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Les robots au service des hommes

Le robot Asimo de Honda offrant un plateau à un invité.

Les robots d'exhibition (II)

Les robots d'exhibition, ceux qu'on présente au public, sont en fait des robots de recherche habillés en tenue de soirée. Leur mission est de vendre leur technologie afin que des investisseurs prennent le risque d'investir dans la recherche et le développement de robots intelligents, capables de seconder un être humain dans les tâches routinières ou dangereuse voire au-delà.

La série P et Asimo de Honda

 Tout commença en 1986, lorsque Honda s'intéressa à la fabrication d'un robot humanoïde. Dès le départ, le projet consistait à développer un androïde intelligent et mobile capable à terme d'assurer des fonctions domestiques, plutôt qu'un robot dédié à des tâches particulières.

Honda présenta l'imposant prototype P1 en 1993, qui marchait déjà sur ses deux pieds. Ce robot sera amélioré dans les générations P2 (1996) et P3 (1997). Ces robots sont capables de monter les escaliers ou d'être bousculés sans tomber, chose encore impossible au début des années 1990. P3 mesure 1.60 m et pèse 130 kg. Sa taille a été réduite par rapport aux anciennes générations car on lui a retiré une partie de son système de contrôle qui est décentralisé.

Cliquer sur l'image pour lancer une vidéo du robot P3 de Honda (MOV de 574 KB).

En 2000, se basant sur l'expérience acquise avec P3, Honda présenta Asimo (Advanced Step in Innovative Mobility), un robot d'exhibition représentant l'aboutissement de 14 années de recherches. Il a été conçu sous la direction de l'ingénieur Masato Hirose.

Ce petit androïde autonome mesure 1.20 m et pèse 53 kg. Il se déplace à 1.6 km/h mais il est capable de courir à allure modérée (12 km/h), de sautiller, même à cloche-pied, de dancer et de monter ou descendre des escaliers.

Certes, parfois il rate encore une marche en pleine représentation publique, mais nous en faisons autant, à la différence qu'Asimo ne peut pas encore se relever tout seul.

Mais bien qu'il soit un robot, le voir ainsi alerte, présenter des signes d'intelligence et puis tomber sur un écueil et être incapable de se rétablir, révélait toute l'impuissance des hommes à lui insuffler la vie et les réflexes fondamentaux. A la fois fascinant et pathétique, sa chute dans l'escalier révéla combien le chemin était encore long vers la création d'un androïde totalement autonome.

Asimo participe actuellement à différents événements internationaux, tellement ses performances sont étonnantes et ont séduit le public.

Honda a fabriqué une vingtaine d'exemplaires d'Asimo. Ils ne sont pas à vendre mais peuvent se louer pour des présentations. Ainsi IBM Japon, le Musée des Sciences de Tokyo et deux autres sociétés ont déjà loué les services d'Asimo pour la modique somme de 163000$ par an.

Asimo a un concurrent depuis 2005, le robot Hubo, fabriqué par l'équipe du professeur coréen Oh Jun-Ho. Hubo est capable d'utiliser le langage des signes ainsi que le montre cette vidéo publiée sur Google.

Les gynoïdes et les actroïdes

A côté des robots au profil anguleux et asexués, les chercheurs japonais et coréens développent des robots d'apparence féminine aux formes généreuses, qu'on appelle des gynoïdes (morphologiquement parlant une femme gynoïde présente une silhouette en forme de poire avec des fesses et des hanches généreuses). Le but des cybernéticiens est d'en faire des mannequins ou des hôtesses plus vraies que nature.

Tout commença en 2003, lorsque le professeur Hiroshi Ishiguro de l'Intelligent Robotic Laboratory de l'Université d'Osaka présenta le gynoïde baptisé Repliee Q1 présenté ci-dessous. Il fut fabriqué par Kokoro Androids du groupe Sanrio, spécialisée dans les animatroniques.

