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La Terre, une planète fragile Les effets visibles du réchauffement (V)
Quels sont les effets visibles de l'augmentation de l'effet de serre, des "polluants stock" comme l'on dit, sur l'environnement ? Les modèles numériques indiquent que l'effet de serre se traduit dans le Pacifique subtropical, l'Atlantique Nord et en Europe de l'Ouest par un réchauffement climatique, tant de l'air que de l'eau des océans. Mais ce réchauffement est-il anormal ? On ne peut pas dire aujourd'hui qu'il y a un lien de cause à effet entre l'effet de serre et les canicules locales, les inondations ou les tempêtes que nous subissons depuis quelques années et de manière répétée. Jusqu'à preuve du contraire ces événements sont exceptionnels et doivent êre traités comme tels pour différentes raisons que nous allons exposer. Ceci dit, plusieurs phénomènes inquiétants tels que la fonte des glaces, la montée du niveau des mers, la douceur des hivers ou l'apparition de parasites tropicaux aux latitudes tempérées nous indiquent que nous assistons à un déréglement climatique global qui affecte directement la survie des populations vivant tant sur la terre, dans l'air que dans les océans. Indirectement, ces fluctuations nous affectent puisque certaines parmi ces créatures font partie de notre alimentation, principalement les poissons, ou sont vecteurs de maladies.Faisons un rapide inventaire de ces phénomènes sources d'inquiétude pour l'avenir. Les canicules D'un point de vue climatique, en Europe occidentale (Belgique) depuis 1988 on observe que 80% des mois sont plus chauds que la normale. Cette succession de phénomènes jugés un temps exceptionnels devient... la norme. Ceci est donc une preuve du réchauffement climatique. Ainsi que nous l'avons dit, selon certains climatologues la canicule que nous avons subit en Europe en été 2003 (40°C à l'ombre) pourrait se reproduire une année sur deux et au pire plusieurs fois chaque année... Et de fait, depuis 2003 chaque été nous avons connu plusieurs semaines où les températures étaient supérieures à 35°C dans le Benelux. A chaque fois et malgré la sensibilisation des médias, des autorités communales et des services sociaux, cela s'est parfois dramatiquement traduit par la mort de nombreuses personnes âgées. Rappelons que la canicule de 2003 fit 1200 morts en Belgique et plus de 40000 en Europe ! Fonte de la banquise Il est également établit qu'entre 1980 et 2000 la banquise du Groenland qui, rappelons-le, est constituée d'eau de mer gelée, a perdu 37000 km2, l'équivalent de la surface de la Belgique. En 2002, le processus s'était accéléré et la quantité totale de glace ayant fondu fut estimée à 685000 km2. Entre 2005 et 2007, un million de km2 de banquise ont fondu comme neige au soleil ! Selon l'IPCC, il y a 90% de probabilité que les activités humaines soient à l'origine de la fonte de la banquise. Si le réchauffement se poursuit au taux actuel, dans un siècle la banquise aura disparu. Cela ne provoquera aucun effet sur le niveau des océans puisque l'eau de mer gelée retournera à l'océan. Seules différences, on ne pourra plus traverser le pôle Nord à pied et le bilan énergétique sera certainement perturbé puisque l'eau ne réfléchira plus la lumière du Soleil ainsi facilement que la glace. Des conséquences climatiques pour les pays sous l'influence des courants polaires ne sont donc pas exclues. Le passage du Nord-Ouest A titre d'exemple, jusqu'en 1994 le passage du nord-ouest canadien vers l'Asie était pris dans les glaces en hiver, la glace atteignant en moyenne 4 mètres d'épaisseur.
