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Celestron NexStar 4" contre NexStar 5" Rapport d'évaluation technique Profitant des progrès de l'informatique, depuis quelques années Celestron propose une nouvelle famille de télescopes portables, la série NexStar, dite "Goto", dont tous les modèles sont équipés d'une raquette de commande électronique et d'une base de données de plusieurs milliers d'objets célestes. Si cette électronique embarquée chagrine les puristes, en général les amateurs l'accueille chaudement car son utilité est évidente. En moins d'une minute, même en ignorant tout du langage du ciel vous pouvez observer des galaxies, des nébuleuses, des étoiles multiples dont vous ne soupçonniez même pas l'existence. Sans connaître leurs coordonnées, vous trouverez aisément Mars, Saturne ou Uranus et même des satellites artificiels ou des astéroïdes si vous avez pris le temps d'encoder leurs paramètres orbitaux dans la base de données. L'évolution technique est séduisante et tous les constructeurs l'ont aujourd'hui compris, de Vixen à Meade en passant par JMI et consorts. Cette nouvelle famille de NexStar comprend tant des lunettes que des télescopes en configuration Newton, Schmidt-Cassegrain ou Maksutov-Cassegrain, une manière efficace de concurrencer les autres géants du marché. Outre les petites lunettes Celestron de 60 ou 80mm d'ouverture dont la vocation est surtout l'observation de la nature, deux modèles de cette famille se ressemblent et méritent un instant d'attention, il s'agit des NexStar 4 et 5" de respectivement 102 et 127 mm d'ouverture dont les prix aux Etats-Unis oscillent entre $900 et $1200 (1100 et 2200 €).
Les deux télescopes testés sont des optiques catadioptriques, une catégorie très courtisée en raison de leur faible encombrement. En effet, bien que la longueur focale du NexStar 5 soit de 1.25m, le tube optique mesure à peine 40 cm car la lumière est réfléchie 2 fois à l'intérieur du tube avant d'atteindre l'oculaire. Si l'idée est ingénieuse cette configuration offre cependant certaines contraintes : le poids et la qualité optique de la lame de fermeture sont des critères à considérer car l'insertion d'un troisième élément optique signifie que si les maîtres-opticiens disposent de trois degrés de liberté pour réduire les aberrations (lame de fermeture, miroir primaire concave, miroir secondaire hyperbolique) cette lame entraîne également l'apparition de nouvelles aberrations telles l'astigmatisme, la courbure de champ, etc. Ainsi que je l'explique dans la page anglaise consacrée à l'aberrations de coma, ces "cata" sont en général très bien corrigés, bien que dans le cas présent, vu leur prix et leur grande commercialisation le miroir secondaire de ces deux instruments n'est pas corrigé pour l'aberration de sphéricité.
Il faut enfin savoir qu'à court rapport focal, sous f/7 environ, tous les SCT présentent une aberration de coma. C'est ici qu'intervient le Réducteur-Correcteur f/6.3 qui non seulement ouvre le champ de votre SCT et réduit le temps de pose mais aplanit également le champ de courbure en rejetant la plus grande partie de la coma à bonne distance du champ couvert par vos oculaires. N'oubliez surtout pas cet accessoire si vous avez l'intention d'observer des nébuleuses ou des champs stellaires très étendus (le champ couvert dépasse 2° avec un oculaire de 32mm sur le NexStar). A consulter : Caractéristiques des oculaires (fichier Excel) Voyons à présent quelles sont les performances de ces deux instruments et ce qui les différencie. Le NexStar 4 est sans conteste plus compact que le Nexstar5 et nettement plus léger. Il se transporte aisément dans un bagage à main, le NexStar 5 étant à la limite d'être accepté au contrôle d'embarquement de certains aéroports. Comme le NexStar 5, le 4" est fait dans le même métal prémoulé, gage de solidité si on le compare aux modèles concurrents. La base des deux instruments est alimentée en 12 V mais compte tenu de la consommation des piles on a avantage à remplacer les 8 piles par des batteries rechargeables ou même par une petite batterie externe de quelque 5 ampères car en l'espace de 5h les piles du NexStar 5 sont vidées lors d'un balayage du ciel sur les 2 axes. Le NexStar 4 n'est pas beaucoup moins économe. L'optique du NexStar 4, Maksutov-Cassegrain, s'avère très bonne et atteint une excellente résolution planétaire. L'image est très nette y compris sur les galaxies les plus brillantes. Il perd toutefois quelques détails en raison de son diamètre inférieur. Certains amateurs ont dit avoir observé des halo autour des objets, phénomènes qui variaient en fonction de la mise au point, mais bien présents au point focal, même lorsque le disque d'Airy était visible et bien symétrique. La plupart des "experts" pensent qu'il s'agit de réflexions internes, d'autres parlent de traces d'humidité car les amateurs ne prennent pas toujours le temps de mettre leur instrument en température (l'acclimater à la température extérieure). Il est