a reconnu vendredi la ministre de la Santé.

"J'ai constaté une erreur systématique de paramétrage d'un logiciel maison à partir de 1989", a expliqué lors d'une conférence de presse de l'Agence régionale de l'hospitalisation (ARH) de Lorraine à Nancy le radiophysicien Alain Noël, qui a servi d'expert dans cette affaire. "On constate que cette erreur a pris fin en juillet 2000, sans rien qui permette d'expliquer ce qui a amené à en prendre conscience ou à la corriger", a poursuivi le radiophysicien.

Les 4500 surirradiés recensés le 7 septembre relèvent d'un autre type d'erreur, qui n'a pas de lien avec la première affaire, selon Alain Noël. L'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) a été chargé de piloter une évaluation des conséquences cliniques possibles pour ces patients.

La centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin).

Le 6 février 2007, le Bloc 2 de la centrale nucléaire de Fessenheim (F) a été automatiquement arrêté suite à un incident sur une vanne d'isolement de la vapeur. Une soupape d'évacuation de vapeur se serait fermée à un moment inadéquat. Cet arrêt n'a eu aucune conséquence sur la sûreté ou l'environnement, et selon EDF "concernait la partie non nucléaire de l'installation de l'unité de production". Le réacteur ne sera pas remis en service avant le milieu de la semaine, le temps de pratiquer tous les contrôles. 

Pour rappel, un incident de ce type s'était déjà produit en juillet 2006. Cet incident a alarmé les autorités suisses, la plus vieille centrale de France étant située à 35 km au nord de Bâle.

Le 29 janvier 2007, le SKI a décidé de poursuivre ses investigations sur l'accident du 25 juillet 2006 à la centrale de Forsmark en Suède (voir plus bas), les consignes de sécurité n'ayant a posteriori pas été appliquées assez rapidement. Suite à des problèmes d'étanchéité des zones contaminées, les responsables de la centrale ont décidé d'arrêter les réacteurs 1 et 2. La centrale n'est plus qu'à 60% de ses capacités. L'annonce sera publiée officiellement le 3 février 2007.

Le 19 décembre 2006, l'AFCN (B) a été prévenue de la perte d’une source radioactive de cobalt-60 dans une aciérie de seraing. Cette source radioactive se présente sous la forme d’un crayon métallique d’une longueur d’environ 20 centimètres et d’un diamètre de 1 centimètre. Elle se trouve dans une enveloppe étanche mais son contact direct avec la peau peut provoquer une légère brûlure et à un mètre de distance induire une irradiation équivalent à 1.5 % de la dose limite légale pour le public duran un an.

Le 21 novembre 2006, un incident "léger" a été enregistré sur le site de la centrale nucléaire de Chooz dans les Ardennes (F). Selon le directeur, pendant une minute la centrale a rejeté des produits gazeux radioactifs dans une concentration supérieure de 10 % au niveau du seuil autorisé, fixé à 4 millions de becquerels par m3. "Nous n'avons pas dépassé de plus d'1/10000e l'autorisation annuelle" de rejet, a cependant précisé le directeur, dans le but de restreindre l’ampleur du "phénomène". L'incident est survenu sur une tranche actuellement à l'arrêt pour le rechargement des combustibles. Toujours selon le directeur, cet incident est sans conséquence sur la population et l'environnement : "Nous avons des balises à 1 km, elles n'ont rien détecté. Nous faisons des contrôles de l'eau de pluie et de l'herbe pour s'assurer qu'il n'y a aucun impact sur l'environnement. Nous devrions recevoir les résultats d'ici à la fin de semaine". "C'est la première fois que cela se produit sur le site de Chooz ouvert en 1996 [et qui représente] 5 % de la consommation nationale", selon son directeur.