Très réaliste au point de confondre ses interlocuteurs (du moins en apparence car la voix reste synthétique), ce robot peut articuler, bouger les bras et sa cage thoracique sous les mouvements de ses poumons. Néanmoins, sa conversation et les mouvements de sa bouche sont contrôlés à distance par un opérateur. Ce gynoïde fut suivi des modèles Repliee R1, Repliee Q2 au visage très réaliste ainsi que d'autres robots par la suite.

Le visage de Repliee Q2  a été conçu à partir de scanners de véritables visages de jeunes filles japonaises. Repliee Q2 parle, cligne des yeux, respire et présente des attitudes corporelles pour mieux interagir avec son interlocuteur.

A voir : Le robot P3 de Honda - Asimo de Honda

DER2 de Kokoro Androids - HRP-4C et HRP-2 de AIST

De gauche à droite, le gynoïde Repliee Q1 développé en 2005 par le Pr.Hiroshi Ishiguro de l'Intelligent Robotic Laboratory de l'Université d'Osaka; le gynoïde DER2 fabriqué en 2006 par Kokoro Androids, dont voici une vidéo sur YouTube; le gynoïde Dion, fixe mais capable de chanter; le gynoïde Holon fabriqué en 2008 par Kokoro Androids et le gynoïde HRP-4C fabriqué en 2009 par AIST, l'un des robots les plus évolués. Ces gynoïdes sont destinés à des rôles de représentation et au mannequinat.

Bien que ces gynoïdes soient dotés de 42 points d'articulations et de capteurs, leurs mouvements sont encore limités mais ils peuvent réagir à un mouvement instrusif comme une gifle. Leur intelligence artificielle leur permet aussi de réagir différemment en fonction des gestes de leur interlocuteur, comme par exemple à une tape sur le bras. Ils peuvent prononcer quelques mots et à défaut de pouvoir marcher, ils peuvent bouger légèrement leur corps afin d'imiter le langage corporel. Leur peau très réaliste est constituée de silicone.

Parmi les autres projets, l'institut de technologie coréen Kitech travaille depuis 2003 sur des gynoïdes capables de parler et de marcher. 

En 2006, Kitech présenta le gynoïde EveR-1, puis EveR-2 en 2006 et EveR-3 en 2009. Ce dernier présentait 16 expressions faciales.

EveR-4 fut présenté en 2012. Ce gynoïde mesure 1.80 m et imite les mouvements d'une tête humaine grâce à 30 moteurs, ce qui est actuellement un record. Ce gynoïde est capable de marcher et son l'intelligence a été améliorée.

En 2006, le gynoïde Dion fut présenté au Salon de Robotique chinois. Fixe, il était capable de chanter et sa tête ainsi que son visage étaient articulés. Similaire au concept d'actroïde EveR mais en plus sexy, il était malgré tout moins performant.

En octobre 2006, la société Kokoro Androids qui fabriqua les gynoïdes Repliees présenta son "actroïde" DER2 (Dramatic Entertainment Robo), un guide féminin bénéficiant d'un large éventail d'expressions (voir la vidéo). Néanmoins, par ses gestes encore saccadés, ce robot ne peut pas cacher ses origines électromécaniques. Ce robot pouvait se louer pour la somme de 3500$ pour 5 jours. Il sera suivi par DER3 en 2008.

A gauche, le visage très réaliste de l'actroïde Repliee Q2 conçue en 2005 par Hiroshi Ishiguro de l'Intelligent Robotic Laboratory de l'Université d'Osaka. A droite, le visage de HRP-4C conçu en 2009 par AIST. Ces gynoïdes sont destinés au mannequinat.

En 2008, Kokoro Androids présenta le gynoïde Holon, un robot de 1.75 m aux formes féminines très marquées mais aux cheveux en plastique, inspiré de la série animée "Real Dive". Capable de parler, sa tête, son visage et ses bras étaient articulées mais il ne pouvait pas se déplacer. En fait ce robot ressemblait plus à une poupée gonflable qu'à un véritable projet scientifique. Son rôle de potiche le destine à devenir un mannequin articulé.

