Contacter l'auteur / Contact the author

Recherche dans ce site / Search in this site

 

 

En hommage à Orion

La région de M78 et de la Boucle de Barnard (VIII)

M78, nébuleuse de réflexion, 5h46m42s, +0°03'

Juste au-dessus de l'équateur céleste, à l'est de la Ceinture et à environ 2° au NE de Zeta Orionis se trouve la nébuleuse de réflexion M78, alias NGC 2068. Brillant à la magnitude 8.3 elle mesure 8' x 6'. Dans un télescope de 300 mm d'ouverture on discerne à travers la nébuleuse 2 étoiles de 10eme magnitude ressemblant à des noyaux cométaires. La partie nord de la nébuleuse est brillante tandis que la région sud est diffuse.

A gauche, localisation de la région de M78 et de Zeta Orionis (le Nord est en haut). Photographie réalisée par Alex Mellinger avec un réflex Minolta muni d'un téléobjectif de 135mm f/4, pose de 2x45 min. sur film Kodak PJ-400. Au centre, une image réalisée par Yuuji Kitahara au foyer d'un télescope Newtonien Mikage de 400 mm f/6. Sur cette image et celle de droite, le nord est en-dessous. On distingue dans les parties SO et NO les nébuleuses très pâles de NGC 2064 et NGC 2067. Pose de 90 min sur film Fujicolor Super G400. A droite, une image prise avec un télescope Ritchey-Chrétien RCOS de 400 mm f/8 équipé d'une caméra CCD SBIG STL-11000M et fixé sur une monture Takahashi FSQ. Document Star Shadows Remote Observatory.

Par son aspect cette nébuleuse ressemble au visage d'un fantôme dont le front serait plus brillant et bien délimité vers le nord tandis qu'un voile couvrirait le bas de son visage dans la partie sud. La photographie révèle que les deux étoiles sont entourées de nébulosités brillantes et sont séparées l'une de l'autre par une région beaucoup plus sombre. Les photographies de M78 révèlent une nébuleuse de réflexion de couleur rougeâtre. Trois nébuleuses entourent M78 mais elles nécessitent des instruments d'au moins 300 mm d'ouverture pour être observées et une nuit très sombre et un ciel très limpide. 3' au SO de M78 se trouve la nébuleuse NGC 2064, 15' au NNE de M78 se trouve la nébuleuse NGC 2071 et moins de 10'  au NO se trouve la nébuleuse de réflexion NGC 2067. La vision avertée vous aidera à les distinguer ; porter votre regard sur le côté pour observer un détail situé dans l'axe afin que la lumière vienne frapper les zones plus sensibles de votre rétine afin de révéler les plus petits détails.

NGC 2064, nébuleuse de réflexion, 5h46m18s, 0°00'

Cette nébuleuse de magnitude 11.7 est située juste sur l'équateur céleste, 3' au SO de M78. C'est une petite nébuleuse de réflexion, très pâle et diffuse s'étendant sur 1.5' x 1' dans le sens N-S.

NGC 2067, nébuleuse de réflexion, 5h46m30s, +0°06'

Du côté OSO de M78 se trouve une petite nébuleuse de réflexion de 8' x 3'. Elle est allongé et plus large du côté NNE et prend une forme éffilée du côté SSO. Un filtre UHC s'avère très utile pour accentuer son faible éclat.

M78 et 3' à sa gauche NGC 2067. A gauche, une image prise au télescope de 5 m du Mont Palomar. Document Simbad/POSSII. Au centre, une image réalisée dans le cadre du programme Sloan Digital Sky Survey (SDSS). A droite, une image LRGB numérique réalisée par Robert Gendler avec une lunette de 100 mm f/8 équipée d'une caméra CCD SBIG ST-8e. Pose totale de 50 minutes.

NGC 2071, nébuleuse de réflexion, 5h47m12s, -0°18'

15' au NNE de M78 se trouve la nébuleuse NGC 2071. Il s'agit d'une nébuleuse mesurant 7' x 5' dans laquelle se trouve une étoile double constituée d'une étoile de 10e magnitude et d'un compagnon plus faible séparé de 15" dans une PA.de 200°. A faible grossissement dans un télescope de 300 mm d'ouverture la nébuleuse brillante en son centre s'estompe largement sur les contours, la partie sud s'évanouissant plus rapidement que les autres extrémités.

Pose de 30 min sur film Kodak Ektachrome 200+2EV.

Document Naoyuki Kurita.

NGC 2112, amas ouvert, 5h53m54s, +0°24'

A l'est et légèrement au nord de M78, dans la Boucle de Barnard, juste au SE d'une étoile de 10e magnitude, se trouve un petit amas ouvert de 10' de diamètre contenant une bonne dizaine d'étoiles de 12e magnitude entourées de nombreuses étoiles plus faibles. Il faut un télescope d'au moins 300 mm d'ouverture pour distinguer au centre de l'amas quelques étoiles de 12e magnitude alignées vers le NO entourées d'une trentaine d'étoiles de 13e magnitude distribuées dans une zone allongée de 12' x 6' dans le sens E-O.