Le 13 novembre 2006 vers 23h TU, un feu s'est déclenché dans le transformateur du réacteur Ringhals 3 en Suède. Le réacteur a été arrêté d'urgence et tous les systèmes de sécurité automatiques ont fonctionné correctement indique le SKI. Il n'y eu aucun blessé. Anders Jörle, porte-parole de l'autorité, a souligné que le tranformateur qui prit feu n'était pas du tout situé dans le même bâtiment que le réacteur nucléaire Ringhals 3, les deux unités étant distantes de 50 à 60 mètres. Le réacteur a été rédemarré quelques jours plus tard. Rappelons que Ringhals 3 est l'un des quatre réacteurs de la centrale Ringhals située dans le sud-ouest de la Suède. Cette centrale produit 25 milliards de kwh d'énergie par an. Elle a été mise en service en 1981.

Le 9 septembre 2006, l'Agence norvégienne de protection de la radiation signale que "vers 3h du matin (1h GMT), l'alarme du réacteur de l'Institut technique d'énergie de Kjeller s'est déclenchée". Le réacteur a été arrêté d'urgence. "Aucune radioactivité au-dessus des valeurs normales n'a été mesurée en dehors" du bâtiment du réacteur. Rappelons que Kjeller se situe à environ 25 km d'Oslo (548000 habitants).

Le 25 juillet 2006, selon le SKI un court-circuit (scram) s'est produit dans l'Unité 1 de la centrale nucléaire de Forsmark en Suède, provoquant le "black-out" du réacteur N° 1. Selon Lars-Olov Höglund, ancien responsable et constructeur du réacteur N° 1 de la centrale, "c’est l’évènement le plus dangereux depuis Harrisburg et Tchernobyl". Cet incident fut classé au Niveau 2 sur l'échelle INES.

Forsmark se situe sur la côte Est de l'Uppland, à 150 km de Stokholm (1.9 millions d'habitants en comptant le comté). La centrale construite entre 1980 et 1985 exploite 3 réacteurs nucléaires de type BWR (eau bouillante) générant ensemble 23.5 TWh(e), ce qui représente le tiers de la production de la Suède.

Assez, ironiquement, en 2005 l'AIEA avait déclaré que "la centrale nucléaire de Forsmark est une des plus sûres au monde et il devrait être possible de la faire fonctionner encore 50 ans". Une fois de plus l'histoire donnera aux experts de l'AIEA.

Vue générale de la centrale nucléaire de Forsmark en Suède (23.5 TWh). Document Hans Blomberg.

Que s'est-il passé ce 25 juillet ? Peu avant 14 h, des travaux de maintenance ont provoqué un court-circuit général qui coupa brutalement l'alimentation électrique du réacteur N° 1. Tous les écrans de la salle de contrôle se sont éteints simultanément : les opérateurs se sont retrouvés sans commande face à un réacteur devenu incontrôlable, le pire scénario.

Précisons que dans un tel scénario catastrophe, 4 générateurs doivent prendre le relais pour notamment alimenter les pompes de refroidissement en électricité et éviter ainsi la surchauffe puis la fusion du coeur. Dans cet incident, le court-circuit s'est propagé au circuit d'alimentation général, ce qui court-circuita également les générateurs de secours. La chaleur générée par le coeur du réacteur ne pouvant plus être évacuée, il s'est réchauffé provoquant une diminution du niveau d’eau dans le circuit primaire qui baissa de 2 mètres tandis que la pression chuta de 70 à 12 bars. Selon les simulations, sans refroidissement du coeur, en moins de deux heures le réacteur aurait explosé. Les opérateurs ont donc dû trouver les "bons gestes qui sauvent" très très rapidement.

Il faudra tout de même 23 minutes aux opérateurs de service pour redémarrer manuellement deux des quatre générateurs de secours et reprendre le contrôle du réacteur. Ce n'est qu'à ce moment là que le système de refroidissement d'urgence a pu être activé. On ignore pour quelles raisons les deux autres générateurs n'ont pas pu être démarrés.