Depuis 1994, les commandants des brises-glace constatent que le pack a disparu et est remplacé depuis quelques années par des champs de glace en eau vive. Le passage du Nord-Ouest est ouvert de façon permanente et constituera probablement à l'avenir une autoroute maritime plus fréquentée que le canal de Panama ou celui de Suez. En effet en coupant au plus court, les cargos prennent deux fois moins de temps pour relier les pays asiatiques et font autant d'économie de carburant et en logistique. On peut ainsi dire qu'un désastre écologique aura des répercussions économiques positives à l'avenir ! Mais l'ouverture du pack à travers les territoires du Nord du Canada a déjà induit des migrations inattendues. Des diatomées qui vivent d'ordinaire dans les eaux du Pacifique se retrouvent aujourd'hui dans la baie du Saint-Laurent en quantité des milliers de fois supérieures à ce qu'on observait jusqu'alors. Un peu plus loin les eaux intermédiaires froides se sont encore un peu plus refroidies, apportant avec elles tout le krill qui normalement devait se trouver plus au large, et transportant dans leur sillage les grands mammifères marins en quête de nourriture. Si ces baleines attirent également les touristes, personne ne sait quelles conséquences peuvent avoir ces changements de biotope à grande échelle. Du point de vue écologique la fonte des glaces est un désastre. Depuis plusieurs années un grand mammifère comme l'ours polaire souffre de la fonte des glaces. Sans la banquise qui constitue sa seule terre ferme, l'ours blanc est condamné à mort. S'il peut vivre des produits de la mer et chasser le phobe, il a besoin de la banquise pour chasser à l'affût, se réfugier et creuser son gîte. De nos jours on découvre des ours adultes errant à moitié décharnés à l'affût de leur pitance qu'ils ne trouvent plus. D'autres attirés par l'odeur des activités humaines (dans la nature un ours pour sentir un phoque à 1 km de distance) s'approchent jusqu'aux fenêtres des habitations, mettant en péril les habitants. Au rythme auquel fondent les glaces, dans quelques décennies l'ours blanc aura disparu. Depuis 2007, l'ours blanc est sur la Liste Rouge de l'IUCN recensant les espèces menacées d'extinction. A lire : Les changements climatiques dans les régions polaires
La fonte des glaciers Le même phénomène se produit en montagne avec les glaciers, des Alpes à l'Himalaya en passant par les glaciers Andins. Partout dans le monde les glaciers fondent à un rythme accéléré. En quelques décennies les langues glacières ont reculé de plusieurs dizaines ou centaines de mètres et ont perdu plusieurs mètres ou dizaines de mètres d'épaisseur. Honneur au plus grand glacier d'Europe, le superbe glacier d'Aletsch situé dans la région de la Jungfrau, dans le canton du Valais, dont voici une image de Google map. Inscrit au patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO depuis 2001, il couvre 96 km2 (2001), mesure 23 km de longueur (2005) pour 1.6 km de large et présente une langue glaciaire épaisse de 250 m à 2800 m d'altitude. Il reculait jusqu'à présent d'environ 50 m/an. Mais entre 2005 et 2006, il a reculé de 115 mètres et perd chaque année près d'un mètre d'épaisseur. Ainsi qu'en témoigne l'étude réalisée par l'Université de Grenoble (F), le glacier d’Argentière situé dans le massif du Mont-Blanc, en face de Chamonix, a reculé de 407 mètres et perdu 10% de son volume entre 1990 et 2004 ! Aujourd'hui, depuis Chamonix, on n'aperçoit presque plus la "Mer de Glace" au grand désarroi des habitants. Elle mesure encore 5.6 km pour moins det 200 m de large.
