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Pour ou contre l'énergie nucléaire ?

L'opinion des Européens (VI)

Si le texte précédent ou les autres articles ne vous ont pas encore convaincu ou fait réfléchir sur les questions de l'utilité et des risques associés à l'énergie nucléaire, voici un dernier argumentaire qui devrait porter un coup fatal aux pronucléaires. Voyons ce que pense le "peuple", son principal utilisateur, de l'énergie nucléaire. 

En 2005, la Commission européenne a réalisé un sondage d'opinion auprès de 24708 citoyens de l'Europe des 25 au sujet de l'énergie nucléaire. Cette étude dénommée "Eurobaromètre Spécial 227 - Les déchets radioactifs" est très intéressante sur le plan sociologique pour connaître l'opinion du public à une époque précise du temps. Il a depuis été remplacé par le rapoort intitulé "Eurobaromètre Spécial 297 - Attitudes à l'égard des déchets radioactifs" publié en 2008.

L'étude de 2005 intéresse également le Grand argentier européen qui doit délier les cordons de la bourse et distribuer ses subventions aux différents pays membres et dont il ressort de cette étude qu'il devra considérer avec un peu plus d'attention l'opinion de la population.

Précisons bien que ce sondage ne représente pas un avis scientifique. Ces opinions rassemblent tous les "on-dit", les préjugés, les clichés et tout ce qu'a retenu la population à propos des déchets nucléaires. Ils représentent l'idée que ce fait le citoyen européen type sur cette question.

Cette opinion n'est donc pas celle des individus, ni la vôtre ni la mienne, mais de la majorité d'entre nous, dans laquelle nous pouvons nous retrouvez avec un certain degré de confiance.

Ce sondage a donc une valeur statistique et peut être utilisé comme argument par les autorités européennes. Ce n'est en revanche qu'une collection d'opinions personnelles qui ne valent qu'à travers les interprétations qu'on leur donne. Ils n'ont donc pas force de loi au sens légal. Ils restent cependant un bon prétexte pour les élus nationaux pour rejeter l'usage de l'énergie nucléaire car les citoyens qui ont répondu à ce sondage sont également des électeurs et à ce titre leur voix à autant d'importance que celle de n'importe quel élu.

Si les Eurocrates souhaitent un jour revoir leur politique nucléaire commune, ils devraient donc tenir compte de cet avis. Nous verrons que c'est justement ce que pensent les citoyens. Voyons les points essentiels de ce rapport très révélateur.

Analyse du sondage

Selon l'étude de la Commission européenne, la majorité (55 %) des personnes interrogées, que nous appellerons les citoyens, est opposée à l'exploitation de l'énergie produite par les centrales nucléaire, alors que 37 % y sont favorables (aux Pays-Bas, en Suède, en Belgique, en France, en Angleterre, etc) dont 24 % catégoriquement (en Autriche, en Espagne, en Grèce, en Irlande, au Luxembourg, dans quelques pays de l'Est, etc) et 8 % ne se prononcent pas faute d'information.

La majorité européenne (63 %) rejète le nucléaire, ce qui ne confirme donc pas le sondage réalisé en Belgique où l'avis de la population, est dénaturé par les lobbies. On constate le même "lavage de cerveau" en France.

46 % des hommes sont favorables au nucléaire contre 29 % seulement des femmes. Davantage de citoyens ayant eu une scolarité plus courte tendent à s'opposer à l'énergie nucléaire. Les citoyens bien informés à propos de déchets nucléaires sont plus favorables que les autres à l'énergie nucléaire. Les citoyens se situant politiquement à droite semblent davantage soutenir ce type d'énergie alors que les sympatisants de gauche tendent à s'y opposer. Enfin, l'âge et le lieu de résidence n'influencent pas la décision des citoyens.

Une majorité d'opposants (60 %) à l'énergie nucléaire ne changeraient pas d'opinion si le problème des déchets radioactifs était résolu. Toutefois on constate que davantage de jeunes opposés à ce type d'énergie changeraient d'opinion si le problème des déchets était résolu, de même qu'une petite majorité d'habitants des grandes villes.

Répartition des pays pour (bleu) et contre (vert) le nucléaire (2005).

