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La passion des ondes-courtes Cibiste n'est pas radioamateur Sous ce titre provocateur qui n'a rien de personnel, j'aimerais préciser qu'un radioamateur pratique une activité assez différente de celle d'un cibiste, ces fameux amateurs de la "Citizen Band" (CB, 27 MHz) qui connurent leur heure de gloire dans les années 1970-80 avec la libéralisation des ondes. La législation interdit aux radioamateurs d'émettre sur la Citizen Band, et bien sûr inversement les cibistes ne peuvent pas utiliser les bandes amateurs. Il faut donc en conclure que nos autorités de tutelle ont jugé que les deux "sociétés" d'amateurs ne partageaient pas les mêmes centres d'intérêt et ne pouvaient donc pas être soumises à la même réglementation. A l'inverse du radioamateurisme qui consiste en un service, la CB est un loisir, et la CEPT, l'organisme Européen qui chapeaute les services de télécommunications, a refusé de l'intégrer comme tel dès 1981. Tout un chacun en effet, sans disposer d'aucune licence, peut faire de la CB et émettre sur 27 MHz et quelques à partir du moment ou vous achetez l'émetteur CB adéquat et le relier à une antenne. Cela vous coûtera quelques centaines d'euros. L'activité des cibistes n'est pas subordonnée à la réussite d'un examen technique ni au respect de codes, d'où le succès qu'elle connut voici quelques années. Elle permet de communiquer entre amis d'ordinaire distants de quelques dizaines de kilomètres et en de rares occasions d'un continent à l'autre. Ouverte à tous, la CB présente un style spécifique qui la distingue immédiatement du radioamateurisme. Prenons un exemple. Une communication CB typique est plutôt du genre "Ici Luxorion, j'appelle Goldorak-88. Salut vieille branche, on se voit ce soir ? Okay.... A plus.10-3". Là où le radioamateur est obligé de respecter un code de langage et dirait par exemple après s'être assuré que la fréquence est libre : "CQ, CQ, CQ, appel général de ON4SKY, ON4SKY passe à l'écoute. QRZ ?... 73, ON4SKY émissions terminées, je passe en QRT". Mais la plupart du temps les radioamateurs lancent appel en anglais pour signifier qu'ils sont ouverts à tout contact avec la communauté des radioamateurs qui compte aujourd'hui plus de trois millions d'affiliés dont un million d'amateurs actifs à travers le monde. A travers ces deux phrases chacun(e) peut déjà ressentir toute la différence existant entre les deux communautés. Sans dénigrer les cibistes dont beaucoup sont devenus radioamateurs (surtout dans les années '80), le fait de soumettre l'activité des radioamateurs à un examen national officiel ainsi qu'au respect de procédures opératoires régis par des règles internationales consiste en une sélection qui laisse au portail les amateurs les moins sérieux, peu engagés à ce soumettre à ce code de conduite. A
consulter: Le code Q et quelques
abréviations Si le style radioamateur vous semble trop austère et encadré c'est qu'il s'agit bien plus qu'un simple hobby. L'activité radioamateur est un service réglementé exigeant des compétences techniques et une licence d'émission. Si vous n'aimez pas ce côté technique, devoir passer un examen d'admission ni cet "embrigadement" et préférez parler du beau temps, de tout et de rien sans contraintes (bien que le réglement radioamateur ne l'interdise pas, on y reviendra), devenez cibiste et respectez ses règles ou achetez simplement des émetteurs-récepteurs LPD ou PMR portables qui ont une portée de 200 m à 6 km selon les conditions. Ces derniers émettent en FM dans la bande UHF et coûtent de 30 à 120 €. Ces émetteurs comme les postes CB sont en vente libre. Une alternative est de communiquer par Internet, via MSN Messenger par exemple avec une webcam et un micro. Toutes ces activités ne sont pas incompatibles et se complètent. Mais être radioamateur c'est vraiment autre chose et bien plus passionnant. Je me rappelle encore la première fois où j'ai entendu des radioamateurs discuter sur les bandes - pas sur 27 MHz (11m) mais dans la bande des 20m (vers 14.115 MHz); j'ai de suite été étonné par le sérieux de leur conduite et le contenu de leurs conversations. On sentait bien que leur activité se plaçait dans un cadre formel précis duquel ils ne s'écartaient pas. En fait en écoutant ce QSO, j'étais en territoire ami : du fait que ces OM et YL disposaient des mêmes connaissances de base en radioélectricité que moi et respectaient la même réglementation, le langage était posé, je comprenais leurs codes, je pouvais comparer mon installation avec la leur et finalement je me passionnais pour ce qu'ils disaient car je partageais les mêmes intérêts pour la technique, la propagation et plus encore quand vous reconnaisssez vos amis parmi eux. Le but du radioamateur, outre d'établir des contacts en ondes-courtes (ce qui peut représenter l'essentiel de l'activité de certains amateurs), c'est d'améliorer ses connaissances, d'expérimenter, de tester de nouveaux systèmes d'émission et de réception, de concevoir des antennes, etc. Et le champ est vaste : entre 20 kHz et 10 GHz, des VLF au rayonnement quasi infrarouge ! Les radioamateurs ont l'avantage de pouvoir communiquer avec n'importe quel autre amateur licencié, qu'il émette de la ville voisine ou des antipodes. En effet, il est assez commun d'allumer son transceiver et d'entendre l'appel d'un amateur situé à 5 ou 10000 km de distance ! C'est vraiment un moment privilégié si on le compare à n'importe quelle autre moyen de communication et plus encore quand il vous entend et que vous pouvez lui répondre en direct... !
