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"Je ne m'étais pourtant pas intéressé auparavant aux phénomènes de type OVNI. Je classais ce genre de préoccupations dans la catégorie des parasciences pour lesquelles je n'avais, et je n'ai toujours d'ailleurs, que peu d'affinité ! Ce qui changeait était la proximité géographique du phénomène permettant un contrôle personnel des allégations des témoins et éventuellement la possibilité d'observer et mesurer soi-même le phénomène. Les conditions semblaient réunies pour qu'une démarche scientifique soit entamée avec toute la prudence nécessaire Bien sûr une autre motivation me taquinait. Quoique très sceptique sur les chances d'une rencontre avec des êtres venus d'autres systèmes stellaire durant ma courte vie, je ne pouvais m'empêcher d'être tenté de vérifier si le moment n'était pas venu...Je suis de ceux qui considèrent qu'une telle rencontre serait un événement majeur pour l'humanité et que, si minime que soit sa probabilité, tout doit être mis en oeuvre pour ne pas le rater.[...] La curiosité est un vilain défaut sans lequel aucune recherche scientifique n'est concevable. J'y cédai donc avec volupté en maintenant néanmoins mon potentiel de rigueur et de prudence en éveil !" Si le pari pascalien de L.Brenig est attirant - ignorer et passer à côté d'un élargissement fondamental de notre univers ou agir en espérant comprendre ce phénomène - , il faut en effet garder son sang-froid et être prudent dans un domaine tel que celui-ci. Avant d'échafauder des hypothèses et des explications théoriques rationnelles, il faut définir les limites du problème et réunir suffisamment de données objectives. Or tous les ufologues reconnaissent que les notifications d'OVNI sont très insuffisantes pour cela ! Il faut aller au-delà du témoignage occasionnel. L.Brenig[19]confirme à cet sujet : "Le problème ne peut pas progresser si on se limite aux observations accidentelles. Je suis partisan d'une action volontaire et organisée de collecte systématique de données. Il est nécessaire d'entreprendre des campagnes de détection et de mesures physiques. Ces mesures doivent être complétées par celles provenant de réseaux d'enregistrements automatiques utilisant la télédétection par satellite et par radar. Le premier travail du scientifique n'est pas d'imaginer des théories explicatives mais plutôt de tout mettre en oeuvre pour collecter des mesures physiques et des images fiables du phénomène. Ensuite, après avoir collecté un matériel suffisant il pourra enfin élaborer les hypothèses et les modèles explicatifs !". Cette méthode est la seule qui rendrait crédible auprès des scientifiques des comptes-rendus empiriques, dont la science pourrait enfin se préoccuper sans réticences. Mais en entamant cette démarche, on constate rapidement les différences d'approche et les a priori négatifs des personnes susceptibles d'apporter une réponse à ce problème, qu'elles soient civiles ou militaires, et dont la presse se fait l'écho. La plupart des scientifiques ne répondent pas à l'inquiétude du public, prétendant sans même avoir ouvert les dossiers, que les témoins ont été "les jouets de leur imagination !" D'un autre côté, bien que plusieurs chercheurs soient en faveur de cette étude, en ce qui concerne la vague belge, les physiciens A.Meessen et J.-P.Petit étaient a priori en faveur de la thèse extraterrestre, une hypothèse de travail bien peu scientifique dans le chef de deux chercheurs qualifiés : "Mon attitude écrivit L.Brenig[20], se démarque de la leur que je respecte pourtant. Tout d'abord, l'explication en terme de visites d'extraterrestres, quoique enthousiasmante, ne s'impose pas en ce qui concerne la vague belge. Pour tout avouer, aucune hypothèse ne me semble émerger plus qu'une autre actuellement". Voilà une attitude qu'il convient d'applaudir, qui ne fait aucunement une relation entre les OVNI et les extraterrestres. Certains journalistes[21], intolérants et en mal d'imagination, amplifient le manque d'ouverture et les allégations gratuites de certains "experts" quand ils considèrent les observateurs avec condescendance, les qualifiant de "gentils amateurs d'OVNI", plaçant leur ignorance et leurs préjugés en manchette des journaux. Sans même prendre la peine de reconnaître le courage des scientifiques qui s'attaquent au problème OVNI, à l'image de Science & Vie ils tirent à boulets rouges sur les témoins et les chercheurs rationnels, sans beaucoup d'objectivité. Ainsi L.Brenig écrit : "J'osai écrire une lettre de réclamation au journal (Le Monde) : inutile de dire qu'elle ne fut suivie d'aucun accusé de réception ! Voilà qui nous mène loin du climat de tolérance et d'objectivité qui règne en Belgique". Se greffe sur cette réticence bien maladroite de certains milieux, la médiatisation d'un tel phénomène. Ainsi que l'écrit Marc Hallet[22] : "La SOBEPS se vente aujourd'hui d'avoir été extrêmement prudente. Faut-il que ses membres aient la mémoire courte quand les journaux et les bandes vidéos sont là pour témoigner très rapidement, MM.Clerebaut et Meessen ont parlé ouvertement d'une vague d'observations d'engin venant très probablement d'un autre monde !"
Ces rumeurs tapageuses auprès d'un public crédule et peu informé en matière scientifique ne peut que nuire à la bonne fin d'une telle étude. Durant la vague belge, L.Brenig[23] a constaté qu'une masse énorme d'appels téléphoniques concernaient des phénomènes qui n'avaient rien à voir avec le ou les OVNI recherchés : "Que de fois des gens nous avaient téléphoné pour nous décrire, en fait, une étoile particulièrement brillante. J'appris à cette occasion qu'une fraction importante de la population ne sait pas que les étoiles se déplacent par rapport à la Terre !" Et de constater, impuissant, en suspens : "Cela est à mettre au "crédit" de la culture scientifique dispensée dans l'enseignement primaire et secondaire de notre pays...". Le public est en effet impatient de conforter ses impressions au risque de se méprendre sur la nature véritable de ce qu'il observe. S'il était scientifiquement mieux informé, s'intéressant un peu plus aux "choses du ciel et de la terre" les enquêteurs devraient dénouer beaucoup moins de méprises et pourraient se consacrer à plein-temps à l'analyse des véritables phénomènes inexpliqués. Hypothèses, thèses et démonstrations En attendant de comprendre ce qui se passe au-dessus de nos têtes, plusieurs chercheurs analysent méticuleusement les données recueillies par les groupements amateurs et les militaires, quand ces derniers le veulent bien. Puisqu'il semble exister certaines relations objectives entre classes de phénomènes OVNI ainsi qu'au sein même d'une catégorie précise, on peut rationnellement s'interroger sur l'origine de ces manifestations. Parmi les réflexions et les questions qui suivent certaines ont déjà fait l'objet de recherches (référencées), apportant la preuve que ces manifestations sont dignes de l'intérêt des scientifiques. Ayons la curiosité de leur demander ce que nous apportent leurs analyses. Ont-ils des résultats probants et quelles sont les hypothèses pouvant expliquer ces mystérieux phénomènes ? Les méprises Citons tout d'abord l'hypothèse universelle qu'il s'agit d'une mauvaise interprétation d'un phénomène naturel ou artificiel connu[24], écartant pour l'instant l'aspect sociologique du problème. N'oublions pas que statistiquement 75% des observations font l'objet de méprises. Plusieurs phénomènes peuvent se "liguer" et produire un OVNI : la réverbération d'une lumière brillante oscillant dans une atmosphère chaude peut provoquer un scintillement coloré, une lumière vive projetée dans votre dos sur de la brume ou du brouillard peut créer des silhouettes étranges et des faisceaux lumineux, etc. Si la personne est psychologiquement "préparée", les extraterrestres se matérialiseront vite ! Parmi les méprises habituelles citons pêle-mêle quelques grandes catégories de phénomènes: - Les phénomènes aéronautiques telle que la confusion avec un ballon-sonde, un avion volant de face avec ses feux d'atterrissage ou avec ses feux de