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Le
problème OVNI
Un
phénomène sous influences (II)
En
analysant l'influence de la culture, on constate que le profil des notifications d'OVNI ou
des extraterrestres illustre parfaitement les craintes et les
espoirs de nos sociétés. De façon indirecte, la science, la technologie, les ouvrages sacrés, les oeuvres artistiques (romans
de science-fiction, illustrations, films, jouets, etc) et le
cautionnement involontaire des médias colportent des thèmes en
relation avec l'ufologie qui constituent une base de données
inconsciente pouvant influencer les témoins.
Non seulement nous
allons découvrir que ces informations influencent les "contactés"
mais également Monsieur Tout-le-Monde qui observe un jour, à
l'improviste, un OVNI.
Ce
n'est pas par hasard si ces histoires farfelues sont apparues durant
les années 1950, en pleine Guerre froide, alors que la société
ressentait avec anxiété les prémices d'une guerre mondiale
atomique. On retrouve des témoignages identiques à notre époque,
alors que notre société est en proie à des crises politiques, économiques
et sociales que l'on croyait exorcisées.
Sociologiquement parlant, certaines notifications d’OVNI sont, faut-il le rappeler, des
contes farfelus. Ils reflètent la fragilité de la société
humaine, une association d'hommes et de femmes perdus dans un monde
à la fois épris de valeurs universelles et contraints de survivre
en communauté dans une société technique, âpre au gain et
élitiste, avec tous les dérapages que ce "progrès" et cette
socialisation suscitent.
Le
manque de repères stables et la banalisation des découvertes ont
également conduit certaines personnes à compenser cette angoisse
en transformant leurs aspirations en un appel mystique, métaphysique
capable de s'emparer des plus grands esprits. Elles se réfèrent à
des principes universels, sous-tendus ou non par des motivations
lucratives.
Ces
caractéristiques ne sont pas particulières aux pays occidentaux.
Le problème OVNI se répercute dans tous ses détails en Amérique
latine, en Afrique, dans les pays de l'Est, au Proche-Orient, en
Extrême-Orient, en Asie et même en Océanie. Dans
des conditions sociales précaires, il n'est pas étonnant que
certains recourent à l'ultime solution et en appellent aux forces
surnaturelles, aux croyances aux OVNI et aux êtres supérieurs.
Les
principes directeurs qui guident ces personnes peuvent se résumer
à une sorte de pari Pascalien : agir ou subir. Si la majorité des
gens croient aujourd'hui que les extraterrestres peuvent
potentiellement exister, certains se sentent obligés de croire que
leur existence est une réalité au risque de devoir redéfinir leur
conception du monde au sens large. Philosophiquement parlant, cette
possibilité est très motivante et plus d'un scientifique passionnés
par le sujet avouent que cette possibilité de rencontre a initialisé
leur démarche, rapidement contrariée par la rigueur de leur méthode.
L'influence
des textes sacrés
Parallèlement
aux notifications réellement énigmatiques, on trouve une
exploitation quasi religieuse du phénomène OVNI. Les visiteurs
extraterrestres sont souvent considérés comme des prêcheurs de
bonne parole, apportant aux Terriens un message d'allégresse,
d'espoir ou de prudence dans un monde corrompu, prêt à se détruire,
sans valeur morale, etc.
Les
textes sacrés offrent ici tout l'éventail des arguments pour
satisfaire les adeptes des spéculations extraterrestres, à l'écart
de toute caution officielle. Nous pouvons puiser dans la mythologie
latine ou africaine, la gnose, l'Ecriture Sainte, les textes sacrés
du Moyen-Orient, le Tao, les textes sanskrits, les soutra indiennes
ou les récits du Temps des rêves des aborigènes d’Australie.
Toutes ces sources sont riches de paraboles et d'allusions
mystiques.
Selon Aristote, le diable grec par exemple, le daimon,
servait d'intermédiaire entre Dieu et les hommes, au point
d'habiter à deux pas, sur la Lune.
Socrate d'ailleurs discutait
avec lui. Mais ne souriez pas; un peu plus tard on retrouve le
diabolos grec à la cour de Yahvé. Bien que "tombé du
ciel", Satan restait un ange, même s'il était déchu.