A son tour, en 2006, l'Institut japonais de science et de technologie avancée (AIST) de Tsukuba présenta "HRP-2 Promet", un humanoïde robot au look de Goldorak mesurant 1.54 m pour 58 kg, capable de marcher, de vous servir un jus de fruit et d'écarter les obstacles. Ce robot est proposé en location par Kawada Industries.

En 2009, AIST présenta le gynoïde HRP-4C, qui mesure 1.58 m et pèse 43 kg avec ses batteries. Ce robot interactif très réaliste est capable de répondre à des questions simples, d'exécuter certains ordres et marche lentement. Il peut bouger les lèvres et cligner des yeux. Il est équipé d'un synthétiseur vocal Vocaloid développé par Yamaha Corporation et d'une banque vocale développée par Crypton Future Media.

Bien qu'il soit très loin des performances d'Asimo, HRP-4C est l'un des plus performants dans le domaine du mannequinat.

Mais ne vous détrompez pas. Si Repliee Q2, Dion ou HRP-4C sont séduisantes, ces gynoïdes n'ont pas un souffle d'humanité et respirent grâce à un poumon artificiel. Sous leurs traits fins et leur peau en silicone, ce n'est encore qu'un squelette de métal rébarbatif sur lequel sont fixés des dizaines de pistons pneumatiques et des capteurs proprioceptifs. Malgré les apparences, leur regard et leur coeur sont aussi froids qu'une puce de silicium.

Selon le Dr Dong-Wook Lee qui travaille sur les gynoïdes de la série EveR chez Kitech, il n'y a pas encore de réelle demande pour ce type de robots. Mais comme ses collègues, il estime que la commercialisation de ces robots pourrait débuter vers 2015 soit 5 ans avant l'annonce faite en 2006.

Les robots simulateurs en médecine

A. La pédiatrie

En 2007, en compagnie du chercheur Minoru Asada, Hiroshi Ishiguro mis au point CB2, un robot bardé de 197 capteurs tactiles et de 51 actuateurs à air comprimé, l'ensemble étant recouvert d'une peau artificielle grise ainsi qu'on le voit ci-dessous.

CB2, acronyme de "Child-robot with Biomimetic Body", est capable de simuler les comportements d'un bébé ainsi qu'on le voit dans ce reportage et celui-ci publiés sur YouTube.

CB2 réagit aux bruits, il balbutie, vous regarde, roule sur le dos, bat des bras et des jambes, et peut même faire quelques pas si vous l'encouragez. Un nouveau logiciel lui permet de marcher et de parler comme un enfant de 3 ans. CB2 reste un gros bébé : il mesure 1.30 m et pèse 33 kg et ne vous donnera jamais d'affection.

A gauche, le robot CB2 simule le comportement d'un bébé. A droite, le robot Noelle simule le travail d'une femme enceinte.

B. Dans les hôpitaux

Après la médecine bionique, les hôpitaux font également appel aux robots, ou plus précisément à des simulateurs, encouragés par la recherche universitaire et les étudiants en quête d'entraînement pour parfaire leur formation.

A côté des systèmes chirurgicaux commandés à distance utilisés dans les blocs opératoires, depuis juillet 2007 les étudiants en médecine de l'Université de Stanford s'entraînent sur Noelle, un mannequin électronique simulant le travail d'une femme enceinte et la naissance d'un bébé.

Ce genre de simulateur existait déjà depuis les années 1990 pour l'entraînement des anesthésistes. Le modèle a depuis été adapté à différents autres métiers, y compris aux techniques vétérinaires où les étudiants travaillent sur des chiens mannequins.

La première version de Noelle a été adoptée en 2006 par une trentaine d'universités américaines, y compris pour former les infirmières en Afghanistan, à la maternité de Kabul.

