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Votre choix dépend évidemment de l'encombrement de votre installation et de sa portabilité ou de vos dons pour les travaux manuels. Si pour certains un 300 mm est à la limite d'être transportable, d'autres n'hésitent pas à transporter un 600 mm dans une remorque ou une lunette de 200 mm sur le toit de leur voiture. Quand la passion vous tient, aucune barrière n'est infranchissable ! Votre
choix d'un site astronomique doit également être dicté par l’état du ciel, de la turbulence et de la pollution lumineuse. Si vous
ne pouvez voir que quelques dizaines d’étoiles brillantes dans tout le
ciel, si la Voie Lactée est invisible, résignez-vous à devoir faire
quelques kilomètres pour vous retirer dans un endroit plus sombre, bien
à l’écart des voies publiques (cités, autoroutes, centre sportif,
etc). Même à la campagne, sur les hauteurs des collines balayées par le
vent, les lueurs des stades de football ou des autoroutes situés en
contre-bas peuvent voiler tout un quadrant du ciel jusqu’à 40° d’élévation,
même à 30 km de distance.
Toutefois, et c'est heureux, plusieurs amateurs avertis continuent d'observer en ville ou en banlieue, abrités de la lumière directe des lampadaires derrière le pignon de leur habitation ou sur leur balcon. Contre toute attente, leurs images sont dignes des concours. A
consulter : La pollution lumineuse En Europe occidentale il devient franchement difficile de s’isoler dans un endroit obscur. Il reste quelques régions relativement épargnées (<30% de pollution lumineuse) en Wallonie (dans le sud de la Belgique), au nord du Grand-Duché de Luxembourg, dans plusieurs départements français entourant la région parisienne et au nord de la Suisse. Mais dans ces régions le ciel est déjà contaminé. Pour trouver un endroit vraiment plongé dans l’obscurité, présentant moins de 3% de pollution lumineuse il faut forcément rechercher les régions difficiles d’accès ou inhabitées, comme la région s’étendant au nord-ouest de Dijon (SE de Paris), le massif central (au-delà de Bordeaux), l’ouest du pays de Galles, l’Irlande ou l’Espagne. L’autre solution consiste à gravir les montagnes pour aller observer depuis les hauts-plateaux alpins du Val d’Aoste ou des Pyrénées. Alternativement, il y a les îles comme la Réunion, Saipan dans l'archipel des Mariannes, ou encore le Nord du Québec ou les déserts secs. Là je vous garantis un ciel noir même en été, des étoiles brillants comme des diamants et une Voie lactée qui ressemble à un véritable chemin poudré d’étoiles. A consulter : Le choix d’un site astronomique Les filtres anti-pollution lumineuse Si vous devez vous résigner à observer près de chez vous dans un lieu très pollué par l’éclairage artificiel, choisissez un télescope de petite ouverture, de 80 à 125 mm. D’un autre côté, s'il est également vrai que dans un site très pollué, un télescope de grand diamètre (plus de 200 mm) va amplifier la lumière du fond du ciel en réduisant le contraste des objets, il reste une situation dans laquelle il offre de très belles images malgré tout. Cette condition que nous recherchons tous consiste en fait à utiliser un stratagème. Utilisez un filtre anti-pollution lumineuse, dit LPR, acronyme de “Ligh Pollution Rejection” à bande large si vous observez dans un site peu pollué ou à bande étroite si le ciel est très pollué par la lumière. Ce filtre que l’on insère soit dans le barrillet porte-oculaire des télescopes Schmidt-Cassegrain (il devient alors difficile de le retirer) ou que l’on visse sur l’oculaire (c’est plus simple et moins cher) isole toutes les raies d’émission de l’éclairage public; il supprime du spectre les raies des lampes au sodium et au mercure à basse ou haute pression qui illuminent nos rues et nos autoroutes d’une lueur verte ou orangée. Sans ces lumières parasites, le ciel s’assombrit tout à coup et le contraste des objets se voit accentué. Vous discernez comme par enchantement ce qui était invisible et vous découvrez des étoiles qui tantôt n’existaient pas ou ressemblaient à un amas brillant. A
consulter : Useful filters for viewing
deep-sky objects De par leur conception, ces filtres (au format de 50 mm ou de 31.75 mm) sont relativement onéreux (environ 150 € au format 31.75 mm) et présentent certaines limites. Ainsi, si votre site d’observation baigne dans une pollution lumineuse modérée et distante (par exemple une autoroute éclairée passant à 10 km et la lumière blafarde des rue avoisinantes), il est conseillé de ne pas utiliser de filtre LPR avec un télescope de grand diamètre (300 mm et plus) offrant un court rapport focal (f/5-f/8). Pourquoi ? Car sa puissance lumineuse écrasera sans problème ces parasites et vous percerez sans même vous en rendre compte ce léger voile atmosphérique dès que vous l’orienterez vers les amas d’étoiles, les nébuleuses ou les galaxies. En guise de conclusion Certains constructeurs sous-entendent qu'en raison de son petit diamètre un télescope d'amateur de 100 à 200 mm d'ouverture peut surpasser un grand télescope de plus 300 mm en raison de la turbulence atmosphérique qui affecterait plus facilement le grand télescope. Cette assertion vient du fait que l'on a découvert que les cellules de turbulence mesuraient entre 20 et 40 cm de diamètre et rendent les télescopes de grands diamètres plus sensibles à leur effet. Là ou un télescope de 125 mm subit l'effet modéré d'une partie d'une cellule atmosphérique turbulente, un télescope de 300 mm subit les effets négatifs d'au moins deux cellules adjacentes.
Ces critères demandent une certaine expertise et il est judicieux de prendre des renseignements auprès de plusieurs spécialistes, des constructeurs, des amateurs avertis, des groupes de discussions (forums et groupes Yahoo) ou encore des professionnels, avant de jeter votre dévolu sur un modèle précis. Il
est tout aussi important de vous renseigner sur le service après-vente
et les compétences techniques de votre dealer avant d'acheter quoi que ce
soit. Demandez-lui précisément ce qui se passe en cas de
panne, combien de temps l'instrument sera immobilisé, est-il échangé, peut-il racheter l'instrument si vous investissez dans un nouveau télescope,
pouvez-vous tester le matériel avant de l'acheter, quelle type de
garantie vous propose-t-il, etc. Et en cas de problème ou d'ambiguïté
faites jouer la concurrence. A consulter: Acheter un
télescope :
des erreurs à ne pas commettre Acheter ou non outre-Atlantique ? Si vous me demandez finalement que choisir pour le même prix entre par exemple une lunette apochromatique de 150 mm et un télescope catadioptrique de 300 mm d'ouverture, peut-être même complété par quelques accessoires, même si la lunette aux allures de bazooka offre vraiment une très belle image et le meilleur contraste qu'il soit, je ne peux m'empêcher, même si cela me fend le coeur, de choisir le télescope. L'image du réfracteur sera soufflée par la luminosité et la résolution du catadioptrique dès que vous le pousserez un tant soit peu à la limite de ses performances sur la Lune, les planètes ou les galaxies. A partir de 300 mm d'ouverture vous entrez dans la "cour des grands"... Quand on sait que certains amateurs sont "tombés" sur des numéros de série offrant vraiment une image exceptionnelle, je choisis le "cata" sans hésiter, et un jour, si nécessaire je pourrai toujours utiliser l'apochromate comme lunette-guide ;-) Bonne chance et faites le bon choix !
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