LDN 1622, nébuleuse obscure, 5h54m26s, +2°00'

A l'est d'Orion, un peu au-dessus de l'équateur céleste, au NE de M78 et 25' au NE de l'étoile double 56 Orionis de magnitude 4.8 se trouve une nébuleuse obscure baptisée LDN 1622, alias Lynds Dark Nebula 1622. Dans un télescope de 300 mm d'ouverture à moyen grossissement (125x), on distingue entre quelques étoiles faibles une forme irrégulière sombre de 7' x 5'. Elle présentant une extension étroite vers le NNE et s'élargit vers le SO où se trouve 4 étoiles de 11 et 13eme magnitude qui délimitent la partie ouest de la nébuleuse. Son opacité est totale. Au SO se trouve la petite nébuleuse de réflexion vdB 62.

vdB 62, nébuleuse de réflexion, 5h53m30s, +1°42'

Au SO de la nébuleuse obscure LDN 1622 et 2' au SO d'une étoile de magnitude 9.5 se trouve une petite nébuleuse de réflexion de 15' de diamètre, vdB 62, alias van den Bergh 62. Elle mesure 15' de diamètre. Elle est brillante dans sa partie NE et très pâle et diffuse dans sa partie SO. 

IC 423, nébuleuse de réflexion, 5h33m24s, -0°37'

Juste sous l'équateur céleste, au SE de l'étoile double Mintaka, alias Delta Orionis, se trouve une petite nébuleuse alongée mesurant 6' x 4'. 10' au NNE se trouve la petite nébuleuse IC 424 et 40' au NE, IC 426. Elles sont peu observées par les amateurs en raison de leur petite dimension et de leur faible clarté. 

IC 424, nébuleuse de réflexion, 5h33m36s, -0°25'

A l'OSO de l'étoile double Mintaka, alias Delta Orionis se trouve une petite nébuleuse de 2' de diamètre. Elle est située à 10' au NNE de IC 423 et 35' à l'ouest de IC 426.

Les trois nébuleuses de réflexion IC 423, IC424 et IC426 ont été photographiées par Naoyuki Kurita avec un télescope Vixen de 200 mm f/6.4 muni d'un système de guidage CCD Pictor 210 XT fixé sur une monture Takahashi JP. Boîtier Vixen VX-1, pose de 45 min sur film Fujicolor Super G Ace 800.

IC 426, nébuleuse de réflexion, 5h36m48s, -1°15'

Quelques degrés au sud-est de l'étoile double Mintaka, alias Delta Orionis se trouve une petite nébuleuse en forme de triangle irrégulier, IC 426. Elle est bordée sur son côté nord par quelques étoiles rapprochées et s'étend vers l'ENE en direction d'une étoile de 9e magnitude. Sa partie sud est séparée de quelques étoiles situées plus au SE par une bande sombre alignée dans le sens E-O. La région est relativement dense et contient de nombreuses étoiles doubles et d'amas stellaires. Profitons de la puissance de la chambre Schmidt de 1.20 m du mont Palomar (Telescope Samuel Oschin) pour observer en détail IC 423 et IC 426.

IC 423 située près de l'étoile Mintaka et IC 426 photographiées au moyen de la chambre Schmidt de 1.20 m du mont Palomar sur plaques rouges et bleues. Il s'agit de l'agrandissement de l'image de la Ceinture d'Orion pour laquelle l'auteur a réalisé un compositage de 24 images bleues et 24 images rouges dans le cadre du projet POSS II. La résolution est d'environ 1"/pixel. Documents Davide De Martin/Sky Factory

La Boucle de Barnard, résidu de supernova, 5h50m, -3°00'

A l'est de la Ceinture et du Baudrier d'Orion, entre Bételgeuse et Saiph, sur plus de 10° s'étend le voile incurvé de la Boucle de Barnard, alias Sharpless 2-276. Sa partie nord renferme l'amas ouvert NGC 2112 contenant une cinquantaine d'étoiles de magnitude 12 à 13 distribuées dans une région de 10' de diamètre. A peu près à mi-chemin entre la partie NE de la Boucle de Barnard et Zeta Orionis se trouvent les nébuleuses de réflexion M78 et NGC 2071. Dans l'autre direction, à l'OSO de Bételgeuse, dans la constellation de la Licorne se trouve la célèbre nébuleuse de la Rosette.