Quant au glacier du Rhône, également situé dans le canton du Valais, en Suisse, il recouvrait la vallée sous plusieurs dizaines de mètres de glace il y a 150 ans. Aujourd'hui c'est une plaine alpine protégée pour sa richesse biologique. Le glacier qui mesure 9 km de longueur recule à raison de 25 à 45 m/an et a reculé de 2 km au cours des 15 dernières années, soit quatre fois plus vite que celui du Mont Blanc et deux fois plus vite que celui d'Aletsch ! En fait, la théorie selon laquelle "plus un glacier est grand plus il réagit lentement aux variations climatiques" s'applique parfaitement dans ces exemples, mais cela ne suffira pas à les protéger. Si la température moyenne augmente de 5°C, seuls les glaciers situés à plus de 3000 m d'altitude subsisteront. Autrement dit, on ne pratiquera plus de ski en dehors des pistes artificielles et on ne visitera plus les glaciers car la glace aura fondu. La langue glaciaire qu'on peut encore observer aujourd'hui depuis Chamonix ou la visite de la grotte de glace du glacier du Rhône seront des souvenirs d'ici une ou deux générations et il faudra encore marcher un peu plus pour s'émerveiller devant le glacier d'Aletsch. Outre les conséquences sur le secteur économique et du tourisme en particulier, la plupart des glaciers alimentent des lacs de retenues dont les réserves d'eau sont directement exploitées par les villageois, quand elles n'alimentent pas un réseau hydroélectrique. A terme, la disparition des glaciers sera dramatique pour ces populations qui sont déjà isolées en temps normal. Elles n'auront pas d'autre choix que de descendre dans la vallée et de s'adapter à une vie plus citadine. Mais les pays chauds ne sont pas épargnés. Ainsi, en Afrique centrale, les fameuses neige du Kilimanjaro ont perdu près de 85% de leur surface, passant de 13 km2 en 1910 à 2 km2 seulement en 2005 ! En 2020 au plus tard, il n'y aura plus de glace sur le Kilimanjaro et plus d'eau pour alimenter les terres et abreuver les animaux. La situation est préoccupante, notamment en Bolivie où l'électricité des villes comme La Paz est uniquement produite à partir de l'eau des glaciers de même qu'une partie de l'eau potable qui est stockée dans des bassins de retenue. Suite au réchauffement climatique, les glaciers fondent et reculent toujours davantage. Entre 1990 et 2005, les langues glaciaires ont perdu 5 m d'épaisseur et ont réculé de plusieurs dizaines de mètres. Selon les prévisions, avant 2010 la courbe de consommation d'électricité des Boliviens croisera celle de la production. Si tout le monde, acteurs privés et publics confondus, peut faire des économies d'électricité et gagner quelques kilowatts chaque jour, cela ne fait que retarder l'échéance de cette pénurie annoncée. Or sans électricité, on peut condamner des malades ou geler l'économie de tout un pays en quelques jours. Comme d'autres pays, la Bolivie doit rapidement trouver des alternatives au risque de connaître une situation économique critique d'ici 2020. L'eau potable reste aussi un problème mais les Boliviens peuvent heureusement repenser leur approvisionnement et trouver des solutions alternatives sans affecter leur style de vie.
Le manque d'enneigement et la douceur des hivers Plus près de chez nous, dans le massif central ou sur les contreforts des Alpes notamment, plusieurs stations de ski de basse altitude ont dû fermer leurs portes faute d'avoir un enneigement suffisamment durant l'hiver. Cela commence par un enneigement réduit où des rochers épars aussi dangereux que des écueils apparaissent sur les pistes de ski. Ensuite la station est obligée d'utiliser des canons à neige pour maintenir son domaine skiable en état et conserver sa clientèle. Quand cela ne suffit plus, la station n'a pas d'autre alternative que de fermer définitivement ses portes, laissant dans un paysage verdoyant les fantômes rouillés des remontées mécaniques et des téléphériques, emblématiques d'un temps révolu où les hivers étaient froids. Si ces sociétés ou ces fermiers ne se diversifient pas, c'est toute une commune ou une région qui peut voir son économie touristique disparaître. Enfin, point n'est besoin de rappeler la douceur de plus en plus fréquente des hivers aux latitudes tempérées Nord et polaires. Dans nos capitales européennes et de plus en plus en plus souvent dans les campagnes également, cela fait longtemps qu'on n'a plus eu de Noël blanc. Mais ailleurs c'est exceptionnel. Ainsi, fin 2006 les Québecquois connurent leur premier Noël sans neige. C'est arrivé à un point tel que la ville de New York connut début 2007 l'hiver le plus doux depuis 1950 : 21.7°C le 7 janvier 2007 ! New York avait déjà connu en 2006 des mois de novembre et de décembre sans neige pour la première fois depuis 1877. Résultat, les cerisiers étaient en pleine floraison, les prairies étaient toujours vertes et les gens resortaient leurs shorts et leur teeshirts. Ailleurs et notamment en Belgique