74 % des citoyens se sentent mal informé au sujet des déchets radioactifs. 25 % seulement se sont déclarés bien informés. Selon les auteurs du rapport, c'est légèrement mieux (+4 points) par rapport au sondage réalisé 4 ans auparavant. C'est en Suède que la population est la mieux informée (51 %) contre 23 % seulement en Belgique et 22 % en France.

Le profil du citoyen européen se considérant être bien informé (25 %) est plutôt un homme (29 %) âgé de plus de 40 ans (27 %), ayant étudié jusqu'à 20 ans au moins (34 %), situé politiquement plutôt à gauche du centre (29 %), cadre d'entreprise (36 %) ou indépendant (27 %), résidant dans une grande ville (29 %) et favorable à l'énergie nucléaire (35 %).

77 % des citoyens savent que certains centres de recherches produisent des déchets radioactifs. Ils sont 87 % en Belgique et 81 % en France.

La majorité (79 %) des citoyens sont mal informés sur la dangerosité des déchets nucléaires et sur les différente secteurs produisant des déchets hautement radioactifs. Seuls 14 % des citoyens connaissent l'existence des différents degrés de dangerosité. Ce sont les Hollandais (34 %) suivis par les Suédois (30 %) et les Danois (27 %) qui connaissent le mieux la dangerosité des différents types de déchets. Viennent ensuite les Belges (25 %) et un peu plus loin les Français (16 %).

Une vaste majorité de citoyens (71 %) estiment que le transport des déchets nucléaires faiblements radioactifs est risqué. 42 % d'entre eux déclarent que ce type de transport représente un grand risque et 29 % déclarent même que cela représente un très grand risque. En revanche à peine 2 % des citoyens considèrent que le transport de ces déchets ne représente aucun risque.

La majorité des citoyens (53 %) sont préoccupés par les effets possibles des installations nucléaires (production et retraitement) sur l'environnement et la santé, d'autant plus lorsque le site est installé à proximité de chez eux. C'est en Lituanie que la population est la plus inquiète (70 %). Ils sont 58 % en Allemagne, 55 % en Belgique, 49 % en France et 48 % en Angleterre. Certains craignent même davantage les risques de fuite lorsque le site est en activité. En France, plus d'un tiers (36 %) des citoyens appréhendent les risques de fuites radioactives et même 44 % des citoyens Slovaques.

Les risques liés à une attaque terroriste s'avèrent légèrement plus redoutés par les Danois (7 %), les Suédois (7 %) et les Allemands (6 %).

Au niveau de l'Union européenne, la majorité des citoyens (59 %) souhaiterait être consultés et participer à la prise de décision dans l'hypothèse ou un site de stockage de déchets radioactifs serait construit à proximité de chez eux. 22 % des citoyens souhaitent également que les organisations non-gouvernementales locales participent au processus de consultation et de décision à ce sujet. Seuls 13 % des citoyens laisseraient les autorités compétentes décider dans ce domaine.

Concernant l'information, 25 % des citoyens font confiance aux ONG actives dans la protection de l'environnement (39 %) et aux scientifiques indépendants (38 %) pour les informer à propos de la gestion des déchets radioactifs dans leur pays. Ce sont les deux principales sources d'information privilégiées auxquelles ils accordent leur confiance, au détriment des agences nationales (26 %), du gouvernement (19 %), de l'Union européenne (14 %), des médias (13 %) et de l'industrie nucléaire (11 %). 

A ce sujet, les hommes ont plus tendance à diversifier leurs sources d'information que les femmes (2 à 5 points d'écart en fonction des sources). Les jeunes âgés de 15 à 24 ans accordent plus volontiers leur confiance aux agences nationales qui en ont la charge (13 points de différence par rapport aux personnes âgées de 55 ans et plus).

Combustible nucléaire usé stocké dans une piscine au centre de l'Energie de Duane Arnold à Palo en Iowa. Le combustible y reste parfois plus de 5 ans avant retraitement. Document IEEE Spectrum

92 % des citoyens sont d'accord pour que nous trouvions aujourd'hui une solution pour les déchets hautement radioactifs et de ne pas laisser le problème aux générations futures. 73 % sont "tout à fait d'accord".