Lars-Olov Höglund a déclaré au journal suédois "Svenska Dagablet" que "c’est un pur hasard si la fusion du coeur n'a pas eu lieu". Selon lui, 7 minutes plus tard la destruction du réacteur n'aurait pu être évitée. Il estime que la fusion du coeur se serait produite 1 heure et demi plus tard. 

Après enquête, on estime qu'un défaut générique serait très vraisemblablement à l’origine de l'incident. Le SKI a donc fermé préventivement trois réacteurs, ce qui laisse la Suède avec la moitié de ses réacteurs hors production.

Le réacteur fut redémarré le 28 septembre 2006 moyennant un renforcement des mesures de sécurité. Suite à cet incident, l’Allemagne et la Finlande ont examiné de près les réacteurs de leurs centrales nucléaires respectives. 

Que conclure ? La Commission de Régulation Nucléaire américaine, la NRC, rappelle que dans la moitié des scénarios catastrophes, la fusion du coeur nucléaire a toujours la même cause : la coupure de l'alimentation électrique du réacteur. Sans même exagérer, on peut donc conclure que ce jour là nous sommes passés à deux doigts d'une catastrophe majeure et d'un 2e Tchernobyl ! Malgré les discours rassurants des autorités nucléaires occidentales, et notamment françaises et belges, cet incident nous démontre que nous ne sommes pas à l'abri d'un accident nucléaire en Europe.

A gauche, les installations du réacteur N 1 de la centrale nucléaire de Forsmark en Suède photographiées au coucher du Soleil. A droite, gros-plan sur les consoles de la salle de contrôle. La centrale exploite 3 réacteurs nucléaires de type BWR (eau bouillante) générant ensemble 23.5 TWh(e), le tiers de la production de la Suède. Documents Hans Blomberg et Lars Pehrson.

Le 5 mai 2006, une fuite accidentelle de gaz d'iodine radioactive contamine faiblement (0.1-0.2 mSv) quelque 100 travailleurs dans une centrale nucléaire américaine située dans le sud-ouest du Minnesota. Les ouvriers furent protégés par leur gants anti-radiation et aucune fuite ne se propagea en dehors de l'enceinte.

Le 16 mars 2006, la société américaine Exelon Corp. est poursuivie devant les tribunaux par l'Etat d'Illinois pour des fuites répétées de tritium dans l'eau de décharge de la station nucléaire de Braidwood. Bien que la société prétendit respecter les consignes (le tritium peut légalement est déversé avec l'eau de borate dans une rivière proche), elle accepta de dédommager les habitants car elle reconnut qu'une partie de cette eau contamina les terres.

Le 11 mars 2006 en Belgique, un opérateur de la société Sterigenics de Fleurus spécialisée dans la stérilisation d'équipements médicaux pénètre durant 20 secondes dans une cellule contaminée contenant du cobalt-60 où aucune opération n'était en cours, les sources radioactives ayant été plongées dans une piscine sous 5 à 6 mètres d'eau en attendant la production.

Trois semaines plus tard l'opérateur éprouva quelques symptomes typiques d'une irradiation (vomissement, perte de cheveux). On estime qu'il reçut une dose élevée comprise entre 4.4 et 4.8 Gy (Gray) suite à une défaillance du système de contrôle-commande hydraulique assurant le maintient de la source radioactive dans la piscine (l'épaisseur d'eau servant de bouclier biologique). L'opérateur passera près d'un mois à l'hôpital avant de pouvoir rentrer chez lui. Aujourd'hui il souffre encore de séquelles (fatigue, etc) qui devraient s'atténuer et disparaître dans plusieurs mois. Après la mise sous scellé de la cellule concernée pendant près d'un mois, l'organisme gouvernemental de contrôle AFCN en collaboration avec les auditeurs privés d'AVN et le contrôle du bien-être au travail ont imposé à Sterigenics un programme d'actions incluant la mise en place de systèmes de sécurité hydraulique, électrique et mécanique redondants. Cet accident fut classé de Niveau 4 sur l'échelle INES.

