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La Ceinture des astéroïdes

Missions d'explorations (VII)

2001, NEAR atterrit sur Eros

Plusieurs missions d'explorations ont été dirigées vers des astéroïdes et furent couronnées de succès. Après le survol des astéroïdes Gaspra (1991), Ida (1993), Mathilde (1997), McAuliffe et Braille (1999), la sonde spatiale NEAR atterrit sur Eros le 12 février 2001 révélant des détails de quelques dizaines de centimètres telles qu'en témoignent les images et les séquences animées présentées ci-dessous. Aucun astronome n’avait imaginé que la mission allait se dérouler de manière aussi "facile", d’autant moins que l’atterrissage était très hasardeux et fut décidé en dernière minute.

La prouesse technique mérite d'être saluée car compte tenu de la dimension, de la distance et de la vitesse orbitale d'Eros, la précision du vol télécommandé équivalait à déposer un grain de poussière sur un cheveux placé à 100 m de distance ! Même lors de la préparation du projet les responsables de la NASA n'y croyaient pas et on demanda à Robert Farquhar, directeur de la mission NEAR de ne pas s'exprimer sur le fait qu'il y aurait éventuellement un atterrissage sur Eros. Mais dès le départ Farquhar avait l'intention d'y déposer la sonde, et il réussit !

Atterrissage de NEAR sur Eros

MOV de 3.3 Mb

Séquence de photographies prises lors du survol d'Eros par NEAR le 25 oct 2000.

MPEG de 12.5 Mb

Simulation de la descente de NEAR sur Eros le 12 fév 2001.

GIF de 103 Kb

Les 4 dernières images retransmises par la sonde NEAR avant de percuter Eros le 12 fév 2001. Sur la dernière image on distingue des détails de quelques dizaines de centimètres. Les lignes verticales en-dessous de l'image indiquent la perte du signal au moment où le vaisseau toucha le sol. Contrairement à toute attente par la suite la sonde continua d'émettre des signaux télémétriques. Documents NEAR/JHUAPL.

2005, Hayabusa à l'assaut d'Itokawa

Le 12 septembre 2005, après un périple de 16 mois, la sonde japonaise Hayabusa (Faucon en japonais) réussit sa mise en orbite à 20 km d'altitude au-dessus d'Itokawa, 1998 SF36. Il s'agit d'un astéroïde de type S en forme de patatoïde mesurant 630 mètres de longueur situé à 290 millions de km de la Terre.

La sonde anciennement appelée MUSES-C, acronyme de MU Space Engineering Spacecraft C, devait originellement explorer l'astéroïde Néreus mais ce projet fut abandonné.

Hayabusa fut lancée le 19 mai 2004 par une fusée M-V de l'agence spatiale japonaise JAXA qui décolla à partir du centre spatial de Kagoshima, dans le sud du Japon. Alimentée par un moteur ionique, à l'image des robots japonais, Hayabusa était totalement autonome et capable d'effectuer ses propres corrections de trajectoire sans intervention humaine.

Le petit robot Minerva, un bidon anti-choc pesant 500 gr, fut lâché sur l'astéroïde afin d'étudier et photographier sa surface. Il récolta également plusieurs échantillons de sol le 25 novembre 2005. Après un incident de télémétrie, les ingénieurs décidèrent de postposer de 3 ans le retour de la sonde. La sonde Hayabusa redémarra ensuite ses moteurs ioniques et revint sur Terre avec ses précieux échantillons le 13 juin 2010. Avant de se désintégrer de manière spectaculaire dans l'atmosphère, elle largua sa précieuse capsule qui fut récupérée dans le désert australien.

Bien que cette mission se déroula pratiquement dans l'indifférence générale, nous pouvons applaudir la prouesse technique et les ingénieurs japonais car c'était la première fois qu'une tentative d'échantillonnage robotisée du sol d'un astre avec retour sur Terre fut couronnée de succès. En effet, ni la NASA ni l'ESA n'avait relevé ce genre de défi.

A voir : Hayabusa - Spectacular re-entry into Earth's atmosphere

Simulation de la mission (JAXA)

Ci-dessus à gauche, une image obtenue le 19 novembre 2005 montrant l'ombre de Hayabusa se projetant sur l'astéroïde Itokawa. A droite, illustration de la sonde Hayabusa (noter sous la sonde le bras extracteur d'échantillons) et du robot Minerva posé sur le sol. Ci-dessous, la capsule larguée par la sonde Hayabusa et qui tomba en douceur dans le désert australien le 13 juin 2010 où elle fut récupérée. Rappelons que cette mission était autonome. Documents JAXA.

