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La Terre, une planète fragile

Le climat sous influences (II)

Par climat on entend non pas la "météo du jour" mais l'ensemble des conditions météorologiques qui influencent une région. De manière globale, plusieurs facteurs influencent le climat :

- des facteurs astronomiques, liés au déplacement de la Terre et du système solaire dans l'espace

- des facteurs anthropiques, liés aux activités humaines

- des facteurs météorologiques, liés aux déplacements des masses d'air autour de la Terre.

Certains facteurs portent leurs effets loin dans l'avenir, à des échéances centenaires ou millénaires. Chaque facteur contient plusieurs sources perturbatrices ainsi que nous allons l'expliquer.

Les facteurs astronomiques

1°. Les oscillations périodiques de l'orbite terrestre. Ce n'est que depuis la fin du XIXe siècle et la théorie de Milanković notamment que nous savons que les périodes glaciaires sont le résultat des variations de l'orbite de la Terre associées à un changement de l'irradiance solaire (voir plus bas) et peut-être même au déplacement des masses continentales vers les régions polaires.

Pour ne pas alourdir ce paragraphe, nous verrons un peu plus bas que nous avons des exemples historiques aux quatre coins du monde où le réchauffement climatique qui suivit notamment la dernière période glaciaire a décimé des civilisations (le peuple de Nazsca, la civilisation de l'Oxus, en Mongolie, etc).

SOHO surveillant l'activité solaire en H-alpha et UV. Document T.Lombry. Yohkoh surveillant l'activité solaire en rayons X. Document T.Lombry.

Les satellites SOHO et Yohkoh surveillant l'activité solaire en rayons X et ultraviolet. Documents ESA et T.Lombry.

2°. Les variations de l'irradiance solaire totale. Cette mesure, directe, de l'énergie totale reçue n'existe malheureusement que depuis les années 1980. Les variations à long terme ne peuvent expliquer que le réchauffement des 150 dernières années. L'IPCC et la plupart des climatologues s'accordent aujourd'hui pour reconnaître que le Soleil peut-être considéré comme le responsable du réchauffement qui s'est produit depuis 1950, contre 20-30% du réchauffement des 30 dernières années Sa contribution est donc significative. Il existe également une forte corrélation avec la longueur du cycle solaire et la température de surface. Un aperçu de cette influence est développé sur le site du WDC.

3°. Les variations de la quantité de rayonnement UV solaire affecte la couche d'ozone. Chacun de nous sait qu'il s'agit d'une partie très importante de notre atmosphère, lieu de réactions chimiques qui gouvernent le reste de l'activité de l'atmosphère; des variations à long terme modifieront la quantité d'ozone.

4°. Le champ magnétique solaire et le vent solaire, principalement sous la forme d'électrons et de protons issus du Soleil ont un effet protecteur sur tout le système solaire car ils forment une sorte de bouclier devant les rayons cosmiques constitués de particules énergiques issues du rayonnement des étoiles proches et des supernovae. Les mesures directes du champ magnétique sont réalisées depuis environ 30 ans.

A lire : L'indice Dow Jones et les taches solaires (sur le blog, 2009)

A gauche, corrélation entre le champ magnétique solaire et la variation de température sur Terre depuis un siècle. A droite, les variations climatiques depuis 4500 ans en relation avec les éruptions volcaniques (et dans une moindre mesure avec le cycle des taches solaires durant le Petit Âge Glaciaire). Certaines périodes de sécheresse ont conduit à la disparition de civilisations (Nazca, Oxus, en Mongolie, etc.). Documents WDC et Cliff Harris/Randy Mann, adapt. et continuité par T.Lombry.

Si nous tenons compte des influences astronomiques, il s'avère que les rayons cosmiques modifient également le climat, conduisant soit à un refroidissement soit un réchauffant du climat en fonction de la couverture nuageuse :

5°. Le passage du Soleil dans les bras de la Galaxie est assez bien corrélé avec les époques glacaires. Telle est la conclusion à laquelle sont parvenus Douglas Gies et J.Helsel de l'Université d'Etat de Géorgie dans une étude publiée dans l'Astrophysical Journal le 14 mars 2005. Ils précisent qu'au cours des derniers 500 millions d'années, le Soleil a traversé 4 bras spiralés de la Voie Lactée dont les effets sont corrélés avec 4 chutes de température importantes sur Terre. Ce phénomène permet d'affirmer qu'une exposition prolongée à un taux élevé de rayons cosmiques associé aux bras spiralés peut conduire à une augmentation de la couverture nuageuse et à de longues périodes glaciaires sur Terre.

