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Critique de la Scientologie Les libertés d'association, de pensée et de religion (II) En Belgique, comme en France ou au Luxembourg, la Scientologie a du mal à se faire reconnaître. Récemment, pour se défendre, elle a fait valoir un arrêté des droits de l'homme d'avril 2007, dans lequel l'Etat russe a été condamné sur base de la liberté religieuse. Or la Scientologie devrait savoir que chaque Etat est souverain et que le droit russe ne s'applique donc pas en Belgique, comme le droit belge ne s'applique pas en France ou au Luxembourg. Quand bien même une convention internationale assure la liberté de pensée et de religion, cela ne suffit pas pour garantir le libre excercice de ces libertés. Le pouvoir exécutif doit savoir quels en sont les limites et comment sont elles respectées. Ainsi, au niveau de la pratique, une organisation doit permettre à ses adhérents de pouvoir en sortir et ne pas les harceler. De même, la Convention des droits de l'Homme reconnaît la liberté d'association et d'expression, mais elle précise également qu'on ne peut pas restreinte la liberté. Or dans les deux cas, il est notoirement connu que la Scientologie ne respecte aucune de ces libertés fondamentales : les personnes n'ont pas le choix, tout est prévu, il faut suivre les procédures, les cours d'endocrinement, les stages, etc. Si une personne s'écarte du chemin balisé par les gourous, elle est mise en garde, punie, etc. Si elle essaye de quitter la secte, elle fait l'objet de harcelement. La Scientologie embrigade ses membres, les endocrine, les intimide et les isole du monde extérieur. En d'autres termes, les libertés d'expression et de pensée sont encadrées dans un schéma. Ce n'est pas vraiment le sens que le législateur a donné au mot liberté. Hormis les actes criminels ou simplement répréhensibles, la question des libertés est vraiment fondamentale et porte ses griefs sur tous les mouvements à tendance sectaire et nous avons vu que les Témoins de Jéhovah tombent encore trop souvent dans ce travers, raison pour laquelle ils sont également considérés comme un mouvement sectaire. Le prosélytisme de la Scientologie Certains disent que la Scientologie participe à des actions humanitaires, caritatives, portant secours et assistance à la population sur les lieux des catastrophes par exemple. Et de fait, vous avez probalement remarqué que la Scientologie était présente à Sumatra après le tsunami (Noël 2004), à New Orleans après le passage de Katrina (2005), et qu'elle met beaucoup d'intérêts à lutter contre les drogues etc, des gestes en soi très généreux et très corrects. Mais n'est-ce pas plutôt du prosélytisme ? Prosélytisme et philanthropie ne sont pas la même chose. La Scientologie essaye de rallier des personnes à sa seule cause et par le harcelement ou toute autre forme de zèle agressif. Cela n'a rien à voir avec une action caritative, humaniste, le don de soi et désintéressé. Ce prosélytisme que développe avec zèle les Scientologues est programmé par intérêt. En fait, la Scientologie adopte ici une méthode plus subtile, fondée sur ses soi-disants bons sentiments, sa bonté, une image généreuse et plus flatteuse qui inspire le respect. Au cours de la dernière décennie, la Scientologie a constaté qu'elle était attaquée par le pouvoir public et les associations des droits de l'homme. De ce fait, elle a de plus en plus de mal à rallier les jeunes à sa cause. Pour changer son image et retrouver la faveur du public, elle a donc changé de stratégie. Aujourd'hui, elle piège ses futures victimes par les sentiments et le carisme associé au rôle des ONG en se faisant notamment passer pour une "ligue européenne des droits de l'homme" ou carrément une ONG, sans dévoiler ses basses oeuvres et la finalité de son action. En approchant les jeunes et la drogue par l'entr'aide et la compassion, en soignant les blessés, elle approche des sinistrés, des personnes en détresse qui ne demandent qu'à être aidées. Ces victimes ne sont évidemment pas en position de force et derrière sa soi-disant compassion, la Scientologie exploite leur détresse. La Scientologie n'est pas présente auprès d'eux pour lutter contre l'usage des drogues ou pour soulager leurs douleurs mais pour essayer de vendre un produit : leur réflexion religieuse, etc. Son fond de commerce reste donc toujours le même : le texte intangible du fondateur. Judiciairement, depuis plus d'une décennie ce sont toujours les mêmes actions qui sont réprimées. Instrumentalisation des stars Instrumentaliser consiste à se servir d'une personne (ou d'une chose) dans le seul but de parvenir à ses fins qui peuvent être d'ordre sectaire, critique, subversive voire révolutionnaire. La personne cible devient donc un moyen d'action, le support des idées. A ce titre, la Scientologie tire profit de l'image des stars du show business : Tom Cruise que l'on voit à gauche, Victoria Beckham, Sharon Stone, Demi Moore, Chick Corea, John Travolta, Brad Pitt, Leonard Cohen, Emilio Estevez, Juliette Lewis, Jerry Seinfield, sont tous membres de l'Eglise de Scientologie et le font savoir haut et fort à chacune de leur représentation publique, que ce soit devant leurs fans ou devant la presse. Ces stars étant déjà très populaires, le fait qu'elles adhèrent de leur plein gré à la Scientologie pourrait être considéré comme une bonne chose dans l'esprit du public, qui ne verrait que l'arbre cachant la forêt, une façon habile pour la Scientologie de cacher toute l'organisation sectaire derrière l'image des stars. Par ce cautionnement