cependant plus probable qu'il s'agit de traces de peinture à l'intérieur du tube, ce dernier étant sombre (on ne l'a pas ouvert mais observé avec une torche). La mise en station du NexStar 4 est simple, identique à celle du NexStar 5. Mais il présente la même difficulté pour l'alignement initial du viseur laser, mais une fois réalisée on se demande comment on a pu utiliser un viseur optique traditionnel. Comme tous les Cassegrain la mise au point s'effectue par déplacement du miroir principal. Il y a un léger décalage de l'image lorsqu'elle est mis au point en raison du poids du miroir et de l'orientation du télescope mais le phénomène n'est pas gênant. Sur les deux modèles NexStar la lecture des informations sur la raquette Goto n'est pas toujours facile, surtout la 2e ligne car la vitesse de défilement du texte LCD n'est pas contrôlable. Enfin, comme tous les moteurs Celestron celui du NexStar 4 fait pas mal de bruit quand il balaye le ciel à grande vitesse. Il est aussi plus lent que celui du NexStar 5 et la mécanique semble moins précise que celle du 5". Certaines données ne sont pas mémorisables (le backlash ou filé sur les axes) et cela peut être un handicap si vous observez tous les jours. Ce qui différencie surtout les deux modèles est le fait que le NexStar 4 utilise le système "flip mirror" pour assurer la transition vers l'oculaire, un dispositif assez contraignant mais spécialement conçu pour la photographie que l'on retrouve chez certains concurrents tel Meade. Ici le NexStar 5 se démarque car il utilise un véritable miroir de renvoi à 90° au coulant de 31.75 mm. Comme le NexStar 5, le 4" ne dispose pas d'embrase photo sur le tube optique mais il accepte tout bracelet de fixation permettant de fixer un appareil photo en parallèle (piggyback). Son barillet arrière accepte par ailleurs les accessoires standards du marché au diamètre de 31.75mm (1.25") et est donc adapté pour la photographie au foyer. Mais si le NexStar 4 est très bon visuellement, il n'est destiné à la photographie quoique l'on puisse certainement faire des merveilles avec ce petit portable. L'observation des galaxies pâles n'est pas à son programme, bien que paradoxalement elles soient listées dans sa base de données; ce n'est après tout qu'un 100 mm f/13 qui atteint à peine la 12e magnitude visuellement. Toutefois les satellites de Jupiter sont bien visibles ainsi que la division de Cassini dans l'anneau de Saturne. Des objets tels M42, M13, M31 et même son satellite M32 (magn. 8) ont été observés sans problème particulier (mise à part le bruit un peu gênant). Si vous désirez pratiquer l'astrophotographie dites-vous bien que le NexStar 5 est plus adapté du fait qu'il n'utilise pas de flip mirror, qu'il est un peu plus lourd et assure un meilleur suivi des astres.
Mon impression finale S'il me fallait choisir entre les deux télescopes, je prendrais en considération les critères suivants : - Le prix inévitablement - La qualité optique - La qualité mécanique - Les fonctions logicielles - La puissance/résolution. Globalement, même si Messier ne disposait pas de tels instruments quand il compila sa liste des objets célestes, le NexStar 5 est mon maître-choix pour son ouverture supérieure, son champ légèrement plus lumineux, sa robustesse, sa plus haute précision et son système porte-oculaire standard. Cela dit, si vous disposez d'un budget plus modeste, Tasco a sortit aux Etats-Unis un modèle StarGuide 4 en tous points similaire au NexStar 4 et 40% moins cher... Même optique, même système de flip mirror, même contrôleur et même base de 4033 objets célestes. Les différences se situent dans les oculaires (MA au lieu de SMA) et la boîte de transport (et la couleur) fournis avec les deux instruments... Avis aux amateurs. Que vous achetiez un NexStar 4 ou un Tasco je vous conseille de remplacer les oculaires MA et SMA par des Plössl, de facture nettement supérieure. Vous y gagnerez en clarté, en contraste et en largeur de champ. Enfin, certaines promotions vous permettent d'acquérir ces modèles avec un bon trépied et un oculaire supplémentaire pour le même prix. On peut également acheter un trépied plus robuste en option ou fixer la base sur des trépieds de marques concurrentes. Pour finir sachez que pour le prix du NexStar 4 ($900, 1100 €) vous pouvez également acheter un Meade ETX 125. Mais la comparaison s'arrête ici. Consulter le comparatif Meade ETX 125 contre Celestron NexStar 5 Du fait de leur faible encombrement et leur puissance respectable, ces deux télescopes intéresseront certainement les astronomes amateurs occasionnels et les voyageurs au long cours épris d'astronomie, mais également les amoureux de la nature qui trouveront dans ces optiques des instruments versatiles très agréables à utiliser. Pour plus d'information Manuel d'utilisation du NexStar 4 (PDF en français de 3.2 MB) Les sites webs des constructeurs et des revendeurs (cf mes 1001 liens, rubrique Manufacturers). |
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