Noelle est actuellement utilisée au Centre de Simulation Médicale de l'Université d'Harvard. Selon les chercheurs, ce mannequin de 35000$ fait à peu près tout sauf diriger les caméras. Equipé d'un dispositif simulant le col de l'utérus, ce dernier se dilate tandis que le mannequin effectue une poussée interne pour libérer le bébé mannequin dans les règles de l'art. Ce système est déjà un standard.

C. Chez le dentiste

Le 28 novembre 2007, un gynoïde qui pousse des cris de douleur quand la roulette du dentiste touche un nerf a été présenté  par une équipe de roboticiens japonais, au cours du Salon de la robotique (IREX) qui se tenait dans la banlieue de Tokyo, au Japon.

Le gynoïde baptisé "Simroïd" mesure 1.60 m et a les traits d'une jolie jeune femme aux cheveux longs, vêtue d'un pull rose et d'un pantalon blanc. Il peut bouger les mains et les yeux et évidemment la bouche pour exprimer la douleur, la détresse, l'inconfort ou l'insécurité et dire notamment "ça fait mal" et froncer les sourcils ou fermer les yeux lorsque le praticien fait un mauvais geste ou touche une zone sensible.

Selon Tatsuo Matsuzaki, l'un des responsables de la société Kokoro Company Ltd qui a mis au point ce robot - les mêmes qui ont fabriqué les robots DER2, Actroid ainsi que des animatroniques -, Simroïd avait initialement été conçu pour entraîner les étudiants en chirurgie dentaire. "Simroïd présente un tel réalisme que les apprentis dentistes vont pouvoir mesurer les réactions des patients et être ainsi capables d'améliorer leur technique en la considérant non comme un objet mais comme un être humain", a-t-il expliqué. "Cela permet de partager la souffrance du patient, sans blesser personne", a-t-il ajouté.

A gauche, le robot Simroïd quelque peu inquiète sur le siège du dentiste. A droite Yuko Uchida présentant la structure du robot. Cliquer sur l'image centrale pour lancer une vidéo (fichier .WMV de 480 KB) montrant les réactions de Simroïd pendant l'intervention d'un dentiste au cours d'un exercice. Documents NDU

Le professeur Naotake Shibui utilise ce robot dans ses cours pratiques de dentisterie à l'Ecole de médecine de Tokyo depuis septembre 2007. Il estime que Simroïd peut aider les dentistes à "apprendre à communiquer avec les patients". "La technique des soins est importante mais il est également utile de ressentir ce que c'est que d'être un patient", a-t-il expliqué à la presse.

La dépêche de l'AFP précise que connaissant la propension des étudiants à la plaisanterie, les ingénieurs ont prévu de doter le gynoïde d'un capteur placé sur la poitrine qui permet de détecter tout geste déplacé !

Enfin, les chercheurs n'ont pas été insensibles à l'intérêt du public pour les nouvelles technologies et ont développé des robots à usage domestique ou ludique.

Les robots domestiques

Dans le cadre de l'aide aux personnes ou plus simplement à des fins ludiques, depuis les années 1980 on vend dans les bons magasins d'électronique ou par correspondance, des petits robots télécommandés, autonomes ou à programmer, que l'on peut assembler pour quelques dizaines d'euros. Ils prennent la forme d'un mobile hémisphérique, d'une petite voiture, d'un hélicoptère ou d'un bras télécommandé par exemple.

Plus récemment, il y eut la vague déferlante des Tamagoshi (oeufs), Furby (oiseaux) et autres Nabaztag (lapins) venus du Japon.

A gauche, les robots ludiques Qrio et Aibo construits par Sony, mais dont la production a été arrêtée en 2006. A droite, le robot baby-sitter iRobi Q de Yujin Robot.

