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Aux origines d'Internet et de la micro-informatique 2005, Macintosh tourne sur Intel (IV) Jusqu'ici, deux obstacles retenaient le public d'acheter un ordinateur Apple. D'abord son prix : dans leur version de base, l'Apple II de 1977 coûtait 2000$, le Macintosh SE 512 K de 1984 coûtait 3195$ et un Macintosh IIfx de 1990 coûtait 9800$. Si les prix étaient équivalents à l'étranger, certains modèles étaient deux fois plus cher en Europe. A la même époque (1990), on trouvait déjà des compatibles IBM à moins de 1000$. Deuxième obstacle, les processeurs Motorola rendaient les Mac incompatibles avec les programmes tournant sous Windows, programmés pour le set d'instructions des processeurs Intel et compatibles (AMD, etc). D'un côté Apple savait bien que s'il voulait récupérer les clients de Microsoft, il devait proposer une machine supportant Windows, mais cela équivalait à tomber dans le travers des PC, c'est-à-dire proposer une interface perfectible voire buguée et peu sécurisée avec tous les risques associés aux virus.
D'un autre côté, les Macintosh, MacBook Pro, Mac Pro et autres iMac ont toujours été considérés comme les meilleurs ordinateurs en terme de design, d'ergonomie, de qualité de l'interface, de programmation et de sécurité, une réputation d'excellence que n'ont jamais pu égaler les fabricants de PC compatibles et Microsoft, plus préoccupés par leur chiffre d'affaire et les parts de marché que par la qualité de leurs produits. Le dilemme était donc le suivant : faire de la qualité dans un marché étroit ou assurer de fortes ventes au détriment de la qualité. Si la première solution n'était pas rentable à long terme sans innovation, la seconde était tout aussi insupportable. Et s'il y avait une alternative ? Après le départ de Rick Rashid d'Apple pour Microsoft et afin de récupérer des parts de marché, en 2005, en préambule au congrès d'Apple au World Wide Developer Conference (WWDC), Steve Jobs annonça qu'il allait greffer un processeur Intel sur la légendaire pomme, tout en précisant qu'il réservait l'exclusivité du MacOS aux Apple. Aujourd'hui les Macintosh-Intel exploitent sans problème Windows XP et, après quelques déboires avec les fonctions 3D et aéro, ils fonctionnent également sous Windows Vista, grâce à la technologie Boot Camp ou sous Windows 7 grâce à Parallels Desktop. Cela n'a pas empêché Steve Jobs de proposer en 2007 une mise à jour radicale de son système d'exploitation, avec la version "Leopard" de MacOS X. Grâce à la puce Intel, aujourd'hui tous les Apple supportent Windows mais dans une partition séparée du disque afin de protéger la partition MacOS. Apple y gagne sur les deux plans : il conserve ses clients et gagne l'attention des utilisateurs de PC recherchant une machine plus ergonomique ou une première expérience sur Mac. Un premier pas vers leur fidélisation.
