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Le défi des OVNI

Le Dr Donald H.Menzel (1901-1976), astronome à l'observatoire d'Harvard.

L'incompétence de l'US Air Force (IV)

Après avoir étudié pendant 6 ans les notifications d’OVNI soviétique, le Pr Boris Kukarin[28], l'homologue soviétique du Dr Menzel, disait en 1952, “les soucoupes volantes sont une illusion d’optique qui grossit à mesure que s’étend la psychose de la guerre... encouragée par ceux qui y trouvent un intérêt”. Ceux qui y croyaient étaient étiquetés de non patriotiques et pro-guerriers ou avaient eux-mêmes participés à la construction de prototypes de soucoupes volantes, tel le Pr S.Zonshtein.

Le psychanalyste autrichien Wilhelm Reich[29] voyait dans les soucoupes volantes les émissaires d'un monde hostile. Carl Jung[30], le célèbre psychanalyste suisse voyait dans les soucoupes volantes la projection affective d'une image symbolisant l'harmonie et la plénitude.

Carl Jung devait toutefois reconnaître dans le magazine anglais Flying Saucer Review que si "l'origine extraterrestre du phénomène devait se trouver confirmée [...] les autorités qui sont en possession d'informations importantes, ne devraient pas hésiter à éclairer le public aussi vite et aussi complètement que possible et devraient, avant tout, cesser ces simagrées ridicules de mystères et de vagues allusions". Nous nuancerons son point de vue un peu plus loin.

Les comptes-rendus allaient eux aussi dans tous les sens. L'astronome amateur George Adamski[31]raconta comment il rencontra des Vénusiens, Grady Barnett découvrit les restes calcinés d'une soi-disant soucoupe volante et de son pilote à Roswell, Daniel Fry s'efforça d'entrer en contact radio avec des extraterrestres, tandis qu'un peu partout, en Amérique latine, en Europe et en Russie, on vit des extraterrestres.

Ces notifications suscitaient tant de curiosités qu'en 1952 plusieurs associations se constituèrent en parallèle de l'Armée de l’air. Certaines d'entre elles deviendront célèbres tel l'APRO (Aerial Phenomena Research Organization, qui n'existe plus aujourd'hui), le MUFON (Mutual UFO Network) et le NICAP (National Investigations Committee on Aerial Phenomena). En 1956 cette dernière organisation comptait parmi ses membres l'ancien responsable de la CIA et des officiers supérieurs en retraite. Elle détient aujourd'hui une collection monumentale de documents[32]. Nous reviendrons sur son activité.

Au cours de l'année 1952, de nombreux ingénieurs et scientifiques vinrent consulter les rapports d'OVNI de l'Armée de l’air américaine, mais tous avouèrent qu'ils leur faudraient beaucoup plus de temps pour se forger une opinion rigoureuse sur le sujet.

Edward Ruppelt et ses collègues de l'ATIC reconnurent qu'il serait opportun de réunir un groupe de scientifiques américains afin d'étudier ce phénomène et de proposer quelques axes de recherches qui seraient proposés, le cas échéant, au Président.

Cette initiative avait été durement acquise car jusqu'alors aucune preuve tangible ne venait supporter ce genre de réunion. Mais cette fois, un incident pouvait intéresser les scientifiques. En novembre 1949, un groupe de scientifiques entrepris de mesurer la radioactivité naturelle en différents endroits des Etats-Unis lorsqu'un groupe d'étudiants découvrit par hasard, au Nouveau Mexique, un lien possible avec la manifestation d'OVNI. Des enregistrements suspects s'étant manifestés jusqu'en février 1950 puis encore en juillet, il pouvait y avoir matière à réflexion, même si les conseillers scientifiques de l'Armée de l’air jugeaient qu'il n'y avait "rien de probant".