6°. Inversement, une corrélation a été établie entre les effets des rayons cosmiques et la quantité de nuages bas. Des chercheurs Danois ont établi en 2001 que moins de nuages bas (cumulus, nimbus, stratus) produisent un effet de réchauffement climatique. Cette observation a été analysée au cours du XXe siècle et est comparable au réchauffement provoqué par l'effet de serre.

Seul le premier effet (irradiance) est aujourd'hui inclu dans les modèles climatiques. Aussi, les effets indirects doivent-ils être ajoutés aux effets directs et il est fort possible que les modèles numériques sous-estiment la vigueur du Soleil. Le grand problème est qu'ils ne peuvent pas prédire ce que fera le Soleil demain (mis à part mes modèles des cycles de 11 et 22 ans mais dont la précision ne dépasse pas un cycle). Tous les spécialistes solaires des missions SOHO, Trace et autre Ulysse ont encore besoin de beaucoup plus de données pour expliquer les mécanismes physiques proposés qui se cachent derrière les effets indirects cités ci-dessus.

L'impact du climat durant l'Antiquité

 Parmi les exemples emblématiques de l'influence du climat dont les hommes ont conservé le souvenir (ne fut-ce que sous la forme de gravures rupestres ou de ruines) et dont la terre porte encore les cicatrices remonte aux évènements climatiques survenus au cours des derniers millénaires.

Le Sahara

Distribution des régions humides en Afrique du Nord durant l'Holocène (<10000 ans). Document Nick Drake/King's College London

Le phénomène climatique le plus spectaculaire fut l'assèchement progressif du Sahara. Au cours des temps, le climat du Sahara a fluctué entre un régime chaud et sec et un régime doux et humide. Ainsi, 125000 ans, le Sahara était aussi vert et plus peuplé que nos forêts. Puis, il y a 22000 ans le Sahara est devenu un désert de sable aride similaire à aujourd'hui.

Ensuite, son climat s'est adouci durant le Néolithique. Il y a 14000 ans la limite sud-est actuelle du Sahara est remontée jusqu'au Tropique du Cancer et mille ans plus tard la limite sud-ouest remonta à son tour. Au total, la surface désertique s'est réduite de 50% par rapport à sa superficie actuelle.

Le Sahara connut ensuite deux périodes humides : l'Holocène humide (Grand Humide) entre 14000 et 8000 ans et l'Humide Néolithique entre 7000 et 4000 ans durant lequelles le Sahara était couvert de steppes et de savanes ainsi que d'immenses lacs et traversé par de nombreux fleuves et rivières où venaient s'abreuver lions, éléphants, rhinocéros et girafes tandis que les eaux abritaient des crocodiles et des hippopotames. Entre ces périodes, le climat du Sahara est devenu sec et aride.

Comme on le voit à droite, il y a 18000 ans et jusqu'à l'Holocène (<10000 ans), le Sahara contenait au moins 15 grands lacs de plus de 100 km de longueur dont le lac Méga-Tchad au Tchad, Megafezzan en Lybie et le Méga lac Chotts en Tunisie. Le Sahara devint comparable à aujourd'hui il y a environ 4500 ans.

Ces variations climatiques eurent un impact important sur toutes les formes de vie sahariennes. Progressivement, les rivières et les lacs se sont asséchés, se transformant en oueds puis en désert. Les animaux de la savane se sont repliés vers les plaines puis les plateaux, avant de disparaître.

Les derniers animaux ayant disparu furent les girafes et les lions, ne laissant aujourd'hui que quelques rares crocodiles dans les refuges que constituent les petits lacs de montagnes et des poissons prisonniers dans quelques lacs perdus en plein désert comme les lacs d'Ubari en Lybie. La faune de la savane fut remplacée par des animaux adaptés au désert, capables d'économiser l'eau et de se protéger des chaleurs excessives comme le dromadaire, le fennec, la gazelle doncas, l'addax ainsi que quelques reptiles et insectes, y compris les arachinides comme les scorpions.

