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Aux origines d'Internet et de la micro-informatique

Le marché informatique (V)

Après avoir brièvement passé en revue l'histoire de la micro-informatique et décrit les tendances du marché, voyons à présent son actualité. Pour cela, nous allons répondre à quelques questions d'ordre commercial qui nous concernent tous.

La loi de Moore

Une notion doit tout d'abord être bien comprise quand on parle du marché de l'électronique ou de l'informatique : la loi de Moore.

Selon la loi de Moore toujours d'actualité, le nombre de transistors implanté sur un chip double tous les 18 mois, les prix chutant en conséquence. De ce fait, la technologie a rapidement évolué en quelques décennies.

Prenons quelques exemples. En 2006, soit 25 ans après le premier PC, le micro-ordinateur le plus rapide était cadencé à 3.8 GHz (AMD Athlon 64 X2, 200 €) et exécutait 3.8 milliards d'opérations par seconde  (3.8 Mips) ! L'ordinateur le meilleur marché capable de l'exploiter coûtait environ 1000 €, soit 3 à 4 fois meilleur marché qu'une génération plus tôt pour des performances plus de mille fois plus élevées !

La même année, Intel équipa le premier micro-ordinateur, le Mac Pro d'Apple, d'un processeur Xéon à 8 cores (le core ou coeur étant l'unité centrale de traitement ou CPU) cadencé à 3 GHz, pulvérisant la puissance du Power Mac G5 Quad.

Un an plus tard, IBM sortait un processeur dual-core cadencé à 4.7 GHz. Quelques mois après cette annonce, Intel entrait dans "l'ère du teraflops". Le constructeur américain présenta le Polaris, un nouveau processeur multicore cadencé à 6.26 GHz, contenant...80 CPU. Sa vitesse de calcul atteint 2 TFlops (nombre d'opérations en virgule flottante par seconde ou "FLoating point Operations Per Second"), soit la rapidité d'un superordinateur Cray ! Mais ce n'est encore rien comparé aux nouveaux superordinateurs qui sont mille fois plus rapides (Cf. le TOP500 et notamment le Fujitsu K Computer SPARC64 qui atteint une vitesse (pic) de 8.7 PFLOPS ! Et le progrès continue...

A lire : IBM a fabriqué un modulateur optique miniature (2007, sur le blog)

A gauche, depuis 1970, la loi de Moore progresse à l'identique et à même tendance à s'accélérer. A droite, le processeur Intel multicore Polaris cadencé à 6.26 GHz, contenant... 80 CPU ! Sa puissance de calcul atteint 2 TFlops ! Dégageant assez bien de chaleur, le système est refroidi par liquide. Voici une image du processeur monté sur la carte-mère.

Examinons également l'évolution des processeurs. En 1981, le processeur 8088 tirait profit de la technologie HMOS, des canaux N de 3 microns, utilisait 29000 transistors, une architecture de 8 bits et disposait de 40 pins ("pattes") alimentées en 5 V. Par comparaison, 25 ans plus tard, le processeur Pentium IV fonctionnait à 3.4 GHz, il était cinq fois plus grand, exploitait la technologie VLSI, des canaux de 0.18 microns, contenait 175 millions de transistors, disposait d'une architecture de 32 bits et de 423 "pattes" alimentées en 1.75 V. L'évolution est prodigieuse. Aujourd'hui on vend 230 millions d'ordinateurs par an, un quart de la production des 25 dernières années !

Au début des années 1980, la plupart des écoles d'informatique ont commencé à remplacer leurs IBM 370 et leurs encombrants lecteurs de cartes perforées par des PC et à développer les premiers réseaux locaux (LAN et WAN). Cette évolution permit à beaucoup d'amateurs d'acheter leur premier micro-ordinateur et aux compagnies d'investir dans leurs premiers serveurs et postes de travail.

Outre le côté purement professionnel, pratique, technologique ou ludique pour certains utilisateurs, ce qui fait l'attrait de l'informatique est le fait qu'à prix constant, on peut acheter chaque année un modèle plus performant ou trouver en occasion des modèles vraiment très bon marché. Ainsi un ordinateur âgé de 7 ans muni de son écran cathodique de 17" et même en bon état se vend 100 € à peine alors qu'il a coûté dix fois plus cher en son temps ! Moore est passé par là...

Même chose pour les écrans. Aujourd'hui, la plupart des informaticiens, amateurs ou professionnels, disposent d'un écran plat "wide" LCD de 19, 22 voire 30". Celui qui a toujours utilisé un écran cathodique de 15 ou 17" prendra quelques heures pour s'adapter à son format...géant, mais il ne fera plus jamais marche arrière.

