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En sciences, et nous le démontrerons tous les jours dans les laboratoires de recherches, c’est la déduction logique, en rejetant les syllogismes, la déduction mathématique (constructive) et le raisonnement basé sur l’expérience (l’induction) qui confirment l’intégrité intellectuelle de son auteur. Le concept Ainsi se développe l’idée de concept ; cette construction d’idées
élaborées par approximations, que l’on approche de manière induite
pour définir ce qui deviendra une loi, un principe. Il se définit
souvent par analogie. Galilée lui-même reprit certainement les concepts
de ses aïeux et ne découvrit pas tout ce qu’il mentionna. L’union de
plusieurs concepts, de plusieurs lois, donnent une théorie qui systématisera
ces concepts. Pour Armand Cuvillier ils deviennent "les armatures
générales de notre représentation de l’univers". De cette
manière, "le concept écrit H.Delacroix, est toujours ouvert :
il « attend » de nouvelles déterminations de sens". Malgré l’aspect construit des concepts et leur caractère défini, le
jugement qui arrêta leurs propositions n’a pas convaincu G.Bachelard,
H.Bergson ou J.Wahl. A leurs yeux le concept est une chose abstraite,
"l’ombre de la réalité" dont il n’est qu’un extrait bien
appauvri. Henry Bergson ou William James considère le concept comme une
généralisation nécessairement déformée d’une définition spéciale.
Bergson reconnaît toutefois que "le concept peut servir à une étude analytique et
scientifique des objets dans ses relations avec les autres". Son
appréciation se situe principalement au niveau métaphysique. Auguste
Comte[1]
s’opposera à cette idée empiriste en rappelant que "Sans l’abstraction
nous ne pourrions jamais instituer les lois générales qui seules nous
permettent des prévisions capables de guider notre intervention". Einstein[2] sera plus précis dans sa réponse : "Ce qui caractérise disait-il, la différence entre associer librement ou rêver et penser, c’est le rôle plus ou moins grand que joue le concept. Il n’y a pas de nécessité en soi à ce qu’un concept soit relié à un signe verbal perceptible et reproductible ; mais il le faut pour que la pensée devienne communicable".
Depuis le XIeme siècle il semble évident que les énoncés scientifiques doivent être soumis à l'épreuve de l'expérience. Mais voilà bien un cliché qui mérite d'être développé. Si on prend le soin d'étudier l'évolution
des sciences, tant l'histoire de la chimie, de la mécanique, de
l'astronomie ou de la biologie, il s'en dégage une même méthodologie :
on teste des hypothèses mais rarement des théories. Par définition
celles-ci sont admises a priori comme étant exactes, en tous cas
"normales" et peu de chercheurs mettent en causes de brillantes
théories dont les savants se sont ingéniés des années durant à vérifier
la validité. Ce point de vue peut radicalement changer dès lors que de
nombreuses expériences mettent la théorie en échec. Le concept
traditionnel, conjoncturel subit à son tour un test. Et lorsque celui-ci
confirme le sentiment des chercheurs, on peut réellement dire que la théorie
est mise en difficulté. Nous sommes sur le point d'assister à une
"révolution scientifique" selon l'expression consacrée de
l'historien des sciences Thomas Kuhn. Nous assistons au renversement d'une
théorie par une autre. Mais cela ne se fait pas spontanément.
Il s'agit d'une induction conditionnelle car cette prémisse est exacte à condition que tous les hommes soient mortels et que Socrate soit un homme, deux propositions qui doivent être démontrées. Ce type de discours est abusivement employé pour construire des syllogismes. Cette manière d'envisager la connaissance en partant du général pour aboutir au particulier n'a rien en commun avec le discours scientifique. C'est la raison pour laquelle la plupart des prémisses prêtent à sourire, car nous avons démontré leur fausseté. Cette logique illustre l'une des caractéristiques de la mythologie, où l'histoire que l'on raconte n'est pas mise en doute, quels que soient les faits évoqués. Les prémisses interviennent en fait chaque fois que l'homme est confronté aux énigmes de la nature. Le mythe lui fournit une explication cohérente en termes de causes et d'effets, les forces surnaturelles manipulant les acteurs et les objets. Il est très dangereux de raisonner de cette façon car l'idéologie que soutien son auteur n'a rien de fondé scientifiquement parlant. D'une autre manière, les lois inventées par Platon et Aristote n'avaient pas à l'époque la signification que nous leur attribuons aujourd'hui. Selon la "physique" d'Aristote, le vide était contre nature par exemple. Il assimilait sa physique à un principe holistique.
Pour nos scientifiques modernes, le fait de corriger les énoncés
d'Aristote ne change pas seulement une loi mais aussi sa qualité, ses
aspects globaux et toute l'étendue des phénomènes. Comme l'a évoqué
Kuhn[8]
lors d'une conférence sur les sciences donnée en 1968, "dans la
physique Aristotélicienne, les énoncés ne fonctionnent pas tout à fait
comme des lois. Un énoncé ne peut pas être éliminé et remplacé par
une formulation améliorée, tout en laissant intact le reste de la
structure". Si un physicien contemporain avait pu connaître
Aristote et serait parvenu à le convaincre de l'ineptie de certaines de
ces conceptions, Aristote aurait inventé un concept d'Univers
entièrement différent.
Comme R.Bacon nous aimerions croire en l'existence de répétitions,
d'invariants, de "lois certaines et universelles". Mais aux yeux
des physiciens actuels, aucune loi n'est universelle, elles appartiennent
toutes au domaine du probable. Cette assertion ci n'est jamais fausse
contrairement à l'idée de Bacon. Mais direz-vous, si probabilité il y
a, n'est ce pas considérer les théories comme des lois générales ?
N'est-ce pas retomber dans le problème de l'induction voire de
l'abstraction pure… ? Un énoncé qui est formulé sous la forme d'un déterminisme
statistique reflète une idée réaliste du monde dont la réalité est
indépendante du sujet qui la perçoit. C'est également l'opinion du sens
commun : la réalité indépendante c'est l'ensemble des phénomènes. Les
philosophes sont donc prudents lorsqu'ils formulent de telles hypothèses
puisque aucun être humain n'est capable d'énoncer les conditions qui règnent
au-delà des limites (voir la théorie
inflationnaire de l'univers par exemple ou celle des trous
noirs).
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