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Jill Tarter, Paul Horowitz et feu Carl Sagan considèrent toutefois que le moindre indice, même non répétitif, vaut la peine que l’on poursuivre la recherche. Ce revirement de l’Histoire nous offre une bonne occasion pour analyser de manière critique le fond de la problématique SETI. Car depuis 1960, tout le monde espère rencontrer des “petits hommes verts”, qu’ils se manifestent par la voie des ondes ou de visu. Mais cette aspiration, plus philosophique que scientifique a-t-elle réellement un sens ? Pour ses détracteurs, scientifiques, philosophes ou politiciens, SETI est un concept tout aussi tendancieux que l’étude des OVNI. Il est fondé sur un outil anthropocentrique d’un âge révolu : trouver des extraterrestres pacifiques utilisant la radioastronomie pour toute forme de communications. Si la communauté scientifique n’a pas réagit à la suppression du programme - comme elle ne se prononce presque jamais sur les OVNI - Jean Heidmann considérait que les politiques avaient agit de façon “inhumaine” face à l’un des problèmes les plus passionnants de l’Univers. Nous reconnaissons volontiers que le débat sur la vie dans l’univers nous passionne tous, mais nos moyens sont-ils à la mesure de ce que nous cherchons ? Les détracteurs du programme SETI soulignent une question pertinente : quelle chance a-t-on qu’une civilisation avancée utilise encore ces archaïsmes que sont les radiotélescopes alors que nous-mêmes, la NASA en particulier, planche déjà sur des systèmes de communications lasers... De son côté, IBM et le MIT planchent sur des ordinateurs quantiques où nous savons que des corrélations à longue distance se produisent à l'échelle des particules élémentaires... Même les radioamateurs utilisent aujourd'hui des systèmes "DC-to-delight", pratiquement digitaux depuis l'entrée d'antenne jusqu'au haut-parleur. D'ici un siècle, les transmissions hertziennes seront dépassées, le monde entier sera câblé. Les informations seront digitalisées et probablement transmises par des faisceaux optiques ou lasers, beaucoup plus performants. Plus tard, on utilisera peut-être les propriétés hautes fréquences des ondes gravitationnelles (HFGW). Ecoutée de l’extérieur par voie hertzienne, la Terre sera muette... Mais cet argument est faux ! Dans cinquante ou cent ans, il est probable que les radars et les transmissions hertziennes existeront encore. Les avions, les balises mais surtout les satellites signaleront toujours leur présence en émettant des ondes électromagnétiques.
Ayant introduit les “petits hommes verts”, nous allons découvrir dans le dossier consacré à la bioastronomie que l’océan cosmique regorge avant tout de molécules prébiotiques et de glaces organiques. Nous sommes loin des créatures d’Isaac Asimov ou d’Adamski ! Rien dans le discours scientifique ne permet de conclure que l’évolution de l’Homme, même si elle est naturelle, s’est produite ailleurs dans l’univers. Il y a un pas du formaldéhyde au radiotélescope ! Ni le paléontologue, ni le biologiste, ni l’ethnologue, ni l’astrophysicien ne peuvent asseoir le débat sur des bases plus solides. On ne peut plus agir comme au siècle dernier et croire que la Lune ou Mars est habité... Serions-nous seuls dans l’univers ? Nul ne le sait, et c’est la raison pour laquelle nous prendrons le temps de répondre précisément à cette question. Quels sont les possibilités de vie en-dehors de la Terre ? Grâce à la bioastronomie et en particulier l’exploration spatiale, l’analyse spectrale et la radioastronomie, nous savons aujourd’hui que bien peu de corps célestes renferment les conditions nécessaires au développement d’une chimie organique, le froid intense, la chaleur ou les rayonnements nocifs limitant l’évolution des molécules abiotiques. Nous développerons ce passionnant thème un peu plus loin, dans une page séparée. S'il est difficile de réunir toutes les preuves concernant l'existence d'une hypothétique forme de vie dans l'univers, quelquefois les astronomes ont cru avoir localisé des "petits hommes verts" pendant leurs recherches. Si la subordination du raisonnement se tournait vers une certaine inconscience scientifique avouée, ces chercheurs ne souhaitaient toutefois pas le divulguer ouvertement. Les médias ont toutefois vendu la mèche au grand désarroi de la communauté scientifique.
Malheureusement Sholomitskii et ses collègues s'étaient trompés. Ils apprirent à leur dépens que quelques jours plus tôt l'astronome hollandais Maarten Schmidt avait décrit cet événement dans une revue américaine comme étant l'émission synchrotron d'un banal quasar, une sorte de galaxie primitive, radiosource de surcroît, située à plus d'un milliard d'années-lumière ! LGM, le pulsar du Crabe Un autre événement sera aussi toujours associé aux "petits hommes verts" : la découverte des pulsars en 1967 par le Pr. A.Hewish, entouré des chercheurs du laboratoire anglais de Cavendish. Parmi les enregistrements radioélectriques d'une nuit de juillet 1967, des pulsations également espacées de 1.3s intriguèrent les chercheurs qui n'y voyaient pas la signature d'une interférence connue. Le comportement de cette source n'avait rien non plus de comparable avec les variations des étoiles, des galaxies ou de tout autre objet céleste connu à cette époque. La source suivant le mouvement sidéral, elle se situait bien dans l'espace. Fin 1967 on détermina que la source se trouvait à une distance de 212 années-lumière, loin de notre système solaire mais bien dans notre Galaxie. Le phénomène intrigua d'autant Jocelyn Bell et son professeur Anthony Hewish que la fréquence de 1.3s se stabilisa totalement dans les semaines qui suivirent. Pour leurs collègues P.Scott et R.Colins ces signaux étaient peut-être envoyés par des êtres vivants, car leur aspect était vraiment artificiel. Il va sans dire que des facteurs arbitraires déterminaient leurs réflexions. Fin janvier 1968 quatre sources avaient été découvertes, dans une fourchette de fréquences comprises entre 1.2 et 1.3s. Comme il était étonnant et très improbable que quatre sortes de "Petits hommes Verts" (Little Green Man, LGM en abrégé) aient choisi les mêmes fréquences pour se signaler, les chercheurs se mirent en quête d'autres explications. Certains toutefois étaient convaincus de l'existence d'une autre forme de vie dans l'univers. A leur décharge il y avait CP 0950 (1.25s), une source tellement puissante qu’elle parvenait à bloquer la plume de l'enregistreur; il était difficile de croire qu'une étoile en était l'instigatrice ! Ecouter le pulsar du Crabe (.au de 165 KB) Enregistrement réalisé à Jodrell Bank
Après de multiples recoupements et analyses, fin 1968 l'équipe d’Anthony Hewish annonça sa découverte à la presse. Pour l'anecdote, les murs de la salle de conférence avaient été couverts d'affiches concernant les "petits hommes verts", mais Anthony Hewish n’ira pas plus loin. C’est dans ce contexte insolite qu’il annonça la découverte... des étoiles neutrons, les pulsars, prédit par la théorie dès 1933 par Baade et Zwicky, mais jamais observés jusqu'alors. La revue "Nature" qui publia la nouvelle parla bien entendu avec ironie de l'hypothèse qui avait germé à propos des extraterrestres. Cette découverte valut le prix Nobel au Pr Hewish en 1974. Personne
n'est à l'abri d'une erreur de jugement[3]...
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