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Sauvons notre planète (I) Lorsque j'étais petit mes parents m'ont appris à mettre les papiers à la poubelle et ma maman me faisait de grands yeux quand j'essayais d'en évacuer un d'une manière plus cavalière et moins contraignante. Plus tard quand je visitais la Suisse j'ai toujours été étonné par la propreté de leurs voies publiques. Aujourd'hui quand je vois des sacs en plastique traînés sur les plages ou sur des îles, des détritus jetés en forêt ou des fabriques polluantes implantées en bordure des rivières, je me demande si son propriétaire éprouve la moindre culpabilité ou à conscience de la fragilité de sa planète. L'état de santé de nos écosystèmes est entre nos mains et me laisse perplexe; qu'avons-nous fait pour en arriver là et quelles mesures prenons-nous pour corriger les erreurs du passé ? Nous tenterons de répondre à ces deux questions dans cet article en prenant quelques exemples explicites d'activités humaines mal gérées. Le constat n'est malheureusement pas flatteur, ni pour les pouvoirs publics ni pour les industriels. La Terre : un bilan de santé fragile Si nous faisons le bilan, les personnes les moins touchées par cette problématique essayeront de relativiser cet état de fait. Prenons l'effet de serre. D'un point de vue climatique, plusieurs fois au cours de son évolution, la Terre connut des périodes de glaciation suivies par des périodes très douces où la végétation devint luxuriante sous les tropiques.
Ce phénomène est naturel, la Terre étant à même de préserver son équilibre thermodynamique. Ces variations climatiques sont cycliques et se reproduisent environ tous les 100000 ans[1], affectés d'oscillations plus discrètes provoquées par les mouvements de la Terre. A plus long terme, le passage du Soleil dans les bras de la Galaxie peut entraîner d'autres modifications dont il est difficile de déterminer les effets précis. Mais cet écosystème est relativement sensible. Si la Terre a survécu durant 4.5 milliards d'années, comme tout être vivant elle peut mourir inopinément d'un coup de froid ou au contraire d'une montée trop rapide en température... En fait la Terre ne mourra pas au sens géologique du terme, il faut pour cela que son noyau et son manteau se refroidissent et se solidifient, ce qui n'aura pas lieu avant plusieurs milliards d'années (et nous serons carbonisés avant par le Soleil). En revanche, en de nombreux endroits, le sol sera devenu stérile et des régions entières ressembleront à une planète désolée ou pour toute animation nous nous devrons nous contenter de la poussière ou de la neige soulevée par le vent. La vie qui essayera de survivre dans ces nouvelles conditions climatiques hostiles mourra très rapidement faute d'adaptation à ses conditions de vie devenues extrêmes. Malheureusement nous faisons partie de cette bioscénose.
On a constaté depuis longtemps que tout déséquilibre local peut engendrer des perturbations à l'échelle globale, suite aux déplacement des masses d'air et des courants océaniques. Quand l’homme ne s’en mêle pas, dame Nature nous offre déjà quelques beaux exemples : les cendres volcaniques rejetées en 1982 dans la stratosphère par le volcan mexicain El Chiñon retombèrent sur toute l'Europe quelques semaines après l'éruption ; les gaz d’acide chlorhydrique et de dioxyde de soufre éjectés par le volcan philippin Pinatubo en 1991 se sont transformés en éléments actifs, les premiers dissous dans la vapeur d’eau sont retombés sous forme de pluies acides, les seconds transformés en acide sulfurique sont devenus de nouveaux aérosols qui ont augmenté l’albédo de la Terre et l’effet de serre ; à l’instar des célèbres CFC, les millions de tonnes de chlore libérés par le Pinatubo se sont transformés en oxyde de chlore et ont accéléré la destruction de la couche d’ozone; citons enfin les tempêtes de sable qui se développent en divers endroits du monde (Afrique du Nord, Chine, Californie, etc) et qui soufflent sur les villes non seulement du sable mais précipitent également les émissions polluantes, les pollens et autres poussières vers le sol au point d'affecter la santé des personnes les plus sensibles. En permanence l'atmosphère entraîne les gaz et les scories de nos usines jusqu'aux antipodes, perturbant l'équilibre naturel de la planète. Ces particules sont très légères et resteront en suspension dans l'atmosphère ou s’accumuleront dans les cirrus pendant des années avant de retomber. Ce brassage est particulièrement important depuis le XXeme siècle où le tissu industriel et la pression démographique se sont étendus de façon