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Bi sphère
2
Projets
scientifiques et éducatifs (IV)
Le
premier projet Biosphère en milieu isolé débuta en septembre 1991 et
nous avons vu comment il se termina en catastrophe peu de temps après
l'avoir pressurisé, faute d'oxygène. Il fut suivi par un deuxième
programme tout aussi funeste et encore plus court qui s'étendit de 1993
à 1994.
Devant ces
expériences quelque peu malheureuses, les commanditaires de Biosphère 2
décidèrent de changer radicalement d'objectif et prirent contact avec
les scientifiques locaux de l'université de Columbia.
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Grâce à
un partenariat avec le département de l'Energie américain, non sans
avoir résolu définitivement la question de l'oxygène, l'université de
Columbia pris en charge la gestion du site à partir de 1996. Par son
rôle consultatif elle accepta la pleine responsabilité des programmes de
recherche, de l'éducation et de la vulgarisation du grand public.
L'université est affiliée à Biosphère 2 à des fins non commerciales
à travers l'Observatoire de la Terre de Lamont-Doherty (LDEO). L'accord
de gestion actuel cours jusqu'en 2010.
L'université
de Columbia s'est efforcée de rénover les installations afin d'optimiser
l'utilisation de Biosphère 2, offrant en particulier aux chercheurs et
aux
étudiants un site
idéal pour étudier expérimentalement les changements climatiques et
globaux sur la biocénose.
C'est
ainsi qu'au fil du temps Biophère 2 a été transformé en un vaste
réseau de prototypes grâce auxquels les chercheurs peuvent
évaluer les réactions des environnements océaniques, terrestres et
atmosphériques ainsi que les rétroactions qui s'établissent entre ces
systèmes et leurs interfaces (plage, cime des arbres, etc).
C'est
le gaz carbonique qui fait l'objet des études les plus approndies. Les
chercheurs de l'université de Columbia nous rappellent que les glaces
relevées aux pôles nous indiquent que l'air contenait 200 ppm de gaz
carbonique il y a 14000 ans, à l'époque de la dernière glaciation. En
raison d'événements naturels (feux de forêts, volcanisme) et des
activités humaines ce niveau a légèrement augmenté, atteignant 280 ppm
au seuil de l'ère industrielle pour atteindre son niveau actuel.
Aujourd'hui avec un niveau de 571 ppm, deux fois supérieur à sa valeur réelle,
Biosphère 2 travaille un peu comme une machine à remonter le temps,
simulant la concentration de gaz carbonique que la Terre devrait présenter
dans 70 ans si nous continuons à brûler nos énergies fossiles selon les
prévisions.
Biosphère
2 permet d'étudier les climats du futur, comment la forêt pluvieuse
répond à l'augmentation de gaz carbonique et de quelle manière elle
peut nous aider. Les chercheurs ont ainsi déjà constasté que
l'augmentation de gaz carbonique accélérait la croissance des plantes. A
priori ca peut sembler être une bonne nouvelle mais il faut savoir que toutes
les plantes ne réagissent pas de la même manière. Savoir quelles sont
les plantes qui profiteront à l'avenir d'un environnement plus riche en
CO2
offre à Biosphère 2 l'opportunité d'être une ressource scientifique de
première valeur.
Le public
quant à lui est ravi de ce changement d'objectif. Grâce à la société McBride
Corp. spécialisée dans la conception de centres récréatifs et de
musées, chaque année
Biosphère 2 reçoit quelque 180000 visiteurs passionnés d'écologie ou
d'astronomie qui en profitent également pour visiter les observatoires du
Kitt Peak et le Meteor Creater situés dans la région.
Excursions
: 10
jours dans le Sud-Ouest
Les
étudiants motivés peuvent également y suivre des programmes
académiques dont l'essentiel du minerval, quelque $15000/semestre, est
payé par des bourses publiques. On y enseigne à des élèves de
secondaire, gradués ou universitaires les sciences de la terre, de
l'univers et il peuvent y effectuer des recherches appliquées en
climatologie, écologie, écophysiologie, biologie marine,
thermodynamique, etc.
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Biosphère
2 s'adresse non seulement aux chercheurs et aux étudiants
universitaires mais également au public à travers ces
visites guidées et son musée. Lors de votre passage
profitez de l'occasion pour faire une excursion à
l'observatoire du Kitt Peak et au Meteor Crater tout
proches.
