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L'observation
des satellites artificiels
La
réception des satellites (V)
Plutôt
que de se contenter d'observer les satellites, voyons quels sont les moyens
mis à notre disposition pour recevoir les signaux des satellites radioamateurs
et autres laboratoires orbitaux (ISS, OSCAR, SAREX, AO, NOAA, METEOSAT, etc).
A
l'image du matériel de radioastronomie, un système de
réception satellitaire nécessite du matériel spécifique qui fait souvent partie
de la panoplie des accessoires du radioamateur ou de l'écouteur (SWL). |
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Voyons
tout d'abord de quoi se compose une installation type avant d'envisager
d'autres solutions, plus compactes ou intégrées.
Pour
être fonctionnelle, de manière générale une station d'écoute satellite élémentaire
nécessite le matériel suivant : -
Une antenne équipée d'un rotor pour pouvoir l'orienter en élévation et
azimut -
Un préamplificateur d'antenne pour améliorer la réception des signaux
dont la puissance est limitée à 5 W -
Un ou plusieurs récepteurs SSB et FM couvrant les fréquences de 30 MHz,
135-145 MHz (la plus utilisée), 430-440 MHz et 1.2 GHz, et
optionnellement des convertisseurs. -
Un modem DSP (digital) permettant de capter les signaux de télémétrie dans tous
les modes digitaux utilisés par ces satellites. Pour
la réception des satellites météos plusieurs éléments viennent
compléter cette panoplie.
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Activité
radioamateur |
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A
gauche une antenne radioamateur reconnaissable à sa grande
Yagi décamétrique sur laquelle ont été ajouté des
éléments directionnels pour le traffic V/UHF. Photographie prise le 27
janvier 1998 lors de la conjonction de la Lune avec Vénus
et Mercure. A droite l'astronaute et radioamateur KC50ZX à
bord de la navette spatiale américaine en conversion avec
des radioamateurs du Goddard Amateur Radio Club. L'équipage d'ISS travaille également en packet radio
sur 2m. Documents Astroarts
et NASA. |
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Si
vous débutez dans cette activité comme écouteur vous pouvez
commencer par un récepteur VHF acheté d'occasion. Cela ne coûte
que quelques centaines d'euros dans une brocante spécialisée. Dans ces conditions, compte-tenue de la
précision demandée et du poids de l'antenne, le rotor sera souvent la
partie la plus onéreux de votre installation (> 1500 euros).
Un radioamateur
licencié, donc autorisé d'émettre, verra le problème sous un autre
angle (c'est le cas de le dire !). Si cela vous concerne
vous pouvez acheter un émetteur-récepteur toutes bandes couvrant les
bandes HF, VHF et UHF. Mais souvent les radioamateurs préfèrent
utiliser des systèmes non intégrés - surtout en cas de panne - et
achètent un émetteur-récepteur spécifique couvrant les bandes V/UHF.
A
consulter : Comment devenir radioamateur ?
Hams
in the Sky - ISS and ET Shadow experiment
Le récepteur
ou transceiver idéal, toutes bandes et tous modes, que vous placeriez
sur votre bureau n'existe pas (encore) car il devrait couvrir
toutes les fréquences entre 150 kHz et 4 GHz et disposer des
modes CW (morse), phonie (SSB, FM, AM), et être capable de décoder les
modes digitaux (RTTY, FSK, PSK31) et TV à balayage
lent (SSTV).