81 % des citoyens estiment qu'étant donné qu'aucune décision n'a été prise pour le stockage définitif de ces déchets, cela démontre que politiquement ce genre de décision est impopulaire. 79 % des citoyens perçoient cette attitude comme une preuve qu'il n'existe pas de manière sûre de se débarrasser des déchets hautements radioactifs. Quant aux sites souterrains de stockage, 45 % des citoyens estiment que c'est la solution la plus appropriée à long terme, mais 38 % pensent le contraire.

Enfin, pour clôturer la question, 91 % des citoyens estiment qu'il est nécessaire que chaque Etat membre fixe une échéance afin de mettre en place des stratégies pour la gestion de leurs déchets nucléaires. 89 % des citoyens réclament des pratiques harmonisées et cohérentes liées au caractère international des effets des déchets radioactifs. 89% des citoyens souhaitent que l'Union européenne suivre de près les pratiques et les programmes nationaux dans ce domaine.

En résumé, il faudra bien un jour que nos 40000 Eurocrates de l'Europe des 25, défenseurs de la démocratie et d'une société de droits, tiennent compte de l'avis de la majorité, soit 470 millions de personnes ! La majorité n'entend plus se laisser marcher sur les pieds et guidée par les intérêts personnels et l'appât du gain immédiat de certains de nos élus.

Un homme averti en vaut deux.

Une énergie coûteuse, à risque et sans avenir

Essayons à présent de résumer la situation avant de conclure en prenant une position ferme sur le sujet. Dans nos pays, sachant les intérêts politiques et économiques en jeu quand on parle du nucléaire, qu'on ne nous dise pas qu'il est temps d'inciter la population à recycler ses déchets par exemple ou à utiliser des énergies alternatives. Il faudrait d'abord que nos politiciens puis les industriels s'en donnent la volonté.

Nous avons vu que les lobbies sont très actifs et tant que la Commission européenne et les Gouvernements nationaux ne sont pas objectifs, le nucléaire risque d'avoir encore de beaux jours devant lui.

Pourtant il y a le problème des déchets nucléaires, ce ne sont pas de banals résidus biodégradables. On peut nous dire ce qu'on voudra, que nous avons les moyens de les stocker de manière réversible et que les générations futures pourront ainsi les gérer à leur manière, les déchets de haute activité sont là et pour longtemps, même en des endroits où ils ne devraient pas être (en mer du Nord et dans les océans) et nous devons les gérer.

Stockage de déchets nucléaires de faible activité à l'usine de retraitement de Rokkasho au Japon. Certains y demeureront durant plus d'un siècle. Document Japan Nuclear.

Si durant sa vie chaque habitant ne produit qu'un gros dé à coudre de déchets nucléaires, fort peu de chose pour un pronucléaire (il pèse malgré tout un kilo), si on y ajoute tous les déchets de l'industrie nucléaire, avec 10, 100 millions ou 1 milliard d'habitants, ce sont des milliers de camions de déchets que nous produisons tous au cours de notre vie ! Sans nucléaire nous n'en serions pas là et nous n'aurions pas à gérer ce risque bien encombrant et dangereux.

Les gens (même ceux qui ne s'en servent pas) ne veulent déjà pas de centre de recyclage sur leur commune alors qu'ils sont inoffensifs et visent à améliorer la gestion de l'environnement dans une finalité écologique. Que diront-ils quand l'autorité cherchera à agrandir ses zones de stockage de déchets nucléaires ou à implanter une nouvelle centrale nucléaire pour remplacer les plus anciennes... C'est malheureux à dire, mais la population réagit plus souvent par émotion et pour protéger ses privilèges que de manière raisonnée et raisonnable dans le long terme.

Chacun sait pourtant que les risques et les inconvénients du nucléaire sont nombreux et qu'on ne peut les supprimer. Notre impuissance devant l'action de la Nature devrait nous faire réfléchir un peu plus aux conséquences de nos actes et en particulier à tout ce que nous laissons comme problèmes et comme déchets à nos descendants.