Le premier robot domestique commercialisé fut "Aibo", le chien artificiel créé par Sony en 1999 grâce à la collaboration de Boston Dynamics. Aibo vous reconnaissait, se relevait tout seul et acquérait de l'expérience à votre contact. Il faisait la joie des enfants.

A l'époque, on pouvait s'en amuser, mais certains observateurs considéraient déjà que ce progrès était bien relatif, les enfants préférant reporter leur affection sur une machine plutôt que sur un véritable animal. Sony construisit ensuite un petit humanoïde baptisé "Qrio". La production des deux robots fut interrompue en 2006.

Puis il y eut iRobi Q du Coréen Yujin Robot, le premier robot baby-sitter vendu en 2004. Il vous comprend et parle comme un adulte et peut rappeler aux parents de coucher leurs enfants ou de prendre leurs médicaments.

Ce robot de 45 cm peut enseigner l'anglais ou chanter et même lire les informations ou consultez la météo grâce à une connexion Internet. Il peut également surveiller l'habitation et étant donné qu'il dispose d'une caméra, les propriétaires peuvent observer l'intérieur de leur maison à distance.

Les assistants

Les robots d'assistance et Asimo en fait partie dans une fonction élitiste, intéressent beaucoup les Japonais, tant à titre privé que professionnel.

En effet, encouragées par l'Etat (le Project for the Practical Application of Next-Generation Robots organisé par le NEDO) qui a fait de la robotique d'assistance une priorité, de nombreuses sociétés japonaises développent des robots capables de prêter assistance aux humains, à domicile ou au travail, du fait que le pays accuse une pénurie de main d'oeuvre en raison du vieillissement rapide de la population.

Comme les nouvelles mini-voitures développées au Japon, à terme certaines familles de robots assisteront les personnes âgées dans leurs déplacements ou à domicile.

La Corée du Sud est également très impliquée dans cette technologie ainsi que dans les secteurs de l'informatique et de la domotique.

Ainsi que le rapporta le National Geographic, en décembre 2005, le président sud-coréen Roh Moo-hyun déclara qu "il y aura un robot dans chaque maison d'ici 2020". Pour sa part, Oh Sang Rok, responsable du projet de robotique domestique au ministère de l'Information et de la Communication déclara qu'il "souhaitait atteindre cet objectif en 2010".

Si l'échéance est passée, dans tous les cas la Corée comme le Japon poursuivent leurs recherches et à en juger par leurs résuktats, leurs robots domestiques avancent à grands pas, notamment les gynoïdes et androïdes.

Au Japon, des constructeurs automobiles comme Honda et Toyota, des groupes industriels comme Fuji Heavy Industries (FHI) et Mitsubishi Heavy Industries (MHI), des sociétés de sécurité comme Asok et Secom ou encore le groupe d'électronique NEC figurent parmi les entreprises les plus actives dans ce domaine, aux côtés des instituts de recherche publics et des universités.

En novembre 2007, le constructeur japonais d'électronique Hitachi a présenté un robot destiné à prêter assistance aux employés et à remplacer les hôtesses d'accueil, grâce à ses facultés de communication et de déplacement.

Baptisé "EMIEW 2", cet androïde rouge à roulettes, de 80 cm de hauteur, est le descendant d'EMIEW ((Excellent Mobility and Interactive Existence as Workmate) présenté en mars 2005. Le nouveau modèle est nettement plus évolué. Il possède 27 degrés de liberté contre 6 dans l'ancien modèle et est beaucoup plus léger que son prédécesseur (13 kg au lieu de 70 kg).

A voir : NAO d'Aldebaran Robotics - NAO Next Gen

A gauche et au centre, le robot EMIEW 2 au service des entreprises présenté par Hitachi en 2007. De toute évidence il n'est pas encore prêt à remplacer un interimaire ou un stagiaire. A droite, le robot NAO d'Aldebaran Robotics mis au service des enfants autistes notamment.