Sous l'approbation de l'Armée de l’air, la CIA organisa une rencontre entre des scientifiques, sous la présidence du physicien H.P.Robertson, expert en armement. Le "Robertson Panel" - également connu sous le nom de “Rapport Durant” - comprenait Edward Ruppelt, le prix Nobel Luis Alvarez qui participa à l'élaboration de la bombe atomique, le Dr Lloyd V.Berkner, géophysicien, le Dr Thornton Page, astrophysicien, Frederick C.Durant, spécialiste des missiles et des fusées, le Dr Samuel Goudsmit qui collabora aux travaux d'Einstein et le Dr Hynek. Le 12 janvier 1953, pendant 7 jours, ils interviewèrent 14 personnes dont Ruppelt, des membres de la CIA/OSI et de l’ATIC. Ils analysèrent 75 rapports et 2 films en couleurs montrant des lumières évoluant dans le ciel de Tremonton et de Montana, films qui avaient déjà été visionnés pendant des milliers d'heures sans que personne n'ait pu trouver la moindre explication.

Le capitaine Edward Ruppelt.

Ruppelt consacra les deux premiers jours à expliquer son travail, signalant qu'il avait récolté 4400 rapports mais n'en avait retenu que 1593. D'après ses estimations, on ne lui signalait que 10% des observations faites sur le territoire des Etats-Unis, de sorte qu'il devait y avoir quelque 5000 observations d'OVNI chaque année. Après enquête, 429 observations restaient inexpliquées.

Le jury consacra toute une journée à poser des questions sur les 9.7% d'événements classés "inconnus" pour savoir s'ils pouvaient être attribués à l'action d'êtres intelligents : "La réponse était délicate avoua Ruppelt, parce qu'elle n'était pas officielle, et elle n'était pas officielle justement parce qu'elle était délicate : elle aboutissait à conclure qu'il s'agissait bien de véhicules interplanétaires. Personne n'avait voulu approuver notre idée"[33].

Ruppelt présenta ensuite les deux meilleurs films du Blue Book. Tous invoquèrent la méprise ou recherchèrent logiquement des lacunes dans les hypothèses proposées, en vain, bien que le doute subsista. Tous les membres présents savaient que ni les Etats-Unis ni aucun autre pays du monde ne possédait de technologie assez poussée pour construire les appareils capables d'effectuer les performances dont parlait les rapports.

Après deux jours de délibération, les invités relurent les rapports, firent projeter une nouvelle fois les films, consultèrent d'autres savants pour confronter leurs idées et discutèrent abondamment entre eux. Enfin, ils rédigèrent leurs conclusions : Pour le Dr Page, “d’après nos connaissances actuelles du système solaire, l’existence d’êtres intelligents... ailleurs que sur Terre est extrêmement improbable, et la concentration de leur attention par n’importe quel moyen contrôlable sur un quelconque continent de la Terre plutôt irrationnel”.

Tous conclurent : "En tant que groupe, nous ne croyions pas à l'impossibilité que d'autres corps célestes soient habités par des créatures intelligentes. Il n'est pas impossible, non plus, que ces créatures aient atteint un degré de développement intellectuel leur permettant de visiter la terre. Cependant, rien dans tout ce que nous avons lu dans les rapports relatifs aux prétendues "soucoupes volantes", ne tend à indiquer que ce soit bien le cas". 

En bref, à choisir entre les trois verdicts : phénomène connu, inutile de poursuivre les enquêtes; données insuffisantes, le programme est maintenu; et les OVNI sont des véhicules extraterrestres, le jury concluait dans ses "Recommandations", au plus grand étonnement de Ruppelt, qu'il fallait quadrupler l'effectif du "Project Blue Book" et lui adjoindre des spécialistes dans tous les domaines, électronique, photographie, météorologie, physique, etc., afin d'obtenir des mesures et des enregistrements précis. Les chercheurs militaires et civils seraient également alertés afin qu'ils puissent participer aux observations. Ils recommandaient enfin d'informer le public à chaque stade de l'enquête afin de dissiper l'atmosphère de mystère et pour maintenir l'Armée de l’air en éveil pour éviter les réactions hâtives ou les négligences.