Les
textes bibliques relatent des événements plus énigmatiques. Dans
l'Ancien Testament Ezéchiel
(VIe.s. av. JC) donne une description de l'apparition de l'Eternel : "Je regardai, et
voici, il vint du septentrion un vent impétueux, une grosse nuée,
et une gerbe de feu, qui répandait de tous côtés une lumière éclatante,
au centre de laquelle brillait comme de l'airain poli, sortant du
milieu du feu".
Consulter
la Bible en ligne - Le Coran en ligne
Institute
For Biblical and Scientific Studies
Le
Deutéronome
qui est un texte de lois civiles et religieuses rédigé vers 622 av.
JC précise la
vision de Moïse : "Et l'Eternel apparut dans la tente, dans
une colonne de nuées; et la colonne de nuée s'arrêta à l'entrée
de la tente". Le lecteur pourra essayer d'interpréter la
"gloire de Dieu". Il constatera rapidement l'influence de
sa culture et des médias.
Pour
donner plus de vraisemblance au récit et donner corps aux êtres célestes,
Josué
fit porter
l'épée à son Dieu, lui faisant subir les affres de la guerre :
"Josué, et tout Israël avec lui, passa de Makkéda à Libna,
et il attaqua Libna. L'Eternel la livra aussi, avec son roi, entre
les mains d'Israël, et la frappa du tranchant de l'épée".
Enfin, pour punir les infidèles, les anges de la Genèse
n'ont pas hésité à détruire Sodome et Gomorrhe malgré l'intercession d'Abraham :
"Alors l'Eternel fit pleuvoir du ciel sur Sodome et sur
Gomorrhe du soufre et du feu, de par l'Eternel. Il détruisit ces
villes, toute la plaine et tous les habitants des villes, et les
plantes de la terre". Une fois encore, le mystique invoquera
une malédiction divine ou une intervention extraterrestre.
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La
région du Mont Sodome en Israël. Document P.Leflon. |
Ces
souvenirs mystiques de visions divines, de malédictions ou de
guerres entre les dieux et les hommes sont des thèmes récurrents
souvent exploités par les sectes, quelques unes étant armées. Or,
ainsi que nous l'avons dit à propos des récits historiques, rien
ne vient appuyer leurs thèses, au contraire.
Au
premier abord la Bible véhicule de nombreux textes mystérieux. A côtés
des nombreux textes mythiques reconnus, une analyse socio-historique
et géologique permet d’élucider la plupart des autres récits.
Prenons par exemple les villes de Sodome et Gomorrhe soi-disant détruites
par un phénomène surnaturel, une intervention divine.
En réalité
la région de la Mer morte se trouve sur une importante faille géologique
et on trouve dans le désert les preuves du déplacement de l'écorce
terrestre. Un tremblement de terre peut expliquer la destruction de
ces deux villes sans qu'il faille rechercher une explication
surnaturelle.
Les
exégètes et les scientifiques reconnaissent que les textes
bibliques peuvent aussi être interprétés à plusieurs niveaux.
Tous ceux qui ont étudié la Bible savent qu'à cette époque, dans
tout le Proche-Orient le "miracle" était considéré
comme une figure de style plutôt qu'une réalité, comme
aujourd'hui la métaphore ou l'analogie peut éclairer son sujet.
Toutefois, les preuves historiques et matérielles nous manquent
encore pour étayer tous les comptes-rendus bibliques. Et si même
nous découvrions un jour des extraterrestres, certains exégètes
modernes considèrent que leur existence ne serait pas exclue par le
message du Christ, la Révélation n'excluant nullement l'existence
d'autres formes intelligentes dans l'univers.
A
lire : Les
altérations dans la Bible
Fidèles
et convertis ont également trouvé dans la gnose et les autres
textes ésotériques une appréciable approbation de leur fidélité
à leur gourou, interprétation sacrée quelquefois confirmée par
le sacrifice charnel des femmes. Ainsi la Genèse
décrit la corruption du genre humain : "Les géants étaient sur la terre
en ces temps-là, après que les fils de Dieu furent venus vers les
filles des hommes, et qu'elles leur eurent donné des enfants: ce
sont ces héros qui furent fameux dans l'antiquité. L'Eternel vit
que la méchanceté des hommes était grande sur la terre, et que
toutes les pensées de leur coeur se portaient chaque jour
uniquement vers le mal... Et l'Eternel dit : J'exterminerai de la
face de la terre l'homme que j'ai créé, depuis l'homme jusqu'au bétail,
aux reptiles et aux oiseaux du ciel; car je me repens de les avoir
faits". Ainsi que nous le savons de tristes échos, cette séduction
suivie d'une action purificatrice s'accordent parfaitement avec les
messages que certaines sectes diffusent.