La constellation d'Orion et la boucle de Barnard. A gauche, une photographie composite de 3x45 min sur film Kodak Elite, boîtier Olympus OM-1 avec objectif Zuiko 50mm f/4 sur monture Losmandy GM-8. On reconnaît à gauche la nébuleuse de la Rosette, NGC 2237 et au nord la grande nébuleuse rouge et quasi sphérique qui entoure Meissa, l Orionis. Au centre, une image RGB composite réalisée par Jerry Lodriguss révélant un immense halo bleuté de plus de 30° autour d'Orion. A droite, une image prise par Mike Treacy sur film Kodak PJM-2 (PJ-400) à l'Observatoire Starhill.

Les documents historiques semblent indiquer que la Boucle de Barnard fut découverte par William Herschel le 1 février 1786. Elle fut redécouverte par Edward E. Barnard aux alentours de 1900 qui lui donna son nom actuel.

Très difficile à observer visuellement en raison de sa faible luminosité, la Boucle de Barnard se dévoile surtout sur les photographies à très longue pose sur des films sensibles au rayonnement rouge. Cette nébuleuse constituerait la partie intérieure d'un nuage d'hydrogène H I beaucoup plus vaste constitué de coquilles multiples contenant de l'hydrogène ionisé de très faible densité et un groupe d'étoiles jeunes et très chaudes de type spectral O et B dénommé l'association OB1 d'Orion. Les coquilles concentriques seraient le résultat d'une radiation de choc provoquée par une supernova plus récente dont l'effet explosif aurait comprimé des résidus d'explosions antérieurs. La Boucle de Barnard se serait ainsi formée suite à l'explosion de plusieurs supernovae voici quelque 3 millions d'années à une distance d'environ 1600 années-lumière du système solaire. Actuellement les gaz se dissipent à une vitesse de 80 km/s.

La Boucle de Barnard brille plus brillamment en lumière UV qu'en lumière blanche en raison de l'intense rayonnement ultraviolet émis par les jeunes étoiles de l'association OB1 d'Orion qui frappent les particules de poussières et diffusent la lumière des étoiles. Récemment on a également découvert que cette région abritait une immense nébuleuse UV de réflexion couvrant un champ apparent supérieur à 30°.

A gauche, une photographie de la Boucle de Barnard réalisée par M.Ebersole, Observatoire de Starhill, au moyen d'un téléobjectif de 160 mm. A sa droite, une image prise par Naoyuki Kurita avec un téléobjectif SMC Pentax de 300 f/4.8. Pose de 2x30 min sur film Kodak Ekta E200 +1EV. Autoguidage assuré par une monture équatoriale Takahashi EM 200. A droite du centre, une image prise par Scott Tucker. Pose de 20 min sur film Kodak PJ-400. Boîtier Nikon F2 muni d'un téléobjectif Nikon de 180 mm f/2.8 ED. A l'extrême droite, une image prise par Bob Towsend du club AA6G avec un téléobjectif Olympus de 350 mm f/2.8 muni d'un filtre hydrogène-alpha. Pose 2x90 min du film Kodak TP2415.

NGC 2174 - NGC 2175, nébuleuse d'émission et amas ouvert, 6h09m42s, +20°30'

A la limite sud de la constellation des Gémeaux, au SE de h Gemini, 17' au NE de l'étoile c2 Orionis se trouve un amas ouvert d'environ 20' de diamètre. Il est pratiquement superposé, bien que légèrement décallé vers le nord, sur une nébuleuse de réflexion couvrant une surface de 40' x 30'. L'amas ouvert entoure une étoile brillante de magnitude 7.5 dont la partie nord est illuminée par la nébuleuse.

A gauche, NGC 2174 photographiée par Matt BenDaniel avec une lunette Astro-Physics EDF de 130 mm f/6.7 équipée d'une sonde de guidage SBIG ST-4 et d'un boitier Pentax 67 fixés sur une monture AP 600E QMD. Pose de 120 min du film Kodak PPF-400. Au centre, une image réalisée par Mike Cook avec une lunette Astro-Physics EDFS de 130 mm f/6 avec correcteur de champ et système de guidage SBIG ST-4V fixés sur une monture AP 600E GTO. A droite, une image réalisée par Okano Kunihiko avec un télescope Newtonien de 300 mm f/5 équipé d'une caméra SBIG ST-6. 

B35, nébuleuse obscure, 5h45m30s, +9°03'

A mi-chemin entre Bételgeuse et l Orionis, juste à l'ouest de l'étoile variable FU Orionis de 12e magnitude qui est enveloppée dans la nébuleuse de réflexion Cederblad 59, alias Cr59, se trouve la nébuleuse obscure B35. Ce nuage est légèrement plus sombre que celui de la Tête de Cheval et pratiquement trois fois plus étendu. Entouré d'étoiles très pâles, B35 couvre une surface de 20' x 10' orientée dans le sens NO-SE. Cette nébuleuse est entourée au SO par la nébuleuse planétaire NGC 2022 et par les amas ouverts NGC 2039 au sud et NGC 2063 au SO.