exponentiel, de même que leurs rejets inévitables. A ce rythme, sans contrôle, vers 2050 la concentration de gaz carbonique dans l'atmosphère aura doublé. Ce phénomène aura des répercutions directes sur la masse des glaces polaires, sur la hauteur des océans et finalement sur les climats[2] et l'économie. Si le réchauffement se confirme, les grandes métropoles côtières seront touchées et envahies par les eaux pour des milliers d'années. Il y a également la question très sensible de l'altération de la couche d’ozone située dans la stratosphère. Les dégagements de gaz actifs tels l'oxyde d'azote, l'oxyde de carbone et le gaz carbonique par nos activités industrielles et privées détruisent les molécules d'ozone qui offrent un écran protecteur naturel contre les effets néfastes des rayonnements ultraviolets. En l’espace de 15 ans, la couche d’ozone a diminué de 6%. Selon différentes études, cette destruction n'est pas naturelle et déséquilibre les propriétés de la biosphère avec pour conséquence à moyen et long terme des cancers de la peau et l’aveuglement de certains animaux d’élevages
Mais ce n’est pas tout; d’autres facteurs contribuent à modifier les climats : les pluies acides, l’eutrophisation de l’eau et la déforestation. La destruction des forêts, qu’elle soit “naturelle” ou artificielle et l’érosion des sols dûe à la fréquence des récoltes, à la défoliation ou à l’utilisation massive des herbicides détruisent l’environnement en l’espace de 5 à 10 ans. La reforestation doit être une priorité. Pour réellement comprendre les interactions qui lient tous ces phénomènes, il faut assurer un contrôle continu des éléments entrant dans tous les processus touchant la biologie et la biochimie. Ces éléments sont le carbone, l’azote, le phosphore et le soufre et bien sûr l’oxygène avec lequel ils peuvent se lier. Se
greffe sur ces menaces celles qui pèsent sur l’équilibre écologique des
montagnes, y compris l’Himalaya. Tous les êtres humains dépendent des
ressources naturelles, bois, gaz, ressources minérales (eau, métaux,
etc) ou de l’énergie électrique. Selon Derek Denniston[3],
auteur d’une étude pour le compte du Worldwatch
Institute, dans les pays civilisés le facteur humain exerce une pression grandissante
sur les terres arables et la biodiversité. Les ressources minières font l’objet d’une
exploitation intensive[4]
et les activités humaines, touristiques et sportives appauvrissent les régions
montagneuses (sans parler des barrages, de la culture de la coca et l'exploitation des bois
précieux qui détruisent des centaines de
milliers d’hectares de forêt). Dans cette perspective il conviendrait de mieux répartir les terres
et les ressources locales. On y reviendra dans d'autrres dossiers.
Tous les scénarios que nous avons entrevus ne sont pas catastrophiques mais nous devons éviter qu'ils ne s'aggravent au risque de perdre une bonne partie de la biodiversité et de provoquer des catastrophes naturelles. C'est déjà le cas dans de nombreuses régions du monde. On en reparlera. Ce ne sont pas des chimères de quelques physiciens, n'en déplaisent à certains politiciens et chercheurs trop bien assis sur leurs privilèges et loin de la nature dans leurs bureaux calfeutrés. Si le progrès et l'activité industrielle doivent se poursuivre, l'alternative consiste à sensibiliser les pouvoirs publics de façon à ce qu'un programme de contrôle sérieux des rejets de tout ordre soit mis sur pied ainsi que des solutions alternatives. Si nous voulons que nous enfants puissent encore vivre sur Terre demain et ne nous demande pas pourquoi l'air sent mauvais, pourquoi la terre est si sale, pourquoi n'y a-t-il plus de poissons, le protocole de Montréal sur la réglementation des CFC, ratifié en 1988 doit être appliqué avec rigueur comme tous les autres accords concernant l'écologie. Le rôle des associations écologiques Il fut une époque, dans les années 1970, où les écologistes avaient mauvaise réputation. Ils étaient considérés comme des "hippies" et leurs discours méprisés par la classe politique. Beaucoup de dirigeants et même le public les considéraient alors comme des illuminés ou de gentils anarchistes. Leur discours ne reposait soi-disant sur aucun fondement scientifique et visait uniquement à polémiquer, déstabiliser ou critiquer le système en place mais sans apporter de solution. Pour organiser leur mouvement et sensibiliser le public à leur action, l'association internationale Greenpeace fut fondée en 1971. Depuis sa création, son rôle s'est avéré très utile quoiqu'en pense le pouvoir politique et certains scientifiques pour ne citer que M.Allègre. A