Autres missions d'explorations

Le 27 septembre 2007, la NASA envoya la sonde spatiale Dawn, propulsée par un moteur ionique, explorer les astéroïdes Vesta (2011) et Cérès (2015). Leur surface fut cartographiée et un spectromètre de masse analysa leur composition minéralogique. Les astronomes ont également étudié le rôle de l'eau dans le système solaire, Cérès étant recouvert d'une couche de glace de 60 à 120 km d'épaisseur, alors que Vesta est pratiquement sec.

Dawn emporta également un chip de silicium sur lequel étaient gravés les noms de 200000 personnes, y compris des membres de la Planetary Society.

Parmi les missions futures validées, en septembre 2016 la NASA enverra la sonde spatiale OSIRIS-REx vers l'astéroïde Bennu qu'elle survolera en 2018 avant de recueillir jusqu'à 2 kg d'échantillons de surface grâce à un bras mobile robotisé dénommé TAGSAM (Touch-And-Go Sample Acquisition Mechanism ). Le retour de la sonde est prévu en mars 2021.

Ces différentes missions préfigurent un défi bien plus ambitieux, celui de coloniser les astéroïdes les plus proches afin d'en extraire des minerais ou d'autres éléments vitaux.

Les astéroïdes : une mine de ressources

Les origines

La première fois qu'on évoqua l'exploitation minière des astéroïdes remonte à 1898. En effet, dans son roman "Edison's Conquest of Mars", l'astronome et auteur américain Garrett P. Serviss (1851-1929) décrivit comment des explorateurs spatiaux sur le point d'attaquer Mars découvrirent un avant-poste sur un astéroïde sur lequel des hommes extrayaient des métaux précieux.

Exploitation minière sur un astéroïde. L'excavatrice est inspirée d'un modèle utilisé de nos jours dans les mines de cuivre à ciel ouvert, notamment en Utah. Document Dassault systèmes.

A son tour Jule Verne écrivit en 1901 "La chasse au météore" qui fut publié à titre posthume en 1908 dans lequel il évoqua des "tubes de force gravitationnelle" pour ramener sur Terre un "météore" (astéroïde) en orbite autour de la Terre et exploiter ses ressources.

Ces idées furent reprises par le président américain Lyndon Johnson lorsque de l'Exposition Universelle de Seatlle en 1962 où il aurait déclaré : "Un jour, nous serons capables de ramener près de la Terre un astéroïde contenant pour des milliards de dollars de métaux critiquement nécessaires afin de fournir une énorme source de richesses minérales à nos usines".

En 1981, le journal canadien "The Globe and Mail" décrivit un projet conjoint du MIT et de l'Université de Princeton de prototype d'un nouveau moyen de propulsion exotique qui pourrait être utilisé pour capturer et exploiter les astéroïdes.

Ensuite, en août 1984 parmi ses projets la NASA proposa les concepts de "base lunaire habitée, l'extraction de l'oxygène des roches lunaires pour alimenter les fusées et l'exploitation minière des astéroïdes vers 2010".

Enfin, le 10 novembre 2015, le Congrès américain vota une loi (S.1297 - U.S. Commercial Space Launch Competitiveness Act ou CSLCA) autorisant les entreprises américaines à posséder et vendre tout matériau extrait de la Lune, des astéroïdes ou de tout autre corps céleste afin de développer l'industrie minière spatiale. Pourtant, cette loi est en violation avec le droit spatial tel qu'approuvé par l'ONU comme l'explique cet article de Science Daily. Mais dans les faits, personne ne s'en est offusqué.

L'exploitation des astéroïdes est donc dans l'air depuis plus d'un siècle mais une fois de plus la science est en retard sur la fiction faute de ressources essentiellement financières pour mener à bien un tel projet, la technologie existant.

Pourquoi aller chercher ces minerais dans l'espace ? 

Nous avons besoin de minerais pour produire notre nourriture et assurer le progrès de nos industries sur les plans économique et technologique. Les réserves de minerais et de manière générale les ressources terrestres ne sont pas infinies et en fait certaines d'entre elles commenceznt à se raréfier.

