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La photographie numérique

Stockage des images (V)

Dans un APN, les photographies numériques sont sauvegardées sur une carte-mémoire flash de petite dimension et amovible qui sera ensuite lue par un ordinateur.

Il est intéressant de se pencher quelques instants sur cette technologie afin de mieux comprendre les performances et les limites de ces cartes.

Une carte-mémoire flash est constituée d'un semi-conducteur (solid state), donc d'une pièce d'électronique solide au sens physique, sans pièce mobile. Malgré son aspect anodin, c'est de la très haute technologie faisant appel à des propriétés quantiques (effet tunnel notamment).

Architecture des cartes-mémoires

Sur le plan électronique, la mémoire flash est organisée autour d'un transitor MOS. L'information est stockée sous la forme d'électrons piégés dans ce qu'on appelle une grille flottante. Sa programmation (écriture, effacement) s'effectue par l'application de différentes tensions qui finissent par abîmer le substrat (l'oxyde de grille), ce qui explique qu'elle ne peut-être programmée ou effacée qu'entre cent mille et un million de fois. 

SanDisk par exemple offre 5 ans de garantie sur ses cartes CompactFlash. En d'autres termes, ils garantissent la fiabilité du support à concurrence de 50 à 500 images/jour durant 5 ans, ce que très peu de photographes réalisent (un photographe très actif réalise jusqu'à 30000 images/an). En cas de problème hardware n'hésitez pas à faire jouer la garantie. Pour prévenir cette éventualité achetez plusieurs cartes-mémoires et alternez-les en gardant à l'esprit qu'elles ont une durée de vie limitée. On y reviendra.

Cette carte est une mémoire EEPROM (Electrically-Erasable Programmable Read-Only Memory), "flash" signifiant que la mémoire est non volatile et réinscriptible : l'information est préservée même en l'absence d'alimentation et peut être effacée comme n'importe quel support magnétique. De part sa construction elle offre une meillleure protection des données que la disquette magnétique.

Chips Intel servant à fabriquer des cartes-mémoire flash en logique NOR. Document BIOS Magazine.

La carte-mémoire doit être formatée comme un disque dur ou une disquette et supporte généralement les partitions FAT et plus récemment FAT32. On y reviendra.

Certaines cartes peuvent être verrouillées contre l'écriture, sécurisées par des moyens software (notamment pour les APN Nikon haut de gamme), être encryptées, contenir des codes d'accès, des données privées ou peuvent gérer les droits d'auteur.

Il existe différents types de cartes-mémoires flash. Les formats les plus répandus sont par ordre d'importance le "CompactFlash" (CF, 43x36 mm) et le "Secure Digital" (SD, SDHC et SDXC, 32x24 mm) suivi loin derrière par la "Multi Media Card" (MMC, 32x24 mm), la "Smart Media" (MS, 45x37 mm) et la Micro SD ou Transflash (15x11 mm). Ce marché est en constante évolution.

Il existe deux architectures logiques, NOR et NAND. La première permet d'accéder aléatoirement à n'importe quelle cellule ou zone de données de la carte. La fiabilité des données est garantie à 100% par le fabricant. C'est l'architecture la plus utilisée, notamment dans les cartes-mémoires destinées aux APN, aux GSM, aux décodeurs, aux ordinateurs, etc.

L'architecture NAND ne permet qu'un accès séquentiel aux données et présente un certain taux d'erreur qui impose l'utilisation d'un système de correction d'erreur. Cette architecture est surtout utilisée dans les cartes MMC, SD et les Memory Sticks.

Les CompactFlash

Les cartes CF ont été créées par SanDisk en 1994 et offrent une compatibilité totale avec le format PCMCIA-ATA. Ce standard est aujourd'hui ouvert, ce qui a permis sa diffusion dans tous les secteurs de l'industrie allant de l'informatique à la robotique en passant par la vidéo et l'imagerie.

Les CF se divisent en deux modèles : le Type I et le Type II qui se différencient uniquement par leur épaisseur (3.3 et 5 mm). Une CF Type I peut s'installer indifféremment dans un slot de Type I ou de Type II tandis qu'une carte CF de Type II ne peut s'installer que dans un slot de Type II. 

A gauche, installation d'une carte CompactFlash ScanDisk de 512 MB dans un Canon EOS 20D. A droite, installation d'une carte SD Kingston de 1 GB dans un Nikon D80. Certains APN peuvent se verrouiller lorsque la carte-mémoire est absente, d'autres vous préviennent qu'il n'y a pas carte dans l'appareil mais si le volet est fermé ils acceptent de prendre un cliché mais affichent juste après le déclic "enregistrement impossible".

Les CF présentent une capacité variant entre 2 MB et 128 GB pour une capacité théorique maximale (norme 2.0) de 137 GB.