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Mais
je suis heureux de vous apprendre que le marché évolue. Il existe des scanners
(récepteurs toutes bandes et tous modes) et des transceivers portables
auxquels on peut adjoindre des interfaces qui vous permettront de
réaliser cette prouesse. Mieux encore, avec l'évolution de la Digital
Radio Mondiale (DRM) il existe aujourd'hui des cartes récepteur pour PC,
telle la carte WR-3700i DSP de WinRADIO
qui couvre toutes les fréquences entre 150 kHz et 4 GHz, et la plupart
des modes (AM, FM, USB, LSB, CW, FSK). Couplée à une petite
antenne et éventuellement un rotor, vous avez tout ce qu'il vous faut
pour capter les satellites et tous les services civils ou militaires dans
de bonnes conditions. Consulter les boutiques spécialisées dans le
matériel radioamateur ainsi que les magazines spécialisés pour plus
de renseignements. |
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L'interface
WinRADIO |
On
peut aussi dresser la liste d'une panoplie d'options utiles à ce genre
d'activité que vous trouverez chez tout bon représentant de matériel
électronique ou radioamateur tel ICOM, Kenwood, NEC et autre Yaesu. Sachant
qu'il existe différents types de satellites (géostationnaires et
défilants) nous avons besoin de plusieurs types d'antennes en complément
de celle que les radioamateurs utilisent pour établir leur QSO par
satellite : -
Une antenne Yagi en polarisation croisée équipée d'un rotor et disposant d'un gain
d'au moins 14 dBi si vous désirez établir des QSO par satellite (réservé aux radioamateurs) ou capter les
signaux digitaux
-
Une antenna omnidirectionnelle à polarisation circulaire droit pour
capter les satellites météos défilants (NOAA, METEOR, etc) qui doit
être équipée d'un préampli car le signal VHF à 137 MHz arrive avec une puissance limitée
à 5 W. -
Une parabole de 1m à 1.80m de diamètre offrant un gain d'au moins 24 dB pour capter les satellites
géostationnaires (METEOSAT)
-
Au minimum un récepteur couvrant les fréquences comprises entre 135-138 MHz
-
Une sortie digitale à 9600 bauds
-
Des options telle que pouvoir changer le filtre IF pour de plus larges,
disposer d'offsets FM non standards, etc.
Pour
ceux qui préfèrent utiliser un rotor d'antenne automatique, c'est
vivement conseillé, Kansas
City Tracker propose une très célèbre carte pour PC qui assure l'interface entre le
programme et le rotor d'antenne afin
d'assurer un suivi sans coup férir en temps réel sur le satellite de
votre choix. Cette marque fait aujourd'hui partie des standards. Petites
antennes
Je
me doute bien que ce matériel risque de vous faire peur si vous lisez
ceci pour la première fois. Ca vous change de l'antenne télescopique de
votre radio portative ! Mais on peut se passer de ce matériel. Si vous
disposez de vraiment peu d'espace pour installer plusieurs antennes ou
même pour ériger une verticale, une parabole ou une discone, il existe
une solution "compacte" qui plaira sans doute à tous les
écouteurs et aux amateurs vivant en appartement.
Pour
capter les signaux au-dessus de 230 MHz vous pouvez acheter chez WinRADIO
une antenne log périodique de réception compacte et multibande AX-31B.
C'est une beam pas plus grande qu'une feuille A4 livrée avec un
amplificateur d'antenne de 20 dB incorporé et 2m de cable coaxial.
C'est un bon compromis et elle fonctionne également à
l'intérieur.
La
société italienne PKW
vend également des antennes log périodiques de réception ou
d'émission fonctionnant dans différentes bandes dont la LP-22eV
couvrant de 130 MHz à 1.3 GHz (124 €).
Pour
la bande VHF (par exemple pour le downlink d'ISS sur 145.800 MHz)
une simple antenne dite fouet peut déjà convenir mais pour
l'émission (145.200 MHz) il est conseillé d'utiliser une Yagi
orientable bien qu'une verticale permette déjà d'établir des
contacts (mais ils dureront moins longtemps). |

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Antenne log
périodique compacte AX-31B de WinRADIO pour la réception de toutes
les fréquences comprises entre 230 MHz et 1600 MHz. |
Pour
la réception des fax et autres messages météos dans les bandes HF (80-10m), vous pouvez acquérir une antenne
magnétique active de réception telle la Wellbrook
ALA-1530 qui fonctionne à l'intérieur ou simplement tendre à
l'extérieur un long fil d'au moins 20m ou ériger une antenne verticale
HF d'au moins 6m de hauteur.