la température avoisinait 15°C, soit environ 12° de plus que la moyenne à cette époque de l'année. Vous trouverez toutes les données climatologiques sur le site The Weather Channel. Comme un signe avant-coureur du déréglement climatique, quelques mois plus tôt dans l'intérieur des Etats-Unis, de grandes villes avaient connu de violentes tempêtes de neige, bloquant les services publics et rompant les lignes à hautes tensions durant quelques jours ou quelques semaines. L'exceptionnel devenant la règle, nous assistons donc à un changement climatique dont tout indique que nous sommes la cause. Réchauffement des mers et disparition du plancton Depuis 1960, on observe un réchauffement graduel de la température des mers de 0.5°C en moyenne. Or l'eau chaude absorbe plus difficilement l'oxygène et le gaz carbonique. Par conséquent c'est tout le biotope qui souffre d'une carence en oxygène et alimentaire. Sur les côtes nord américaines du Pacifique par exemple on observa en 2005 une hécatombe inhabituelle de poissons et d'oiseaux de mers le long des côtes allant de Californie à la Colombia britannique au Canada. En l'espace de 50 ans, ce réchauffement a provoqué la disparition de 80% du plancton présent dans cette région ! Des simulations[1] conduites en 2005 au Centre informatique (CWI) de l'Université d'Amsterdam ainsi qu'à l'Université d'Hawaii (HOT) indiquent que la densité de plancton subit de fortes fluctuations lorsque sa nourriture vient à manquer (dioxyde de carbone, azote, phosphore). Au large des côtes, on observe une stratification de plus en plus importante des eaux qui empêche la croissance et la remontée du phytoplancton vers la surface. Jusqu'à présent on pensait que le phytoplancton vivant vers 100m de profondeur représentait un écosystème très stable. Cette modélisation indique au contraire que cette biomasse est très sensible à la concentration de gaz présente dans le milieu. Comme elle se situe à la base de la pyramide alimentaire, sa disparition entraîne avec elle une perte très sensible de biodiversité jusqu'au sommet de la chaîne alimentaire maritime. Les simulations sont actuellement comparées à l'évolution de la population de phytoplancton et à la biodiversité vivant au large de l'Amérique du Nord ainsi que dans l'océan Pacifique subtropical. Tout indique que les fluctuations de population observées correspondent bien aux prédictions calculées. La réduction du plancton provoquée par le réchauffement global pourrait conduire au déclin de la production océanique et une réduction sensible de la séquestration du gaz carbonique dans les océans. A consulter : The Great Barrier Reef Marine Park - GBR Enterprises Un héritage unique au monde de 2300 km abritant des dizaines de milliers d'espèces
Blanchiment du corail Parmi les écosystèmes les plus sensibles à l'effet de serre, les récifs coralliens sont sensibles à toute variation de température. Les polypes (symbiose entre un petit animal ressemblant à l'anémone et une algue) sont adaptés à une température comprise entre 21-29.5°C. Au-dessus de 29.5°C le polype expulse l'algue qu'il contient. Or c'est elle qui lui permet de fabriquer son squelette externe en calcaire. Ensuite le corail blanchit et meurt. Dans beaucoup d'endroits les plongeurs observent des polypes agonisants ou morts; toute la partie supérieure de la colonie devient blanche ou présente des anneaux décolorés. Il n'y a presque plus un film sur la plongée sous-marine où on n'observe pas ce phénomène. Si le réchauffement climatique se poursuit au taux actuel, d'ici 2025 ou 2050 ans nous assisterons à l'extinction des merveilleux récifs coralliens d'Australie, des Maldives ou de la Mer Rouge, et avec eux de la faune qui s'en nourrit. Aujourd'hui, le corail est stressé dans toutes les eaux coralliennes (Indo-Pacifique, mer Rouge, Caraïbes, ...). Les scientifiques estiment que si le réchauffement climatique cessait aujourd'hui, il faudrait 500 ans pour que le corail retrouve sa bonne santé ! A l'inverse, si nous ne prenons aucune mesure, les récifs coralliens auront disparu de la planète en 2100 ! Ces centaines d'espèces ont survécu durant près de 500 millions d'années aux extinctions massives, mais cette fois l'espèce la plus égoïste et soi-disant la plus sage de la planète va réussir à les exterminer en moins d'un siècle ! Un triste exemple de nos capacités à gérer nos ressources naturelles. Un pauvre héritage aussi que nous allons léguer à nos enfants... Le professeur Ove Hoegh-Guldberg, un expert en blanchiment corallien à l'Université de Sydney a estimé que la perte économique entraînée par le blanchiment du corail allait se chiffrer en milliards de dollars chaque année pour l'économie australienne (industrie du tourisme et de la pêche). Des espadons en mer du Nord La situation est identique pour la pêche. Depuis 1960, l'augmentation de la température des eaux a provoqué une chute de la production des oeufs de poissons.
