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Quel télescope acheter et pour quel usage ?

Le système de guidage automatique GoTo (II)

C'est en 1987 que Celestron proposa la première console GoTo sur la série Compustar C14 dont voici le manuel (PDF de 4 MB). Ce système disposait de moteurs à pas gérés par un processeur Intel de 8 bits cadencé à 12 MHz, d'un affichage numérique et d'une base de données de 8177 objets. 

Meade y répondit la même année en proposant la console LX5 toute aussi performante et munie d'une raquette de commande à main.

Ce fut ensuite l'escalade technologique chez les deux constructeurs historiques avec des télescopes assistés par ordinateur ("CAT" ou Computer Aided Telescope) de plus en plus perfectionnés, intelligents et rapides.

Les systèmes de guidage automatique GoTo ressemblent aux systèmes à cercles digitaux mais la raquette de commande est plus sophistiquée et intègre toutes les fonctions de localisation, de suivi des astres, de correction d'erreurs et parfois de contrôle des caméras CCD. Bien que leur prix se démocratise, les systèmes GoTo sont en moyenne 2 à 3 fois plus chers que les systèmes à cercles digitaux.

Les systèmes GoTo sont constitués d'une console centrale (l'ordinateur), d'une commande à distance (reliée par fil), des encodeurs et des connecteurs nécessaires pour piloter les moteurs. Certains marques proposent également leurs propres moteurs. Ici aussi plusieurs choix sont possibles.

Quelques modèles grand public de raquette de commande pilotant des systèmes de pointage et de guidage automatique GoTo : de gauche à droite, la console Meade Autostar II, le SkySensor 2000PC de Perl-Vixen et le système GTO de Celestron équipant la série Nexstar.

Côté pratique, une fois arrivé sur le terrain et que vous avez connecté tout votre matériel, si vous disposez d'une monture altazimutale vous devez également initialiser la console et lui donner les repères dont elle a besoin. Vous devez par exemple orienter le télescope vers le nord et indiquer à l'ordinateur deux étoiles brillantes espacées d'au moins 40° afin qu'il puisse se répérer relativement au ciel local. 40° c'est environ deux fois l'angle formé par le bas du poignet et le sommet du pouce levé ou la surface de la main grande ouverte (22°). Les consoles les plus complètes supportent également une méthode d'alignement polaire nécessaire aux montures équatoriales.

Les détails d'importance

Les systèmes GoTo les plus sophistiqués fonctionnent non seulement au doigt et à l'oeil mais aussi à la parole (Voice Commander, DigitalSky Voice, etc.). N'est-ce pas merveilleux...

C'est réellement merveilleux à condition que votre installation altazimutale soit bien horizontale, que votre monture équatoriale soit bien alignée sur le pôle et que vos axes soient bien bloqués... autant de conditions qui, si elles sont mal ajustées vous créeront bien des ennuis en cours d'acquisition d'objectif.

En effet, un mauvais réglage et ce sera la guerre entre l'ordinateur et vous car si un système bien réglé affiche à tous les coups sa cible au centre de votre oculaire de moyenne puissance, un système mal réglé vous enverra n'importe tout sauf sur la cible, et certainement à plusieurs degrés d'écart... Alors un bon conseil, prenez le temps de mettre votre monture en station et de la régler comme indiqué dans le manuel avant toute observation. Mieux vaut perdre 5 ou 10 minutes que tout une nuit.

Rappelons à toute fin utile que les encodeurs ne sont pas indispensables. Le Dob driver par exemple vendu par Tech2000 peut assurer une fonction similaire. Dépourvu de GoTo dans sa version de base, il se passe de mise à niveau, d'alignement polaire ou stellaire, de paramètres locaux, de PC, de GPS ou de toute initialisation !

Vous devez uniquement apprendre au système de contrôle quelle est la vitesse de son objectif en suivant votre cible durant environ 40 secondes avec la raquette de commande. Le système prend ensuite le relais. Il peut prendre pour cible la Lune ou une étoile, mais également n'importe quelle comète, astéroïde ou satellite. 

Cette procédure d'apprentissage permet au système d'apprendre les corrections qu'ils doit apporter sur les axes du télescope. Le Dob driver présente une résolution de 720000 pas, près de 350 fois plus élevée que celle d'un système DSC ordinaire.

A gauche, le Dob driver de Tech2000 mémorise la vitesse de déplacement de n'importe quel astre. A droite, le système "Nightrider Track N Go" et la console SkySensor 2000PC équipant un télescope Obsession de 450 mm. Document JMI.

Si vous effectuez ce premier guidage avec un oculaire très puissant l'ordinateur sera capable de suivre l'objet sans dévier durant très longtemps. En option le Dob driver peut fonctionner comme un système GoTo grâce à l'interface roboscope. Cette solution requiert cependant une installation parfaite, tant dans la qualité de la monture que dans la précision des moteurs d'entraînement.