Doses de radioactivité

Le gray (Gy) est l'unité internationale de dose absorbée, c'est-à-dire d'énergie cédée à la matière par unité de masse. 1 Gy vaut 1 Joule/kg. Le Sivert (Sv) est l'unité internationale de dose efficace et vaut 1 Joule/kg. Son calcul tient compte de facteurs de pondération liés aux types de rayonnements et de tissus.

Une radiographie correspond à une dose de 0.2 mSv. Lors d'un scanner médical (SCAN-PET ou SPECT) le patient reçoit une dose d'environ 15 mSv en une demi-journée.

La réglementation européenne tolère 15 mSv sur les 12 derniers mois pour les travailleurs du secteur nucléaire. A partir de 500 mSv (50 rem) on constate les premiers symptômes d'altération sanguine. A partir de 2 Sv la personne doit être hospitalisée. A partir de 5 Sv la moitié des irradiés meurent en quelques semaines s'ils ne sont pas hospitalisés. Voyez cet article pour plus de détails sur les unités et les instruments de mesure notamment.

Le 3 mars 2006, dans la centrale nucléaire de Civeaux, dans la Vienne en France, un opérateur pose un livret sur le clavier de commande du système mécanique qui permet de réguler la puissance du réacteur. Pendant 80 secondes, la puissance thermique maximale autorisée a été dépassée, le réacteur atteignant une puissance de 101.5 %. L'opérateur s'étant aperçu de son erreur a aussitôt retiré le livret et fait descendre les barres de contrôle. Dans son rapport adressé au directeur de la centrale, l'Autorité de Sécurité Nucléaire (ASN) évoque un "manque de rigueur" et relève que le clavier de commande n'avait pas été verrouillé. Déjà, le 26 février 2006, dans la même centrale, il avait fallu deux alarmes pour que les opérateurs mettent fin à un dépassement de la puissance.

Le 18 février 2006 au soir, deux réacteurs de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine dans l'Aube (F) ont été arrêtés suite à une fuite d'eau, sans conséquence pour la "sûreté des installations", a précisé la direction de la centrale et de la CGT. La direction d'EDF a précisé que l'incident s'était produit le samedi à 19h30 dans "la partie non nucléaire des installations". Selon la direction, à titre de précaution, des analyses de l'eau provenant de l'écoulement ont été faites avant rejet dans le fleuve pour confirmer l'absence de pollution et garantir ainsi le respect de l'environnement. L'eau, qui provenait du circuit de refroidissement de la turbine de l'unité de production N° 2, s'est infiltrée dans les parties inférieures des salles des machines des deux unités de production. EDF n'est pas été en mesure de préciser la date de redémarrage des deux réacteurs. Selon la CGT, il ne faut pas escompter un redémarrage avant plusieurs semaines voire quelques mois, compte-tenu de l'étendue des dégâts constatés sur les matériels mécaniques et électriques. La CGT rappelle qu'il s'agit du 3e incident en six mois.

En février 2006, en Angleterre, après avoir parcouru 210 km en camion, des agents de la société AEA Technology (AEAT) constatent que le couvercle d'un coffret contenant des déchets radioactifs provenant d'un hôpital n'avait pas été refermé. On estime que les agents ont eu beaucoup de "chance" de ne pas avoir été exposés aux fortes concentrations de rayonnements gamma émis par le colbalt-60. En cas de fuite, le cobalt aurait tout contaminé dans un rayon de 300 mètres autour de la source. La société fut critiquée pour avoir mis la vie de son personnel en danger, d'avoir refusé de répondre aux questions et de ne pas avoir révélé les résultats d'une enquête interne.

Pour l'année 2005 les experts ont recensé 17 incidents mineures (Niveaux 0 à 3) dans les centrales nucléaires belges, soit le double de l'année précédente. Motif invoqué par les syndicats : un manque de personnel qualifié et le recours de plus en plus fréquent à la sous-traitance.