Mais pensez-vous réellement que l'homme de la rue se préoccupe de ce qu'il laissera derrière lui ? J'espère pour vos enfants ou ceux de vos amis que vous avez répondu oui à cette question. Mais si j'en crois nos gouvernements et s'ils représentent effectivement l'opinion de la majorité, ils ne se préoccupent pas du lendemain et se moquent des effets indésirables de leurs projets. Seules les associations écologiques les mettent devant leurs responsabilités, nous en avons des exemples périodiquement.

Aujourd'hui la Belgique compte parmi les pays où l'énergie nucléaire est la plus développée au monde avec 7 réacteurs nucléaires sur son territoire pour 10 millions d'habitants. Son expertise est réputée. Pourtant après le Japon, l'Allemagne ou la Suède, la Belgique envisage de se retirer du nucléaire et les Etats-Unis hésitent à construire de nouvelles centrales vu les investissements qu'elles représentent; 2 milliards de dollars font effectivement réfléchir le Congrès et les électeurs.

De son côté, l'AIEA prévoit que la production d'énergie nucléaire devrait diminuer dans le monde d'ici à 2030 malgré le doublement de la consommation d'électricité sur cette période. Le pétrole suit la même tendance, au profit des énergies renouvelables qui gagnent chaque années quelques pourcents de plus du marché.

En 2015, le premier réacteur de Tihange (construit en 1975) devrait être démantelé. Mais tous les politiques ne l'entendent pas ainsi et les pronucléaires voudraient remettre cette décision en question pour des raisons économiques comme ils ont retardé les audits internationaux de peur d'être critiqués.

Ainsi que nous l'avons expliqué précédemment, l'argument économique n'intimide pas les antinucléaires qui rétorquent à leurs opposants qu'il suffit de faire deux fois plus d'économie et de rechercher des énergies alternatives pour réduire cette facture de moitié. Qu'est-ce que cette recherche coûtera ? Rien, puisque ce sont les sommes actuellement investies dans le nucléaire, autrement dit, un simple transfert de milliards d'euros d'un compte à l'autre à la plus grande joie des nouvelles spin-off qui verront le jour pour développer ces énergies !

Devant les critiques que soulève le projet d'arrêter son programme nucléaire, la Belgique donnera son accord ou son veto définitif après une nouvelle étude qu'elle veut objective sur les énergies les plus économiques et sans parti pris. On en reparlera dans quelques années.

Répartition des réserves mondiales d'uranium en 2001. Document AIEA/OCDE.

Pour le public en revanche, le prix est le facteur essentiel quand il le compare à celui des produits pétroliers. Mais on ne cesse de le répéter, il existe d'autres solutions. C'est bien pour cette raison que d'autres pays ont accepté le "deal" et fondent tous leurs espoirs dans les énergies alternatives et renouvelables. Un consensus semble donc s'organiser pour sortir du nucléaire, tant à des fins civiles que militaires.

Dans tous les cas de figure, les gouvernements savent que l'uranium est aussi rare que le pétrole. En 2001, les réserves représentaient 2.5 millions de tonnes (si le prix ne dépasse pas 80$/kg d'uranium). Ces réserves étaient distribuées à raison de 30.4 % dans l'ex-Union soviétique, 26.5 % en Australie, 16.6 % en Amérique du Nord, 6.4 % au Brésil et 17.3 % en Afrique dont 9.2 % rien qu'en Afrique du Sud. La France en détient 0.5 %, l'Espagne 0.1 %, les autres pays se répartissent les 2.1 % restants.

A raison de 40 à 50 kg d'uranium par réacteur, ces réserves sont suffisantes pour plus d'un siècle, ensuite ce sera la pénurie pour tout le monde. Ce jour là nos descendants du XXII ou XXIIIe seront contraints d'utiliser les énergies alternatives voire même l'énergie thermonucléaire. Ils se demanderont sans doute pourquoi on ne les a pas exploitées plus tôt !

L'alternative nucléaire : les réacteurs à sels fondus (MSR)

Si le nucléaire doit être exploité, la seule solution 100 % sûre serait celle déjà proposée dans les années 1950 par l'ingénieur américain Alvin Weinberg (1915-2006) de l'ORNL d'utiliser des réacteurs à sels fondus (les "Molten Salt Reactor" en anglais ou MSR).