l'image des autres organisations écologiques, cette association vise à protéger l'équilibre fragile de la Terre. Greenpeace récolte essentiellement des données sur l'écologie aux quatre coins de la planète et les communique au public. Chaque fois qu'elle découvre un fait ou un risque pour l'environnement ou pour la santé des hommes, elle sonne l'alarme. Ce n'est que légitime, non seulement pour préserver notre environnement, mais pour nous protéger nous-même ainsi que nos enfants. Mais tout le monde ne l'entend pas de cette oreille. A l'époque des explosions nucléaires françaises à Mururoa sur lesquelles nous reviendrons en détail, le Gouvernement français a fait courir le bruit que Greenpeace était une organisation terroriste et a si bien entretenu la rumeur que l'organisation a dû fermer son siège parisien durant plusieurs années ! Heureusement, son siège américain restait en alerte et suivait le dossier du nucléaire de très près. A se demander quelle attitude est la plus criminelle : celle d'une organisation civile informant le public concernant un risque sanitaire et environnemental ou celle d'un Etat cachant la vérité sur les retombées radioactives et laissant courir les enfants sur des terres contaminées... Heureusement, grâce aux scientifiques et aux journalistes d'investigations, la population est aujourd'hui consciente que le Gouvernement français lui a caché et continue à lui cacher des vérités que les autres pays ont depuis longtemps reconnu et dont ils discutent en toute transparence.
Dans le fond, les vieux politiciens français ne savent pas encore comment fonctionne la démocratie. Espérons pour le bien-être de tous que les jeunes élus ne feront pas les mêmes erreurs que leurs parents. Il apparut en effet très rapidement aux yeux du public et des scientifiques que ces écologistes de la première heure s'attaquaient à des problèmes fondamentaux, des sujets de société, mettant en exergue les carences du système, notamment la langue de bois des autorités, l'escalade à l'armement, les pollutions industrielles, le problème du nucléaire, l'inaction des gouvernements face à la destruction des écosystèmes ou aux modifications du climat, autant de domaines où les gouvernements et les industriels ont très mal géré la situation. L'incompétence ou l'irrespect de ces derniers a conduit et conduit encore localement à des excès, voire des délits et des accidents criminels pour le prestige ou le profit immédiat au détriment de la protection des populations et du développement durable. Ces attitudes égoïstes et irresponsables sont inacceptables dans un Etat de droits et doivent être sanctionnées. Les écologistes se sont opposés et continuent à s'opposer à l'utilisation de l'énergie nucléaire tant à des fins civiles que militaires du fait des désavantages et des risques évident liés à ce type d'énergie soi-disant propre, ils sont contre les industries polluantes, contre l'exploitation irréfléchie des ressources naturelles ou contre certains types de chasse notamment. Bref, pour les uns les "verts" sont soi-disant contre tout et n'offrent aucune alternative réaliste, pour les autres, favorables à leurs actions, ils représentent les défenseurs de l'environnement, les protecteurs de la nature qui ont une vision réfléchie des choses. Reconnaissons que les écologistes mettent les gouvernements en face de leurs responsabilités afin qu'ils gèrent dorénavant leurs dossiers en "bon père de famille" plutôt qu'en fermant les yeux sur les délits et les abus de toutes sortes. L'écologie, un style de vie Si les actions des écologistes ne sont pas à proprement parlé politique, les politiciens ont très vite compris qu'ils s'attiraient la sympathie de l'électorat s'ils présentaient un programme relatif à l'écologie en complément de leurs actions socio-économiques. Nous savons pertinement bien que s'opposer par exemple à la commercialisation d'emballages et autres conditionnements en plastique est probablement vain car cette matière offre des avantages pratiques et sanitaires évident, mais si un politicien chargé de la consommation ou de l'environnement à l'idée d'installer des containers pour les recycler, nous évitons de les jeter en décharge et participons à meilleure gestion de la planète. Cette méthode peut s'appliquer à tous les domaines. Finalement le point de vue des "verts" est très intéressant et mérite qu'il soit supporté et même développé à long terme. Aujourd'hui l'écologie fait partie de notre culture et même les pays en voie de développement ont bien conscience que c'est une priorité au même titre que le développement de leur société.