EMIEW 2 est équipé d'un capteur gyroscopique pour se maintenir en équilibre et de batteries Lithium-Ion d'une autonomie d'une heure. Mis au point pour "cohabiter avec les humains", il est capable de se déplacer de façon autonome à une vitesse de 6 km/h. Il peut communiquer par reconnaissance vocale et se déplacer seul au sein d'une entreprise grâce à un radar pour contourner les obstacles et à une cartographie des lieux qu'il peut lui-même établir.

 Comme tout système artificiel, EMIEW 2 n'est pas à l'abri d'une panne. Ainsi que l'explique cette dépêche d'Associated Press, au cours d'une présentation qui se déroulait le 21 novembre 2007 au Mechanical Engineering Research Laboratory et qui s'étendait sur l'heure de midi, EMIEW 2 est tombé, son système de communication ayant été brouillé par les émissions Wi-Fi qui ont soudainement augmentées à l'heure de table ! Hitachi a été obligé d'interrompre sa présentation jusqu'en début d'après-midi.

Un autre exemple de petit robot familié des humains est NAO développé en 2009 par la société française Aldebaran Robotics. NAO est un petit robot androïde de 58 cm de hauteur ayant 25 degrés de liberté. Capable de marcher, de s'asseoir, de se relever quand il tombe et de tenir des objets, il est équipé de 9 capteurs tactiles et de 8 capteurs de pressions. Il présente une autonomie de 90 minutes. Il est capable d'analyser la parole ainsi que de reconnaître certaines émotions et communique grâce à un synthétiseur vocal.

NAO est utilisé par de nombreux chercheurs pour étudier les interactions entre les humains, en particulier dans le domaine de l'éducation mais également pour aider les enfants autistes à communiquer.

En effet, ces enfants interprétant mal les réactions émotives mais étant souvent attirés par la technologie, grâce à une programmation adaptée (par ex. ne pas punir quand la réponse de l'enfant est mauvaise mais garder un ton neutre), NAO leur apprend à dialoguer et contrôler leurs émotions. Il a déjà permis à des enfants autistes de s'extérioriser.

Si ce résultat est très prometteur, rappelons que ces petites merveilles de technologie reviennent à 12000€ dans le cas de NAO et nécessitent le support d'un programmeur expérimenté.

Aujourd'hui, ces robots sont non seulement exhibés dans les salons de robotique et quelques écoles, mais ils s'introduisent doucement dans les spectacles de théâtre. Ainsi, depuis 2012, un peu partout dans le monde on peut voir le gynoïde F.Geminoid et le robots Robovie-R3 dans le spectacle du Japonais Oriza Hirata dont voici une critique publiée sur le blog du Figaro.

En 2013, ce fut au tour de NAO de participer au spectacle de la danseuse et chorégraphe espagnole Blanca Li. Et le spectacle continue !

A voir : Robot!, Compagnie Blanca Li (avec NAO), sur Vimeo

A gauche, un humain parmi les robots. Le spectacle du Japonais Oriza Hirata "Les Trois soeurs, version androïde" présente le robot Robovie-R3 dans un rôle de servant et un rôle plus élaboré avec une intrigue au gynoïde F.Geminoid que l'on voit assise en chaise roulante (voir cette vidéo sur YouTube). A droite, le spectacle "Soyonara ver.2" en forme de prologue où F.Geminoid s'entretient avec une jeune femme. Documents Tsukasa Aoki.

Les robots électroménagers

Cela peut paraître incongru d'aborder le thème des robots électroménagers, ramasse-miettes et autres tondeuses automatiques, mais ces appareils comptent parmi les débouchés de la robotique. Dans le cycle de vie de cette technologie et de sa maturité (hype cycle), c'est une preuve que la technologie est suffisamment maîtrisée pour une production de masse, du moins dans ses développements les moins complexes.