navigation, une silhouette d'avion inhabituelle, les effets lumineux provoqués par la flamme sortant de la tuyère de sortie d'un avion à réaction en “puissance militaire", la rentrée dans l'atmosphère d'engins spatiaux, les rubans métalliques antiradar ou des leurres, les essais scientifiques en haute altitude libérant des nuages de gaz colorés, des appareils de mesure (ballons en grappe, sonde météo) ou des avions téléguidés (drones), etc; - Les phénomènes astronomiques tel que le lever ou le coucher d'une planète brillante (Vénus en particulier), d'une étoile, de la Lune, le déplacement d'un astre au cours de la nuit, une comète, un météore sporadique, un bolide voire une éclipse inattendue; - Les phénomènes atmosphériques (météos) tels que les nuages lenticulaires ou noctiluscents (nacrés), la foudre en boule, les météores de plasma, le feu de Saint Elme, la couronne électrique par temps clair, les amorces de trombes d'eau (tornades, etc), un éclairage lointain (réverbère, véhicule ou astre) caché par des objets de l'avant-plan, des inversions de température au niveau du sol ou dans l'atmosphère accompagnées de phénomènes lumineux (aberration, réflexion) et de déplacements de masses d’air, la réverbération d'objets dans l'atmosphère, sur des nuages ou sur des bâtiments, les effets optiques liés à la chaleur (mirage, exhalaison) ou à la présence de cristaux de glace en suspension dans l'atmosphère (halos, parhélies, piliers), les tourbillons de poussière; - Les phénomènes géomagnétiques tels que les aurores polaires, les phénomènes lumineux transitoires (jet de plasma, sprites, elfes, etc) ou les effets de "statique" lumineux; - Les phénomènes géophysiques, tel que l'effet piézo-électrique (à démontrer) ou les feux follets; - Les phénomènes artificiels ou naturels vus de nuit tels que les show lasers ou de puissants phares projetés sur les nuages bas, les lumières colorées des villes observées par avion à travers des nuages bas translucides, les torchères des stations pétrolières en mer, des oiseaux volant à contre-jour, les négatifs surimpressionnés à notre insu, flou ou abîmés[25], et enfin les distorsions engendrées par les problèmes de mise au point automatique des caméras ou des reflets dans les filtres objectifs. Ceci dit, cette liste n'est pas exhaustive et même un nuage d'eau libéré par une cheminée de refroidissement d'une centrale nucléaire peut, dans une atmosphère calme et limpide, prendre une forme ovoïde et se déplacer lentement au gré des vents pendant quelques minutes, laissant planer un doute sur sa nature. Il est évident qu'il faut comprendre ces méprises dans le sens où chaque phénomène touche certaines manifestions d'OVNI bien particulières. Pour identifier correctement un phénomène, ainsi que nous l’avons déjà dit, il faut effectuer un travail d'enquête minutieux sur le terrain et prendre en considération toutes les données disponibles, c'est-à-dire non seulement les témoignages, mais également les paramètres météos, astronomiques, astronautiques, etc. Vénus n'a jamais empêché un moteur de tourner mais a déjà fait tourner la tête de quelques pilotes. Si vous êtes un jour confronté à un tel événement, c'est votre expérience de l'observation, votre culture et votre sens critique face à la réalité qui pourront vous aider à faire la part des choses. Des spécialistes viendront ensuite expertiser la situation. A défaut de bénéficier de la science infuse, ne vous étonnez pas, comme tout le monde, de vous méprendre quelquefois en prenant des vessies pour des lanternes. Reconnaître que l'on se trompe est un signe d'intelligence. Maintenant, il ne faut pas non plus concevoir de méthode "à la Condon", et tomber sur l'écueil consistant à utiliser ce genre de confusion comme une "recette" pouvant expliquer tous les phénomènes. La plupart des gens ont heureusement du bon sens, même s'il s'agit de méprises. Ainsi, lorsque certains pilotes d'avions pensent que l'OVNI qu'ils voient est un reflet, ils s'en assurent en cherchant par exemple un angle de réflexion qui leur