Greenpeace est devenu la multinationale de l'écologie. Elle est présente dans 40 pays et compte plus de 3 millions d'adhérents (2007). La "petite bande de hippies" a gagné sa réputation par le courage de ses activistes et la volonté de ses membres qui ont eu le courage d'affronter les autorités pour défendre un style de vie et leur planète. L'ambition des organisations écologiques est justifiée quand on voit l'état actuel de la planète et l'inertie des responsables politiques face aux comportements délictuels de certains de leurs administrés en matière de respect de l'environnement. Pour ceux et celles qui en douteraient encore, Greenpeace ne soulève pas que des délits. En concertation avec les chercheurs, leurs experts étudient également l'impact des activités humaines sur l'environnement et, le cas échéant, avertissent les autorités qu'il y a un risque potentiel à terme si elles ne prennent pas de mesures. C'est notamment le cas des industries polluantes, de l'épuisement des ressources d'énergie fossiles, de l'épuisement des nappes phréatiques et des lacs, de l'enfouissement des déchets industriels, de l'immersion des épaves en mer, des problèmes de sécheresse ou de la chasse des animaux sauvages parmi des dizaines d'autres exemples. Aujourd'hui leur attitude préventive est souvent relayée par les administrations publiques, surtout aux Etats-Unis, où le Ministère de l'Environnement est sous l'oeil de Greenpeace qui n'hésite pas à souligner les carences du système. L'Europe rattrape son retard mais étant constituée de nombreux pays indépendants, il faut une prise de conscience collective, des lois européennes et des services et donc des budgets pour contrôler leur mise en application et leur bonne exécution. La stratégie des associations écologiques vise à détourner et attirer l'attention des autorités qui, constamment harcelées, provoqueront une remise en question de la politique suivie en cette matière. Mais le bras de fer qui s'opère ainsi entre les chefs d'Etats ou d'industrie et ces organisations est souvent disproportionné vis-à-vis de la cause qu'ils défendent. Mais avons-nous d'autres choix ? Dans ce domaine une question parlementaire risque peu de sensibiliser le public et chacun sait que seule une action ferme et démonstrative est efficace. Si les actions vigoureuses des écologistes sont parfois violemment réprimées, c'est parce que leurs membres actifs sont passionnés par les idées qu'ils défendent et préfèrent l'action immédiate aux longs pourparler, souvent associés à la langue de bois et tributaires d'une politique politicienne. Encouragés par le public, les actions des écologistes furent plus d'une fois couronnées de succès (dénonciation de la pêche au thon non sélective, filtrage des eaux polluées, arrêt de l'activité des bâteaux-usines japonais, dénonciation de la présence de sous-marin russe dans les eaux nationales, retrait de plate-forme pétrolière offshore abandonnée, meilleur contrôle des OGM, etc).
Malheureusement, leurs activités sont souvent marquées par une passion outrancière qui déborde de la stricte rationalité, quand elle ne tourne pas au tragique (par ex. l'affaire des faux époux Turange en relation avec la DGSE). Chacun s'accorde à reconnaître que le rôle des militants écologistes devrait se limiter à signaler les carences du système, en laissant aux autorités le soin d'apprécier la portée de leurs actes et en respectant l'avis du plus grand nombre. Puisque rien n'indique qu'en ce domaine la démocratie est respectée, des actions coups de poing sont la seule alternative car non seulement elles dérangent mais alertent l'opinion publique et indirectement les médias et les autorités, ce qui est le but de la manoeuvre. Bref, en vivant comme des épicuriens nous biaisons quelque part les lois de la nature et trichons avec la loterie de la survie. Aujourd'hui les responsables politiques doivent gérer notre sphère écologique de façon intelligente de manière à ce que leurs actions aient des effets bénéfiques pour tous dans l'avenir. Les effets de la dégradation du milieu sont d'autant plus pervers que la plupart des effets sont invisibles : les gaz et autres polluants libérés dans l'air sont invisibles ou inodores, les sources alimentaires (eau et poissons) sont invisibles de la surface et la perte de biodiversité est invisible à court terme. Puisque les pollueurs agissent dans le cadre public et intentionnellement en dépit de la législation, le délit voire le crime parfois est doublement fautif. La condamnation devrait toujours être exemplaire avec dédommagement financier important, prise de corps et remise en l'état immédiat du cadre naturel. Mais c'est un voeux pieux, encore trop rarement exécuté. Ici encore, c'est vous est moi qui devons nous rassembler en associations, porter l'affaire en justice afin de mettre nos dirigeants devant leurs responsabilités, tant au plan national qu'européen ou mondial. Les projets avancent mais les procédures administratives sont très longues (jusqu'à plus de 10 ans) et les moyens restent très insuffisants devant l'ampleur de la tache. Prochain chapitre
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