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L'avenir
L'explosion
de la population de fourmis illustre de manière subtile comment les
changements qui se manifestent dans une partie de l'environnement peuvent
s'amplifier partout et de manière inattendue.
Lors
de la première expérience Biosphère, il n'existait que trois espèces
que l'on va dire endémique de fourmis. La plupart de ces insectes, ainsi
que 19 sur les 25 espèces de vertébrés se sont éteints. Seuls quelques
prédateurs comme les fourmis, les blattes ou les sauterelles vertes ont
survécus et dominé les autres espèces. Les fourmis sont aujourd'hui
tellement discéminées à travers Biosphère 2 que les scientifiques ne
veulent pas les éradiquer avant de comprendre leur rôle dans cet
écosystème artificiel, qui semble être très important.
En
introduisant les fourmis dans ce dossier, que bons nombres de visiteurs
auraient balayées du revers de la main sans se poser de question, j'ai
essayé de vous démontrer à travers ce dossier combien Biosphère 2 est devenu un centre de
recherche important pour toutes les disciplines qui se rapportent aux sciences de la Terre, en particulier à
l'université de Columbia. Il facile la recherche appliquée et l'étude
des changements globaux, jetant un pont entre la recherche théorique et
les études sur le terrain.
Biosphère
2 offre une occasion unique aux chercheurs d'étudier les réponses des
différents niveaux de la biosphère, leur permettant d'évaluer leurs modèles
depuis la feuille jusqu'au paysage pris dans sa globalité. Biosphère
2 s'adresse également aux aspects biologiques globaux des sciences de la
Terre beaucoup moins bien contrôlés tels que l'étude des réserves
écologiques à long terme (LTER) et les sources d'enrichissement de
l'atmosphère en gaz carbonique (FACE). Cela permet aux chercheurs de
travailler sur une échelle du temps comprimée, leur enseignant comment
utiliser et optimiser de tels systèmes.
A
consulter : La théorie de Gaïa
Outre les
nouvelles disciplines qui sont proposées à Biosphère 2 (cophysiologie
des plantes terrestres, biologique océanographique, étude des isotopes
stables, télédétection, etc) il est prévu que Biosphère 2 évolue
vers un service multi-utilisateurs, engageant des équipes de recherche
locales, nationales et internationales. Avis au lecteur !
Grâce
à l'alerte à l'oxygène de 1994, les scientifiques ont dû avouer leur
méconnaissance de la Terre; ils ignoraient - et ignorent encore -
les interactions qui existent entre tous les êtres vivants et leur
écosystème. Nous savons par exemple que les forêts tropicales sont
très sensibles à l'évolution de la biosphère mais nous ignorons encore
combien d'espèces elle abrite et toutes les interactions qui
s'établissent entre ces communautés.
En sortant de Biosphère 2 j'éprouve
un sentiment de colère devant le peu d'actes écologiques que nos
politiques concrétisent au fil des législatures mais aussi envers
nous-mêmes qui sommes souvent peu scrupuleux envers la préservation de la
Nature.
Tous les chercheurs concernés
par ce problème sont d'avis qu'il est grand temps d'apprendre à gérer
notre biosphère si nous souhaitons la préserver. Demain nous pouvons
rendre Mars habitable, mais nous ignorons qu'elle sera la réponse du système
martien à long terme.
Notre impact sur le milieu est
sans commune mesure. Aujourd'hui nous consommons 40 fois plus d'énergie
qu'un animal ayant notre poids et nous occupons sur Terre 30 fois l'espace
que nous devrions utiliser en vertu des lois de la sélection naturelle.
Nous avons échappé à l'influence de dame Nature, mais n'oublions pas
que loin des yeux, nous sommes aussi loin du coeur du problème. Aurait-on
oublié notre devoir envers la Terre ? Si nous pouvons trouver refuge
auprès de Gaïa, nous aurons sauvé la planète. Nos enfants nous
remercierons.
La
plus importante leçon offerte par Biosphère 2 ne réside finalement pas
à l'intérieur de cette structure unique, mais bien à l'extérieur. En
quittant mon hôte et en traversant le sas hermétique, je ressents à
nouveau le
souffle intense de l'air chaud et sec de l'Arizona. Avant
de refermer la porte du sas d'entrée derrière lui, Zabel prit une grande bouffée d'air à l'extérieur et me dit en souriant :
"Biosphere 1 is still the best".
Pour
plus d'information
Biosphère
2 (Columbia University)
Eden
project (UK)
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