Pour l'année 2005, selon EDF la centrale nucléaire de Fessenheim qui est la plus vieille centrale de France (Haut-Rhin), a déclaré 13 évènements Radioprotection de Niveau 0. Ces évènements n’ont eu aucun impact, ni sur la santé des intervenants, ni sur l’environnement. Les rejets annuels liquides et gazeux de la centrale nucléaire sont inférieurs à 0.001 mSv, soit 2400 fois moins que la radioactivité naturelle moyenne en France (2.4 mSv).

Le 15 décembre 2005 au Chili, trois ouvriers sont accidentellement exposés à une source d'iridium-192 utilisée pour la gammagraphie. L'ouvrier le plus irradié sera soigné en France à l'hôpital d'instruction des Armées Percy de Clamart où il recevra des soins appropriés durant 5 mois avant de pouvoir rentrer chez lui. Suite à cet accident, l'Autorité de Sureté Nucléaire française a demandé à tous les acteurs du secteur de la gammagraphie industrielle à faire preuve de plus de vigilance.

Le 3 novembre 2005, la centrale nucléaire Connecticut Yankee installée à Haddam, USA, signale au NRC que suite à une fuite d'eau dans une piscine de stockage de barres d'uranium (qui avaient été retirées), l'eau contient de très faibles quantités de césium-137, cobalt-60, strontium-90 et de tritium. Le niveau de contamination reste dans les limites non toxiques.

En septembre 2005, des ouvriers de la centrale nucléaire de Dounreay située en Ecosse renversent accidentellement 266 litres de résidus liquides radioactifs et 300 kg de ciment à l'intérieur des installations. Le laboratoire dût être fermé. En octobre, un autre laboratoire de retraitement de cette usine dut également fermer ses portes après que 8 travailleurs aient été testés positifs pour des traces de radioactivité.

Le 30 juin 2005, un feu se déclenche à la centrale nucléaire d'Hamaoka située à Omaezaki, dans la préfecture de Shizuoka au Japon. Les autorités confirment qu'il n'y eut aucune fuite radioactive en dehors de la centrale et que personne ne fut blessé. Le feu se produisit dans les caves d'un bâtiment de retraitement de déchets de faible activité situé à environ 170 km à l'ouest de Tokyo (8 millions d'habitants). Les réacteurs nucléaires sont restés opérationnels et il n'a pas fallut suspendre les opérations.

Le 18 avril 2005 à l'usine de retraitement de Sellafield de la société Thorp (Thermal Oxide Reprocessing Plant) située en Angleterre, des déchets nucléaires liquides contenant une solution d'uranium et d'acide nitrique concentré hautement radioactifs d'un volume d'environ 7000 m3 (20 tonnes) s'échappèrent d'une canalisation et se répandirent dans une chambre en acier inoxydable contenant 200 kg de plutonium. Personne ne fut contaminé et il n'y eut aucun rejet radioactif dans l'environnement. La zone affectée de l'usine resta fermée plusieurs mois, le temps que les autorités trouvent un moyen d'assainir le site. L'origine de la fuite est restée méconnue durant 9 mois.

Le 17 février 2005, l'audit annuel effectué à l'usine de retraitement anglaise de Sellafield révèle que 30 kg de plutonium manquent à l'inventaire. La British Nuclear Fuel en charge de la gestion de cette usine est embarrassée par cette affaire car elle ne peut pas expliquer ce qu'est devenu ce plutonium.

Le 10 février 2005, une fuite de tritium radioactif est détectée à la centrale nucléaire de Watts Bar dans le Tennessee aux Etats-Unis durant un travail de maintenance sur une conduite du système de décharge des déchets. Les autorités locales et le porte-parole de la NRC rassurent le public en confirmant que la radioactivité est restée confinée dans le site et n'a pas menacée pas la population.

