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Quel télescope acheter et pour quel usage ?
Pour ou contre les consoles Goto ? (III) Que peut vous apporter un système de guidage automatique Goto ? Les amateurs avertis reconnaîtront sans doute comme moi que les principales raisons pour lesquelles on choisit ce système sont les suivantes: - Vous connaissez mal le ciel et vous ne voulez pas perdre trop de temps pour localiser les objets du ciel profond et les planètes lointaines (peu d'amateurs ont en effet observé Uranus, Neptune et Pluton) - Vous cherchez une technique pour observer le plus d'astres possible (tour d'horizon) lors de chaque session nocturne - Vous cherchez un système capable de pointer et de suivre les astres avec précision pour votre caméra CCD - Vous disposez d'une monture équatoriale programmable que vous aimeriez piloter à distance ou indépendamment de tout contrôle local manuel - Vous cherchez un moyen efficace pour organiser vos soirées d'astronomie (isolément ou dans un club) - Vous êtes contraint d'observer dans un lieu plongé dans la pollution lumineuse et ne pouvez localiser à l'oeil nu que quelques étoiles brillantes. Comme le dit tout bon commercial, nous avons ce qu'il vous faut ! Bien entendu il y autant de bonnes raisons pour ne pas choisir ce type de système... Disons simplement que nous avons un a priori favorable envers cette technologie du fait qu'elle apporte une assistance intéressante à l'amateur. Un système de guidage automatique (tels les produits de Meade, Celestron, Vixen, JMI, Astro-Physics, etc) associé à un bon logiciel de simulation (TheSky, Starry Night Pro, Skymap, Cartes du ciel, etc) constitue un chef d'oeuvre de technologie. Une monture Astro-Physics pilotée par TheSky par exemple est capable d'effectuer les tâches suivantes : un alignement polaire ou altazimutal, mémoriser les erreurs périodiques des roues dentées, rechercher les astres selon plusieurs critères (d'une certaine magnitude, de certains types, dans une même constellation, dans un catalogue spécifique, etc), ajouter de nouveaux objets dans la base de données, mémoriser différents paramètres comme plusieurs sites d'observation, vous proposer un tour d'horizon des objets accessibles pour l'époque considérée ou de mémoriser une séquence d'objets à observer. Excusez du peu !
Que dire de plus ? Pour l'astronome averti, ce genre d'outil devient vite indispensable s'il veut se consacrer de manière sérieuse et assidue à son hobby sans devoir s'occuper de problèmes annexes mineurs. Pour l'amateur occasionnel, ces fonctions lui offrent une véritable opportunité de voir enfin de ses propres yeux les nébuleuses et les fameuses galaxies qu'il a vu dans les livres comme autant d'objets a priori inaccessibles... Mais a-t-on réellement besoin d'une console Goto ? Depuis quelques années, les constructeurs ont informatisé la plupart de leurs télescopes, y compris les modèles de 60 mm d'ouverture, au grand dam de certains puristes. Les télescopes fabriqués récemment et équipés d'un système Goto disposent des coordonnées de quelques centaines à plus de 41000 objets. Les modèles les plus complets disposent en mémoire de tout le catalogue de Messier (M), de Dreyer (NGC et IC), Aitken (ADS), des catalogues stellaires (Bright Star, SAO), mais également les noms ou astérismes des principales planètes, des astéroïdes, des comètes, y compris parfois ceux des principaux satellites artificiels. NGic - Pour être certain d'observer un objet du ciel profond Un programme de Sylvain Riballet et Elisei Damien Les plus sophistiquées ou les plus répandues permettent Grâce à l'informatique et à l'extension d'Internet, ces bases de données sont sauvegardées dans une mémoire programmable (EPROM) que l'on peut, sur certains modèles, mettre à jour gratuitement par Internet. Mais renseignez-vous si cette option vous intéresse car certaines grandes marques font payer ce service ou n'ont pas de service de support en ligne. Sur les télescopes grand public et de petite taille (inférieure à 450 mm d'ouverture), toute la configuration électronique ainsi que l'informatique sont habituellement incorporées dans la base du télescope. Mais le fait d'utiliser une informatique embarquée se paye parfois très cher : le prix d'un télescope catadioptrique Goto de 125 mm d'ouverture s'élève entre 1600 € (Meade) et 2000 € (Celestron). Mais à côté de cela un télescope dobsonien Goto Odyssey de 450 mm d'ouverture ne coûte que 2300 € chez JMI. Ces prix relativement élevés dans l'absolu n'ont pas empêché les amateurs de les acquérir. Certains justifient le système Goto par le fait qu'il leur permet enfin de voir Pluton sans attendre qu'il passe près d'une étoile brillante ! Car il ne faut pas considérer comme certains amateurs le disent que l'usage d'un télescope informatisé gâche le plaisir de faire de l'astronomie. Je dirais même que c'est tout le contraire. Il est frustrant de perdre son temps à chercher pendant une heure deux trois galaxies à partir des coordonnées trouvées dans un atlas quand on connaît mal le ciel, alors qu'il est possible durant le même lapse de temps d'observer 10 ou 20 galaxies différentes en tapotant simplement leur numéro de catalogue sur une console Goto. Vous aurez au moins la satisfaction d'avoir observé toutes ces galaxies. On peut même dire sans trop se tromper que pour un enfant il est plus attrayant d'utiliser une console Goto que de devoir se contenter d'observer les galaxies dans un beau livre faute d'avoir pu les localiser sur le terrain par manque d'expérience ou de temps. Le fait d'utiliser des moyens informatiques ne vous empêche nullement d'apprendre la forme des constellations et de repérer la position approximative des galaxies que vous observez. Vous pouvez également essayer de les localiser sans aucune aide si vous le désirez, mais une fois qu'on a goûté au système Goto on ne le quitte plus tellement on gagne de temps et pour la facilité qu'il procure. Par le biais d'un forum, j'ai demandé aux astronomes amateurs pour quelles raisons ils appréciaient ou pas les consoles Goto. Les réponses révélaient assez bien les attentes de la majorité des amateurs. Ainsi les personnes qui ont la chance d'observer le ciel dans un endroit écarté de la pollution lumineuse et qui peuvent sauter d'étoiles en étoiles, balayant manuellement le ciel en quête des galaxies ou des planètes invisibles à l'oeil nu semblent éprouver autant de plaisir que les amateurs qui naviguent dans le ciel avec leur Goto. La "chasse" des objets célestes fait également partie du plaisir de "faire de l'astronomie" et les amateurs ressentent une sorte d'accomplissement dans le fait d'avoir pu localiser tel ou tel objet de Messier sans aucune aide. Il y a aussi des observateurs qui utilisent leur Goto lorsqu'ils sont en ville ou en banlieue mais le délaisse au profit de la recherche en mode manuel dès qu'ils observent dans un lieu écarté de tout éclairage public. C'est aussi une manière de garder le contact avec la nature et d'apprendre le langage des étoiles. Enfin, pour les astrophotographes l'émotion n'est pas dans la découverte des astres, ou dans leur observation à l'oculaire, mais plutôt dans le choix du sujet, dans la sélection de l'équipement et de la technique les mieux adaptés pour enregistrer certains détails, et dans l'expérimentation des méthodes de traitement d'image. Quand le savoir-faire réuni toutes ces techniques dans une photographie réussie, pour certaines personnes l'émotion est bien plus forte encore que celle ressentie par n'importe quelle image prise par le télescope Hubble. Les photographies prises par Robert Gendler, Ray Gralak, Thierry Legault ou Florent Poiget sont à ce titre révélatrices de toute la passion de ces amateurs passionnés. Prochain chapitre
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