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La technique du masque flou

Le masque flou (II)

Pour préserver tous les détails latents dans les faibles densités enregistrées dans le cristal d'argent et pour éviter de les perdre dans un noir total ou dans une zone brûlée (blanche), la première méthode consiste à mettre au point un masque.

Il s'agit d'un film légèrement exposé dont les parties sombres du négatif original deviennent les parties les plus claires du masque. Quand le masque sera en contact avec le négatif original, les zones peu denses laisseront passer plus de lumière qui pénétrera les parties les plus denses du négatif.

Cette méthode utilisée tous les jours en imprimerie assombrit dans cette application toutes les zones surexposées du négatif noir et blanc, mettant en valeur les délicates structures internes des nébuleuses et des galaxies. Dans le reste du masque les plus faibles nébulosités ne seront pas enregistrées et ne seront pas affectées par cette correction.

Le masque se fera sur un nouveau film (T-Max 400 par exemple) en format 35 mm.

Le masque flou

A gauche image de M42 avant (gauche) et après (droite) utilisation d'un masque flou argentique. Image réalisée avec un T.200 mm f/f5. Pose de 25 minutes sur film 103 a-F. Document Dale Lightfoot. A droite image de M51 avant (gauche) et après (droite) utilisation d'un masque flou numérique de  5x5 pixels. Dans les deux cas l'interposition d'un masque flou accentue les détails dans les zones brillantes et révèlent les fines structures de faible contraste.

Pour ce faire nous allons modifier très légèrement la méthode utilisée par les professionnels qui travaillent avec des plans-films de grand format. La procédure est la suivante.

- 1ere étape. Etablir par contact un masque pour l'original en laissant une légère séparation entre l'émulsion originale et le masque pour produire un léger flou. Cette image sera à la fois floue et plus douce aussi.

L'épaisseur entre les deux films pourra être constituée d'une feuille de verre de 0.2 mm d'épaisseur. Cela produira une déviation de la lumière qui rendra l'image juste floue comme nous le souhaitons.

Au besoin, si les émulsions ne restent pas à plat, utilisez un verre plus épais que vous déposerez sur le sandwich pour qu'elles soient bien en contact. Exposez.

Le fond du masque devra avoir une densité moyenne pour obtenir les meilleurs résultats : une exposition de 1.5 à 2 s à f/22 serait l'idéal.

Avant de développer ce masque, faites en deux ou plusieurs autres copies pour assurer au moins une bonne reproduction et développez ce film selon les recommandations du fabricant.

- 2e étape. A l'impression finale aligner le négatif original et le masque flou aussi correctement que possible dans le porte-négatif de l'agrandisseur, bien en contact et tirer ce sandwich sur le papier RC à haut-contraste tel un cliché normal. Equilibrer seulement la lumination de façon à compenser la densité supplémentaire créée par le masque. Vous avez votre document final.

Ce cliché se présente tel que vous avez souhaité qu'il soit. Cela veut aussi dire qu'à mesure que vous acquerrez de l'expérience vous apprendrez à mieux maîtriser les temps d'exposition, l'intensité du flou, la durée de développement,... autant de paramètres qui modifient drastiquement le résultat du compositage.

Le masque flou en couleur

A gauche une image non retouchée de M42 et à droite l'image corrigée avec un masque flou. La nouvelle image présente beaucoup plus de détails à la fois dans les hautes et les faibles lumières. Documents David Malin (AAO).

Cette technique est avant tout utilisée pour corriger des clichés d'amas globulaires, de galaxies ou de nébuleuses qui peuvent atteindre la surexposition, qu'ils soient de petites tailles ou étendus. Les utilisateurs d'instruments de 200 mm d'ouverture et plus pourront utiliser cette méthode du masque avec grand succès.

Il ne dépend que de vous de rechercher un contraste supérieur ou des demi-teintes plus nombreuses, des nébulosités invisibles ou de mettre en évidence des détails noyés dans les zones surexposées d'une nébuleuse chaotique. Car n'oubliez pas que le but de cette technique de laboratoire est d'exploiter au mieux les documents photographiques, d'aller plus loin que le simple plaisir esthétique que procure une belle photographie du ciel.

Le masque flou numérique

Progès oblige, les programmes de traitement d'image permettent d'obtenir des documents semblables aux procédés argentiques mais en utilisant des méthodes numériques bien plus souples et plus rapides. Nous reviendrons en détails sur ces techniques dans l'article consacré à la photographie des éclipses solaires (page 3), le prétraitement ou calibration des images numériques et Digital Darkroom rédigé en anglais.

La soustraction des images et autres opérations numériques

Pourquoi dit-on parfois que l'on procède à l'addition de deux images et parfois à leur soustraction pour accentuer les détails ? Le masque flou électronique est une sorte de filtre passe-haut et non pas un filtre passe-bas dans le sens où il révèle les détails dans les partie brillantes d'une photographie après traitement numérique :

Image Originale (hautes et basses fréquences) - Masque flou (basses fréquences) = Hautes fréquences

Log (N*P) = Log (N) + Log (P)

Les termes en P représentent notre image Positive, c'est d'habitude le négatif N d'un négatif N. Il faut donc répéter le terme (-k*N) autant de fois que nécessaire jusqu'à obtenir un masque de la densité désirée :

Log (N*P) = Log (N) - Log (kN)

Un masque flou négatif ne doit pas être poussé trop loin au risque

de produire des effets indésirables tels ces "yeux noirs", c'est l'effet Gibbs.

Le résultat de ce sandwich donne l'effet d'une soustraction..., Quod erat demonstrandum.

Sur ordinateur, la echnique de travail est évidemment plus simple qu'en photographie argentique. Le gain en temps est également appréciable d'autant qu'il n'y a aucun investissement à fond perdu, tout le traitement s'effectuant virtuellement, dans la mémoire de l'ordinateur.

Les seuls investissements sont un ordinateur, un APN (ou une caméra CD), éventuellement un logiciel payant et un peu de temps. C'est la taille des images à traiter qui limitera les capacités de votre ordinateur dont la vitesse de traitement et la mémoire sont forcément limitées. Aussi, si le traitement d'image vous passionne, n'hésitez pas à acquérir du matériel performant, notamment un ordinateur de dernière génération équipé d'un écran large et de quelques bons logiciels. Le reste est une affaire de passion et d'expérimentation.

Bonne chance !

Pour plus d'informations

La gestion des couleurs sur ordinateur

La restitution des images sur ordinateur

Les éclipses solaires (à propos du traitement d'image)

Digital Darkroom

Review of Imaging software

Basic Concepts in Digital Image Processing, Microscopy primer (applet java)

Livres sur le traitement d'image

The New CCD Astronomy, Ron Wodaski

Photoshop for Astrophotographers, Jerry Lodriguss

Photoshop Restoration & Retouching, Katrin Eismann, Doug Nelson

The Handbook of Astronomical Image Processing, Willmann-Bell Publishing (with CD-ROM)

Articles sur le traitement d'image

Le Masque flou en imagerie numérique par David Romeuf

Image processing technique, AAO

Thierry Legault

Robert Gendler

Jerry Lodriguss

Matt BenDaniel

William McLaughlin

David Haworth

Okano Kunihiko

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