Finalement le jury conclut que les OVNI ne représentaient aucune menace pour le pays, mais que sa répétition continue constituait bien une menace. Proposé en lecture aux plus hautes instances gouvernementales et aux scientifiques, les avis furent partagés. Ceux à qui cela déplut estimèrent que le jury n'avait pas osé s'affranchir de ses préjugés et avait eu peur de prendre ses responsabilités. Dans leur esprit il n'y avait aucune raison de ne pas continuer à assimiler les OVNI aux extraterrestres.

Le jury recommanda enfin de tout communiquer au public et de ne rien tenir secret. Cinq ans plus tard, lorsque Ruppelt rédigea son fameux livre, 4 membres du Robertson Panel manquaient à l’appel et il ne publia même pas la liste des personnes interviewées par le Robertson Panel, liste publiée... dix-huit ans plus tard dans le Blue Book... Pire encore : lorsque Ruppelt soumit au Pentagone son intention de diffuser le film de Tremonton au public, mentionnant clairement qu'il pouvait s'agir d'un vol de mouettes, sa réponse fut un "non" catégorique. Cette attitude sera confirmée le 7 janvier 1954 lorsque le Renseignement de l'Armée de l’air déclara encore : "On parle beaucoup trop des OVNI... Taisez-vous".

Le Dr David Saunders[34] et R.Harkins dénoncèrent cette conspiration du silence. A leurs yeux le rapport du Robertson Panel ne fut qu’une couverture, “conçue et exécutée dans le double but d’embrouiller les services d’espionnage étrangers et rassurer le cadre de notre propre establishment. Il y a de nombreux précédents où l’on utilisa de telles doubles et triples couvertures de sécurité en relation avec des projets d’importance réelle. Par exemple, la simple existence du Projet Manhattan fut tenue secrète, mais la nature et l’importance de ce projet fut un plus grand secret encore”.

Un an plus tard, probablement suite au manque d’ouverture des autorités, le capitaine Edward J.Ruppelt donna sa démission et quitta l’Armée de l’Air. En mai 1954 il publia un long article de 18 pages dans le magazine "True"[35] expliquant, notait l’éditeur en bas de page, les raisons pour lesquelles “l’auteur, maintenant un civil, croit que les soucoupes volantes sont des vaisseaux interplanétaires ou n’existent pas”.

Les vagues successives d'observations et le manque de compétences de l'Armée de l’air finirent par agacer les parlementaires américains. En 1966, deux membres du Congrès, Weston Vivian, député démocrate d'Ann Arbor et le futur président Gerald Ford, alors chef de file d'une minorité de Républicains à la Chambre, demandèrent à L.Mendel Rivers, député de Caroline du Sud une enquête sérieuse sur la question, concluant : "Fermement convaincu que la population méritait une meilleure explication que celle fournie par l'Armée de l’air, je recommande instamment qu'une enquête soit menée sous l'égide d'une commission". Gerald Ford n'obtint pas son enquête mais une simple convocation à huis clos des trois acteurs du "Project Blue Book" devant la Commission du Congrès[36] : Harold Brown, secrétaire de l'Armée de l’air, le commandant Hector Quintallina Jr, directeur du Project Blue Book et le Dr J.Allen Hynek, conseiller scientifique.