En fait, dans ce secteur les constructeurs ne parlent pas réellement de robots mais d'appareils automatiques. C'est une question de point de vue car finalement ces appareils munis de capteurs prennent seuls des décisions en fonction de l'environnement. Toutefois, l'intelligence de ces robots domestiques est toute relative.

En 2006, la société Microrobot commercialisa Ubot, un robot aspirateur qui avait plus du gadget que de l'utilitaire vu sa puissance limitée à 60 watts. Cet appareil était avant tout destiné à ramasser les poussières et les miettes.

Il en fut de même avec le robot Rydis H67 de Moneual commercialisé en 2013, combinant soit-disant un aspirateur et nettoyeur de sol autonome, qui finalement ne comprend qu'une lingette fixée sur un velcro. Ce constructeur coréen n'aurait pas dû quitter sa spécialité, la Hi-Fi.

Plus sérieusement, la société iRobot, déjà connue pour ses robots chenillés à usage militaire, commercialise depuis 2009 plusieurs modèles de ramasse-miettes autonomes. En 2012, elle racheta la société Mint déjà implantée en Europe qui vendait justement des aspirateurs robotisés.

iRobot propose aujourd'hui plusieurs modèles de balayettes dont le Braava 380t hérité du Mint Evolution 5200 C qui fonctionne par GPS (dont voici un test par les Numériques) et le Roomba 880 (dont voici un test) qui est équipé de capteurs accoustique et optique.

A voir : Samsung NaviBot SR8895 Silencio vs. iRobot Roomba 531, part.2

Trois appareils automatiques dotés d'un minimum d'intelligence artificielle. A gauche, le robot ramasse-miette Roomba 880 de iRobot. Au centre, le Navibot SR8845 de Samsung placé dans son système de recharge. A droite, la tondeuse automatique Husqvarna Automower 220 AC. Un conseil, avant d'acheter un de ces produits, consultez les tests et les forums car leurs performances sont limitées.

De son côté, depuis 2010 Samsung commercialise plusieurs robots aspirateurs dont le Navibot SR8845 et le Silencia 8895, dont voici un test du SR8845 et un test en vidéo du SR8895. Ces robots comptent parmi les rares modèles à disposer d'une caméra pour cartographier les lieux ce qui leur permet d'aller plus vite car ils ne parcourent pas la pièce au hasard comme leurs concurrents, mais de manière logique.

Précisons que Samsung les vend comme de véritables aspirateurs et non pas comme des ramasse-miettes. Or, à en juger par ses résultats, il est moins efficace que le iRobot Roomba comme on peut en juger sur la vidéo présentée ci-dessus.

Nous pourrions également citer les modèles du constructeur Neato et bien d'autres concurrents.

Sans nous étendre sur le sujet, précisons que chacun de ces robots aspirateurs présente des limites : manque de puissance ou bruyant ou ne tolère pas les détergeants ou ne gère qu'une pièce à la fois ou s'enmêle dans les fils ou ne monte pas sur les tapis, bref ils sont perfectibles.

Ces robots sont proposés à un prix variant entre 150€ et 600€ (2013), sans offrir les performances d'un aspirateur classique. L'assistance de l'intelligence artificielle vaut-elle ce prix ? A chacun de juger.

Citons également les robots de piscine tel le Hurricane 5 et Kwadoo. Ces appareils ne sont pas sans rappeler les tondeuses automatiques telles l'Automower 220AC de Husqvarna et la Robomow RM200. Ces machines présentent également des contraintes et des limites (inclinaison du plan de coupe, repère-guide câblé, puissance). En revanche, ces robots sont autonomes et sont capables de rentrer seuls pour se recharger. Ils ont notamment été adoptés par certains clubs de golf et de football.

Enfin, pour soulager les personnes qui ont des difficultés motrices ou doivent porter de lourdes charges, les scientifiques avec le support de fonds publics travaillent sur des projets d'exosquelettes. C'est l'objet du dernier chapitre.

Dernière partie

Les exosquelettes

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