Cette technologie exploite du thorium, un élément très répandu dans la nature. Son utilisation est pratiquement sans risque et ne crée aucun monopole puisqu'on trouve cet élément dans le sous-sol de la plupart des pays.

Dans ce type de réacteur la solution active comprend un mélange de sels de lithium servant de système de refroidissement et un combustible à base de thorium. Ce mélange est stable, ne réagit ni avec l'air ni avec l'eau, ne prend pas feu et n'explose pas. De plus, la réaction se déroule à température et pression ambiante, autant de risques potentiels d'accidents ainsi évités. Ensuite, en cas de surchauffe du réacteur, un bouchon de sel se met à fondre, permettant d'évacuer le liquide radioactif dans une cuve de sécurité où il peut se refroidir sans aucun risque et devenir solide. Enfin, le produit est stable pendant une dizaine d'années, au terme desquelles le mélange combustible doit simplement être recyclé, ce qui peut se faire facilement car l'installation est modulable.

Seul inconvénient, un réacteur nucléaire à sels fondus produit malgré tout 0.1 % de déchets hautement radioactifs (contre 3.2 % en masse pour le nucléaire classique), ce qui l'exclut des "énergies vertes".

On peut également construire des centrales MSR à petites échelles, par exemple pour alimenter en électricité les 50000 habitants d'une petite commune.

Pourquoi cette technologie n'a-t-elle jamais abouti ? Car cette technologie n'a pas directement d'applications militaires ! En effet, elle ne permet pas de créer de matière fissile pour les bombes atomiques. Par conséquent, elle n'a jamais été soutenue et les Américains ont abandonné ce programme en 1974 au grand dam de tous les physiciens nucléaires qui voyaient en elle une solution pérenne, fiable et efficace.

Mais peut-être qu'avec le temps, cette technologie reviendra au devant de la scène car depuis quelques années plusieurs pays s'y intéressent dont le Japon qui est déjà très avancé en ce domaine et plus timidement le Canada et l'Allemagne. La France s'y intéresse bien en théorie mais son budget de recherche consacré à cette technologie est dérisoire (quelques millions d'euros). L'Europe s'y intéresse également mais ne libère que très peu de fonds pour les chercheurs souhaitant étudier cette technologie. En d'autres termes, le lobby pronucléaire pèse encore de toute son influence et ne tolère aucune alternative... Mais cela ne durera pas.

Concrètement, à ce jour il n'existe encore aucune centrale nucléaire à sels fondus en production dans le monde. Il existe juste un concept au Canada étudié par la société Terrestrial Energy, il y a un programme MSR en Allemagne ainsi que quelques projets de partenariats entre le privé et les universités au Japon, certains préfectures ayant délibérément demandé le développement de petits réacteurs MSR pour leur commune.

A consulter : Comment fonctionne un réacteur à sels fondus ?, ARTE

Faut-il ou non sortir du nucléaire ?

Face à ce sujet aussi polémique et devant les faits, vous conviendrez qu'il est assez difficile de rester neutre. Reconnaissons que cet article est finalement "subversif" comme tous ceux touchant aux problèmes écologiques car il vous impose de prendre position dans un domaine qui nous concerne tous à différents degrés.

On peut être assez satisfait par le sondage de la Commission européenne bien que certaines réponses étonnent par les erreurs faites par le public qui est généralement mal informé. Espérons que les différents articles de ce site auront permis d'améliorer les choses.

Pour l'essentiel ce sondage confirme l'opinion que développé dans cet article - ce qui me fait particulièrement plaisir -car cela signifie que mon point de vue n'est pas démuni de sens et rejoint celui de la majorité.

Après toutes ces critiques, en résumé que faut-il penser de l'exploitation de l'énergie nucléaire ? Chacun peut bien sûr avoir un avis sur la question mais une tendance générale se dégage.

 Le portrait que nous en avons tracé peut difficilement plaire et encore moins nous convaincre de la nécessité de poursuivre dans cette voie. C'est tout à fait normal d'arriver à cette conclusion dès lors que nous n'avons jamais été consulté sur le sujet et que la majorité d'entre nous sont opposés à cette énergie pour des raisons objectives. La conclusion était programmée.

