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Le Soleil en lumière blanche écrit en collaboration avec le Dr David H. Hathaway, NASA-MSFC Structure
de l'atmosphère (I) Ayant
compris le mécanisme qui faisait briller le Soleil et qui conduisit à la
formation de toute la matière, de la poussière interstellaire aux atomes de
notre corps, les astronomes se sont intéressés à son activité principale,
celle que l'on observait à sa surface. La lumière dite "blanche" se rattache à la seule partie visible du spectre qui s'étend de 380 à 700 nm environ, appelé communément l'arc-en-ciel. C’est la combinaison de ces différentes longueurs d'ondes qui forme la lumière blanche, c’est la synthèse additive des couleurs que tous les peintres et les photographes connaissent bien. En analysant cette lumière les astronomes peuvent déduire la plupart des propriétés de notre étoile. D'où
viennent cette lumière et la chaleur du Soleil ? Nous savons que dans le coeur
du Soleil se manifestent des réactions de fusion thermonucléaire; il y explose
en permanence l'équivalent de milliards de bombes atomiques ! La physique nous apprend que le rayonnement gamma
d'intense énergie émit par le noyau se transforme graduellement en énergie de
plus faible intensité à mesure qu'il progresse vers la surface. Ce transfert
de rayonnement est réalisé par les électrons de la matière qui absorbent et
réémettent cette énergie à une fréquence plus basse à mesure que le
rayonnement monte vers la photosphère. En profondeur, le Soleil émet
principalement un rayonnement gamma, des rayons X et ultraviolets. En surface, ils
se sont dégradés pour former cette lumière jaune et ce rayonnement thermique
si agréables à ressentir. C'est
dans ce spectre lumineux qu'une première enveloppe gazeuse apparaît, la photosphère
du Soleil, épaisse de 500 km. C'est le siège des émissions radioélectriques,
infrarouges, ultraviolettes, X et gamma si convoitées.
En
1845, après avoir construit le premier télescope à miroir argenté, Léon
Foucault profita de l’invention de Jacques Mandé-Daguerre pour photographier
le disque du Soleil sur des plaques d’iodure d’argent, les
daguerréotypes.
Il devait écrire : “Le disque du Soleil
était presque parfait. On voyait son éclat diminuer progressivement vers les
bords. Même les mystérieuses tâches sombres qu’on avait depuis longtemps
observées au télescope étaient là”. Un peu plus de cent cinquante ans
plus tard, répétant son expérience, nous observons le même phénomène qui
confirme l'existence d'une atmosphère gazeuse. Sur place elle prend un tout
autre aspect : cette matière s'évapore, devient inconsistante et est classée
comme "vide" sur Terre ! Dans
cet état particulièrement volatil, la température varie en fonction de la
distance au centre. Cet assombrissement du limbe provient du fait que les rayons
lumineux qui nous parviennent ont dû traverser un niveau plus élevé de
l'atmosphère solaire, plus froid. En outre, la lumière est émise en oblique
et non plus perpendiculairement à sa surface, comme nous le distinguons au
centre du disque qui paraît plus brillant. Les taches sombres Galilée compte certainement parmi les premiers astronomes européens à avoir découvert les taches sombres sur le disque du Soleil, un jour du mois d'octobre 1610[1]. Ces taches solaires sont en fait l'une des principales activités de son atmosphère. C'est aussi la seule étoile sur laquelle nous pouvons étudier en détail un tel phénomène. Evaluer la longueur des taches solaires
Déjà découverte en -800 avant JC par les astronomes chinois et relatés dans le Livre des changements[2], les taches solaires apparaissent toujours entre 35oN et 35oS de latitude solaire et se propagent jusqu'à l'équateur (loi de Schperer), dans une ceinture dénommée "la zone royale". En reportant l'emplacement et la surface couverte par les taches dans un graphique, au fil des décennies une figure en forme de papillon se dessine, témoignant de l'évolution du cycle solaire, phénomène que nous détaillerons un peu plus loin. Si le diamètre d'une tache solaire type est de l'ordre de 10000 km, exceptionnellement une tache solaire peut s'étendre sur quelque 320000 km soit 25 fois le diamètre de la Terre en période d'activité maximale ! Cette dimension aux proportions astronomiques fut observée le 3 avril 1947, où une grande tache s'étendit pratiquement sur l’équivalent de la distance Terre-Lune ! En septembre 2000 nous pûmes observer un groupe de taches faisant la moitié de cette taille. Pour être visible à l'oeil nu moyennant un filtre protecteur (une paire de lunette à éclipse), une tache solaire doit atteindre un diamètre angulaire supérieur à 4' soit 36000 km.
La tache solaire se présente comme une zone sombre appelée ombre entourée d'une pénombre aisément discernable. Fait insoupçonné de la plupart des gens mais remarqué depuis plus d’un siècle[3], la tache solaire est en fait une zone de dépression dans la photosphère. Ce phénomène peut être mise en évidence lorsqu'une tache se trouve très près du limbe (à quelques minutes d'arc), où elle disparaît pratiquement avant même de passer réellement sur l'autre face du Soleil. Il s'agit de l'effet Wilson. Alors que la surface du Soleil atteint environ 5800 K, une tache peut présenter une température minimale de 3710 K la rendant plus sombre que les régions avoisinantes par un effet de contraste. Cette différence nous permet de dire par un calcul simple qu'une tache solaire est entre deux et dix fois moins brillante que le reste de la surface solaire, mais elle atteint tout de même la magnitude -24 ce qui reste 4 fois plus brillant que la pleine Lune ! Si on observe l'ombre des taches solaires avec un filtre coloré on peut découvrir des différences de contraste qui peuvent durer de 10 à 15 minutes. On peut également observer des piqûres lumineuses et un peu floues d'une dimension de 150 à 200 km dont l'éclat est voisin de celui de la photosphère. L'ombre peut également contenir des points plus brillants que les piqûres dont la durée de vie est de quelques heures. Ces points brillants peuvent former un réseau long de 5 à 10° et accompagner les ponts lumineux dans la phase initiale de leur développement La
pénombre qui entoure les taches arrivées à maturité est constituée de
filaments clairs et sombres dont la largeur n'excède pas 200 km. L'ensemble de la tache a pris naissance dans une zone très brillante, la
facule que l'on distingue facilement sur le pourtour du
disque, plus contrasté que le centre, car moins lumineux. Ses dimensions sont
de l'ordre de 40000 km. Toutes les facules prises ensembles dans une même région
du limbe forment une plage faculaire.
On y distingue souvent des points brillants, des filaments qui sont les granules
faculaires.
Les taches solaires sont produites par le champ magnétique interne qui présente une intensité des milliers de fois plus forte que celle du champ magnétique terrestre ainsi que nous l'expliquerons un peu plus loin. Prochain chapitre
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