Les astéroïdes, les comètes dormantes et les autres planètes représentent donc des sources d'approvisonnements accessibles à notre technologie. Nous fournissant toute la matière première nécessaire à notre survie et notre développement technologique, à moyen terme (quelques générations) leur exploitation va devenir indispensable et plus encore à long terme (quelques siècles) si nous souhaitons étendre notre civilisation aux autres planètes du système solaire et ensuite explorer l'espace intersidéral.

La valeur des astéroïdes

Premier contact avec le sol de Toutatis en vue de son exploitation minière. Bien que situé loin de la Terre, l'extraction à grande échelle des métaux de son sous-sol sera très rentable. Document T.Lombry.

Les astéroïdes renferment d'énormes quantités de minérais et de gaz que convoiteront certainement les industriels le jour où les vols spatiaux seront fiables et deviendront rentables. Si ces difficultés postposent cette perspective à quelques générations, il ne fait aucun doute qu'avant la fin du XXIe siècle l'homme construira des usines sur la Lune et sur les astéroïdes, en particulier sur les corps gravitant non loin de la Terre pour citer parmi les plus connus le fameux NEO Toutatis.

A l'image de la future exploitation minière de la Lune, les astéroïdes apporteront à leur tour une solution à l'épuisement des ressources naturelles de la Terre. Transformés en véritables mines à ciel ouvert, ils offrent en effet des millions de tonnes et pour des milliers de milliards de dollars de matière première, parmi lesquelles beaucoup de fer et des métaux du groupe des platines.

Que trouve-t-on sur les astéroïdes ? A part les rares sondages effectués in situ sur quelques astéroïdes (Eros, Itokawa) et sur la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko, nos connaissances chimiques des astéroïdes se limitent à ce que nous révèlent l'analyse spectrale, la spectrométrie et leur réflectance. Ainsi que nous l'avons expliqué dans les premières pages, la population des petits corps contient de nombreux objets de compositions très différentes. Parmi ceux-ci il existe tout d'abord les comètes dormantes principalement constituées d'un mélange d'eau glacée et de sable ou de poussières mêlés de roches. Les astéroïdes de type C (chondrites carbonées) contiennent un mélange plus ou moins uniforme de matériaux volatils (argiles, sels hydreux et eau), auxquels s'ajoute des silicates (silicium et oxygène) et des métaux comme le fer, le nickel et les platines (platine, iridium, osmium, palladium, etc).

Un petit astéroïde de type S mesurant 10 mètres seulement pourrait contenir 650 tonnes de métaux dont 50 kg de métaux rares comme le platine (côté ~900 €/kg) et l'or (côté ~30000 €/kg). Un gros astéroïdes comme Cérès (950 km de diamètre, type C) contient des milliards de tonnes de minerais.

Dans ses deux livres "Space Resources" (1987) et "Mining The Sky" (1997), le planétologue John S. Lewis[7] de l'Université d'Arizona décrit la meilleure manière d'exploiter les astéroïdes, en particulier les géocroiseurs (EGA) et les satellites naturels des planètes. Parmi ses exemples ("Mining the Sky", p112) Lewis cite le petit astéroïde Amon (3554 Amun) long de 2.48 km, une aérosidérolite de type M riche en métaux. Sur base de son analyse spectrale, de sa masse et l'estimation de la valeur marchande des métaux au cours d'alors, Lewis estima qu'Amon "contient 30 fois plus de métaux que l'humanité en a extrait tout au long de son histoire". Concrètement, Amon contiendrait pour plus de 6 trillions de dollars (~6000 milliards de dollars dans l'échelle courte) de platines et pour environ 8 trillions de dollars de fer et de nickel ! Ajoutés à 6 autres trillions de dollars de cobalt et aux 2 trillions de dollars de carbone, azote, soufre, phosphore, oxygène, hydrogène et gallium, selon Lewis Amon vaut à lui seul entre "$20 trillion and $30 trillion" soit entre 20000 milliards et 27000 milliards d'euros !

Quant à Cléopoâtre (216 Kleopatra) un astéroïde de type Xe mesurant 217 x 94 x 181 km, selon Lewis il vaudrait "1 milliard de fois plus cher [qu'Amon]" !

 Malheureusement ces métaux et autres matières premières ne sont pas isolés et devront être séparés des silicates et des matériaux volatils auxquels ils sont mêlés au prix d'un traitement assez onéreux estimé à 1 trillion de dollars (900 milliards d'euros) pour un astre comme Amon, mais toujours meilleur marché que sur Terre.