Les homme ont peuplé le Sahara durant des milliers d'années et nous ont laissé des peintures et des gravures rupestres témoignant que le climat d'alors permettait le développement d'une faune abondante d'herbivores et de carnivores ainsi que d'oiseaux et de poissons. Mais dès que la chaleur est devenue suffocante et que le sable a envahi leurs champs et asséché les points d'eau, le combat face aux éléments était perdu d'avance et comme cela s'est produit en d'autres lieux de la planète (Moyen-Orient, Mongolie, Andes, etc), les hommes quittèrent leurs terres pour ne plus jamais y revenir.

A gauche, carte géomorphologique de l'ancien lac Megafezzan en Lybie d'une superficie d'environ 130000 km2. Comme on le voit à droite, aujourd'hui cette région est désertique, recouverte de sédiments et de calcaire. Documents Nick Drake/King's College London et Google Earth/Maps.

Aujourd'hui, le climat du Sahara est tellement hostile que ses 2 millions d'habitants sont regroupés dans les seules régions où l'air est plus frais et l'eau disponible. Il s'agit des régions montagneuses du Hoggar (Mali), du Tassili n'Ajjer (Algérie) et de l'Aïr (Niger) où l'on retrouve de nombreuses peintures rupestres remontant à la fin du Néolithique. Les populations ont également peuplé les oasis de Ghardaïa, Tamanrasset et Souf en Algérie, Sebah, Ghadamès, Mourzou et Koufra dans la région lybienne de Feezan ainsi que Kattara et Baharieh en Egypte. Tout le reste a été abandonné au sable et aux vents du désert.

Le second évènement climatique majeur remonte a seulement 2000 ans. C'est l'impact des inondations de la Mer Noire et de l'aridification de l'Asie Mineure sur le cours du fleuve Oxus rebaptisé Amu Darya et les civilisations qui en vivaient.

La civilisation de l'Oxus

Dans les années 1950, les archéologues découvrirent au Turkménistan, à 70 km au nord de Mary, la cité impériale de Gonur (Gonur Tepe) qui fut bâtie environ 1800 ans avant Jésus-Christ, soit 1500 avant Alexandre Le Grand (~350 avant notre ère).

Gonur abritait l'une des civilisations les plus avancées de l'Âge de Bronze mais aussi l'une des moins connues. De l'ampleur des grandes cités d'autrefois de la vallée de l'Indus, Gonur a prospéré durant 5 siècles puis a soudainement disparu. On sait aujourd'hui qu'elle fut victime du changement climatique extrême qui modifia le cours de l'Oxus.

A ce propos, on peut s'étonner que les Anciens Grecs de l'époque du mythe de "Patrocle" d'Homère au VIIe siècle avant notre ère, puis Alexandre le Grand, roi de Macédoine et dont l'Empire s'étendit de l'Egypte à l'Indus évoquent l'Oxus et le qualifie de plus grand fleuve du monde. A l'époque, il s'agissait de la voie la plus rapide reliant la Grèce à l'Orient et par laquelle transitaient une bonne partie du commerce entre l'Asie et l'Occident (l'autre voie passant par la Mer Rouge et la Mésopotamie).

Cette voie fluviale commençait au nord de la Mer d'Azov et reliait la mer Noire à la Mer Caspienne. Le relai était ensuite assuré par l'Oxus puis l'Ampu Daria et l'Indus jusqu'en Inde.

La région d'Asie Centrale entre la Mer Noire, la Mer Caspienne et la mer d'Aral qu'évoquent Homère dans "Patrocle" et Alexandre le Grand notamment. Document T.Lombry adapté de Google Earth.

Aujourd'hui, dans la partie est de cette région située au nord du Caucase qui s'étend de Rostov-sur-le-Don (Rostov-na-Donu) à l'est de la Mer Noire à Astrakhan au nord de la Mer Caspienne (cf. Google Map) ne coule aucun fleuve de cette ampleur. En revanche, comme on le voit à gauche, on trouve une zone très fertile qui s'étend sur 1500 km comprenant une série de lacs ainsi que deux grands fleuves, le Don et la Volga, cette dernière débouchant en delta au nord de la mer Caspienne. A l'est de celle-ci, il n'y a plus qu'un désert à perte de vue et une mer d'Aral pratiquement asséchée et vouée à disparaître.

Pourtant Homère et Alexandre le Grand ont bien rapporté l'existence d'un grand fleuve. L'Oxus s'étendit sur 2500 km depuis la mer d'Aral vers les frontières actuelles du Turkménistan, de l'Ouzbékistan et de l'Afghanistan. Où est-il passé ?