Rivers leur demanda ce qu'il était ressortit de leurs recherches "car on ne pouvait tout de même pas éliminer ces objets très lumineux d'un seul coup de plume". Confiant et se voulant rassurant, Harold Brown expliqua que "ces phénomènes ont été identifiés comme étant des étoiles brillantes, des planètes, des comètes ou des météores. Sur les 10147 enquêtes, 9501 avaient été expliquées par des scientifiques, des ingénieurs, des techniciens et des conseillers, autrement dit des experts soigneusement sélectionnés et hautement qualifiés, utilisant les laboratoires de l'Armée de l’air, les centres d'essais, les méthodes et les équipements scientifiques et techniques les plus perfectionnés. Restait 646 cas pour lesquels il n'y avait pas suffisamment de données". Brown expliqua ensuite à Rivers que malgré le manque de résultats, l'Armée de l’air poursuivrait ses investigations avec un esprit d'ouverture. Rassuré par ces conclusions, Rivers ne vit plus de raison de maintenir le huis clos et accepta de laisser entrer les journalistes.

Brown répéta ses conclusions puis Rivers demanda au Dr Hynek s'il avait quelque chose à déclarer. "Monsieur dit Hynek, la presse n'a pas été tendre à mon égard... La presse m'a décrit comme "la marionnette de l'Air Force", et a déclaré que je ne dis que ce que l'Air Force me fait dire. Je voudrais... lire à la Commission une déclaration... qui ne m'a certainement pas été dictée par l'Air Force".

Il précisa que "la masse des informations qui s'était accumulée depuis 1948 méritait d'être étudiée très attentivement par une commission civile composée de spécialistes des sciences physiques et sociales, et qu'il conviendrait d'assigner à une telle commission la tâche d'examiner le problème des OVNI d'un point de vue critique dans le but précis de déterminer s'il existe réellement là un problème majeur". A ses yeux il restait 20 cas inexpliqués. Il faisait remarquer qu'en tant que scientifique il avait les mains en quelque sorte liées par l'Armée de l’air, qui semblait ignorer la démarche scientifique : "En tant qu'homme de science, je ne dois pas ignorer les leçons du passé; trop souvent il est arrivé que des questions de grande valeur pour la science aient été négligées simplement parce que le phénomène n'était pas conforme aux opinions courantes de la science contemporaine."

L'audition fut suivie par quelques plaisanteries à propos d'une observation de Martiens relatée par le magazine "Life", mais interrogé par les membres de la Commission, le commandant Quintallina dit qu'il n'avait pas eu connaissance de cette affaire. Cela n'était pas très étonnant. Un peu plus d'un tiers (38%) seulement des atterrissages d'OVNI recensés sur le territoire des Etats-Unis étaient notifiés dans le "Blue Book". Jacques Vallée, fervent ufologue et consultant en informatique à l'Université de Stanford, cite 1024 incidents de ce type connus en 1966 dont 60 seulement furent notifiés par Quintallina. Ainsi se terminait la convocation du Congrès.

Après une journée d'examen contradictoire, la Commission publia un rapport en février 1966. Malgré le luxe de moyens dont parlait Brown, les membres du Congrès n'avaient pas été dupes. La persévérance d'Hynek avait été profitable. La Commission constata le manque de moyen du programme "Blue Book", qui disposait en fait d'un seul officier et de sa secrétaire et de moyens techniques limités. Les talents et les ressources du laboratoire de recherche de Cambridge (AFCRL) et du Bureau de recherche Scientifique de l'Armée de l'air (AFOSR) avait, de l'aveu même de Hynek, rarement été mis à contribution. La Commission reconnut son besoin de s'entourer de personnes qualifiées recrutées dans les universités.

Quelques semaines plus tard, une commission spéciale du Bureau du Conseil Scientifique fut mise sur pied par le général-major E.B. LeBailly, directeur de l'Information de l'US Air Force (SAFOI), qui indiquait notamment : "En conséquence, il est demandé qu'une commission scientifique de travail [...] soit organisée pour examiner le Blue Book [...] et pour indiquer à l'Air Force les améliorations souhaitables. [...] Le Dr J.Allen Hynek, président de l'Observatoire Dearborn de la NorthWestern University, est le conseiller scientifique du Project Blue Book. Il s'est déclaré prêt à travailler avec une telle commission afin de placer le problème dans la perspective qui convient". Sous la présidence du Dr Brian O'Brien, cette commission spéciale avait recommandé en autres : "de passer des contrats avec quelques universités choisies, qui fourniraient des équipes scientifiques pour étudier de façon approfondie et dans les meilleurs délais des observations d'OVNI sélectionnées... le choix des universités devrait respecter un bon équilibre géographique".