Le
thème du surhomme né d'une mère humaine est fréquemment utilisé
dans la littérature sacrée. Géant ou normal, séparé des hommes
ou vivant parmi eux, il est doté de pouvoirs surnaturels. Dans
l’interprétation des Pères de l’Eglise, le Christ est un
exemple célèbre.
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Les
disques de granit de Bayan Khara Ula découverts par
un archéologue chinois en 1938 et aujourd'hui
exposés au musée Bampu de Xian en Chine. Documents Edicolaweb/Ernst
Wegerer. |
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Concrètement,
ce rapport au surhomme a véhiculé une rumeur bien terrienne.
Vyacheslav Zaitsev relata il y a quelques décennies dans un
magazine
russe
imprimé en Finlande qu’un archéologue chinois aurait trouvé en
1938 dans les cavernes du massif de Bayan Khara Ula, dans l'Himalaya
non loin du Tibet, un
total de 716 disques de granite de 30 à 50 cm de diamètre
portant des sillons spiroïdaux analogues à ceux que porte un
disque de vinyle. Ils auraient appartenu à un peuple venu de
l’espace. Cette découverte choqua à ce point les scientifiques
de l’Académie de Préhistoire de Pékin qu’ils refusèrent de
publier les travaux des quatre archéologues. Ce
n’est qu’en 1965 qu’ils reçurent l’autorisation de publier
un article portant pour titre : “Groove Writing relating to
Spaceships which, as Recorded on the Disks, existed 12,000 Years
Ago”.
On comprend
l’attitude des autorités.
Les
peuplades troglodytes habitant cette région, les Dropa et les Ham
semblaient présenter des aptitudes physiques et mentales hors du
commun. Les légendes chinoises parlèrent de petits hommes maigres
hauts d’environ 1.20m au faciès jaunâtre venus des nuages il y a
longtemps. Ils présentaient une énorme tête, un corps grêle et
étaient si laids que des “hommes sur des chevaux rapides” les
ont traqués. En fait les archéologues chinois découvrirent dans
les cavernes de Bayan Khara Ula des vestiges de squelettes
d’aspect humain remontant à 12000 ans présentant un énorme crâne
et un squelette sous-développé. Les parois internes des grottes étaient
couvertes en de nombreux endroits de peintures représentant le
lever du Soleil, la Lune et les étoiles, séparés par des lignes
pointillées. La rumeur raconta qu'il s'agissait des descendants
d'extraterrestres.
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Un
disque trouvé sur les cavernes de Bayan Khara Ula et
un autre exemplaire a priori illustré par les Dropas. Document Edicolaweb. |
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Les
sillons analysés sur les disques comportaient des symboles et des
hiéroglyphes mais écrits si petits qu'il fallait une loupe pour
les lire. Le Dr Tsum Um Nui les auraient traduit ainsi :
“Les Dropas sont descendus des nuages dans leurs planeurs. Nos
hommes, nos femmes et nos enfants se sont cachés dans les grottes
dix fois avant le lever du Soleil. Quand finalement ils comprirent
le langage signé des Dropas, ils réalisèrent que les nouveaux
arrivants avaient des intentions pacifiques...”. D’autres hiéroglyphes
disaient combien ces êtres regrettaient d’avoir perdu leurs
vaisseaux suite à cet atterrissage périlleux dans les montagnes, et
devant l’échec de la tribu quand elle tenta d’en construire de
nouveaux. Les
disques furent expédiés à Moscou pour analyses. Les scientifiques
découvrirent qu’ils étaient constitués de cobalt et d’autres
métaux. Ils étaient capables de vibrer à une fréquence
inhabituelle lorsqu’on les chargeait d’électricité. Pour
certains chercheurs ces disques faisaient partie d’un circuit électrique.