Les experts en hydrologie et des océanographes ont exploré l'Asie Mineure en quête de preuves pouvant corrober les récits historiques.

Ils ont découvert qu'il y a 15000 ans, quelques milliers d'années après le maximum glaciaire, suite au réchauffement climatique, le niveau de la mer Noire descendit de 120 mètres par rapport à son niveau actuel. Puis, il y a environ 9000 ans, suite à la fonte des glaciers, épisodiquement les fleuves alimentant la mer Noire connurent des débâcles catastrophiques. Il y a environ 7500 ans, suite à la montée du niveau des mers, la mer Noire s’est remplie d’eau salée et finit par déborder et inonder toutes les plaines avoisinantes en quelques années sur des centaines de kilomètres à la ronde. Cet évènement catastrophique et spectaculaire est à l'origine des récits mythiques du "Poème du Supersage" et de "L'Epopée de Gilgamesh" à l'origine du Déluge décrit par la Bible et le Coran.

Ensuite, il y a 5000 ans, la mer d'Aral atteignit sa plus grande extension avec un niveau 60 mètres plus haut qu'aujourd'hui et s'étendit jusqu'au lac Sarygamysh (Sary Kamysh). Ses eaux s'écoulaient vers la mer Caspienne par l'intermédiaire du fleuve Ouzboï.

A l'époque le climat était beaucoup plus chaud et humide, les fleuves présentant un débit jusqu'à trois fois plus élevé qu'au début du XXe siècle; ils véhiculaient 150 km3 d'eau par an.

Plus tard, entre 1800 et 1200 avant notre ère, le climat redevient de nouveau plus sec et le niveau des mers varia en fonction des apports de leurs affluents. Du temps d'Homère de grands fleuves comme le Faz s'étaient déjà taris et Patrocle dut trouver une autre voie pour le conduire en Orient. Aujourd'hui l'Ouzboï est lent et sa largeur ne dépasse pas 100 mètres. Ce n'est pas le fleuve dont parlent les Grecs qui était au moins dix fois plus large.

Selon les Anciens Grecs, les marchands naviguaient de la Mer Caspienne jusqu'à l'Oxus, soit sur près de 500 km. Et de fait jusqu'au VIIe siècle avant notre ère, il existait une importante connexion fluviale mais aujourd'hui cette région est totalement désertique. La cité de Balkh notamment située près de Termez au sud de l'Ouzbékistan se trouvait au bord des rives de l'Oxus alors qu'aujourd'hui elle est en plein désert.

De nos jours, sur le territoire de l'ancien royaume Greco-Bactrien, les actuels Turkménistan et Afghanistan situés au sud-est de la mer Caspienne, on ne trouve que des ruines d'anciennes cités parfois totalement rasées, mais surtout du sable à perte de vue, des puits et des aqueducs à sec et des reliefs sédimentaires.

Les berges de 80 mètres de haut de l'ancienne mer intérieure (aujourd'hui réduite au lac Sarygamysh) située dans le désert du Kara-Kum au nord du Turkménistan qui étaient très fréquentées il y a plus de 2000 ans. En voyant son état actuel, on réalise à quel point un extrême climatique peut être destructeur au point d'anéantir un empire ! Document Douglas Adams.

Depuis 2300 ans, le climat de l'Asie Mineure a subit un changement majeur qui a transformé radicalement des paysages verdoyants, une économie florissante et tout un empire en cités fantômes et un désert à perte de vue.

A cette époque, des cités fortifiées comme Bactres, "la mère des cités", située à 75 km au sud de l'Oxus, pouvait abriter plusieurs dizaines de milliers d'habitants et sa culture rayonnait de la Grèce jusqu'en Inde.

Les reliefs sédimentaires que l'on voit à droite se situent dans le désert du Kara-Kum (dont le lac du même nom est pratiquement à sec). Ces falaises s'élèvent à 80 mètres de haut et s'étendent sur des dizaines de kilomètres comme un mur surplombant une vallée sèche où la chaleur du Soleil dépasse 40°C à l'ombre. Ici les températures varient entre +52°C en été et -40°C en hiver !

A priori anodins, il s'agit en fait des vestiges des berges que certains ont d'abord prises pour celles d'un fleuve majestueux avant d'y reconnaître grâce aux photos satellites les berges de la mer intérieure qu'évoquent les Anciens Grecs, aujourd'hui réduite au lac Sarygamysh, qui était très fréquentée du temps d'Alexandre le Grand.

