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Les nébuleuses Parmi
les objets du ciel profond, M42 reste la nébuleuse la plus colorée
visuellement. Dans un newtonien de 300 mm situé à 1000 m d'altitude, sans
pollution lumineuse, M42 ou M57 présente de nombreux niveaux de gris
donnant une impression de profondeur. Dans un endroit propice, au ciel
bien sombre, on peut discerner dans un 300 mm f/6 une couleur verdâtre,
avec parfois un peu de rose pâle sur "l'aile droite de l'Albatros",
couleur typique de l'hydrogène-alpha qui baigne toute la nébuleuse. Même dans un 200 mm, à condition de bénéficier d'une météo clémente et d'un site bien sombre, on aperçoit des nuances bleues-vertes produites par les raies O-III (et un peu de Hb). Dans M42, certains ont vu des franges rougeâtres près du Trapèze en regardant avec attention. D'autres, utilisant un Maksutov-Cassegrain de 250 mm avec un oculaire Leitz offrant un champ apparent de 88° ont observé des nuances vertes, roses pastels et des nuages gris/pourpres.
Au mieux, dans des endroits privilégiés comme l'île de la Réunion (Observatoire des Makes) il est même possible d'observer des nuances vertes dans le cœur de la nébuleuse d'Orion avec une paire de jumelles 12x50 tout à fait ordinaire ! Mais le site lui, est extraordinaire, car les étoiles brillent comme des diamants sur le velours noir du ciel et même près de l'horizon les étoiles ne scintillent presque pas. On peut également observer des nuances de couleurs dans certaines nébuleuses
planétaires brillantes, comme par exemple NGC 7009 ou NGC 6543,
"l'oeil de chat". Cette
dernière est la
plus impressionnante, surtout observée dans un télescope dobsonien
Obsession de... 750 mm. A plus de 500x, la nébuleuse
apparaît bien verte avec une structure qui ressemble à celle de l'image
prise par le HST présentée ci-dessous (en moins détaillée évidemment). D'autres planétaires
de Hercule, d'Andromède ou du Cygne présentent aussi des couleurs dans
un 300 mm.
La
nébuleuse de l'Emeraude NGC 7562 présente également une jolie teinte bleu-verdâtre
dans un newtonien
de 150 mm f/5, tandis que De
nombreuses nébuleuses planétaires sont bleu-vertes, même dans un réfracteur
de 70 mm. Mais pour observer des nébuleuses aux couleurs contrastées ou multiples dans
un site moyennement pollué par l'éclairage public, il faut en général
un télescope de 300 mm, par exemple un dobsonien de très bonne facture
équipé d'un miroir Zambuto taillé à l/30
(P-V).
M27
est également un bon sujet et on peut apercevoir des traces de bleu, vert
et bleu-vert dans un dobsonien Odyssey de 333 mm. Un dobsonien Obsession
de 500 mm montre aussi une auréole orangée autour de l'amas globulaire
M2 et à fort grossissement on peut observer la couleur de certaines étoiles
brillantes individuelles. Un amateur de 67 ans disait qu'il voyait plus de couleurs lorsqu'il était jeune alors qu'il observait avec un 150 mm Star-liner bas de gamme qu'avec le 333 mm qu'il possède aujourd'hui. Les
galaxies Pour
les galaxies, c'est plus difficile mais il y a une exception. Le noyau de
la galaxie d'Andromède M31 apparaît faiblement orangé, un peu comme
Arcturus dans un Obsession de... 750 mm !
Il paraît très jaune dans un Obsession de 333 mm équipé
d'oculaires Koening et orthoscopiques. Enfin, pour
l'anecdote, un enfant de 13 ans se rappelle que la galaxie Sombrero M104
présentait une teinte rose fluo (bonbon ?!) dans un télescope de… 1m à f/3. Ces
jugements doivent être pris pour ce qu'ils sont. Il faut les pondérer en
fonction des conditions d'observation, y compris de la pollution engendrée
par l'éclairage public. A ces facteurs, il faut ajouter la qualité des
optiques, les accessoires utilisés
(oculaire grand champ, à haut contraste, pas d'aberration chromatique,
...) et le facteur humain (l'âge de l'observateur). Je ne peux donc pas vous dire avec certitude que vous verrez les nuances rougeâtres du Trapèze d'Orion avec un télescope de 200 mm car cela dépend avant tout de vos conditions d'observation. En pratique, il est très difficile d'observer la couleur des objets du ciel profond car sous un certain seuil d'illumination les cônes comme les bâtonnets sont pratiquement insensibles et il n’y a pas suffisamment de lumière pour que le cerveau interprête les quelques signaux électriques comme étant certains types de couleurs. L'image apparaît alors tout en nuances de gris. Quant aux impressions de nuances vertes, c'est tout simplement la couleur à laquelle notre oeil est le plus sensible; le moindre photon viendra activer les cellules sensorielles et si l'intensité est suffisante, le cerveau interprétera ce signal comme une couleur verte. La révélation de la photographie à longue pose En fait, la couleur du ciel se révèle avant tout par voie photographique, en prenant soin d’utiliser de préférence des émulsions adaptées à l’astrophotographie, des films sensibles aux faibles lumières, offrant une courbe de réponse spectrale adéquate, une sensibilité élevée et constante aux faibles lumières et acceptant d'être poussé deux à trois fois.
Le résultat dépend également du temps d’exposition, de la qualité du suivi sans oublier le travail en laboratoire qui s’avère en réalité tout aussi important que la prise de vue, surtout si vous travaillez avec une caméra CCD qui impose après la prise de vue un traitement d’image sur ordinateur. De manière
générale, les plus beaux documents à haute résolution ont été obtenus
par des amateurs compositant plusieurs centaines d'images individuelles afin de
noyer le grain (ou la pixelisation),
dont la présence sous forme de pixels aléatoires est remplacée par
celle du signal (rapport signal/bruit supérieur). En aucun cas, on ne peut
transformer une image floue du fait de la turbulence ou d'une mauvaise mise au point en document net en jouant sur cette astuce. A consulter: Les émulsions photographiques au banc d'essai et L'hypersensibilisation A ce propos, les caméras CCD mais également les webcams et les appareils photo numériques sont très prisés des astrophotographes avertis car à l’inverse des films, ces appareils sont immédiatement sensibles à la faible clarté qui tombe des étoiles et conservent leur sensibilité nominale quelle que soit la durée d’exposition. Revers de la médaille, ces caméras électroniques sont sensibles au bruit provoqué par l’agitation thermique des électrons (courant d’obscurité) et divers autres artefacts caractéristiques des composants électroniques. Mais on peut y remédier. De manière générale, une caméra CCD est grosso-modo 100 fois plus sensible qu’une émulsion ordinaire ! Quand on sait qu’un film ordinaire nécessite parfois une heure d’exposition pour enregistrer une nébuleuse diffuse, on comprend vite l’avantage des caméras CCD, webcams et autre photomultiplicateur d'image. Nous y reviendrons. Prochain chapitre Les différents types de télescopes
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