d'un certain public, l'homme de la rue pense probablement que s'il devient adepte de la Scientologie, il pourra cotoyer plein de comédiens et de musiciens, que cela va lui ouvrir des portes, qu'il pourra ainsi se créer un réseau de relations et accéder plus facilement aux plateaux, à une vie de rêve, etc. Evidemment, imaginer que les choses sont aussi simples est absurde, mais certaines personnes naïves peuvent y croire et adhérer à la secte à cette seule fin. Désillusion ! Bien sûr toutes les religions utilisent des figures de proue à des fins commerciales ou religieuses. Mais la Scientologie est une organisation multibranches : religieuse, pseudo-humanitaire, de renseignements privés, pseudoscientifique, commerciale, etc. L'aspect religieux est dilué dans toutes ces pratiques. En fait, pour être court, la Scientologie est bien implantée, avec un gros budget de communication où les acteurs sont instrumentalisés. Finalement, face à une organisation mondiale et du fait de ses moyens, la Scientologie devient une menace et un contre-pouvoir, à l'instar d'une mafia qui étend son réseau de relations pour mieux contrôler le marché. La Scientologie à l'étranger Aux Etats-Unis, le statut de la Scientologie est proche de l'association sans but lucratif et ne fait l'objet d'aucune surveillance particulière. Ce n'est même pas une secte malgré les dérives que l'on connaît mais une association religieuse tout à fait ordinaire. Mais au pays de toutes les libertés, il semble que l'Oncle Sam soit décidement bien trop indulgent. En revanche, en Allemagne, la Scientologie est surveillée de près par les services de renseignements car elle est soupçonnée de déstabiliser le pouvoir politique. Idem en Belgique, où la situation est encore plus préoccupante du fait que Bruxelles est le siège de la plupart des institutions européennes. La Scientologie est sous surveillance car c'est la mission même des services de renseignements que de renseigner le gouvernement sur la manière dont l'Etat doit se préparer pour lutter contre un problème qui pourrait devenir aigu. Ainsi, on constate que derrière la façade propre et sans défaut de la Scientologie et de leurs cartes de visites, se trouvent beaucoup plus de cadres européens que de cadres ayant uniquement des fonctions en Belgique. L'infiltration des organismes supranationaux est donc évidente. La Belgique devant garantir toute liberté et la sécurité à ses citoyens ainsi qu'aux mouvements religieux, la Scientologie fait donc l'objet d'une surveillance de la part des services de renseignements. Comme le disait Sun Tzu il y a plus de deux mille ans, "Connais ton ennemi et connais-toi toi-même; eussiez-vous cent guerres à soutenir, cent fois vous serez victorieux". En France au contraire, si les Renseignements généraux surveillent également les sectes, la pression a diminué ces dernières années et plus encore depuis 2004, lorsque M.Sarkozy, alors ministre des Finances, reçut officiellement Tom Cruise, l'ambassadeur de la Scientologie. Depuis son élection à la présidence, M.Sarkozy a démi de ses fonctions l'officier spécialisé de la Scientologie. Une fois de plus, la France se démarque des autres pays européens qui tous, font un effort pour sensibiliser le public sur les dangerq des sectes, alors que la France de Sarkozy accuse actuellement un changement de direction, comme si M.Sarkozy ne voulait pas trop faire de vague et supportait l'organisation sectaire. Son attitude revenant à banaliser les sectes, les journalistes ont donc intérêt à continuer d'en parler pour protéger les victimes potentielles de cette secte. Une escroquerie organisée Au vu de tous ces griefs et des plaintes déposées à son encontre, la Scientologie parle de harcelement à son égard. A partir du moment où des enquêteurs veulent comprendre quels sont les risques associés aux activités d'une organisation qui n'est pas transparente, qu'ils portent un regard critique, on suppose qu'elle n'aura pas que des partisans. Dans un Etat de droits, la procédure judiciaire ouverte en Belgique repose sur des faits. Il est clair que si les plaintes avaient été farfelues, elles auraient été classées sans suite par le Parquet. Rappelons que ce procès de la Scientologie ouvert en Belgique n'est pas une première en Europe. En 1978 déjà, Ron Hubbard fut condamné par défaut en France pour escroquerie. Ne prenons qu'un exemple. Les candidats postulant auprès de la Scientologie ou de ses soi-disant ONG satellites doivent signer un contrat d'emploi sur lequel ni l'unité monétaire ni l'horaire ne sont précisés ! On appréciera l'économie de moyen pour obtenir ce résultat de "science-fiction" ! La Scientologie serait-elle a l'abri des lois de ce monde ? Le procès Au cours des nombreuses enquêtes ouvertes tant en Belgique qu'en France à l'encontre de tous les mouvements à tendance sectaire, y compris des enquêtes parlementaires, les enquêteurs ont pris conscience qu'il existait une hiérarchisation des problèmes de secte. Parmi tous ces mouvements, après plus de 10 ans d'enquêtes, ils ont confirmé que l'Eglise de Scientologie représentait le problème le plus sérieux. Le but du procès intenté actuellement en Belgique contre la Scientologie n'est pas celui de la secte. Il consiste à confronter la somme de procédures judiciaires et de condamnations et de voir comment l'Etat peut poursuivre les personnes morales ou les personnes physiques à l'origine des activités d'enrichissement ainsi que les différents types de dérapages pouvant avoir un suivi devant les tribunaux afin de dégager les lignes de force du mouvement.