Ailleurs, on trouve des douves protégeant d'anciennes cités Perses et même un grand puits profond de 30 mètres et large de 10 mètres mais aujourd'hui à sec prouvant que l'eau était abondante et l'importance des populations dans cette région il y a 2000 ans et jusqu'au XVIIe siècle.

La seule trace qu'il reste de la splendeur de l'Oxus se réduit au fleuve Amu Darya qui sépare le Turkménistan de l'Afghanistan. Il coule encore sur plusieurs centaines de kilomètres entre Termez et Khiva notamment et localement ses rives sont séparées de 500 à 800 mètres mais il n'a plus la puissance qu'il avait il y a 2000 ans. Son débit est si faible qu'il est en partie canalisé, alors qu'il coulait à plein débit du temps d'Homère et d'Alexandre le Grand.

Autres changements climatiques

Des changements climatiques similaires se sont produits au cours des quatre derniers millénaires en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, en Asie centrale (Mongolie) et sur la côte ouest de l'Amérique du sud (Nazsca), conduisant parfois des peuples entiers à l'extinction, sans oublier le réchauffement climatique que subit l'Europe à l'époque médiévale.

Ces paysages majestueux mais désertiques et balayés par les vents nous rappellent qu'aussi puissante soit une civilisation, notre économie est tributaire du climat et qu'il est prudent de le ménager.

Les facteurs anthropiques

Ce sont les fameux gaz à effet de serre rejetés dans l'atmosphère par les activités humaines, même si une fraction de ces gaz proviennent de réactions naturelles mais celles-ci n'affectent pas aussi rapidement la température de l'air que l'activité anthropique.

De manière indirecte, en augmentant notamment la température de l'air, la quantité de vapeur d'eau dans l'atmosphère et en favorisant certaines réactions physico-chimiques, les gaz à effet de serre influencent le système thermodynamique de l'atmosphère et donc le climat, tant à l'échelle locale que globale, d'où l'importe que requiert sa surveillance. 

Le tableau suivant reprend les principaux gaz à effet de serre à surveiller dans le cadre du protocole de Kyoto et leur pouvoir de réchauffement. Ainsi qu'on le constate c'est le dioxyde de carbone, le fameux gaz carbonique, qui s'attribue l'essentiel des effets. Je vous suggère de vous reporter à l'article consacré à l'effet de serre pour plus de détails.

A lire : L'effet de serre

Gaz à effet de serre

Pouvoir de réchauffement

(W/m2)

Durée de vie

(années)

Pouvoir de réchauffement global (CO2 = 1)^

Dioxyde de carbone

Méthane

Oxyde d'azote

Hexafluorocarbures

Perfluorocarbures

Fréon-11 (CFC)°

Fréon-12 (CFC)°°

50

1.8

1.3

100
1.3

0.12

0.22

100 - 120

12

114

260

2600 - 50000

3200

-

1

23

296

12 - 12000
8900 - 18000

22200

10900

^ Le pouvoir de réchauffement correspond au Global Warming Potential (GWP) ou impact du gaz à effet de serre calculé sur base de leurs propriétés radiatives sur une durée de 100 ans.

° Le Fréon est une marque universelle. La substance composant le Fréon-11 est le trichlorodifluorométhane ou CFC-11 ou encore R-11.

°° La substance composant le Fréon-12 est le dichlorodifluorométhane ou CFC-12 ou encore R-12.

Les facteurs météorologiques

Enfin, le climat qui règne dans une région dépend bien entendu de l'influence des masses d'air, de leur pression, leur température, leur humidité, leur altitude et leur vitesse de déplacement. Il faut y ajouter l'effet temporaire mais parfois très perturbant des cataclysmes naturels, principalement des éruptions volcaniques décrites précédemment.

Le sujet étant trop vaste et trop complexe pour être décrit en quelques lignes, je vous suggère de vous reporter au dossier sur la météorologie pour plus de détails.

En fait ce facteur météo est lui-même influencé à grande échelle par le facteur astronomique ainsi que par l'effet de serre dont la composante anthropique n'a cessé de croître depuis la révolution industrielle.