Les CF de grande capacité, supérieure à 2 GB sont formatées en FAT32. Rassurez-vous, depuis les PC tournant sous NT et les Mac G3, tous les ordinateurs supportent ce type de partition, de même que UNIX, Linux et SunOS, au même titre que la partition classique FAT.

Si la CF garde tout son intérêt sur la carte SD en raison de son débit supérieur, son inconvénient est la fagilité des contacts de l'APN; en effet il arrive régulièrement que l'une des 50 pins de l'APN se plie lors de l'enfichement de la carte, obligeant souvent l'amateur à renvoyer son appareil en maintenance.

Attention, ici également il existe des contrefaçons. Une carte-mémoire neuve est toujours livrée dans un emballage d'origine scellé, elle ne présente aucune empreinte digitale et porte un numéro de série soit sur l'étiquette (Kingston) soit sur le profil (SanDisk). Si l'emballage a été ouvert et si la carte ne présente pas ces caractéristiques, exigez un échange standard du fournisseur.

Les cartes SD

Les cartes-mémoires SD (Secure Digital) ont la même dimension que les cartes MMC (32x24 mm) et sont compatibles avec celles-ci. Elles offrent l'avantage de supporter l'encryption (codage des données). Ici également il existe une version haute capacité, la carte SDHC (SD High Capacity) qui peut atteindre 64 GB mais dont le débit ne dépasse pas 45 MB/s (2011).

Autre avantage de la carte SD, les contacts placés dans l'APN sont à l'abri de tout endommagement contrairement aux contacts (pins) de la CF.

Au CES 2009, la SD Association a présenté une nouvelle spécification SDXC (alias SD eXtended Capacity) qui remplace la norme SDHC. Les nouvelles cartes mémoires permettent de stocker jusqu'à 2 TB de données (2000 GB). Imaginez-vous qu'une seule carte SDXC permet de stocker 100 films en haute définition, 60 heures d'enregistrement HD ou encore 5500 images de 12 Mpixels.

Notons qu'aujourd'hui de plus en plus d'APN réflex et compacts supportent les cartes SD/SDHX/SDXC au détriment des cartes CF, au grand dam de certains photographes qui ont parfois besoin de cartes à très haut débit.

Enfin, si votre ordinateur ne dispose pas du port adéquat, il existe des adaptateurs USB 2.0 acceptant les cartes SD et MMC.

Pour mémoire, rappelons qu'il existe une version "micro SD" encore plus petite qu'on utilise dans les GSM.

Les microdrives

Les microdrives sont des CF de Type II mais disposant d'un disque dur magnétique. Ils sont donc également acceptés par les APN et sont lisibles dans un lecteur externe CompactFlash II. Ils présentent des capacités pouvant aller jusqu'à 4 GB. IBM et Hitachi vendent des cartes microdrives de 1 GB à 150 € et de 4 GB à 350 €. Mais depuis 2007, ces accessoires se font rares. Ils sont plus lents que les CF qui ne sont déjà pas très rapides comparés à un disque dur conventionnel. Comme les disques durs, les microdrives ont le défaut de devenir très chauds en cours d'utilisation.

Les cartes-mémoires utilisées par les APN : à gauche le microdrive au format CF II, au centre la CompactFlash Extreme Pro garantie à 100 MB/s, à droite la carte SDHC haute performance de classe UHS-1 de 45 MB/s. Ne vous fiez pas à leur petite taille physique non respectées sur ces photos) pour estimer leur prix mais à leur capacité et leur débit! Notons que le microdrive n'est pratiquement plus utilisé car non seulement son taux de transfert est lent mais il dégage plus de chaleur qu'une carte CF ou SD.

Notons que généralement l'APN se met automatiquement hors tension si le volet de la carte-mémoire (ou de la batterie) est ouvert. S'il n'y a pas de carte-mémoire dans l'appareil, certains modèles acceptent malgré tout de prendre des photographies mais vous signalent sur le moniteur qu'il n'y a pas de carte installée.

On comprendra facilement qu'en fonction de la résolution de vos images, vous ne pourrez en sauvegarder qu'un certain nombre sur chaque carte-mémoire, variant de quelques dizaines à quelques centaines selon leur capacité et la définition. Il est donc prudent d'acheter des cartes-mémoires supplémentaires et de grandes capacités (mais supportées par votre APN) ou de disposer d'un disque dur portable ou d'un Memory Stick sur lequel vous pourrez les décharger pour vider ensuite le contenu de la carte pour y sauver de nouvelles images. Cette situation se pose souvent en vacance en des lieux isolés où l'amateur ne dispose d'aucun moyen technique et doit donc se débrouiller seul.