Quant au prix, toute la gamme des ordinateurs Apple, allant du MacBook au MacPro en passant par l'iMac sont vendus entre 1000 et 2500 €. A l'avenir, on peut estimer que plus d'un utilisateur passeront du monde PC au monde Mac. Il y a effectivement un monde de différences et une ergonomie sans pareil dans les produits d'Apple, sans parler qu'en exploitant un OS dérivé de Unix, ils sont à l'abri de la plupart des virus. Précisons toutefois que la partition Windows des Apple est toute aussi vulnérable aux virus que n'importe quel PC; c'est l'environnement système de Microsoft qui présente d'importantes vulnérabilités, pas celui du MacOS, encore moins le processeur. En brisant toutes ces barrières technologiques et commerciales, Steve Jobs a permis à l'action (AAPL) de sa société de s'envoler en Bourse au cours des dernières années : depuis 1984, l'action Apple est passée de 3$ à près de... 400$. Certains jours, plus d'un million d'actions se sont échangés ! Au 30 juin 2007, le bénéfice de l'exercice financier pulvérisa tous les records avec une hausse de 73% par rapport à la même période en 2006 ! Au terme du quatrième trimestre fiscal de l'année 2008 (en excluant les trimestres de Noël) Apple annonçait un chiffre d'affaire de 7.9 milliards de dollars, en hausse de 21% par rapport à la même période en 2007 pour 1.14 milliards de dollars de bénéfices. Plus que jamais, Apple reste une société innovante dont les produits ont maintes fois été primés : Macintosh, Mac OS X, iLife, iMac, iPod, iPad, iPhone. Il n'y a pas de doute, Apple est une affaire qui marche ! Mais pour combien de temps encore ? En effet, des nuages sombres planent dans le ciel d'Apple. Outre la disparition de Steve Jobs en 2011, Apple détient toujours une dette à long terme de... 10 milliards de dollars. Il n'est pas certain que la firme de Cupertino ait encore l'esprit visionnaire de son fondateur pour l'éponger. A lire sur le blog : Steve Jobs est décédé (1955 - 2011) Parallèlement au marché des ordinateurs, des smartphones et des OS, timidement une nouvelle manière de communiquer se développa, un petit réseau d'ordinateurs reliés sous ARPANET, l'ancêtre d'Internet. Flash back. 1991, naissance d'Internet Revenons en 1969. Le réseau informatique ARPANET fut élaboré dans le but de collecter des renseignements et des informations. Tellement efficace, il fut rapidement plus utilisé par ses utilisateurs que par les développeurs qui y trouvèrent beaucoup d'avantages pour échanger des données entre eux.
Ce "réseau galactique" comme il sera surnommé quand il n'était encore qu'un concept, est devenu rapidement le réseau informatique le plus utilisé dans le monde. Cette véritable révolution informatique a permis le développement des forums et des BBS. Cela commença aux Etats-Unis et au Japon, et dix ans plus tard les Européens entrèrent dans la course pour de bon. A la fin des années 1970, quelques compagnies fondèrent leur activité sur l'échange de messages et proposèrent un service technique aux utilisateurs, tel que CompuServe (racheté par AOL en 1998), le pionnier de ce concept. CompuServe conquit l'Europe en 1989. Grâce à ce fournisseur de services, beaucoup d'amateurs disposant d'un modem asynchrone ont commencé à partager leur propres informations avec des amis et à développer de véritables réseaux internationaux. Les utilisateurs les plus concernés ont déplacé leur base de données sur CompuServe où d'autres pouvaient télécharger ce qu'ils avaient besoin, soit librement soit moyennant le paiment d'une licence. Avec le temps les BBS ont évolué. Avec l'évolution du matériel et des logiciels informatiques, du mode texte les BBS sont passés au mode graphique en haute résolution tandis que les ordinateurs sont devenus de véritables serveurs accessibles 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 partout dans le monde moyennant une simple inscription sur le serveur. Bientôt, des constructeurs comme HP, IBM et Microsoft signèrent des accords avec ce fournisseur et d'autres sociétés pour partager ou vendre des services aux utilisateurs, y compris des informations et des logiciels. Par la suite, des institutions gouvernementales et scientifiques ont proposé leurs services par ce biais (NOAA, centres de recherches, universités, etc). Dans les années 1980 et 1990, il n'y avait pas un expert en micro-informatique qui n'était pas entré au moins une fois en relation avec CompuServe ou Microsoft pour y télécharger un driver, un patch ou pour interroger leur support à propos d'un problème technique. Mais Internet c'est encore autre chose même si à cette époque tout commençait à se mélanger. Internet fut basé sur les travaux de Louis Pouzin en France, repris ensuite par Vint Cerf et Bob Kahn aux Etats-Unis dans les années 1970. ARPANET leur avait donné une idée : relier tous les réseaux informatiques entre eux afin que les utilisateurs puissent accéder à l'information, où qu'elle se trouve.