Bien que le système DDR2-SYS soit avant tout destiné aux télescopes dobsoniens (Obsession, Starmaster, Starsplitter, etc) et autre Giro, il s'adapte sans problème aux montures altazimutales des télescopes catadioptriques ainsi qu'aux montures équatoriales (modèle DDR2-ATM).

Il faut également préciser que certains systèmes GoTo ne sont pas débrayables. Cela signifie que si vous voulez déplacer le télescope autour de ses axes, l'alimentation électrique doit être branchée. Parfois, sur certains catadioptriques le fait de couper l'alimentation place le tube optique en position verticale orienté vers le bas... Dans ces conditions extrêmes votre soirée est gâchée et il est impossible d'utiliser l'instrument manuellement en utilisant les mouvements lents ou de déplacer le tube optique à la main.

Quant au Sky Sensor 2000 PC de Vixen, il est débrayable selon la monture sur laquelle il est fixé. Il n'est par exemple pas intégré à la monture GP-DX. En cas de problème vous pouvez toujours le débrancher et utiliser les mouvements lents pour déplacer votre télescope en attendant que votre raquette de commande soit réparée. Ceci n'est plus vrai avec la monture GP.

Un système GoTo comme le ServoCAT de StellarCAT par exemple peut également passer en mode manuel sans perdre ses références. En fait si les servos perdent leur alimentation ils savent toujours où ils sont ! C'est très intéressant si vous observez le ciel et qu'il y a soudainement une coupure de courant. Lorsque le réseau sera à nouveau alimenté, votre système continuera à fonctionner comme si rien ne s'était produit. En revanche, les instruments de la série Nexstar de Celestron ne peuvent pas fonctionner sans alimentation, tandis que les modèles GPS peuvent être utilisés manuellement.

L'aspect spectaculaire qu'a pris le Celestron C5 SLT d'Aleksander Cieśla couvert de givre la nuit du 5 décembre 2010 en Pologne. La température extérieure était de -15°C. Il déclara que le télescope a toujours bien fonctionné sans résistance électrique mais le moteur faisait parfois d'étranges rugissements. Il eut des problèmes avec le givre qui se forma sur la lame de fermeture pourtant protégée par un pare-buée et sur l'oculaire qu'il dût retirer et conserver en poche.

Le système GoTo Sky Tracker équipant les télescopes dobsoniens Starmaster peut également être débrayé, les moteurs ne faisant plus contact avec les roues d'entraînement. Le télescope peut alors être utilisé manuellement.

Le GoTo est également débrayable sur la série LX200 de Meade bien qu'alors le tube optique ne soit plus tout à fait solidaire de l'axe horaire; il est également débrayable sur le système Magellan de Meade ou sur la monture EM-10 Temma jr de Takahashi sur laquelle on peut désactiver les encodeurs. C'est une option très avantageuse surtout si vous disposez d'un petit télescope et l'utilisez pour observer la nature durant la journée.

Enfin, les manuels ne disent pas non plus que de telles installations robotisées font un peu de bruit, phénomène qu'on ne remarque pas toujours dans une boutique donnant sur la rue. C'est parfois un critère à considérer surtout si vous comparez des télescopes concurrents aux performances équivalentes.

Ainsi le Celestron 8 Ultima 2000 fait un peu moins de bruit que le Meade de 200 mm LX200. Idem pour le Celestron Nexstar 5 qui est un peu moins bruyant que le Meade ETX 125.

Avant de terminer ce tour d'horizon, parmi les autres points techniques à vérifier sur un système GoTo citons la compatibilité du système avec votre monture équatoriale, la solidité des câbles et des connecteurs électriques, leur protection contre l'humidité et la résistance de la console au froid car sur plus d'un modèle l'affichage digital s'éteint tout simplement sous -15°C... Mais rassurez-vous l'électronique embarquée continue de fonctionner mais vous devrez travailler en aveugle, sans l'aide de l'affichage sur la console.

Dans ces circonstances, il est judicieux d'installer une petite résistance électrique autour des raquettes de commande, elle est d'ailleurs proposée d'office avec certains modèles. Losmandy par exemple stipule clairement dans son manuel que les cercles digitaux  fonctionnent entre 0-50°C mais il préconise d'utiliser une résistance électrique si vous désirez utiliser la console par -25°C.

Consultez également cette page de Guillaume Dargaud qui montre photos à l'appui qu'on peut très bien utiliser des télescopes et des systèmes CCD amateur à la base de Concordia en Antarctique par -70°C si on prend la précaution de les équiper de résistances chauffantes.

Cette solution requiert toutefois une batterie externe suffisamment puissance pour alimenter toute votre installation pendant plusieurs heures voire plusieurs nuits consécutives. DCS et résistance consomment environ 130 mA et un GoTo avec une résistance consomment au moins 450 mA en mode balayage du ciel. Il vous faut donc une batterie d'au moins 5A, voire 3 fois plus puissante, pour alimenter un petit télescope et ses accessoires.

Prochain chapitre

Pour ou contre les consoles GoTo ?

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