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Plaidoyer : Quand la Terre tourne à l'envers

ou les raisons des modifications de l'écosystème

Christmas, Tokaï-Mura, Tchernobyl, ... (IV)

La situation est identique en Angleterre qui procéda à la même époque que la France à des essais nucléaires sur l'île de Christmas, au large de l'Australie. Les populations autochtones n'ont jamais été indemnisées ou prises en considération par le Gouvernement britannique pour les maladies contractées suite à la contamination radioactive.

Puis il y eut Three Mile Island en 1979 (Niveau 5 de l'échelle INES), Tchernobyl en 1986 (niveau 7), Tokaï-Mura en 1999 (niveau 4), et de nombreux incidents dans toutes les centrales (fuite d'une pompe primaire, défaillance d'une soupape haute pression, retrait de barres de bore au-delà des limites de sécurité, procédures non conforme, vol d'avion au-dessus de la centrale, personnel contaminé, etc.).

Voyons par exemple l'accident de Tchernobyl. Il est emblématique des attitudes pour le moins criminelles des gouvernements russes et français parmi d'autres. Oui, même dans un démocratie, les autorités agissent parfois contre l'intérêt de leur population !

En effet, tant la Russie que la France parmi d'autres nations méprisent leur population au point de la sacrifier si nécessaire pour le prestige et protéger contre vents et marées l'image soi-disant progressiste et sage de leur politique. Mais avec le recul, on constate que leur attitude est tout le contraire, hypocrite voire criminelle et irresponsable.

Malheureusement, des gens tout aussi irresponsables continuent à soutenir la politique de ces chefs d'Etat sans même chercher à comprendre et s'y opposer. Qu'ils ne s'étonnent donc pas de récolter ce qu'ils ont semé. Malheureux leur insouciance et leur manque de courage politique retombe sur la communauté. Même les journalistes et les scientifiques jouent leur jeu quand ils restent muets et ne réagissent pas devant les anachronismes, les erreurs et les manquements qu'ils constatent, aveuglés par les titres honorifiques ronflant qui auréolent ces politiciens ou leurs conseillers. Il est tellement plus facile de laisser faire que de se risquer à parler ou critiquer et perdre sa place ou ses subsides, n'est ce pas... Heureusement tout le monde ne l'entend pas ainsi.

Nous vivons en démocratie, profitez-en pour exercer votre droit à la parole et utiliser votre liberté d'expression, car ailleurs d'autres intellectuels n'ont pas la chance de pouvoir s'exprimer librement et sont prêts à mettre leur vie en danger pour excercer ce droit.

Que les propos qui suivent servent de leçon à tout le monde.

L'accident de Tchernobyl

La centrale nucléaire de Tchernobyl après l'explosion de l'un des 4 réacteurs en 1986. Document Chernobyl.com.

Aspect de la centrale nucléaire de Tchernobyl deux semaines après l'explosion du réacteur N°.4 en avril 1986. Du césium radioactif s'est échappé dans l'atmosphère. Le fallout retomba sur toute l'Europe.

La centrale nucléaire de Tchernobyl située en Ukraine près de la frontière Bélarus était l'un des fleurons de l'empire Soviétique, représentant la vitrine de son savoir-faire nucléaire. Capable de développer 1 GWe (3.2 GW d'énergie thermique) par réacteur, elle exploitait quatre réacteurs nucléaires de classe RBMK. Si elle avait été correctement maintenue et gardée sous contrôle, elle aurait pu produire de l'électricité durant plus de 50 ans et satisfaire les besoins en électricité de plus de 5 millions d'habitants.

Voyons en résumé comment l'accident s'est produit et les leçons qu'il faut en tirer. Pour ne pas surcharger ce dossier, nous décrirons en détail dans un autre article consacré à l'accident de Tchernobyl qu'elles furent ses conséquences sur les plans technique, sanitaire et politique.

Aux premières heures du 26 avril 1986, sur ordre du responsable d'exploitation, le responsable de la salle de commande N° 4, le contremaître Anatol Dyatllo donna l'ordre de procéder à un test du réacteur, test qui aurait dû être effectué avant sa mise en exploitation.