Ainsi que le rappela le lieutenant-colonel J.F.Spaulding du SAFOI dans une lettre adressée au Dr Hynek, l'idée qu'une organisation civile collabore avec l'Armée de l’air n'était pas nouvelle et fut émise à plusieurs reprises depuis 1948. En 1952 par exemple, l'analyse des rapports d'OVNI fut confiée au Battelle Memorial Institute de Colombus[37], en Ohio : "Si mes souvenirs sont exacts écrivait le LtCol Spaulding, nous comptions un psychologue et même un aumônier ! Mais il s'agissait là d'un effort intérieur, non soutenu d'en haut, et la commission ne tint pas longtemps".

En fait les statisticiens responsables de Battelle signalèrent une pénurie évidente d'information valables et précisèrent que même les notifications bien documentées n'offraient pas toutes garanties quant à la validité des données.

Le SAFOI souhaita également la collaboration de la NASA et la NSF (National Science Foundation) qui habituellement signaient des contacts de recherches avec le privé, mais sans plus de succès. Le LtCol Spaulding concluait sa lettre : "Bien entendu, je serais moi-même tout disposé à apporter mon aide à cette commission pour tout ce qui relève de la compétence, et j'envisagerais même, si cela pouvait contribuer à placer le problème dans la perspective qui convient, de me mettre momentanément en disponibilité de l'université".

Hynek envoya une copie de cette lettre en "haut-lieu", au Dr Winston Markey, directeur des services scientifiques de l'USAF et au Dr Harold Brown. Cette lettre eut l'effet escompté, car quelques semaines plus tard E.B.LeBailly adressa des recommandations au Bureau du Conseil Scientifique dans lesquelles on retrouve plusieurs phrases similaires aux siennes. Les recommandations du Dr Hynek seront retenues mais personne n'imaginait qu'elles le seraient si rapidement...

Prochain chapitre

La tragédie au mépris des preuves

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[28] F.Edwards, “Flying Saucers - Serious Business”, Lyle Stuart, 1966, p276.

[29] I.O.Reich, "Willhelm Reich", New York:St.Martin's Press, 1969.

[30] Carl G.Jung, "Un mythe moderne", NRF-Gallimard, 1961/1974. A propos de la projection d’images mentales lire, C.Lemaire, “Rêves éveillés”, éd.Les empêcheurs de penser en rond-Synthélabo, 1993.

[31] D.Leslie et G.Adamski, "Les soucoupes volantes ont atterri", J'ai Lu-L'aventure mystérieuse, 1971.

[32] Chaque pays est aujourd'hui couvert par une ou plusieurs associations et chacune publie un magazine d'information, MUFON UFO Journal, Just Cause ou The Skeptical Inquirer aux Etats-Unis, Canadian UFO Report au Canada, Flying Saucer Review en Angleterre, Phénomènes Spatiaux et Lumières Dans La Nuit en France, Inforespace en Belgique, etc.

[33] E.Ruppelt, "Face aux soucoupes volantes", op.cit., p270-271.

[34] D.Saunders et R.Harkins, “UFOs ? Yes”, World Publishing Company, 1968, p105.

[35] E.J.Ruppelt, “What our Air Force found out about Flying saucers”, True, May 1954, p19.

[36] 89e Audition du Congrès (Commission des Services Armés de la Chambre des Représentants), 55, 5 avril 1966, p6073, "Objets Volants Non Identifiés".

[37] Publié ultérieurement dans le rapport N°.14 du Blue Book.


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