En parallèle, on trouve dans nos eaux européennes des poissons peu communs voire inconnus jusqu'alors. Ainsi le 9 octobre 2005 un touriste a pêché un espadon de 3.50 m et 150 kg en Méditerranée, au large de Port-Vendres à Argelès (près de Perpignan, non loin de la frontière espagnole). Plus étonnant, le 8 août 2006, un touriste naviguant au large de Newbiggin-by-the-Sea, dans le Northumberland, près de l'Ecosse a également pêché un espadon de 1.80 m et 26.3 kg. Or si l'espadon existe dans le Pacifique, dans l'Atlantique Nord et même en Méditerranée, c'est la première fois qu'on en voit dans la mer du Nord ! La migration lessepsienne En 1869, la compagnie de Ferdinand de Lesseps inaugura le Canal de Suez sans se douter que sa construction allait donner naissance à une importante migration biologique entre les eaux de la mer Rouge et la Méditerranée; c'est la migration lessepsienne qui se manifeste rarement dans l'autre sens. En effet, depuis quelques années, des poissons-lapins et des poissons-écureuils ont élu domicile en Méditerranée, deux parmi quelques 600 nouvelles espèces ! Vivant habituellement dans la mer Rouge, elles ont remonté le Canal de Suez trouvant aujourd'hui les eaux de Méditerranée à bonne température... Cette migration lessepsienne s'applique également aux algues, aux requins, etc. Même les gros mérous sont devenus plus nombreux en Méditerranée, signe indubitable que les eaux se sont réchauffées car ce poisson vit généralement dans les récifs de corail. Ne soyons donc pas surpris si un jour des plongeurs découvrent un mérou de Grace Kelly derrière une gorgone de Méditerranée ! Ce jour là nous aurons de bonnes raisons de nous alarmer, mais il sera trop tard; les eaux seront devenues tropicales pour longtemps. Changement du régime des pluies L'augmentation de la température et du volume de l'air suite à l'augmentation de l'effet de serre entraîne une augmentation de la vapeur d'eau dans l'atmosphère. Plus d'humidité dans l'air signifie plus de nuages et un risque accru de précipitations. S'il pleut sur un sol très sec voire désertique, celui-ci devient temporairement imperméable et, lorsque les précipitations sont intenses, on assiste à une érosion accélérée des sols. Si les terres et les nappes phréatiques sont déjà saturées d'eau, elles ne pourront plus absorber les nouvelles précipitations. Les rivières, les fleuves et les lacs vont se gonfler, augmentant le risque d'inondations dans toutes les régions, y compris sur les versants drainants. Précipitations et inondations répétées sont des événements auxquels on assiste de plus en plus fréquemment à toutes les latitudes tempérées et subtropicales. Aucun pays n'est épargné. Quand l'exceptionnel devient la règle Etablir un lien entre des événements locaux jugés anormaux par la population et le réchauffement climatique est prématuré car les données climatologiques sembent indiquer que ces phénomènes restent exceptionnels même si les inondations, les tempêtes de neige et les canicules se répètent plus souvent ces dernières années. En Occident comme ailleurs, il faut également tenir compte de l'aménagement du territoire et des constructions disposées parfois en dépit du bon sens le long de cours d'eau ou des plages connus historiquement pour leurs crues ou leur tsunami quand les habitations ne sont pas installées sur des versants instables ou sur d'anciennes mines. Les communes à risques sont aujourd'hui sensibilisées à ce problème qui peut coûter très cher à l'Etat lorsqu'il faut dédommager les sinistrés. Les responsables communaux et régionaux tentent de réparer les erreurs du passé en réaménageant le territoire. A défaut de pouvoir résoudre le problème à la source faute de consensus, parmi les solutions efficaces il y a l'interdiction de construire dans les zones inondables, le réaménagement des berges des grands fleuves (Loire, Rhin, Danube, etc) et l'aménagement de zones tampons sous forme de réserves naturelles inondables qui font office de lieu touristique en temps normal. Cependant, ces réalisations n'ont aucun impact sur la quantité de vapeur d'eau contenue dans l'atmosphère qui demeure une préoccupation majeure. Si ces crues et autres glissements de terrains restent exceptionnels des changements à grande échelle comme la fonte des glaces, l'élévation du niveau des océans ou de la température des mers sont les signes d'un changement en profondeur et durable. 