Quand on connaît les risques du nucléaire traditionnel (risques directs en cours d'opération, dans la gestion des déchets ou indirects des suites d'un accident ou d'un attentat), la fréquence des incidents, la gravité des accidents, la langue de bois et l'inaction des autorités, quand on lit que 75 % des rapports d'audits évoquent un manque de rigueur des exploitants, et qu'on réalise que finalement l'exploitation de l'énergie nucléaire dépend plus des décisions européennes et des activités sous le manteau des lobbies que des besoins réels de la population, on ne peut plus accepter ce mensonge d'Etat et continuer à exploiter cette énergie. Il faut appliquer le verdict de la majorité : sortons du nucléaire, et tout de suite ! Faites passer le mot.

Même si le prix à payer pour abandonner le nucléaire serait une facture d'électricité plus chère, en raison des risques et des déchets liés à cette production d'énergie, comme la majorité des habitants européens, vous devriez être partant et abandonner l'énergie nucléaire telle que nous l'utilisons aujourd'hui au profit des énergies alternatives, renouvelables et propres. Celui ou celle qui ne comprend pas cette conclusion devrait revoir ses leçons d'écologie et un peu moins regarder les spots publicitaires des exploitants.

On devrait abandonner le nucléaire actuel et y revenir éventuellement le jour où les industriels seront favorables à la technologie des sels fondus ou mieux lorsque nous maîtriserons la fusion thermonucléaire (rappelez-vous ITER) bien qu'il subsiste également une légère radioactivité dans cette technologie. Nos petits enfants auront bien le temps de se poser la question dans une ou deux générations.

Et dire que mon électricité provient du nucléaire !

Pour plus d'informations

Sur ce site:

L'accident de Tchernobyl

Fission et fusion nucléaires

Mesure de la radioactivité et protection civile

Nucléaire civil : liste des incidents, accidents et délits

Les accidents nucléaires militaires

Plaidoyer : quand la Terre tourne à l'envers

Les effets des explosions nucléaires

L'Europe, source de nos maux

Sur Internet :

Centrale nucléaire et cancer: un lien de cause à effet ? (sur le blog)

Nucléaire français: l'impasse industrielle, Greenpeace, 2015

Monitoring of Possible Health Effects of Living in the Vicinity of Nuclear Sites in Belgium, ISP, 2012

Eurobaromètre Spécial 297 - Attitudes à l'égard des déchets radioactifs, Europe, 2008

Eurobaromètre Spécial 227 - Les déchets radioactifs, Europe, 2005

Les rapports d'expertise, ASN

Comment fonctionne un réacteur à sels fondus ?, ARTE

L'électricité verte (WWF)

Greenpeace

Ecolo (B)

Réseau Télérad (AFCN)

Engie-Electrabel

Areva

EDF

Nukemap (simulateur d'explosion nucléaire)

Nucléaire et risque terroriste, Ecolo.org, 2002

Protection des centrales contre les chutes d'avion, ASN, 2001

Liste des transporteurs aériens interdits dans l'Union européenne,C.E., 2006

Nuclear terrorism and dirty bombs, WHO

Le risque nucléaire, PIM

Rocky Mountain Institute (USA)

Questions au Sénat belge sur le nucléaire, Senate.be

The World's Largest Power Plants (galerie d'images)

ONDRAF (B, gestion des déchets nucléaires)

ANDRA (F, gestion des déchets nucléaires)

SKB (Suède, gestion des déchets nucléaires)

OCRWM/DOE (USA, gestion des déchets nucléaires)

NUMO (Japon, gestion des déchets nucléaires)

AIEA, Agence Internationale de l'Enargie Atomique

Imagebank de l'AIEA

OSART, AIEA

Nuclear Safety and Security, AIEA

International Energy Annual, DOE/EIA (statistiques mondiales)

NARAC, National Atmospheric Release Advisory Capability

WANO, World Association of Nuclear Operators

AFCN, Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire

AVN, Association Vincotte Nucléaire

KFI, Bureau Korn/Ferry International

IRSN, Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire

Les livres blancs et les livres verts de l'Union européenne

Eurostat

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