permet de s'en débarrasser, d'autres plongent en piqué pour s'assurer que la position relative de l'OVNI se modifie ou éteignent l'éclairage de leur cockpit pour s'assurer qu'il ne s'agit pas de lumière parasite. Des photographes amateurs ont la précaution de signaler leur observation à des astronomes ou discutent avec des physiciens pour tenter d'expliquer ce qu'ils ont pu voir. Enfin, dans la plupart des cas, les scientifiques doutent d'eux-mêmes et se posent des questions, confirmant leur honnêteté intellectuelle. Les échos radars Sans discréditer les témoins, les signaux radars si déconcertants sont peut-être de faux échos, ce que l'on appelle des "anges", un phénomène connu des radaristes[26], dû par exemple à des inversions thermiques (détente non adiabatique, mirage et cellules convectives). Plusieurs phénomènes astronomiques peuvent occasionnellement altérer les communications radioélectriques dans l'ionosphère. Les perturbations radios engendrées par l'activité solaire par exemple, sont capables de provoquer des échos répétés et décalés en fréquence entre 60 et 600 MHz. Les aurores, qui sont la manifestation visible des particules chargées du vent solaire piégés par le champ magnétique terrestre, peuvent provoquer beaucoup de parasites sur les fréquences décamétriques et transporter des signaux de haute fréquence à des centaines de kilomètres de leur source d'émission. L'ionisation des gaz autour de la traînée des météores a également la propriété de réfléchir les ondes-courtes. Ces zones ionisées se situent à une très haute altitude, dans les couches D ou E de l'ionosphère et réfléchissent les ondes radios pendant une durée qui varie selon la densité des particules, pouvant aller jusqu'à plusieurs minutes avec une puissance qui peut dépasser plusieurs dizaines de décibels au-dessus du bruit normal s'il s'agit d'un bolide. De tels nuages d'ionisation temporaire peuvent perturber les systèmes radars et peuvent évoluer au gré des vents s'ils se manifestent dans la troposphère. Les "anges" peuvent également être des signaux mal filtrés par les systèmes informatiques, des bancs d'étourneaux, des nuages de grêle ou des nuages très humides par exemple. Mais généralement les opérateurs radars les reconnaissent par expérience car ces signaux naturels n'ont pas les mêmes durées que les "anges" ni les mêmes propriétés. Les échos radars relevés par les pilotes de chasse avec contacts visuels au sol par exemple, semblent voler à des vitesses fulgurantes. En quelques secondes ces OVNI atteignent des vitesses supersoniques sans provoquer d'onde de choc[27] ou subir de réaction thermique; ils peuvent se déplacer verticalement sur plusieurs milliers de mètres et supporter une accélération de plusieurs centaines de "g" durant quelques secondes, a priori sans dommages ! Les échos s'éteignent lorsqu'ils sont repérés et réapparaissent lorsque l'avion de reconnaissance retourne à sa base. Lorsqu'un radar de bord est verrouillé sur l'un de ces échos, l'ordinateur pouvant effectuer une série de mesures dynamiques, la cible change d'ordinaire instantanément de cap et d'altitude sans que les pilotes ne puissent la suivre. Un tel comportement d'évasion semble intelligent mais il est inexplicable en vertu des lois de la dynamique que nous connaissons. Selon A.Meessens[28] il s’agirait “d’anges” à persistance exceptionnelle, explication beaucoup plus logique que celle des extraterrestres ! A l'inverse, les observations d'OVNI stationnaires ou très lents (20 km/h) de grandes tailles vont à l'encontre de tous les principes de l'aéronautique, mis à part les propriétés particulières de nos hélicoptères, des avions à décollages verticaux ou des dirigeables. Mais tous les engins volants connus prennent appui sur l'air. Ils créent des turbulences et dégagent de la chaleur. Les "plus lourds que l'air" font également du bruit, autant d'effets que ne provoquent pas les OVNI, bien au contraire[29]. Prochain chapitre Les prototypes et autres avions furtifs
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