A l'inverse des cibistes, les radioamateurs peuvent émettre sur une grande partie du spectre électromagnétique (HF, VHF, UHF,...) avec une puissance raisonnable (en général entre 100 W et 1 kW selon les fréquences) et dans différents modes d'émission qui vont de la CW (Morse) à la phonie (J3E ou SSB) en passant par la télévision (TVA et SSTV) jusqu'aux communications par satellite en mode digitaux. Ils peuvent contacter les équipages d'ISS quand ils sont en mission ou, summum de la technique, s'amuser à contacter leurs amis en faisant écho sur les météores (Meteor-Scatter) ou sur la Lune (trafic EME). Rien de cela n'est accessible aux cibistes, ce qui en fait tout l'intérêt ! Les cibistes émettent exclusivement en phonie sur l'un des 40 canaux ouverts dans la bande des 27 MHz avec des émetteurs de faible puissance mais sans autre contrainte, ni examen, ni contrôle. Leur discussion contiennent peu de codes, principalement le code CB-10 et certaines abréviations empruntées au langage radioamateur, le fameux "code Q". Les cibistes peuvent aborder tous les sujets, d'ordre techniques, privés ou politiques, là où les radioamateurs sont beaucoup plus contraints par la réglementation, mais ils peuvent parfaitement parler d'astronomie, de météo, d'informatique, de la vie associative et même d'affaires privées tant qu'elles les concernent personnellement. Malheureusement de plus en plus de cibistes transgressent la législation et émettent dans les bandes réservées aux radioamateurs (vers 28 MHz) ou utilisent des amplificateurs, parasitent les bandes où participent à des DXpéditions en compagnie de radioamateurs. Tout ce "trafic" parallèle est bien sûr interdit et périodiquement les magazines nous rappellent que des pirates ont déjà été condamnés à de fortes amendes. On ne peut donc pas traiter les radioamateurs de "cibistes" au risque de se voir sérieusement remis en place pour des raisons historiques qui tiennent à la fois des compétences techniques dont disposent les premiers et du mépris des lois dont font parfois preuve les seconds comme des pratiques "je m'enfoutiste" dont ils font quelquefois preuve vis-à-vis des parasites qu'ils génèrent ou du langage inapproprié qu'ils utilisent sur les ondes. Ce n'est en effet pas la première fois que les radioamateurs se plaignent des parasites ("moustaches") ou carrément des communications qu'établissent les cibistes dans les bandes réservées aux radioamateurs. Heureusement de temps en temps quelques cibistes deviennent radioamateurs et éprouvent tout le bénéfice qu'offrent l'encadrement formel de leur licence et l'auto-censure dont fait preuve leur nouvelle communauté. Terminons sur une bonne nouvelle : en l'espace d'une génération, la plupart des pays membres de l'UIT ont doublé le nombre de leurs adhérents; le radioamateurisme compte tous les jours de nouveaux adeptes, c'est un signe de bonne santé ! Et vous, allez-vous bientôt passer votre licence radioamateur ? Retour à Comment devenir radioamateur ?
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