Si la science se décide
à étudier le sujet rigoureusement, nous connaîtrons peut-être un
jour la solution de l’énigme. Elle présente toutefois tous les
indices d’une mise en scène comme certains pseudoscientifiques
le pratiquaient si bien au début du siècle dernier. Que cette histoire
soit véridique ou de pure invention, le fait que cette tribu des Ham ait existé suffit à
prendre ce récit en considération, ne fut-ce que sur le plan
paléo-ethnologique.
Dans
la philosophie bouddhique, les récits épiques du Mahâbhârata ou
la soutra Samarangana (ou Samar)
font aussi
explicitement référence aux moyens extraordinaires dont
disposaient les hommes, il y a plusieurs millénaires. Les récits
sanskrits Mamusa citent par exemple des "vimanas", que
certains ufologues considèrent comme des "soucoupes
volantes". Elles sont décrites comme étaient faites d'un
alliage léger, le fer, le cuivre et le plomb entrant également
dans leur construction. Elles
avaient un corps parfaitement proportionné, etc. Elles pouvaient évoluer
dans l'air et monter dans les régions solaires (Suryamandala) et
stellaires (Nakstramandala), propulsées par "du feu et du
mercure dans le fond". On apprend ainsi, à travers 230
strophes, qu' "au moyen de ces machines,
les êtres humains peuvent voler dans les airs et des êtres célestes
descendre sur terre".
A
consulter : Les textes
sanskrits tirés du Mahâbhârata (Neurom)
Les textes sacrés, dont Hindous, en ligne
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Illustrations du
Mahâbhârata. A droite Krishna conduisant son char.
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Le
Mahâbhârata va plus loin encore. Il stipule que le dieu
Aswatthaman lança une arme appelée "Agneya" qui jeta un
projectile dans l'atmosphère, faisant tomber du sang et tuant
toutes les créatures vivantes. L'eau se mit à bouillir, les arbres
furent détruit par l'incendie, les chevaux et les chars furent brûlés
par la force de cette arme. Le dieu Shiva inventa une arme plus
redoutable encore, la “Pasupata”, capable d’anéantir toute
vie à la surface de la Terre. Cette arme de destruction pouvait être
lancée “avec une très faible lumière, ... à la main, avec la
parole ou avec la pensée”. Antérieurement, le Mausala Parva
rapporte que par une arme analogue tous les êtres des races de
Vrishni et d'Andhaka furent réduits en cendres. Le roi en fut si
atterré qu'il réduisit le tonnerre en poudre et le jeta à la
mer... Heureusement, une fois encore Krishna sauva la Terre.
Tous
ces textes épiques ou sacrés sous-entendent qu'un peu partout et à toutes les époques,
les hommes côtoyaient des êtres se déplaçant dans des véhicules
volants et disposant d'une arme fatale. Quel peuple pouvait donc
disposer de cette technologie, si ce n'est un peuple extraterrestre
supérieur... Quelle que soit la secte, si l'interlocuteur est bien préparé, endoctriné
même, ce genre d'interprétation pourra lui être proposée avec
succès.
Toute
personne critique devrait toutefois faire preuve d'un peu plus de
rigueur dans son analyse et devrait remettre ce point de vue en
question. En effet, on peut à juste titre s’interroger sur les
niveaux intellectuel et technologique atteints par ces sociétés,
leur intérêt pour le surnaturel, les problèmes sociaux existants,
la raison et la fréquence des conflits armés, l’état géologique
et climatologique des lieux, etc.
Et par un étrange retournement de circonstance, on constatera
vraisemblablement que ces récits ne font que représenter de manière
folklorique ou allégorique des guerres tribales, des mythes voire même
des catastrophes naturelles dont la mémoire collective a perdu la
trace.
Car il faut bien se dire que si des extraterrestres ont réellement
côtoyé
ces populations durant de longues périodes, les écrivains publics,
les artistes, les artisans, les architectes et les autorités
locales auraient certainement consignés ces faits d’une manière ou
d’une autre, sur papier, dans la pierre ou en façonnant des
objets à leur image. Rrien de tout cela n’existe et
les seules traces alléguées que nous possédons sont de soi-disant
artefacts et quelques gravures peu convaincantes dignes d’un
faussaire ainsi qu’une littérature mystique très peu crédible.
Prochain
chapitre
L'exploitation
commerciale du phénomène OVNI
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