Son prix est aussi très attractif. En 2007, un bon écran plat d'entrée de gamme de 22" coûtait à peine 300 € (Samsung SyncMaster 226BW). Aujourd'hui, on en trouve déjà à partir de 107 € (Iolair). Il y a 20 ans, on n'avait même pas un écran cathodique couleur de 15" à ce prix là !

Quel ordinateur choisir ?

Aujourd'hui on ne parle plus de "vitesse" CPU exprimée en GHz mais en "nombre de cores" : pour une même fréquence, la carte processeur peut être dual core, quad core, etc. Microsoft utilise également un système de calcul d'indice de performance propriétaire variant entre 1.0 et 7.9.

Un PC performant, équipé d'un CPU Quad Core cadencé à 2.5 GHz, équipé d'au moins 8 GB RAM, d'une carte graphique milieu de gamme ATI ou NVidia AGP (pour CPU Athlon) ou PCI-Express (pour CPU Intel), de 2 GB de disque dur plus quelques accessoires (clavier, souris, ports USB et multimédia,  Ethernet, webcam) coûte environ 1000 € ttc, sans écran ni logiciel, lesquels peuvent parfois doubler le montant de la facture. Mais l'éventail des prix est très vaste.

A lire : Comparatifs sur Tom's hardware

Cartes graphiques, disques durs, processeurs, cartes-mémoires...

A gauche, gros-plan sur une carte-mère 6-Quad série S de Gigabyte (2006) équipée d'un processeur Intel Dual-Core 2 et d'un chipset Intel P965 express. A droite, l'indice de performance d'un PC HP (2010) équipé d'un CPU Intel Quad Core Q9300 de 2.5 GHz, de 8 GB RAM, d'une carte vidéo NVIDIA GeForce GT230 et de disques durs WD10EADS ATA. Comment souvent, si les performances de cet ordinateur sont suffisantes (mais pas optimales) pour supporter des applications graphiques et vidéo 3D, elles sont pénalisées par l'accès au disque dur et les performances de la carte vidéo.

En effet, il existe des solutions portables entre 400 et 4000 € et des modèles de bureau entre 600 € et plus de 6000 € si vous êtes très exigeants. Enfin, il faut rappeler l'existence des UMPC, netbooks, Tablet PC et autres smartphones qui occupent chacun des niches spécialisées et dont l'éventail de l'offre s'étend chaque jour.

Ordinateur de bureau ou portable ? On constate que le marché des ordinateurs portables munis d'un écran de 15" ou supérieur s'étend au détriment de celui des ordinateurs de bureau dont les ventes ont tendance à stagner.

Ceci dit, l'ordinateur de bureau garde un atout de taille, celui de sa modularité : ses composants peuvent aisément être remplacés voire mis à niveau. De plus il accepte plusieurs cartes d'interfaces et dispose en général de 4 ou 6 ports USB contre 1 à 3 pour un ordinateur portable.

Mais à puissance et ressources égales, le faible encombrement des ordinateurs portables allié à leur faible poids (1 à 3 kg en général) plaident en leur faveur, et plus encore aujourd'hui avec la disponibilité des liaisons sans fil et la baisse du prix des portables.

Ordinateur bas de gamme ou haut de gamme ? Tout dépend de vos valeurs, du budget que vous voulez y consacrer (la barre psychologique de 1000 €) ou de ce que vous voulez faire de votre ordinateur. 

Ordinateur haut de gamme est généralement synonyme de haute technologie, écran large, puissance, ressource, etc. Vous devez déterminer si vous souhaitez acquérir un ordinateur pour effectuer du travail bureautique (traitement de texte, tableur, comptabilité, Internet, etc) dans lequel cas un ordinateur d'entrée ou de milieu de gamme suffira, ou dans le but d'utiliser des applications graphiques très gourmandes en ressources (jeux, vidéos, traitement d'image, etc), en poste fixe ou en mobile, à usage amateur ou professionnel.

Rappelez-vous enfin que tous les biens de consommation se déprécient avec le temps. Il est donc peut-êre préférable d'acheter un "bon ordinateur" (rapide et pleins de ressources) de milieu de gamme et le remplacer dans 3-4 ans que de le conserver 5 ou 10 ans et se plaindre ensuite de ses lenteurs ou du fait qu'il ne peut pas être mis à niveau.

Combien de temps peut-on conserver un ordinateur en bon état ? 

Foi d'utilisateur, un ordinateur peut fonctionner 10 ans sans problème, comme vous pouvez tomber sur un modèle qui tombera en panne une semaine après l'expiration de la garantie. Mais ce constat vaut également pour tous les biens.

Aussi, savoir combien de temps on peut conserver un ordinateur en bon état est une question à laquelle il est difficile de répondre car le hasard vient perturber la donne. 