Rôle des océans et des landes dans l'émission de gaz carbonique

Certains scientifiques ont prétendu que rien ne démontrait l'origine anthropique des émissions de gaz carbonique et donc que l'homme était à l'origine de l'accentuation de l'effet de serre avec toutes les conséquences négatives de ce phénomène. Ils invoquent notamment le rôle des océans et des landes et leur capacité à émettre et dissoudre ce gaz. Ainsi que nous allons le démontrer, leur remarque est partiellement correcte mais cet effet est largement couvert par les émissions liées aux activités humaines.

Image composite de la distribution globale de la photosynthèse (chlorophylle a) comprenant le phytoplancton océanique et les pigments chlorophylliens des végétaux terrestres relevés entre septembre 1997 et août 1998. Document SeaWiFS.

En effet, la chimie de l'eau de mer consiste en un ensemble complexe d'équilibres faisant intervenir le gaz carbonique, des ions bicarbonates et carbonates, ainsi que les carbonates qui sont fabriqués par le plancton où déposés par l'érosion dans les sédiments sous forme de particules solides. Ce milieu est donc en équilibre avec la quantité de gaz carbonique contenu dans l'atmosphère et la pression de partielle de gaz contenue dans l'air dépend donc de la composition chimique des mers.

Selon ces scientifiques très minoritaires, rien ne prouve que la quantité de gaz carbonique contenue dans les océans n'a pas été libérée par un changement complexe dans le cycle du plancton, par la chimie de la surface des océans, par la circulation des courants abyssaux ou encore par le volcanisme...

On a toutefois pu démontrer que le taux de libération et de dissolution du gaz carbonique n’a pas été constant au cours de l’évolution; sa concentration n'est pas en équilibre[8]. Les océans modernes ont rapidement dissout le gaz carbonique alors qu’ils furent leur principale source durant l’ère interglaciaire. Dans le détail, alors que le gaz carbonique se concentre dans l'hémisphère nord, il est en même temps dissout dans les océans de l'hémisphère sud. Le problème vient donc d'ailleurs.

Il y a également la question du gaz carbonique qui disparaît au-dessus des landes. Celles-ci absorbent un bon tiers des dégazages de nos industries. Question importante : ce gaz carbonique va-t-il continuer à se dissiper, va-t-il saturer l'atmosphère ou augmenter durant ce siècle ?

La vitesse à laquelle se dissout le gaz carbonique terrestre, tant actuellement qu’à l’ère interglaciaire reste indéterminée. Nous n'avons pas la réponse actuellement car pister le CO2 n’est pas chose facile. La question de l'effet à venir des landes sur la concentration de gaz carbonique dans l'atmosphère reste donc ouverte. Dans ce système dynamique complexe dans lequel tout interagit avec tout sur le long terme, les causes et les effets se nouent plus qu'ils ne s'enchaînent et sont difficilement modélisables pour prédire les taux fuurs de CO2 atmosphérique. Il faut donc adopter une autre approche.

L'avis des climatologues

S'il est difficile de savoir si le gaz carbonique présent dans l'atmosphère provient ou non d'un processus naturel lié au cycle des océans ou des landes notamment, on peut utiliser une autre méthode pour déterminer son origine. Puisque gaz carbonique et effet de serre sont corrélés, demandons-nous quels sont les changements les plus récents de l'effet de serre ? La température de l'atmosphère de la Terre a-t-elle récemment changé, si oui depuis quand, et à quel taux ?

A consulter : ENZO Page

Température des océans et oscillations australes El Niño/La Niña

Augmentation de la température moyenne du globe ainsi que celle des eaux, conséquences du changement climatique global qui se déroule sous nos yeux depuis le début du XXe siècle. Documents CDIAC/U.East Anglia/MetOffice et GRIDA.

Comme l'indique le graphique ci-dessus concernant les anomalies de la température globale, les climatologues ont constaté que l'atmosphère s'est légèrement réchauffée vers 1880; elle s'est refroidie entre 1900 et 1920 mais depuis les années 1960, la vapeur d'eau réchauffe l'atmosphère à raison de 0.2% chaque année. Sur ce point tous les scientifiques sont d'accord, sauf quelques lobbies, l'ancien président Bush Jr., la Chine et quelques états émergeants d'Asie et d'Afrique dont les vues à courts termes refusent de reconnaître l'évidence. Mais sans doute plus pour longtemps.

Depuis une génération, les analyses ont démontré que l'augmentation de la température de l'air et la modification des régimes climatiques n’étaient pas liées à des fluctuations naturelles et quelques indices peuvent le démontrer.

Prochain chapitre

Les conséquences à long terme

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