En
général la réception des signaux satellitaires ne pose jamais de
problème. Même avec 5W de puissance, vous capturerez leurs signaux assez
facilement. Par contre si vous êtes radioamateur et désirez passer en
émission sur les fréquences adhoc, vos antennes
devront être à la hauteur de vos espérances. Les composants
électroniques réagissant dans ces hautes fréquences différemment qu'en
HF, rien ne vaut une beam,
les fameux "rateaux" comprenant quelque 23 éléments en VHF avec préampli
d'antenne, équipés d'au moins deux cables coaxiaux par antenne, l'un de
très bonne qualité pour l'émission, le second de qualité
éventuellement moindre pour la réception, les cables coaxiaux étant
aussi courts que possible. Il existe encore des différences selon que
vous travaillez en SSB ou en FM. A ma connaissance la seule petite beam
d'émission couvrant de manière continue les fréquences comprises entre
1.5 et 200 MHz et supportant jusqu'à 1 kW PEP est la D2T.
Mais ceci est un autre débat. La
réception Reprenons
le cas où vous disposez d'une antenne directionnelle fixée sur un rotor.
Une fois la partie hardware installée vous devez disposer d'un logiciel de poursuite
satellitaire tel WXTrack,
il est gratuit et supporte la carte Kansas City Tracker et bien d'autres
interfaces. Parmi les produits commerciaux citons en particulier Nova
for Windows. Tous tiennent compte des éléments
Kepleriens décrivant les paramètres orbitaux des satellites.
Lorsque
les différents composants de votre système sont reliés et leur bon
état vérifié, vous pouvez allumer votre récepteur, votre ordinateur et
prendre en chasse le satellite de votre choix. Même si votre antenne
n'est pas directionnelle vous aurez besoin d'un logiciel de poursuite
satellitaire ne fut-ce que pour pouvoir localiser le satellite en temps
réel. Dans ce cas évidemment votre ordinateur ne doit pas être relié
à votre antenne, il s'agit d'une simple simulation en temps réel.
La durée
de passage d'un satellite en orbite basse durant environ 10 à 15 minutes je vous conseille de préparer vos
instructions et vos manip à l'avance sinon en cas d'échec vous devrez
patienter plus d'une heure pour faire une nouvelle tentative.
Les
signaux que vous pouvez capter sont multiples, allant des données
télémétriques (température du satellite, orientation, courant
disponible, etc) transmises en mode AX.25 (packet) à des signaux clairs
en SSTV ou FM.
La
réception des satellites météos est plus intéressante car ils
débitent leurs données de façon continue, les METEOSAT sur 1.69 GHz
(Canal 1 sur 1691 MHz, Canal 2 sur 1694.5 MHz), les METEORS et autres NOAA sur 137
MHz (NOAA 14 sur 137.62 MHz, NOAA 15 sur 137.5 MHz, METEOR 3 sur 137.85 MHz).
Comme on le voit, seuls
les satellites géostationnaires METEOSAT émettent à haute fréquence et en mode digital.
Pour vous éviter d'acquérir un récepteur spécifique pour la bande des
1.69 GHz et si vous ne voulez pas investir dans une carte WinRADIO avec
son module FAX qui reste onéreuse (au moins $600), vous pouvez utiliser votre récepteur 136-138 MHz, celui-là
même qui vous sert à capter les émissions des satellites défilants
(NOAA, METEOR, RESUR, SICH, OKEAN). Il suffit de l'équiper d'un convertisseur
1690-137 MHz ayant une bande passante de 30 kHz. Ce convertisseur doit
être placé directement sous la parabole car à si haute fréquence les pertes de
signaux sont importantes. Votre installation doit être complétée par un
convertisseur A/D pour démoduler les signaux reçus que vous relierez à la sortie série de votre
ordinateur. Cet adaptateur est souvent remplacé au profit de la carte son
qui équipe aujourd'hui tous les ordinateurs (même principe que la SSTV) ou éventuellement par l'adaptateur MFJ-1213
ou ceux proposés par Bonito
Communication Technologies.
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Ci-dessus, toutes
options incluses excepté l'ordinateur, au minimum une installation de
réception satellite devrait vous
coûter environ 450 euros si vous achetez du matériel de réception
dédié tel les produits de Comelec
présentés ci-dessus constitués d'un récepteur météo analogique, d'un
convertisseur 1690-137 MHz et une parabole en grille. Ceci dit il existe
des configurations dix fois plus chères, fonction du récepteur et des
antennes utilisées.