Débit et transfert des données

Du capteur vers la carte Flash

Etant donné la taille imposante des images en haute résolution et les capacités vidéos HD des APN récents, il est important que ces derniers supportent un taux de transfert élevé (en écriture) et utilisent des cartes-mémoires également rapides au risque de pénaliser la vitesse des prises de vues en mode rafale et vidéo et accessoirement le temps de téléchargement sur ordinateur.

Prenons l'exemple du Nikon D7000 de 16.3 Mpixels sorti en 2010. Son mode rafale atteint 6 images/seconde et il supporte de la vidéo HD en 24 images/seconde en PAL. Le débit ou throughput à atteindre pour saturer le bus interface de l'APN est de 6 x 16 Mpixels soit environ 100 Mpixels/s ou 12 MB/s. Notons que le taux de transfert en lecture est deux fois plus rapide qu'en écriture.

Ainsi que nous l'avons expliqué précédemment, sachant que chaque image RAW de 14 bits/pixel occupe jusqu'à 28.1 MB (24.1 MB en mode RAW12), on arrive à un débit de 6x28.1 soit 169 MB/s (113.2 MB/sec en RAW12) en écriture sur la carte Flash si on veut que le buffer se vide aussi rapidement qu'il se remplisse !

La SD Association a developpé des standards de taux de transfert pour les cartes SD, SDHC et SDXC : les classes 2, 4, 6 et 10 dont les débits sont respectivement de 2, 4, 6 et 10 MB/s. Progrès oblige, aujourd'hui c'est largement insuffisant pour supporter les débits élevés des APN de plus de 10 Mpixels en mode rafale ou munis de capacités vidéo HD.

Un disque dur portable Giga one de Jobo. Il est proposé en capacités de 80 à 200 GB. Le taux de transfert atteint 16 MB/s. Il supporte diverses interfaces (CF, SD, USB2, etc.)

Depuis quelques années, SanDisk et d'autres constructeurs proposent des cartes CF et SDHC de classe 4 labelisée "15 MB/s", de classe 6 de 30 MB/s et de classe UHS de 45 MB/s déclinées en capacité de 8, 16 et 32 GB (60 à 220€).

Actuellement il existe des cartes CF SanDisk Extreme Pro de 16, 32 et 64 GB de classe 10 garanties jusque 90 MB/s. Leur prix reste toutefois disuasif (jusqu'à 900$ pièce). Ceci dit, ce débit accepte sans problème des tirs en rafales jusque 8 fps durant plusieurs minutes, ce qu'aucune carte SD ne supportait jusqu'en 2010.

Depuis 2010, la SD Association a définit une nouvelle classe de vitesse UHS-1 (norme SD 3.0) adaptée aux cartes SDXC et SDHC garantissant un taux de transfert jusqu'à 104 MB/s. Plusieurs fabricants de cartes Flash supportent actuellement ce standard pour citer Kingston, Panasonic, Patriot et SanDisk parmi les marques les plus fiables.

Qu'est-ce que tout cela signifie pour l'amateur ? Concrètement, pour les APN jusqu'à 4 Mpixels le taux de transfert n'est pas très important et l'amateur peut se contenter de cartes Flash de classe 2 du fait que le débit est limité à 0.2-1 MB/s. 

Pour ne pas pénaliser le système, à 5 ou 6 Mpixels on préconise un taux de transfert d'environ 7.5 MB/s et supérieur à 12 MB/s à partir de 8 Mpixels. Au-delà de 10 Mpixels et certainement en vidéo HD il est impératif d'utiliser les cartes les plus rapides.

Notons que même en utilisant une carte SDHC de Classe 6 "standard", le bus sera saturé avec un tir en rafale de 10 à 15 clichés de 16 Mpixels. Dans ces conditions, vous devrez utiliser une carte de classe 10 voire UHS qui supporte le mode rafale en HD de manière continue.

Pour information, Tom's Hardware a effectué un comparatif des débits en écriture et lecture des cartes CF et SDHC. Le logiciel utilisé pour ces benchmark est généralement Sandra de SiSoftware.

De l'APN vers l'ordinateur

Le transfert des images vers l'ordinateur est assuré soit directement par une liaison USB 2.0 ou USB 3.0 à haut débit ou Firewire, un cable reliant l'APN à l'ordinateur, soit en utilisant un lecteur de carte externe également relié à l'ordinateur par une liaison USB, Firewire, IDE, PCMCIA ou encore un bridge Firewire-IDE. Dans ce cas, le lecteur de carte est vu par le système comme étant un disque amovible et vous pouvez le manipuler comme n'importe quel lecteur.

Généralement les photographes retirent la carte-mémoire de leur APN et la place dans un lecteur externe USB ou mieux, Firewire où le taux de transfert sera optimisé et à partir duquel il sera plus facile de manipuler les fichiers. Il n'est pas nécessaire de reformater la carte-mémoire ensuite. Vous pouvez simplement supprimer les fichiers et les répertoires inutiles.