Matières contenues dans les astéroïdes

- Métaux à usage terrestre : platine, argent, or, iridium, osmium, palladium, rhénium, rhodium, ruthénium, tungstène.

- Constructions spatiales : fer, cobalt, manganèse, aluminium, titane, nickel, molybdène.

- Survie des astronautes : eau, oxygène.

- Carburant pour fusée : hydrogène, oxygène, ammoniac.

A consulter : Asterank

Astéroïde

Type

Æ (km)

a (UA)

Valeur ($)°

Bénéfice ($)°

216 Cléopâtre

Xe <217 2.795

>100 trillion

10000 milliards de milliards d'euros

2060 Chiron

Cb

11.9 13.64

>100 trillion

>$100 trillion (>100000 milliards d'euros)

253 Mathilde

Cb <66 2.646

>100 trillion

$57.20 trillion (51200 milliards d'euros)

434 Hungaria

Xe

11 1.944

>100 trillion

$14.61 trillion (13000 milliards d'euros)

3200 Phaethon

B 5.1 1.271

>100 trillion

$5.30 trillion (4740 milliards d'euros)

3554 Amon

Aten 2.48 0.280

22 trillion

$10 trillion (>10000 milliards d'euros)

1986 DA

M 0.9 2.822

4.25 trillion

$484.68 billion (434.2 milliards d'euros)

4034 Vishnu

O 0.4 1.060

242.46 billion

$23.25 billion (20.8 milliards d'euros)

16 Psyché

X <240 2.922

27.67 billion

$1.78 billion (1.6 milliards d'euros)

4660 Nereus

Xe 0.5 1.489

4.71 billion

$1.9 billion (1.24 milliards d'euros)

1862 Apollo

Q 1.5 1.470

805 million

$88.32 million (79.2 millions d'euros)

 °Pour éviter toute confusion lors de la traduction, les montants listés en $ utilisent l'échelle courte anglo-saxonne où "$1 trillion" = $1000 milliards.

Le bénéfice qu'on peut tirer d'un astéroïde dépend de sa nature et des moyens qu'il faut mettre en oeuvre pour extraire la matière première. En moyenne, au cours actuel des métaux, le bénéfice représente entre 1/6 et 1/10 de la valeur brute d'un astéroïde, ce qui représente tout de même quelques dizaine ou centaines de milliards d'euros. Si on envisage l'exploitation de gros astéroïdes de 5 ou 10 km de diamètre, le bénéfice se chiffre en milliers de milliards d'euros !

Ainsi, sur plus de 600000 astéroïdes répertoriés, on a dénombré 289 astéroïdes dans la Ceinture principale (entre 2.2 et 3.9 UA) valant net, après traitement, plusieurs centaines de milliers de milliards d'euros ! La plupart sont des chondrites de type C. Il y a également quelques spécimens des types B, X, L, K, M et P. Parmi les plus proches et les plus rentables (bénéfice >100000 milliards d'euros) citons Lacadiera (2.2 UA, type Xk), Hedda (2.28 UA, type Ch), Zelinda (2.29 UA, type Ch) et Mathilde (2.6 UA, type Cb).

Certains astéroïdes de type M sont presque exclusivement constitué de fer à l'état pur. Le célèbre 1986 DA par exemple contient littéralement des montagnes constituées d'un mélange de fer, de nickel et de cobalt, en d'autre termes... d'acier trempé naturel ! Il contiendrait 100000 tonnes de platine et 10000 tonnes d'or ! On estime qu'il représente une valeur marchande de 4000 milliards d'euros dont on pourrait retirer un bénéfice supérieur à 430 milliards d'euros ! A ce jour il existe plus de 2000 NEO de la même taille que 1986 DA et les astronomes en découvrent environ 50 chaque année. 

Enfin, Psyché (16 Psyche) également de type M, contient 1.7x1019 kg de fer et de nickel ! Avec ce type d'astéroïde, nous disposons d'un stock d'acier trempé pour des millions d'années !

Enfin, il y a également beaucoup d'eau congelée dans les astéroïdes. Cette eau peut être hydrolysée avec un courant électrique pour séparer l'hydrogène de l'oxygène et s'en servir comme carburant pour ravitailler les fusées et les sondes spatiales dans des stations-relais. Les réserves sont presque infinies. La seule difficulté est d'identifier les bons astéroïdes, mais ce qui n'est qu'une question de technologie.

