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La gestion des couleurs sur ordinateur

Comment réaliser et exploiter le profil ICC d'une imprimante ? (V)

Principe général

L'espace colorimétrique ou gamut de couleurs d'un écran est différent de celui d'une impression papier et même d'une image publiée sur Internet. En effet, l'espace de visualisation (écran) est toujours plus vaste que celui d'Internet et plus encore que celui d'un document imprimé (même sur papier glacé ou transparent) ainsi que le montre bien les gamuts de couleurs présentées ci-dessous comparant différents profils colorimétriques (L*a*b, Adobe 1998, sRGB, imprimante, etc).

L'espace de référence en infographie est Adobe 1998 (Adobe RGB). Certains imprimeurs lui préfèrent Pantone ou même ColorMatch pour des travaux particuliers. Quant aux experts de Photoshop ils remplacent généralement le profil réduit sRGB par le profil Adobe 1998 qui garantit la reproduction la plus fidèle des couleurs.

A consulter : Interactive Color Gamut Comparisons

Espace colorimétriques virtuels de divers périphériques

Les gamuts de couleurs ou espaces colorimétriques de différents médias ou périphériques. A gauche, le cadre représente l'espace théorique CIE L*a*b (la luminance est fixée à 70%). Cet espace sert de référence chromatique théorique. Le polygone noire représente l'espace colorimétrique Adobe 1998 (Adobe RGB); le rouge, ColorMatch RGB; le vert, sRGB (écran, web, etc); le bleu, SWOP CMYK (web); le cyan, MonacoProof et le magenta, celui de l'imprimante Epson 1270. A droite une autre représentation des gamuts de couleurs. Notez que tous les profils présentent certaines dominantes ainsi que la perte générale de saturation des documents imprimés, en particulier si vous passez des gamuts Pantone à une impression quadri sur papier journal. Pour les couleurs "perdues" lors de la reproduction, il existe des techniques de compression des couleurs qui permettent de corriger partiellement le rendu final de l'image. Documents A.Frich et T.Lombry.

Rappelons que seul un support inversible (diapositive) du fait de son très haut contraste se rapproche de l'étendue des couleurs et de la luminosité visuelle sans pour autant l'égaler.

Il y a donc un compromis à trouver entre le rendu chromatique que vous voyez à l'écran (et dans la nature) et ce que vous obtiendrez sur papier. 

Données du problème

Admettons que vous disposez d'une imprimante de qualité photo mais que celle-ci n'ait pas encore été calibrée et caractérisée contrairement à vos autres périphériques. Lors de vos tirages vous constatez que le rendu n'est pas identique à l'image affichée sur votre écran. La résolution est parfaite mais les noirs et les couleurs saturées ne sont pas aussi denses que prévu et paraissent délavés, comme si l'image était surexposée. Une autre fois, le beau ciel bleu azur tire légèrement vers le vert. Le cauchemar commence... Pourquoi ? Parce que vous n'avez pas calibré et caractérisé votre imprimante ! Voici la méthode pour transformer ce cauchemar... en photo de rêve.

Voici par exemple une mire élémentaire et son tirage papier :

A lire : Manuel de l'utilisateur ProfilerPro (PDF de ColorVision)

Entourant la sonde spectrophotométrique CM2C de ColorSavvy utilisée pour contrôler les tirages sur papier (également valable pour les scanners), voici un exemple montrant l'importance de calibrer le profil ICC en fonction de l'imprimante. A gauche l'une des multiples version de mire de référence RGB tel qu'elle apparaît sur un écran calibré (profil sRGB ou Monitor RGB, gamma 2.2). Il correspond "presque" à l'espace colorimétrique Adobe RGB utilisé par défaut dans les laboratoires photos et les imprimeries. A droite sa version imprimée sur Epson Stylus 7300 avant calibrage. Cette variation ou métamérisme des couleurs correspond à un gamma 1.8 voire inférieur, mais il signifie surtout que l'imprimante n'a pas été calibrée en fonction de l'écran. Pour réaliser ce travail vous devez acquérir une sonde de calibration non seulement adaptée aux écrans mais supportant également les imprimantes, c'est-à-dire une sonde de calibration spectrophotométrique. Documents Gretag Macbeth/Lombry et Typemaker.