Ci-dessous, si vous désirez
uniquement capter les messages météorologiques, Bonito
Communication Technologies vend un interface "BoardTerminal
'98" et un logiciel baptisé "ProMétéo". Il permet, en autres choses,
à partir d'un ordinateur et d'un récepteur ondes-courtes de sélectionner les
fréquences radio des centres météos diffusant les
messages SYNOP, télex et autres fax et d'afficher ces
données en clair. |
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Dans
une installation classique (toutes sauf WinRADIO) pour
décoder les images météo vous devez enfin installer un bon logiciel
de traitement de signaux capable de traiter les formats "fax" ou
assimilés. Parmi les programmes gratuits citons WXSAT
et JVComm32/JVFax. Le site
d'AMSAT ainsi que
celui de Dave Ransom proposent
également une longue liste de produits.
Pour
être complet, rappelons que si seules les données météorologiques vous
intéressent, il est possible de les recevoir en direct via le réseau APRS,
qui sont quelquefois relayées par les stations relais (répéteurs). L'analyseur
de spectre
Terminons
ce tour d'horizon - le mot est à propos - en décrivant un logiciel
très sophistiqué d'analyse de spectre appelé FFTDSP.
Il a été mis au point par le radioamateur américain Mike Cook,
AF9Y, qui est par ailleurs membre de la SETILeague et un habile astrophotographe comme en
témoigne les images publiées sur son site web et auquel je rends hommage
dans la gallerie d'images.
Le
rôle de FFTDSP est de détecter de faibles signaux radios ou toute autre forme d'écho
(porteuse, CW, CQ, trafic EME, etc) dans un spectre de fréquences. Ce logiciel
est également intéressant pour détecter les satellites. Vous
pouvez effet le connecter à une petite parabole et un récepteur scanner
balayant les fréquences de quelques gigahertz. Il sera alors en
mesure de détecter la signature typique des satellites car leurs signaux évoluent à travers le spectre
en suivant des obliques suite à l'effet Doppler comme
en témoigne l'image capturée ci-dessous à droite.
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Pour
mieux "lire" l'image fournie par un analyseur de spectre
tel FFTDSP et comprendre son utilité voici une comparaison avec un logiciel similaire choisi
à propos et utilisé par les radioastronomes professionnels. A gauche l'image
du spectre électromagnétique réalisée aux alentours de 1419.9
MHz par le logiciel SETI relié au radiotélescope d'Arecibo. Elle est en tous points similaire au
logiciel FFTDSP. On remarque au centre un fin trait vert vertical
laissé par un signal parasite fixe, probablement une onde
porteuse ou une tonalité. A droite, l'image
du spectre obtenue par le logiciel FFTDSP. Elle a été captée au moyen d'un récepteur
scanner AR-5000 accordé sur la fréquence de 2273 MHz relié
à une petite parabole. On voit clairement la trace du satellite Lunar
Prospector de la NASA. Cliquer sur les images pour les agrandir. Documents
U.Berkeley et
AF9Y/JA6SNK. |
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FFTDSP
est également en mesure de détecter les émissions perdues dans
le bruit de fond du spectre électromagnétique. En l'espace de 3 heures
d'intégration par exemple une porteuse peut-être détectée jusqu'à 10dB sous le bruit. Ce logiciel est tellement sensible qu'il est en mesure
de traiter les signaux SETI... Avis aux amateurs.
FFTDSP
est un produit qui tourne sous DOS. Depuis sa publication, d'autres
produits sont apparus sur le marché, pour citer Spectrum
Laboratory du radioamateur allemand DL4YHF, Spectran
et Spectrogram.
Muni
de ces logiciels vous ne pouvez plus manquer le prochain passage du satellite
Nimbus et consorts.
Bonne
chasse et ... bonnes photos !
Pour
plus d'information
VRML
Simulator
Dave Ransom Software
Google
Sat Track
David
Taylor Satellite Tools
Data Meteo (en italien)
425org Weather Satellite Images
Amsat News, AMSAT
WinRADIO
F1AGW
F1DTU
ISS Fan Club
Rigpix (matériel radioamateur)
Images Météo: Météo
France, Met
Office, INM
Espagña, DLR
Produits Météo: MScan, Time-Step,
Qurom, Comelec,
Bonito
Logiciel de poursuite satellite: SatScape,
Nova for Windows, WXTrack,
WXSAT Logiciel DSP: FFTDSP, Spectrum
Laboratory, Spectran, Spectrogram
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