Sachant qu'envion 13000 EGA s'approchent de la Terre chaque année et qu'il existe des milliards d'astéroïdes et de comètes dormantes dans la région des TNO et autres KBO, à l'avenir nos industries ne risquent pas de manquer de matière première !

Les entreprises

De nos jours, une poignée d'entreprises sont déjà en train de planifier timidement l'exploitation des premiers astéroïdes en complément des missions d'explorations de la NASA et de l'ESA vers les astéroïdes et les comètes.

Petite station habitée d'extraction d'eau ou de minerais sur un astéroïde tel que l'envisage la société Planetary Resources.

Il y a tout d'abord la société Planetary Resources fondée en 2012 par les milliardaires américains Eric Anderson et Peter Diamandis avec des participations financières du secteur privé dont Larry Page, CEO de Google et de son président exécutif Eric Schmidt ainsi que du réalisateur et cinéaste James Cameron (cf. "Avatar"). Ils envisagent d'installer un dépôt de carburant dans l'espace à l'horizon 2020 en hydrolisant l'eau extraite des astéroïdes grâce à une petite usine autonome.

La société Deep Space Industries (DSI) fondée en 2013 et dont la succursale européenne est installée au Luxembourg.espère prospecter des astéroïdes vers 2016 et débuter leur exploitation commerciale vers 2020. DSI est déjà l'un des partenaires de la NASA spécialisé dans les moyens de communication, d'alimentation, de pointage, de propulsion et autres systèmes opérationnels des sondes spatiales. DSI a notamment participé à la fabrication du satellite Firefly basé sur la plate-forme Nanosat (le concept de nano-satellite) et travaille un autre satellite (Dragonfly) capable de ramener d'un astéroïde jusqu'à 150 kg d'échantillons.

La société Kepler Energy & Space Engineering (KESE) fondée en 2014 par l'homme d'affaire et pilote Robert Frantz et bénéficiant de l'expertise d'Edgard Michell, astronaute sur Apollo XIV et de deux anciens ingénieurs en aéronautique. KESE envisage d'utiliser les technologies de guidage, de navigation et d'ancrage exploitées sur les sondes spatialer Rosetta/Philae et Dawn pour fabriquer d'ici 2020 une sonde spatiale automatique capable de récolter des roches de surface sur un petit astéroïde et de les ramener sur Terre.

Notons que le 3 février 2016, le vice-Premier ministre et ministre de l’Economie Etienne Schneider annonça lors d’une conférence de presse que le Luxembourg s’apprêtait à lancer une initiative pour tirer profit de l’exploitation minière des astéroïdes. Bien entendu, parmi les sociétés partenaires, il y a Planetary Resources et Deep Space Industries ainsi que Luxinnovation et les responsables du Space Cluster qui est membre de l'ESA depuis 2005. Avec cette initiative, les entrepreneurs européens intéressés par l'exploitation des astéroïdes n'ont plus d'excuse pour aller aux Etats-Unis.

A voir : DSI - Mining The Universe For The Future

Un métier d'avenir à haut risque

Le jour où les agences spatiales enverront non plus des robots mais des astronautes-mineurs sur la Lune et sur les astéroïdes, il ne fait aucun doute que les assureurs reverront à la hausse les primes d'assurance-vie des équipages. En effet, le métier d'astronaute-mineur ne sera pas sans danger. Déjà sur Terre où a posteriori l'environnement n'est pas hostile, selon The Economist, en 2014 l'exploitation minière représentait le 6e métier le plus dangereux aux Etats-Unis avec 27 morts pour 100000 ouvriers[8]. Les mineurs doivent non seulement supporter des conditions de chaleur élevée et de travail inconfortables, mais ils doivent également faire face à des dangers potentiellement mortels comme des éboulements, des explosions de gaz, des fuites de produit chimique et l'électrocution.

Remorquage d'un petit astéroïde vers une base minière. Document DSI.

Pour réduire ces risques, les sociétés ASI, Caterpillar et TORC Robotics étudient des systèmes d'excavatrices robotisés et contrôlés à distance. Cette technologie pourrait être exportée sur les astéroïdes à condition que ces systèmes supportent les contraintes du vide et notamment les grands écarts de température.

Avant d'envisager un scénario à la "Outland" (où les astéroïdes seraient transformés en prison minière), au moins deux solutions sont envisageables à petite échelle :

- Envoyer une équipe de mineurs-astronautes sur un astéroïde proche de type C, le plus commun. Au cours de leur mission qui s'étendrait sur quelques années, les matériaux volatils seraient extraits de la roche et chauffés dans un fourneau à 600°C. John S. Lewis propose même d'utiliser des chondrites carbonées ou les satellites de Mars (Phobos et Deimos) dont les roches peu denses pourraient être chauffées à 400°C.

