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Mars: attirantes oppositions Comment photographier Mars ? (II) Pour les amateurs qui désirent photographier Mars, plusieurs questions se posent d'emblée : quand, sur quel support et avec quels moyens ? Ainsi que vous l'avez déjà compris, rien ne sert d'essayer de photographier Mars en dehors des oppositions. Son disque qui peut descendre sous 4" de diamètre (voir gallerie d'images) - moitié plus grand qu'Uranus mais 8 fois plus petit que celui de Jupiter - devient un sujet difficile pour les amateurs modestement équipés (tel. < 200 mm) et ne mérite pas beaucoup d'attention. Démontrez plutôt votre savoir-faire durant les quelques mois favorables aux oppositions périhéliques ! Mais ne vous faites pas d'illusion : 18 à 25" d'arc est une surface très petite, de la dimension apparente des grands cirques lunaires (100 km). Mais contrairement aux cratères de la Lune, Mars présente des détails de surface peu contrastés qui nécessitent la mise en oeuvre de techniques qui préserveront ces faibles lumières : grand diamètre, faible rapport focal, système de projection oculaire à haut contraste, bref une optique très lumineuse. Malheureusement cette méthode est incompatible avec la dimension des sujets planétaires. Pour distinguer quelques détails sur la surface de Mars il faut fortement agrandir l'image. Cela se fait au détriment du rapport focal, en utilisant soit un oculaire de courte focale soit des doubleur et tripleur de focale afin de porter le rapport d'ouverture au voisinage de f/50 sans perdre trop de luminosité.
Aussi plutôt que d'utiliser des oculaires de courte focale (offrant souvent un champ apparent réduit ou beaucoup de lentilles qui assombriront l'image), beaucoup d'amateurs préfèrent utiliser des lentilles de Barlow ou la lentille convergente Powermate de Tele Vue. C'est ainsi que certains amateurs combinent 2 lentilles de Barlow (1.5 + 2x, 2x + 2x) ou n'hésitent pas à utiliser une Powermate 5x que l'on utilise généralement dans des conditions extrêmes, et c'est bien le cas ici. Ceci permet de préserver la luminosité du télescope. La focale est toutefois augmentée de 15%, tout à l'avantage de notre objectif. L'usage des filtres colorés
Ces filtres colorés ne conviennent pas tous à la photographie (argentique ou CCD) car ils présentent souvent une bande passante beaucoup trop étendue qui ne permet pas réellement de séparer les trois couleurs de base et dès lors de réaliser des compositages couleur de qualité. Ainsi le filtre rouge W23A ou le W25 par exemple doivent de préférence être remplacés par un filtre W92 d'un rouge beaucoup plus sombre.
Photographie argentique, caméra CCD et webcam A choisir entre le support argentique traditionnel, la caméra CCD ou la webcam, le choix dépend de votre passion, du budget que vous lui accordez mais également de l'encombrement que vous acceptez de consentir à ce matériel et de votre intérêt pour le traitement d'image. Les caméras CCD ainsi que les appareils photos numériques (APN et réflex à dos numérique) sont réputés pour avoir une efficacité quantique (sensibilité et rendement) élevée alliée à une réponse spectrale étendue. Ces caractéristiques inégalées dans le monde des émulsions en font des outils de prédilection pour les amateurs comme pour les professionnels. Mais ce matériel coûte relativement cher et requiert un ordinateur pour acquérir et corriger les images numériques. La webcam modifiée pour l'astrophotographie est meilleure marché mais requiert également un ordinateur portable pour réaliser la séquence d'acquisition et le traitement d'image ultérieur. Ces techniques demandent une certaine organisation ainsi qu'une certaine maîtrise si on veut obtenir des résultats de qualité.
D'un autre côté les émulsions argentiques hypersensibilisées (Microfilm, T-MAX400...) permettent aujourd'hui d'utiliser des rapports focaux de f/20 à f/60 en lieu et place des fameux f/100 et même f/230 que l'on utilisait jusque dans les années 1970 en raison de la faible qualité des émulsions photographiques de l'époque. Et c'est heureux car quand on sait que le rapport d'ouverture conditionne exponentiellement la durée d'exposition, des rapports focaux 3 à 4 fois inférieurs, offrant des images plus lumineuses, permettent de réduire drastiquement les temps d'expositions jusqu'à une fraction de seconde, et ceci est également valable pour les caméras CCD : T1 = To / (fo/f1)2 Ainsi un sujet photographié en lumière blanche à fo/100 et qui exigeait 3 sec d'exposition, se transformera en un instantané de 1/4 sec (0.27s), à f1/30. L'instrument est devenu 11 fois plus rapide ! Indirectement ces nouvelles techniques permettent aux amateurs modestement équipés de tenter leur chance avec des montures équatoriales peu robustes ne bénéficiant pas d'un système de suivi inébranlable. Ainsi des résultats tout à fait étonnants ont été obtenus avec des optiques de 127 à 150 mm d'ouverture seulement équipées de lentille(s) de Barlow ou de Powermate. 3eme partie
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