2007, quatrième rapport de l'IPCC A l'intention des pollueurs irresponsables de notre planète et à tous ceux qui ne croient pas encore être responsables à leur échelle du réchauffement climatique, le 2 février 2007, le Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat (GIEC ou IPCC) annonça que "l'essentiel de l'accroissement observé sur la température moyenne depuis le milieu du 20eme siècle est très vraisemblablement dû à l'augmentation observée des gaz à effet de serre anthropiques. Le réchauffement du système climatique est sans équivoque car il est maintenant évident dans [...] l'accroissement des températures moyennes mondiales, la fonte généralisée de la neige et de la glace et l'élévation du niveau moyen mondial de la mer". Si nous ne prenons pas d'urgence des mesures pour lutter contre l'émission des gaz à effet de serre, l'IPCC a estimé que la température moyenne du globe pourrait s'élever de 1.8 à 4° d'ici à 2100. Rappelons qu'entre 1850 et 2005, la température moyenne du globe n'a augmenté que de 0.75° et nous avons tous en mémoire les catastrophes que cela a entraîné et continue de déclencher par inertie. Avec une augmentation de 4° au maximum, on peut craindre les pires catastrophes climatiques... et donc une mortalité très importante, y compris en Occident. Cette conclusion devrait alarmer nos politiciens. Heureusement, cette fois le Président Bush Jr a entériné les conclusions de l'IPCC. Lors du précédent rapport de l'IPCC en 2001, les scientifiques estimaient à 66% de probabilité le fait que le réchauffement climatique soit lié aux activités humaines. En 2007, la probabilité est passée à... plus de 90% ! Autrement dit, quoiqu'en pense Bush Jr et ses acolytes, nous sommes bien responsables du déréglement climatique de la planète. Pour appuyer ce constat et l'action des scientifiques qui depuis plus de 20 ans sensibilisent le public et le monde politique aux dangers que nous faisons courir à la planète, l'institut Nobel n'a pas hésité à décerner le prix Nobel de la paix à M.Al Gore et à l'IPCC, le 12 octobre 2007. A lire : Le prix Nobel de la paix attribué à Al Gore et au GIEC Le climat est donc en train de se modifier à long terme. Si nous voulons enrayer ce processus, il faut impérativement prendre des mesures, non pas pour protéger les économies florissantes des pays industrialisés mais au contraire pour les ralentir et trouver des alternatives afin de prévenir ce réchauffement global qui nous concerne tous et affectera la façon de vivre de nos enfants. C'est la seule manière d'agir si nous voulons assurer la pérennité des économies locales et bien entendu pour préserver la biodiversité sans laquelle nous allons tout droit vers une catastrophe sur le plan écologique et sans doute localement sur le plan économique. Outre la responsabilité des hommes dans la crise climatique que nous connaissons, le plus grave est que nous n'avons aucun moyen d'arrêter immédiatement le réchauffement climatique. Comme un volant d'inertie, la sensibilité et les interactions du système sont telles que des mesures en faveur d'un ralentissement ou un arrêt du réchauffement climatique prendront des décennies pour produire un effet quantifiable. En attendant, nous sommes là, atterrés (quand les gens en ont conscience), assistant impuissants aux conséquences de nos erreurs... Si la situation est parfois dramatique, elle deviendra révoltante pour nos enfants et leurs descendants qui devront non seulement survivre dans une économie toujours plus âpre au gain mais devront en plus subir les effets de l'orgueil et de l'égoïsme de leurs parents et leurs ancêtres durant toute leur vie. Pour la solidarité, ils espéraient sans doute mieux que ces actions inconsidérées. Et de nous dire d'une seule voix : "Merci pour le cadeau délétère...!" Que pouvons-nous faire pour les aider et endiguer le processus de réchauffement climatique ? C'est l'objet du Protocole de Kyoto. Prochain chapitre
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