Toute les matières volatiles, y compris la vapeur d'eau et des combustibles comme l'azote, le carbone, le soufre et le phosphore alimenteraient séparément les fours servant à séparer les métaux des autres substances qui seraient finalement catapultées sur orbite (orbite LEO) pour un second traitement plus affiné.

- Remorquer un astéroïde proche d'une taille inférieure à 10 m jusqu'à la Lune ou une base spatiale minière où il sera exploité (on évite de le ramener jusqu'en orbite basse terrestre pour éviter toute catastrophe). Toutefois cette solution n'est envisageable que si les systèmes de capture des astéroïdes sont efficaces et les stations d'exploitation soient déjà installées sur la Lune ou sur un autre corps céleste. A long terme, ce système pourrait même être confié à des robots.

On estime que l'extraction de la moitié de la masse d'un astéroïde d'un million de tonnes représenterait quelque 10000 tonnes de matière qu'il faudrait raffiner sur orbite. En 1977, on estimait que cela coûterait 240$/kg (~1000$ en 2016). Le coût d'une telle mission reviendrait à 31 milliards de dollars (122 milliards de dollars en 2016), y compris la recherche et le développement. Par comparaison, sur Terre la même opération et en tenant compte du transport reviendrait au prix exorbitant de... 663 milliards de dollars (2600 milliards de dollars en 2016) ! Comme on le voit, l'exploitation des astéroïdes à grande échelle est très rentable. On en reparlera dans quelques décennies.

Pour plus d'informations

Sur ce site

Les Objets Transneptuniens et les KBO

Les membres de la Ceinture interne de Oort (Sedna, le Nuage de Hills et la 9e planète)

Histoires d'impacts

Eurêka ! Que faire si vous observez un objet suspect

Résolution 1080 sur la détection des astéroïdes

Sur Internet

Asterank (la valeur des astéroïdes)

Fxtop (conversion de devises et actualisation)

Mining The Sky, John S. Lewis, Basic Books, 1997

Space Resources, John S. Lewis, Columbia University Press, 1987

Classification SMASS, Schelte J. Bus et Richard P. Binzel, Icarus, 2002

MPC Database

Liste des astéroïdes

Nombre d'astéroïdes découverts par inventeur ou instrument (2012)

Minor Planet Checker

Minor Planet & Comet Ephemeris Service

Asteroids - CBAT-MPC-ICQ Index

Ephémérides du JPL 

Catalogues d'astéroïdes et autre KBO, PSI

Catalina Sky Survey, LPL/U.Az.

Spacewatch project

Asteroid and Comet Impact hazard, NASA/ARC

Closest Approach lists, CfA

David Jewitt, UCLA

NEO Program Office, JPL

NEO Information Centre (UK)

USNO-B1.0

Hunting Asteroids From Your Backyard, Dennis Di Cicco

The H and G magnitudes system for asteroids (PDF), BAA

Conversion of Absolute Magnitude to Diameter for Minor Planets, SFAU, SFAU

Growth of asteroids, planetary embryos and Kuiper belt objects by chondrule accretion (PDF), Anders Johansen et al., ArXiv, 2015

European Asteroidal Occultation Network (EAON)

Comité Consultatif sur les Météorites et les Impacts (MIAC/CCMI)

JPL

ALPO

AUDE

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[7] John S. Lewis est né en 1947. Il est professeur émérite de planétologie et enseigna la cosmochimie au MIT puis fut un expert des astéroïdes et des comètes à l'Université d'Arizona. Il fut chercheur au Space Engineering Research Center (SERC) de l'Université d'Arizona et est membre émérite du comité de direction du Space Studies Institute fondé en 1977 par Gerard O'Neill. Lire également John S. Lewis, "Space Resources", Columbia University Press, 1987 et Mining The Sky", Basic Books, 1997.

[8] Hormis le métier d'astronaute qui paya un lourd tribu à la conquête de l'espace compte tenu du faible nombre d'équipages (depuis 1957 pas moins de 148 personnes ont péri dans cette aventure dont 22 astronautes et cosmonautes), les métiers les plus dangereux sont 1. bûcheron, 2. marin-pêcheur et 3. pilote d'avion dans le bush.


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