Dans le cadre du procès en cours, ce qui intéresse le procureur et les enquêteurs judiciaires est de savoir si les faits déposés au cours de la procédure pénale appartiennent au passé ou si la Scientologie a modifié son comportement au fil du temps et s'est en quelque sorte assagie et alignée avec la législation. La défense attend des preuves, alors que la Scientologie se fonde sur des écrits auxquels personne ne peut toucher. L'évolution de la Scientologie paraît donc a priori "cosmétique", les idées exprimées par Ron Hubbard n'ayant probablement pas subi de changements. Concrètement, la question est notamment de savoir si c'est le fidèle qui a mal compris le message et s'est trompé ou si la personne morale est condamnable pour atteinte aux libertés, enrichissement, abus de confiance, etc. Dans le second cas, cela peut causer de gros problèmes à la Scientologie. Le risque, à terme, est de décrédibiliser totalement la Scientologie et de voir l'émergence de plusieurs courants de Scientologie. Si le concept de secte est valide, on se trouve devant un méga exemple avec la Scientologie. Dans le fatras de contre-vérités qui existent également, la justice devra distinguer ce qui s'applique au domaine judiciaire. La procédure actuelle est longue et complexe, les textes faisant références à des lois aussi disparates que le Code Napoléon, le droit civil, le droit commercial ou le droit pénal. Les enquêtes ont duré plus de 10 ans, au cours desquelles il a fallut discerner ce que relève du droit commun, de la pratique illégale de la médecine, des détournements d'argent, de la violation de la vie privée, d'abus de confiance, etc. La procédure a également été longue, non pas que les enquêtes ont été difficiles, mais les témoins ont alimenté les dossiers avec de nouvelles plaintes ce qui a reporté les conclusions de l'enquête, la justice voulant être sûr d'avoir un panel complet de la réalité judiciaire. Les enjeux du procès Le procès en cours peut-il donner un coup d'arrêt à la Scientologie ? A partir du moment où les arguments et les faits sont validés, si on peut établir l'escroquerie, l'exercice illicite de l'art de guérir, établir les violations de la vie privée et autres abus, démontrer comment la Scientologie instrumentalise ses adeptes, la justice va pouvoir condamner les personnes physiques et les personnes morales, les associations sans but lucratif ayant commis ces infractions, mettant aussi hors-la-loi et hors-circuit tout un mode de penser, tout au moins en Belgique, une décision qui peut aller jusqu'à l'interdiction et la dissolution du groupement. Le plus gros enjeu de ce procès est l'implantation de la Scientologie en Europe, dans la mesure où l'organisation est installée à Bruxelles qui est la capitale de l'Europe. Si l'Eglise de Scientologie est condamnée en droit belge, et en particulier la personne morale, cela aura des répercutions très négative pour la secte au niveau international. La jurisprudence aura un effet sur le droit européen. Voici quelques années, les gouvernements eurent l'idée de mettre en place un observatoire européen des phénomènes sectaires. Faute des moyens, jusqu'à présent on s'est reporté sur les organismes nationaux et notamment sur les enquêtes parlementaires. Le verdict belge aura certainement un impact à l'étranger. Dans son aspect judiciaire, certains pays sont intéressés par l'issue de la procédure. Car il n'y a pas uniquement que des personne physiques qui risquent d'être condamnées. Si la Belgique condamne la personne morale, cela incitera d'autres pays à engager des procédures contre la Scientologie. Pour plus d'information, consultez l'ouvrage "Les sectes en Belgique et au Luxembourg", écrit par Alain Lallemand, le site anti-scientologie, l'article de Wikipédia et les site d'actualité. Cet article peut être librement utilisé pour tout usage non commercial. Veuillez seulement mentionner vos sources. Retour à La psychologie & la société
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