Le temps moyen entre deux pannes (MTBF) comme la durée de conservation des données sur le support de masse (rétention) vont dépendre de la qualité et du vieillissement des composants, des conditions de travail (température, humidité, sollicitation du CPU, du disque, etc) ainsi que de la fréquence d'utilisation.

La garantie constructeur (1 ou 2 ans sur l'ordinateur, parfois 10 ans sur certains supports de masse) vous permet au mieux d'obtenir un échange standard endéans les 7 jours après achat sinon une réparation aux frais du fabricant mais elle n'offfe qu'un maigre réconfort quand vos données sont irrémédiablement perdues...

Globalement ces machines sont donc assez robustes. Mais sous la pression du marché, la tendance est de remplacer son ordinateur dans les 5 ans suivant son achat, mais comme nous l'avons dit, tout dépend de votre budget, de votre usage et de votre intérêt pour l'informatique.

Mettre à niveau ou racheter un ordinateur ?

Sur la durée de vie maximale d'un ordinateur se greffe la loi de Moore : sachant que votre ordinateur actuel a déjà 3 ou 5 ans, voulez-vous réellement le conserver le plus longtemps possible connaissant ses capacités limitées et les éventuelles pannes qu'il a déjà connu, ou ne préférez-vous pas racheter un ordinateur de dernière génération avec tous les avantages qu'il peut vous procurer ?

A lire : Acer Aspire One: un netbook à 200 € (2009, sur le blog)

A gauche, un portable Dell Latitude D600 (sorti en 2003, CPU P4-L 1.4 GHz, 512 MB RAM, DD 40 GB, Wi-Fi, etc). A droite, le netbook Acer Aspire One A110 (sorti en 2008, CPU Atom 1.6 GHz, 512 MB RAM, disque 2x 8 GB Flash, Wi-Fi, etc). Ces deux ordinateurs portables se vendent aujourd'hui entre 200 et 600 € selon les configurations et les boutiques. Bien que très suffisants pour surfer sur Internet, lire ses emails, taper une lettre ou visionner un film, ces deux modèles ne sont pas assez performants pour supporter un OS lourd comme Linux, Windows XP et moins encore Windows Seven, lancer des applications graphiques multi-tâches ou exécuter des jeux de simulation ou de rôles de manière fluide. Bien sûr ces OS existent en version "Lite". Mais pour supporter des fonctions très gourmandes en ressources (CPU et RAM), il faut un modèle beaucoup plus performant (par exemple un CPU d'au moins 2 GHz, RAM de 4 GB, disque de 500 GB, complété par un écran wide de 15 à 21" et une suite bureautique complète. Dans ce cas, le prix peut atteindre ou dépasser 1000 €.

L'argent et la nécessité restent évidemment les facteurs clés de votre choix. Mais des critères techniques vont également vous influencer, notamment la destination de cet ordinateur et le fait que vous souhaitiez ou non upgrader votre ancien ordinateur. 

En effet, les OS et les logiciels (graphiques notamment) exigent toujours plus de ressources, tant en vitesse CPU, capacité mémoire qu'en espace disque. De ce fait, il ne vous sera pas toujours possible d'installer le dernier OS ou logiciel à la mode sur votre ancien ordinateur.

Souvent si une première mise à jour software ou hardware (en RAM, disque dur ou même CPU) est possible, une seconde mise à jour est impossible car au bout de quelques années votre ordinateur sera totalement dépassé ou tous les slots libres à présent occupés. Au bout de 5 ans par exemple, des bancs de mémoire RAM supplémentaires de grande capacités ne seront même plus disponibles chez le représentant de la marque, sans parler du fait qu'il est souvent impossible d'upgrader une seconde fois le processeur ou de changer de carte-mère. Dans ce cas, l'évolution passe obligatoirement par un nouvel ordinateur.

Mis à jour du système d'exploitation et des applications

Si Windows 98 ou Me tourne déjà sur une FAT16 d'un PC 486DX2 cadencé à 66 MHz disposant de 64 MB RAM et d'un disque de 500 MB, la version Windows XP exige un PC 5 fois plus performant : un CPU cadencé à 300 MHz minimum, 128 MB RAM et occupe déjà au minimum 1.7 GB après la première installation sur une partition NTFS. 

L'interface de Windows Seven.

Quant à Windows Vista, avec tous ses outils, ses drivers et tous ses patches il devient trop lent pour un Pentium III cadencé entre 450 MHz et 1 GHz. Il exige pratiquement un CPU de 2 GHz ou supérieur, 2 GB RAM minimum, 128 MB de mémoire graphique (supportant optionnellement DirectX 9 pour les fonctions Aero) et occupe plus de 15 GB sur disque, auxquels il faut encore ajouter quelques dizaines de MB (entre 10 et 150 MB) pour chacune de vos applications.