Toutefois, le web tel que nous le connaissons aujourd'hui a été entièrement inventé et développé par Tim Berners-Lee (dont voici des interviews) et une petite équipe du CERN entre 1989 et 1994. C'est le 13 mars 1989, que Tim Berners-Lee et Robert Cailliau proposèrent d'installer au CERN un système d'information distribué basé sur de l'hypertexte (dont le concept fut élaboré par Vannevar Bush en 1945), c'est-à-dire un système dans lequel les mots pertinents du texte sont reliés entre eux par des hyperliens permettant de passer d'un document à l'autre. L'hypertexte est à l'origine du langage HTML et du protocole HTTP. En 1990, le premier navigateur (browser) et le premier serveur web furent opérationnels mais ils étaient encore limités à l'environnement NeXTSTEP (OS basé sur un noyau Mach, un environnement BSD 4.3 et une interface graphique basée sur le Display PostScript). Internet comme nous le connaissons, fut opérationnel au CERN pour la première fois en 1991. Notons que NeXT sera racheté par Apple en 1996, NeXTSTEP devenant le noyau du Mac OS, à l'origine du fameux Mac OS X. Que le monde est petit ! Malheureusement, en raison du succès d'Internet, bien que CompuServe soit toujours présent sur le web, aujourd'hui la période glorieuse de cette société pionnière est révolue en raison de ses nombreux concurrents. En effet, la plupart de ses grands comptes publics et privés ainsi que les simples utilisateurs ont développé leur propres services en ligne, à domicile, dans leur société ou chez un hébergeur. Internet, un réseau physique Etymologiquement parlant, Internet tire son nom du concept de réseaux multiples et indépendants à l'architecture plutôt hétérogène, reliés entre eux. En effet, Internet se définit avant tout comme un réseau, du matériel, constitué d'adaptateurs (carte réseau, modem, concentrateur, router, passerelle,...) et de systèmes de câblage reliant des ordinateurs et leurs périphériques entre eux. Depuis son introduction, partout, des amateurs, des professeurs et des administrateurs réseau ont commencé par installer leurs ordinateurs, les serveurs, les mémoires, les disques durs, les périphériques, les routers, les modems ainsi que les logiciels pour tirer avantage de ce nouveau... médium ? Non, pas exactement.
Internet est plus qu'un médium ou moyen de communication. C'est avant tout un réseau, du matériel physique, qui demande un peu d'habitude pour ne pas être agressé par toute sa puissance. Avec le temps, Internet est devenu un moyen de diffusion d'informations. Ce "village global" ainsi que nous l'appelons depuis qu'il a conquis toute la planète et plus de la moitié des foyers occidentaux, doit son expansion au fait qu'il s'appuye sur un technique fondamentale, la gestion de réseaux à l'architecture ouverte. Ceci explique le manque de méthode générale pour fédérer les réseaux comme ce fut le cas auparavant; chaque sous-réseau est autonome, sans contrainte, excepté que tous les utilisateurs doivent utiliser le même protocole, TCP/IP, afin de fournir des services aux autres utilisateurs (ordinateurs) sur une même base technique, le "peer-to-peer" (P2P). En fait, Internet inclus ARPANET ou, dit autrement, ARPANET s'est développé sans le savoir dans le cadre d'Internet. Si le sujet vous intéresse, je suggère aux anglophones de consulter l'ouvrage "How the Web was born" pour connaître l'histoire sans doute la plus complète d'Internet. C'est une brique de près de 400 pages écrites par deux experts du CERN, James Gillies et Robert Cailliau, le responsable du Web office. Reportage à voir : Quand l'Internet fait des bulles Diffusé sur "13ème Rue", voici la critique Nous verrons dans d'autres articles qu'Internet est bien sûr et surtout utilisé pour établir des communications. Aujourd'hui, pour 27% de la population du monde soit plus de 1.8 milliards de personnes, dont trois Américains sur quatre et un Européen sur deux, posséder un ordinateur et une connexion Internet sont aussi banals que d'avoir une montre, une radio, une télévision ou un GSM. En raison de son importance, nous prendrons le temps de revenir sur Internet ainsi que sur l'avenir des télécommunications. Dernier chapitre
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