Le 24 janvier 2005, entre 68000 et 102000 litres de liquide de refroidissement s'écoulent accidentellement de la centrale nucléaire Fermi II aux Etats-Unis. Le porte-parole de la NRC ne peut pas confirmer si la fuite d'eau est radioactive ou non. Le porte-parole de l'usine, John Austerberry insista pour dire que rien n'indiquait que l'eau était radioactive et que la fuite ne représentait aucune menace pour l'environnement ni pour la population.

Le 1er janvier 2005, les opérateurs constatent une défaillance sur le circuit hydraulique d'une pompe sur le réacteur N° 2 de la centrale nucléaire de Civaux, dans la Vienne en France. Il a fallut procéder à un arrêt d'urgence du réacteur. Incident de Niveau 0.

En novembre 2004, au cours du traitement par radiothérapie d’une pathologie non cancéreuse, un patient a été victime d’une manipulation erronée au Centre Hospitalier Lyon-Sud en France. L’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) a seulement reçu la déclaration de l'accident le 21 février 2006. Selon l'enquête, en mai 2005 le patient aurait présenté des signes cliniques anormaux faisant suspecter une hypersensibilité aux rayonnements (dixit l'ASN !). Selon les autorités, du fait de complications successives, le patient est décédé le 11 mars 2006. Lors de cette radiothérapie, un mauvais réglage du champ d’irradiation a conduit à exposer une zone plus importante que celle prévue par le traitement. L’erreur a été décelée lors de l’unique séance du traitement. Les investigations menées par l’ASN avec l’appui de l’IRSN ont mis en évidence une erreur d’unité de mesure (cm au lieu de mm) dans la définition du champ d’irradiation, cette unité n’ayant pas été précisée aux deux opérateurs. L’ASN a considéré qu'il s'agissait de défaillances organisationnelles et humaines et décida d’engager les professionnels de la radiothérapie dans une analyse approfondie de ce problème afin de renforcer la sécurité des traitements médicaux.

Générateurs thermoélectriques de radioisotopes tombés d'un hélicoptère dans la toundra russe le 10 septembre 2004. Document Bellona.

Le 10 septembre 2004 à Yakutia, dans le Nord-Ouest de la Russie, deux générateurs thermoélectriques de radioisotopes (RTG) chutent d'une hauteur de 50 m d'un hélicoptère pris dans le mauvais temps dans la région d'Archangelsk située sur l'île de Zemlya Bunge. Selon les experts, l'impact endommagea le bouclier de protection externe de l'appareil. A 10 m au-dessus du site d'impact, l'intensité des rayonnements gamma atteignait 4 mSv/h.

Le 9 août 2004, à Fukui au Japon, un accident dans la centrale nucléaire de Mihama appartenant à la compagnie Kasai (KEPCO) provoqua la mort de 5 employés et blessa 6 autres personnes. L'accident fut provoqué par une fuite de vapeur dans le système secondaire alimentant les turbines du réacteur N° 3 qui s'infiltra jusqu'à la salle de contrôle par les conduites de ventilation et d'air conditionné. On découvrit par la suite que les conduites étaient corrodées, elles n'étaient pas en conformité avec les normes et leur remplacement n'avait pas été assuré au cours des différentes maintenances qui avaient été organisées depuis sa mise en production en 1976.

Suite à cet accident, le 25 mars 2005, Yosaku Fuji, président de la KEPCO démissionna de son poste, reconnaissant en suspens qu'il était "responsable de l'accident qui tua ou blessa 11 ouvriers et des mesures inappropriées découvertes au cours des enquêtes ultérieures".

Le 7 avril 2004, en Belgique, l'AFCN constate qu'un colis contenant de la matière radioactive trouvé à l'aéroport de Bierset est endommagé. Il contient du cobalt-57 solide, une matière utilisée pour étalonner certains appareils médicaux. Bien que le colis soit en règle et qu'il n'offrait aucun risque de contamination pour la population, il fut entreposé en toute sécurité sous le contrôle de l'AFCN. Des experts s'assurèrent ensuite du bon reconditionnement du colis endommagé.