Au cours du test, les techniciens observèrent une chute brutale de la puissance du réacteur N°.4 de 1000 à 30 MWt. Pour y remédier il fallait augmenter la température pour réactiver la fission. Pour remonter plus rapidement la puissance, le contremaître exigea que l'on change les paramètres de l'essai et qu'on retire les barres de contrôle au-delà du seuil de sécurité. Au lieu d'en laisser 30 dans le réacteur il n'en laissa que 6 ou 8.

Une augmentation accidentelle du débit de l'eau (celle qui refroidit les barres de combustible) provoqua une chute de la pression de la vapeur. Si le système d'arrêt d'urgence avait été activé, il se serait déclenché et aurait stoppé le réacteur.

Pour maintenir la puissance, les techniciens ont donc été contraints de retirer les dernières barres de contrôles plongées dans le réacteur mais cela provoqua immédiatement une augmentation de la puissance du réacteur plutôt que sa diminution. Les techniciens ne sont pas parvenus à stabiliser la réaction et la température du réacteur continua d'augmenter de même que la quantité de vapeur.

A 1h23 du matin, sous la chaleur, plusieurs barres de contrôle se disloquèrent et des faisceaux d'uranium se rompirent. Des poussières radioactives entrèrent en contact avec l'eau et ce fut l'explosion. Elle fut suivie d'une deuxième explosion suite à la libération d'hydrogène. Cette détonation soulèva le bouclier de protection de 1400 tonnes protégeant le réacteur, exposant à l'air son coeur en fusion qui était devenu un brasié radioactif incontrôlable. De la vapeur à haute pression et des gaz brûlants radioactifs (Cs-137) s'échappèrent dans l'atmosphère. Les retombées furent équivalentes à 200 fois ce qui retomba sur Hiroshima et Nagasaki !

La radioactivité du nuage contamina gravement (> 40 kBq/m2) une superficie d'environ 160000 km2 dans la région de Kiev détruisant en quelques mois toute végétation aux alentours et contamina surnoisement tous les êtres vivants. Entraîné par des vents d'O-NO, le nuage se propagea à travers l'Europe centrale tandis qu'une autre composante, poussée par des vents d'E-NE se déplaça jusqu'en Europe occidentale mais paraît-il, le nuage s'arrêta juste à la frontière française... selon son gouvernement. Nous y reviendrons dans l'article consacré à cet accident.

Au bout de 10 jours les divers incendies qui s'étaient déclarés autour de la centrale furent maîtrisés. Mais durant ce temps, le nuage radioactif avait recouvert une superficie évaluée à 3.9 millions de km2 soit environ 40 % de la superficie de l'Europe avec du césium-137 d'une activité supérieure à 4000 Bq/m2 et localement dix fois plus importante ! Finalement le nuage enveloppa tout l'hémisphère Nord et on retrouva même des poussières radioactives au-dessus d'Hiroshima, située à 8000 km de distance !

A lire : L'accident de Tchernobyl

Positions respectives du nuage de Tchernobyl le 30 avril 1986 lorsqu'il survola la France (gauche), le 1 mai lorsqu'il atteignit la Belgique (centre) et le 3 mai 1986 lorsqu'il atteignit la Corse tout en diminuant d'intensité (droite). Documents IRSN.

Ensuite il y eut ce que les Russes ont appelé "la liquidation de Tchernobyl" : en quelques années plus de 700000 militaires et civils passeront par Tchernobyl pour nettoyer toute la région et obstruer la centrale éventrée. Les "liquidateurs" dont bon nombre d'employés de la centrales âgés entre 20 et 45 ans participèrent à la fabrication d'un immense sarcophage d'acier mais qui s'avéra peu fiable à long terme et risquait de s'écrouler. Un second abri le recouvre depuis fin 2016.

Tous les liquidateurs qui ont survécu sont aujourd'hui victimes du "syndrome de Tchernobyl"; tous sont soignés dans des hôpitaux car leur organisme est entièrement contaminé par la radioactivité, tant leurs organes que leur système nerveux ou leurs fonctions métaboliques. Ceux qui ont survécu sont handicapés mais le gouvernement continue à les ignorer ! Quant aux bébés nés après l'accident, la majorité ont présenté de graves malformations et sont profondément handicapés. Des millions de civils souffrent aujourd'hui d'un retard mental.