Document Simbad/POSSII

NGC 2022, nébuleuse planétaire, 5h45m30s, +9°03'

A mi-chemin entre Bételgeuse et l Orionis, au SO de l'étoile variable FU Orionis et à 10' au SE de deux étoiles de 8e magnitude se trouve une toute petite nébuleuse planétaire de 25" x 20", NGC 2022, alias PK196-10.1. Dans un télescope de 200 mm à grossissement modéré elle présente une surface uniforme et verdâtre d'à peine 18" de diamètre légèrement allongée dans le sens NNE-SSO. Plusieurs étoiles de magnitude 11 apparaissent du côté ouest, entre la nébuleuse et les deux étoiles de 8e magnitude. Il faut un télescope de 300 à 400 mm d'ouverture pour découvrir sa structure annulaire, légèrement plus sombre au centre et sa texture granuleuse.

NGC 2039, amas ouvert, 5h44m06s, +8°38'

C'est William Herschel vers 1780 qui décrivit à ces coordonnées un petit groupe d'étoiles pâles mais son fils John n'y trouva qu'un groupe stellaire beaucoup plus vaste. Des observations modernes permettent d'affiner leurs observations. 

Un télescope de 200 mm d'ouverture permet d'observer à cet endroit, au milieu du groupe stellaire indiqué par John Herschel un amas d'une dizaine d'étoiles de magnitude 12.5. Ce petit amas ouvert forme un V long de 7' s'étendant vers le nord et le NO. Il se situe dans la partie sud d'un amas stellaire de 20' x 12' allongé dans le sens NO-SE contenant une trentaine d'étoiles de magnitude 8 à 13. Ce grand groupe pourrait être celui observé par John Herschel, NGC 2039. Il est délimité dans sa partie nord par une étoile de 8eme magnitude au NO de laquelle se trouve 6 étoiles de magnitudes 12.5 à 14. Elles s'étendent vers l'est vers une étoile de 9eme magnitude. 40' du côté ESE devrait se trouver l'amas ouvert NGC 2063 mais rien ne correspond exactement à la description faite par les Herschel si ce n'est une dizaine étoiles.

NGC 2063, amas ouvert, 5h46m48s, +8°48'

A l'endroit indiqué sont rassemblées 10 étoiles de 13 et 14eme magnitude formant un amas de 3' x 2' allongé dans le sens NO-SE. A son extrémité SE se trouve une étoile de 13eme magnitude au sud de laquelle on découvre une ligne concave orientée vers le nord formée par 6 étoiles de 13eme magnitude. Si les coordonnées indiquées sont exactes, l'amas ouvert NGC 2039 devrait se trouver 40' du côté OSO, mais il est trop éloigné (voir ci-dessus).

Autres objets

Lever d'Orion sur l'Observatoire du Mont Palomar. Document Caltech corrigé par l'auteur.

Pour être complet, une trentaine d'autres nébuleuses et amas ouverts  ne figurent pas dans cette liste en raison de leur faible éclat ou de leur taille apparente inférieure à 10'. La constellation d'Orion n'abrite malheureusement aucune galaxie brillante. Le Télescope Spatial Hubble a toutefois révélé combien certaines d'entre elles pouvaient être jolies. Les catalogues NGC et IC en reprennent une trentaine mais leur magnitude oscille entre 12 et 15 et demeurent à la limite de visibilité des télescopes de 200 mm d'ouverture. Il s'agit de galaxies lointaines dont le grand axe mesure d'ordinaire moins de 1.5'.

Pour plus d'informations

Vous cherchez encore de la documentation sur la constellation d'Orion ? Il y a plus de 2000 occurrences du mot Orion sur Internet, mais toutes les images présentées ne sont pas de grande qualité et cela n'a parfois rien à voir avec le sujet qui nous occupe.

Consultez plutôt les URL à la lettre I comme Image. Ce sont des sites d'amateurs et de professionnels dédiés à l'imagerie. Passez-les en revue et vous trouverez certainement les photographies des constellations que vous convoitez.

Voici également quelques sites présentant des photographies ou des données sur la constellation d'Orion : Astrojan - Astropix - Sky Factory - National Geographic Society - UCAR - Allthesky - SEDS - Smith Dibon - David Haworth - Marco Lorenzi, sans oublier les observatoires professionnels terrestres ou orbitaux et tous les liens vers les sites amateurs présentés dans cet article.

Enfin n'oubliez pas les logiciels de simulation et leurs bases de données en ligne.

Retour aux Sciences du ciel

Page 1 - 2 - 3 - 4 - 5 - 6 - 7 - 8 -


Back to:

HOME

Copyright & FAQ