Ainsi qu'on le constate sur les deux mires présentées ci-dessus, la différence entre ces documents est très importante et représente tout l'intérêt d'effectuer une caractérisation de l'imprimante. En deux mots il n'y a qu'une chose à faire pour corriger tout cela : tenir compte d'un profil ICC afin de rectifier les couleurs dans votre logiciel de traitement d'image.

Première recommandation : travailler toujours dans les mêmes conditions et avec le même matériel pour réaliser vos tirages ainsi que la caractérisation. En effet, l'aspect des couleurs dépendant des caractéristiques des différentes composantes utilisées (technologie de l'imprimante, profil ICC, papier d'impression, pigments des encres, lumière, etc), le moindre changement dans votre méthode peut induire de légères nuances de couleurs. Ce principe de rigueur est valable pour tous les périphériques d'entrée ou de sortie que vous devez caractériser.

A l'impression également, quel que soit le profil ICC que vous utilisez, travailler toujours dans le même mode graphique, à la fois pour la visualisation écran et pour l'impression des images. Si vous utilisez un profil Adobe 1998 à l'écran et imprimez avec un profil ColorMatch par exemple, ou si vous ne prenez pas la peine de charger votre profil écran ou celui de l'imprimante (espace RGB et espace de travail), comme le montre les gamuts de couleurs des différents espaces et supports présentés ci-dessus, vous obtiendrez inévitablement des déplacements ou des pertes de couleurs, surtout dans les tons hautement saturés.

Pour établir une correspondance aussi parfaite que possible entre les réponses des périphériques (l'ajustement des gamuts de couleurs), on utilise un profil ICC d'imprimante, une variante de celui généré pour un écran.

Que vous imprimiez à domicile ou confiez ce travail à l'extérieur, lorsque l'écran est calibré, vous devez également veiller à calibrer votre imprimante afin que les couleurs soient conformes entre les deux périphériques. Comme pour un écran, la procédure d'étalonnage se divise en deux étapes :

- la calibration de l'imprimante : le logiciel réalise un contrôle hardware de l'alignement des têtes d'impression et contrôle parfois le niveau des encres.

- la caractérisation ou profiling : le logiciel étalonne l'imprimante en réalisant des mesures spectrophotométriques et génère son profil ICC.

Calibration et caractérisation

Si vous utilisez une imprimante amateur, vous savez que généralement le pilote de l'imprimante vous demande périodiquement de procéder à une calibration des têtes d'impression et divers contrôles. Ignorons donc cette étape qui fait partie des vérification hardware de maintenance de premier niveau que doit faire tout utillisateur

L'étape la plus importante est la caractérisation ou "profiling" qui permet de créer le profil ICC qui sera ensuite exploité par le logiciels de traitement d'image supportant ce format.

Sonde de calibration spectrophotométrique PrintFIX Pro (499 €). Elle est adaptée aux imprimantes laser et à jet d'encre RGB. La mire est synthétique, en ce sens qu'elle été générée et imprimée par le logiciel de caractérisation. Après séchage, selon l'application il reste soit à scanner le document soit effectuer les différentes mesures, un jeu de patience... Document constructeur.

Lancer le logiciel de calibration de l'imprimante, vérifiez le niveau des encres et placez le papier qui convient dans le bac d'alimentation.

Vous ne devez pas obligatoirement acheter de mire de calibration car c'est le logiciel de calibration qui va générer une mire de couleurs synthétique et l'envoyer à l'imprimante.