Le même problème de ressources se pose évidemment avec les OS d'Apple, les systèmes Linux et alternatifs qui deviennent de plus en plus gourmands.

Windows Seven, alias Windows 7, commercialisé fin 2009, apporte peu d'innovations comparé à Windows Vista. Seven exige la même configuration que Vista mais son installation et sa configuration sont plus simples, il exploite mieux les ressources et tourne un peu plus vite que son prédécesseur.

Mais Windows Seven présente quelques problèmes. D'abord de licence. Certaines applications fournies avec Windows Vista n'existent plus sous Windows Seven pour des questions juridiques (de monopoles et de procès perdus) : c'est le cas de la messagerie (devenue "Windows Live") et d'Internet Explorer qui doivent être téléchargés séparément. 

Ensuite, Windows Seven présente des problèmes de compatibilité : certaines applications et périphériques fonctionnant très bien sous Vista ne fonctionnent plus correctement ou plus du tout sous Seven et exigent une nouvelle version spécialement écrite pour le nouvel OS, quand elle existe (par ex. Kaspersky anti-virus, Photoshop CS5, Magic Color pour écran plat Samsung, webcam Logitech Pro9000, etc).

Devant ces manquements, incompatibilités et déboires, tous les utilisateurs ayant connu Windows XP et Vista avouent que Windows Seven est décevant et loin du temps de réaction de Windows XP qui reste pour beaucoup l'OS de référence.

Un conseil et il est valable pour toute mise à jour : si vous souhaitez installer un nouveau système d'exploitation, assurez-vous avant achat que vos programmes et vos périphériques sont supportés par ce système. Mieux encore, en cas d'incompatibilité, vérifiez que le constructeur ou le revendeur propose soit une mise à jour ou un remplacement du produit (c'est le cas chez Windows, notamment avec sa Messagerie "Windows Live Mail" qui remplace les anciennes versions) soit, s'il s'agit d'un nouveau produit, qu'il le reprenne et vous rembourse s'il ne fonctionne pas sous le nouveau système (c'est par exemple le cas chez Amazon mais pas chez Logitech).

Acheter un ordinateur ou un logiciel ne se fait donc pas sur un coup de tête. Et loi de Moore oblige, sachez d'avance que votre éventuel nouvel ordinateur est condamné à vivre quelques années puis disparaître au bout de 5 ans, un peu plus tard si vous vous en servez peu.

L'avenir

Faisant l'objet d'innovations permanentes, il est difficile d'entrevoir l'avenir de l'informatique au-delà d'une ou deux générations sans imaginer des inventions chimériques ou ridiculement obsolètes, comme si Jules Verne (1828-1905) par exemple allait utiliser un moteur à vapeur pour alimenter un Smartphone !

Imaginer de manière réaliste l'informatique de 2050 est donc une chose impossible et de 2100 tout à fait irréaliste, n'en déplaisent aux experts en prospective. A toute bonne fin, consultez les articles sur l'ordinateur du futur, TabletPC et Web 3.0 et L'univers virtuel de Second Life pour avoir quelques tendances.

Je remercie Dave Walden pour ses explications concernant l'histoire d'ARPANET.

Pour plus d'information

Internet pour le meilleur et pour le pire (sur ce site)

L'avenir des télécommunications. (sur ce site)

Comparatifs sur Tom's hardware

Clé USB cherche ordinateur branché (sur le blog, jan 2009)

Comparatif des écrans plats de 22" (sur le blog, oct 2007)

Apple dévoile ses nouveaux iMac et réinvente iLife (sur le blog, août 2007)

Portails et forums BestofMicro, Comment ça marche, L'ordinateur individuel, Clubic, Ere Numérique

Les Numériques, Matbe, Tom's Hardware alias Presence PC, X-bit labs

AntéMémoire, Musée de l'Informatique à Paris La Défense

Histoire de l'Informatique

Histoire de l'informatique, Vision Futur

History of ARPANET, Michael Hauben

A Brief History of the Internet, ISOC

A Short History of Internet Protocols at CERN, Ben Segal/CERN

Computer History Museum

Microsoft Company 15 September 1975

IBM Archives (dont l'Histoire d'IBM)

NeXT

Steve Wozniak

L'aventure Apple

Apple Expo

Apple II History (voici une traduction française mais partielle et contenant des erreurs)

WWDC

TOP500 des superordinateurs les plus rapides

Internet World Stats

The Lives and Death of Moore's Law, Ilkka Tuomi/First Monday

La vidéo "Quand l'Internet fait des bulles" (Histoire de l'Internet français, dont voici la critique),13eme Rue

Les interviews de Tim Berners-Lee (via Google)

Le livre "How the Web was born", J.Gillies/R.Cailliau, Oxford Paperbacks, 2000

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