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La
physique quantique &
L'asymétrie CP ou le privilège de la matière
En
1954, les physiciens G.Lüders, W.Pauli et J.Schwinger ont démontré
que si les mathématiques étaient une science exacte, toute théorie
qui obéissait à la mécanique quantique et à la relativité
devait également obéir à la "loi du bon sens".
Formellement appelée la "symétrie CPT", ce théorème assure
une symétrie globale des lois de la Nature, combinant la charge,
la parité et le temps.
Ainsi
que nous l'avons expliqué en étudiant les théories de
symétrie, les graphes de Feynman sont bien adaptés à ce genre de transitions et
permettent d'exprimer par un graphique les interactions entre particules
(graphes que l'on retrouve également dans la statique des fils). |

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Les événements
devraient se dérouler de la même façon si l'on remplaçait les
particules par des antiparticules (symétrie C, la conjugaison de charge),
si l'on prenait leur image dans un miroir (symétrie P ou hélicité, également
appelée chiralité) et si l'on inversait la flèche du temps (symétrie
T). La symétrie dite CPT devait être respectée.
De façon générale
la symétrie T est conservée. L'image dans un miroir d'une antiparticule
remontant le temps est bien similaire à l'image de la même particule qui
évolue dans le sens direct. Mais en réalité, nous savons que l'univers
n'obéit pas à la symétrie T, car comme le temps s'écoule, il s'étend.
Inversement, il se contracterait, modifiant sa structure physique et
chimique. Ceci est une explication "thermodynamique" mais elle
prouve déjà la non conservation de certaines propriétés de symétrie
de l'univers.
L'asymétrie de
parité et de temps peuvent déjà être isolés dans le cas de la
propagation du neutrino ou de son antiparticule. Quand on parvient à le détecter,
on découvre que le neutrino présente une hélicité à gauche. Il se
propage uniquement dans le sens de son spin,
spiralant vers la gauche, comme s'il ne participait pas à la symétrie
universelle. Si l'on sait qu'une symétrie interdit certaines opérations,
on peut se demander quel rôle essentiel joue le neutrino dans l'élaboration
du cosmos... Si la Nature ne fait rien en vain, cette hélicité particulière
limite quelque part les versions des théories aux seules
conditions qu'elles prescrivent.
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Non conservation de P |
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Désintégration du muon |
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Toutes
les expériences confirment que la désintégration du mon
produit mille fois plus d'électrons gauchers que d'électrons droitiers. |
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Violation de CP |
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Désintégration du kaon |
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Le kaon se désintègre de préférence
en positron (à gauche) plutôt qu'en électron (son reflet
opposé à droite). |
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La deuxième asymétrie
concerne l'abondance de la matière au détriment de l'antimatière,
question qui fut soulevée en 1956 par Chen Ning Yang - celui de la théorie
électrofaible -. Avec son collègue Tsung Dao Lee, ils démontrèrent que la
symétrie P ne s'appliquait pas dans tous les cas, en particulier dans les
processus liant les interactions faibles: ils n'étaient pas à l'image de
leur reflet dans un miroir. L'année suivante Lev Landau et Lev Okun
de l'Université de Moscou démontrèrent que seule le produit de la symétrie
CP était respecté. Mais il faudra attendre
1964 pour que les physiciens prennent cette possibilité au sérieux et découvrent
expérimentalement la violation de la symétrie CP.
La violation de CP
apparut lors de l'interaction du méson K°, le kaon à longue vie qui préfère
se désintégrer en positrons plutôt qu'en électron. La confirmation de
cette découverte leur valu le prix Nobel en 1957. Sept ans plus tard, les
physiciens J.Christenson, James Cronin, Val Fitch et R. Turley de
l'Université de Princeton démontrèrent que la désintégration du kaon
violait également la symétrie de charge sans pour autant que la parité
ne rétablisse l'équilibre de la combinaison CPT.
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La suite de cette passionnante aventure est décrite dans mon livre :
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