En fonction du papier et des encres ou des pigments utilisés, le temps de séchage vua durer envrion 1 heure pour des encres minces et au moins 3 heures pour des encres épaisses. En théorie vous devriez patienter 24 heures afin que les encres soient totalement absorbées et fixées dans le papier. En effet, leur reflectivité peut encore varier d'une fraction de pourcent durant cette période.

La procédure suivante va dépendre de votre logiciel et de l'utilisation ou non d'une sonde spectrophotométrique. PrintFIX Pro par exemple requiert une sonde "spectro" et vous devez réaliser les mesures manuellement. Monaco EZcolor ne requiert pas de sonde mais il travaille avec un scanner et assure automatiquement la génération du profil.

Cette seconde méthode ajoute un biais du fait que le scanner apporte également sa propre dérive de couleurs et doit généralement être utilisé avec un profil ICC de scanner (voir plus bas). Si cette méthode est plus économique et automatisée (il suffit de suivre les instructions du programme), en téhorie elle est moins précise.

Personnellement, bien que je dispose d'un scanner, d'une imprimante, d'un APN et d'une sonde de calibration, j'évite de calibrer un périphérique à travers un autre. Gérer une seule "variable" est déjà source d'erreur, en ajouter une deuxième est inutile !

Dans le cas de la calibration d'une imprimante, le tirage comprend des millions de couleurs. Si vous utiliser la méthide diéale, c'est-à-dire consistant à mesurer manuellement une mire imprimée qui sera analysée par le logiciel de caractérisation, vous ne pouvez plus utiliser une sonde colorimétrique, celle qui permet d'étalonner un écran. Il faut impérativement travailler avec une sonde spectrophotométrique, beaucoup plus sensible, et malheureusement également pour le porte-feuille.

Généralement les fabricants de sondes "spectro" proposent une charte ou mire de calibration avec leur logiciel (mire IT8.7/2 Monaco fournie avec le logiciel Monaco EZcolor par exemple, sous forme physique ou syntétique, générée par le programme). Sinon il est possible d'en acquérir chez le fabricant, chez Kodak, Pantone ou chez tout bon revendeur spécialisé en imagerie numérique, y compris sur Internet (notamment chez Coloraid). Veillez toutefois à ce qu'elle soit compatible avec les encres de votre imprimante (CMYK ou plus rarement RGB).

Cette mire de couleurs est généralement fournie au format A4 ou Letter (21.59 x 35.56 cm) ou sous forme de transparent 24x36 mm et est constituée de 177 à 380 plages (patches) colorées complétées par une gamme de gris plus ou moins étendue.

Lorsque les mesures de chromaticité ont été prises sur la mire imprimée, le logiciel pourra comparer ces valeurs à celles théorique de l'espace L*a*b et  générér un profil ICC contenant les valeurs spécifiques de votre imprimante.

Comme c'était déjà le cas pour le profil ICM de l'écran, ce profil ICC doit être sauvegardé dans le répertoire du système d'exploitation proposé par défaut par le logiciel afin qu'il soit automatiquement accessible par les autres applications, notamment Adobe Photoshop :

- pour Windows XP, Vista ou Seven sous c:\windows\system32\spool\drivers\color\

- pour Windows NT sous c:\winnt\system32\spool\drivers\color\

- pour Mac OS 10 sous /System Folder/Application/Support/Adobe/Color:Profiles/

- pour Mac OS 9 sous /Library/ColorSync/Profiles/

Profils ICC d'imprimantes à télécharger :

Chez Grafityp - Konica Minolta

Comme pour les écrans, le profil ICC d'une imprimante est un fichier binaire pratiquement illisible dans un éditeur de texte dont la taille oscille entre 100 KB et environ 1 MB. Il contient notamment quelque 918 mesures des composantes RGB et 38 valeurs spectrophotométriques mesurées entre 380 nm et 760 nm. Il mentionne également les conditions de réalisation (résolution, pigments utilisés, angle avec l'observateur, température de couleur, mode, etc).

Prochain chapitre

Activation du profil ICC d'une imprimante

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