En août 2003, l'Europe subit une canicule que nous enviaient presque les pays tropicaux : les températures dépassaient 25°C dès avant-midi et culminaient en fin d'après-midi entre 28°C à la côte et 40° C dans le massif central. Cette situation a persisté durant plusieurs semaines entraînant malheureusement la mort par déshydratation d'environ 20000 personnes âgées, surtout en France et dans une moindre mesure en Belgique.

Durant cette période, la centrale nucléaire de Golfech en France est montée en température et dut être arrêtée d'urgence. L'enceinte de confinement n'a pas correctement joué son rôle d'isolant alors que celle en béton et acier des installations belges résista très bien à la canicule.

Le 9 février 2002, un incendie se déclenche dans la centrale nucléaire d'Onagawa située dans la préfecture de Miyagi au Japon. Deux ouvriers furent exposés à une petite dose de radiation et souffrirent de blessures légères.

Le feu pris dans les caves du réacteur N° 3 durant une inspection de routine lorsqu'un aérosol fut crevé par erreur, mettant le feu à une feuille de plastique. Le feu fut heureusement circonscrit avant qu'il n'atteigne des zones critiques.

Il est également consigné dans la base de données NuFAD maintenue par le START.

Le 27 décembre 2001, un container d'iridium-192 radioactif est expédié de Studsvik en Suède via Paris et Memphis vers New Orleans aux Etats-Unis par les services postaux de Federal Express. Le 11 janvier 2002 le colis est réceptionné aux Etats-Unis où les agents constatent qu'il émet tellement de radiation que leur détecteur se bloque en haut de l'échelle. Le container ne présentant apparemment aucun dommage ou fuite, ils pensèrent que leur détecteur était en panne. Un agent embarqua le container comme si de rien n'était pour le déposer à l'usine de retraitement. Dix minutes plus tard, il vérifie son dosimètre et constate qu'il a été exposé à une dose de 1.6 mSv. Après enquête la fuite serait apparue quelque part entre Paris et les Etats-Unis mais on ignore encore précisément ce qui s'est produit. Le représentant de FedEx à Paris estima qu'environ 60 personnes auraient été en contact avec le container et que la plupart des personnes ont été irradiées sur le sol américain. A ce jour, c'est l'incident le plus grave qui soit arrrivé dans l'industrie nucléaire suédoise. L'incident fut classé de Niveau 3 sur l'échelle INES.

Le 13 septembre 2001, le Tunisien Nizar Trabelsi et 22 autres terroristes du groupe Al-Qaïda tentèrent de pénétrer dans la base aérienne de l'OTAN à Kleine-Brogel située dans la province flamande du Limbourg en Belgique. Cette base aérienne abrite des missiles nucléaires tactiques de l'USAF. Travelski admit qu'il avait l'intention de faire exploser une camionnette piégée sur la cantine de la base. Trabelsi était connu comme islamiste radical à la solde des groupes Al-Qaïda et des Talibans. En 2003, Nizar Trabelski fut condamné à 10 ans de prison. Sur les 23 prévenus faisant partie du commando, certains furent condamnés entre 2 ans de prison avec sursis à 10 ans de prison ferme et 5 autres furent acquittés.

Le 15 février 2000, une alerte se déclenche à la centrale nucléaire d'Indian Point qui alimente New York. Une fuite est apparue dans le système de génération vapeur du réacteur N° 2. Con Edison fut critiqué par la NRC pour ne pas avoir suivi les procédures de notification des autorités. Le risque fut significatif car il entraîna une défaillance du système de refroidissement du réacteur. Des problèmes techniques non documentés ont également compromis la résolution du problème. Des eaux radioactives seront libérées dans l'environnement mais selon les experts leur contamination resta dans les limites autorisées. Edison sera obligé de remplacer les quatre générateurs de vapeur.

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