Dans un magasin de photographie, la copie de vos images vers une station de développement (borne Kodak, minilab ou tireuse) s'effectue directement via un lecteur de carte-mémoire multistandard. Certains appareils récents disposent également d'une connexion sans fil Bluetooth ou Wi-Fi. Quant aux imprimantes, les plus récentes acceptent directement les cartes-mémoires dans un slot spécifique, un menu vous permettant de les imprimer sans passer par un ordinateur.

Le taux de transfert varie selon l'interface. En théorie, les spécifications constructeurs sont les suivantes :

Taux de transfert théoriques des principales interfaces

Firewire 800 (IEEE 1394b) :

Firewire 400 (IEEE 1394) :

PCMCIA-ATA (CF) :

PCI :

100 MB/s

50 MB/s

132 MB/s

132 MB/s

USB 3.0 :

USB 2.0 :

USB 1.0 :

SD 3.0 :

600 MB/s

60 MB/s

1.5 MB/s

104 MB/s

NB. Les constructeurs préfèrent les grands nombres et les unités standards. Ils parlent donc en mégabits par seconde (Mbps). Qu'à cela ne tienne, on multiple par 8. Ainsi le bus PCMCIA transfert à 132 MB/s soit 1056 Mbps, en théorie.

Mais oubliez immédiatement ces chiffres théoriques de taux de transfert, car en pratique ils sont généralement 10 à... 100 fois inférieurs aux valeurs théoriques! Ainsi, le bus Firewire IEEE 1394 dont on s'attend à ce qu'il transfert les images à un taux de 50 MB/s (400 Mbps) plafonne en pratique entre 0.5 et 4.2 MB/s selon le périphérique, à peine mieux qu'une carte CF ! Celui qui vous dit qu'il obtient un taux de transfert de 40 MB/s, regardez-le bien de travers car il n'a jamais fait l'essai et se base uniquement sur des lectures théoriques, ce à quoi les constructeurs essayent aussi de nous faire croire ! Malheureusement une interface n'est jamais isolée de son périphérique, de son support ou de son logiciel de gestion et il faut bien tenir compte de cette réalité.

A consulter : Interfaces et accessoires Firewire, Amazon

Le lecteur Firewire externe MDCF-FW d'Unity Digital supportant les deux types de cartes CF. L'ordinateur doit disposer d'une interface Firewire IEEE 1394. Le lecteur est vu par le système d'exploitation comme un disque externe. Document T.Lombry.

Le port USB 2.0 soi-disant très rapide est finalement celui qui est le plus lent. Quand vous aurez 100 images de 5 MB à transférer de votre APN vers votre ordinateur, vous laisserez vite tomber le port USB ! Installé dans un lecteur externe, il transfert une image binaire à raison de 0.5 à 2.1 MB/s (1.4 MB/s pour transférer 170 MB depuis un lecteur CF) et plafonne à 2.6 MB/s lorsqu'il est installé dans un APN. C'est très lent comparé au taux de transfert réels des cartes Firewire (3.1-4.2 MB/s) et PCMCIA (1.2-4.5 MB/s).

Ces valeurs dépendent toutefois de l'APN, de la carte et de son fabricant et vous pouvez trouver des modèles a priori équivalents mais affichant des valeurs très disparates, d'où l'intérêt des comparatifs. Consultez ce compararif des lecteurs externes Firewire ainsi que celui-ci de DPReview consacré à l'Unity Digital MDCF-FW présenté à gauche.

Quel est le lecteur externe actuellement le plus rapide ? Il existe deux lecteurs, tous deux disposant de l'interface Firewire 400. Le premier est le lecteur CompactFlash MDCF-FW d'Unity Digital dont le taux de transfert varie entre 2.3 et 2.8 MB/s selon la marque de la carte. Il est toutefois difficile à trouver sur le marché européen. 

Le second modèle est le lecteur CF Digital Film Reader de Lexar pour lequel l'équipe de PC Magazine a mesuré un taux de transfert de 2.8 MB/s pour un fichier de 170 MB. Dans les deux cas, c'est deux fois plus rapide qu'une interface USB 2.0, alors qu'en théorie cette dernière devrait être plus rapide ! Notons que la vitesse de transfert augmente avec la taille du fichier, jusqu'à atteindre 5 MB/s. Ca ce sont des valeurs réelles qui n'ont rien à voir avec les chiffres annoncés par les constructeurs !

La qualité d'un produit ou la durée de sa garantie ne signifie donc pas qu'il est performant. Ceci dit, ce marché est en constante évolution et les produits de référence d'aujourd'hui seront vites dépassés par des modèles plus performants.

Prochain chapitre

L'objectif : grand-angle, zoom et télé

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