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La Ceinture des astéroïdes Les découvertes récentes (VI) Depuis la découverte des objets Aten et de quelques astéroïdes par les amateurs, il n'est pas impossible que des amateurs surprennent de nouveaux astéroïdes dans l'orbite terrestre. La section "Remote and minor planets" de l'ALPO, l'Association of Lunar and Planetary Observers, encourage les amateurs à pratiquer cette recherche depuis 1981, d'autant plus que les moyens techniques sont à notre portée (caméra CCD, sonde de guidage, console Goto, etc). D'autres associations favorisent cette étude avec des télescopes de 200 ou 300 mm d'ouverture pour citer en France l'Association des Utilisateurs de Détecteurs Electroniques (AUDE) dont certains de ses membres peuvent revendiquer la paternité de certains astéroïdes pour citer Christophe Demeautis. Citons également des amateurs avertis indépendants tels Matt Dawson et André Durand au Luxembourg ou encore Matthias Busch et Albert Heller de l'Observatoire de Starkenburg en Allemagne.
Les moyens photographiques ne doivent pas nécessairement être importants. Voici à titre indicatif, la magnitude limite photographique atteinte par différents télescopes équipés d'une caméra CCD :
A ce jour 33 astéroïdes ont plus de 200 km de diamètre et sont visibles dans des télescopes de 10 cm d’ouverture tels des étoiles errantes, dont la magnitude est inférieure à 12. Quelque 1800 astéroïdes ont plus de 3 km de diamètre tandis que le plus petit que nous connaissons, mis à part les NEO et NEA, s'appelle Athor et ne mesure pas 200 m. Vous pouvez obtenir leurs éphémérides sur le site du JPL. A ce propos consulter la page spéciale que j'ai consacrée à l'estimation du diamètre des astéroïdes en fonction de leur magnitude absolue.
Les chercheurs du LLNL invitent également les amateurs à participer au programme Spacewatch. Leurs arguments tiennent compte du fait que les NEO de 100 m de diamètre et se déplaçant lentement (10 km/s) ne seront détectés que deux semaines avant l'impact s'ils approchent de la Terre en opposition solaire. Ils émergeront donc de n'importe quel point du ciel et nécessitent une viligence permanente. Un amateur équipé d'un télescope de 250 mm f/5 pourra photographier les NEO ou NEA jusqu'à la magnitude 19.2 en quelques minutes de pose CCD, principalement les objets circulant à faible vitesse à condition de les rechercher assez loin du Soleil, donc au milieu de la nuit. Un instrument de 400 mm f/5 pourra les observer plus près du Soleil. Il faut également savoir qu'à mesure que vous réduisez l'angle géocentrique que forme l'objet avec le Soleil, sa vitesse propre variera comme indiqué dans le tableau ci-dessous. Pour un petit instrument l'idéal est donc de se limiter à un quadrant éloigné entre 90 et 180° du Soleil.
A titre de comparaison, un télescope de 0.9 m f/5 atteint la magnitude photographique 22 en quelques dizaines de minutes de pose et peut localiser des astéroïdes jusqu'à 25° du Soleil, donc dès le crépuscule ou encore dans les lumières de l'aube si les conditions le permettent. Dans cette région l'astéroïde parcourt moins de 150"/jour. Sedna, Grissom et un nouvel astéroïde sur la même photographie ! Comment découvre-t-on un astéroïde ? Voici une expérience récente vécue par l'astronome canadien Eric J.Allen. Professeur d'astrophysique au département de Physique du Cégep de Trois-Rivières au Québec, durant ses loisirs il pratique également l'astrophotographie en compagnie de quelques amis. Après avoir photographié Toutatis quelques jours auparavant au télescope Newton-Cassegrain de 410 mm f/4.4 du collège, il voulut cette fois-ci réaliser quelques photographies de Sedna ainsi que du petit astéroïde Grissom qui se trouvait dans les parages, tous deux n'étant séparés que de quelques minutes d'arc seulement l'un de l'autre. Au petit matin du 13 octobre 2004, entre 1 h et 3 h locale, l'astrophysicien fixa sa caméra CCD SBIG ST-9E au foyer du télescope et photographia le champ concerné de la constellation de la Baleine à raison d'une exposition par minute entre 6h14 et 7h32 TU. Il obtint ainsi une séquence de 94 minutes d'intégration. Il rentra ensuite à son domicile et n'analysa ses photographies que le lendemain. C'est pendant le traitement de ses images qu'il découvrit qu'il avait non seulement enregistré 2161 Grissom ainsi que Sedna à la magnitude 21.1, mais à son insu il avait photographié un nouvel objet de magnitude 18.5 qui n'était pas répertorié dans les catalogues en ligne, tel l'USNO-B1.0 qui recense environ un milliard d'étoiles. L'observatoire du Cégep étant accrédité auprès de l'Union Astronomique Internationale, il signala directement son observation à l'UAI (CBAT) qui lui confirma la nuit suivante qu'il avait en effet découvert un nouvel astéroïde que personne encore, pas même le puissant programme LINEAR de recherche des NEA de la NASA et de l'US Air Force, n'avait encore répertorié ! Il fut baptisé 2004 TM16. Comme il le raconta lui-même, "il va sans dire que mes pieds ne touchaient plus la terre !". C'était son premier astéroïde ! Félicitations ! Eric attendait cet événement depuis des années. Comme quoi la chance peut vous sourire.
Si ce défi vous intéresse prenez contact avec les responsables de l'association AUDE ou le sponsor de ce projet, le Space Development Corporation ou encore avec l'ALPO en leur demandant plus d'information. Bonne chance ! A consulter : La liste des astéroïdes ayant reçu le nom d'une Dernier chapitre
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