Les leçons de Tchernobyl : ils n'ont rien compris !

Cet accident qui demeure le plus grave dans l'histoire du nucléaire civil, porta un coup fatal au régime soviétique et à la politique d'ouverture et de transparence du Président Gorbatchev. A son tour, l'Union soviétique explosa en mille républiques en 1991. Tchernobyl révéla au monde la fragilité du pouvoir des hommes et les contradictions internes du système communiste qui est seul responsable de cet accident. En effet, les autorités avaient été averties à maintes reprises des risques qu'il y avait à ne pas assurer la maintenance du réacteur et à placer des hommes incompétents  à sa direction. Elles connaissaient également les défauts de conception du réacteur RBMK

Tchernobyl a entraîné la première prise de conscience mondiale du risque nucléaire et, seul point positif de cet accident, il incita les Grandes Puissances à organiser la première conférence mondiale sur la réduction des armées nucléaires, le fameux traité START (Strategic Arms Reduction Treaty) sur la réduction des armements stratégiques.

Sergeï Yankovsky, l'un des enquêteurs de Tchernobyl, avoua récemment que la CEI n'a toujours pas compris la leçon et continue à mépriser son peuple : des usines continuent à polluer la population russe disait-il, des missiles touchent nos villes, des avions s'écrasent sur les habitations... On pourrait ajouter que le cosmodrome de Baïkonour pollue plus qu'à son tour et que des sous-marins équipés de bombes nucléaires non armées explosent pour satisfaire le pouvoir de quelques présidents démagogues qui ont oublié que la Guerre Froide de papa appartient à un autre époque.

Après cette sinistre expérience, les autorités russes décidèrent de ne plus construire de centrales nucléaires mais ils revinrent sur leur décision en 2003 en accord avec les instances européennes... Ils envisagent même de remettre en route un réacteur de type RBMK !

Mais Tchernobyl n'est que l'élément de trop qui fit exploser le dernier sentiment de confiance que certains avaient encore dans l'énergie nucléaire. Aujourd'hui, plusieurs lacs et rivières russes sont gravement contaminés par la radioactivité. Le lac Karatchaï situé dans les contreforts de l'Oural) a servi durant des années de décharge à quantités de liquides radioactifs. D'une superficie de 45 ha, on estime que le fond du lac renfermerait 4.4 x 1018 Bq de déchets nucléaires, soit deux fois ce que libéra le nuage de Tchernobyl ! C'est le lac le plus radioactif au monde avec un taux de radioactivité de 600 mSv/h !

Selon le CNRS, ces déchets se déplaceraient actuellement le long de la rivière Irtych et menaceraient à terme de polluer toute la région de Sibérie occidentale et l'océan Arctique. La situation est même pire dans les régions de Tcheliabinsk (Oural), Tomsk et Krasnoïarsk (Sibérie) où sont concentrés près de 8.51 x 1019 Bq de déchets principalement d’origine militaire !

Enfin, il reste la question sensible des déchets radioactifs immergés jusqu'en 1982 dans de profondes fosses sous-marines par une douzaine de pays, dont les États-Unis, la Russie, la France et le Royaume-Uni. Les Russes auraient poursuivi cette pratique jusqu'en 1992, n'hésitant pas à immerger des réacteurs et des sous-marins nucléaires.

Il est évident que le métal immergé va se corroder au fil des décennies et des siècles. Un fût de déchets nucléaires plongé en mer est attaqué par le sel et les bactéries et selon les estimations il ne résisterait pas plus de quelques décennies avant de commencer à fuir. Même si le volume d'eau contribue largement à diluer la pollution sous des seuils non toxiques, nul ne peut affirmer quels seront les effets à long terme de toute cette pollution. Il est cependant certain qu'en cas de fuite, les éléments radioactifs finiront pas se concentrer au sommet de la chaîne alimentaire et l'homme sera le premier à passer à table. Nos descendants vont déguster les erreurs des irresponsables du XXe siècle ! Merci aux présidents Nixon, Ford, Carter, Brejnev, Thatcher et Giscard d'Estaing !

Et partout dans le monde la situation est pareille : on désinforme, on contamine, on méprise ou on tue la population pour préserver une économie ou le prestige d'une nation. Nous avons l'exemple avec les présidents Bush Jr, Hu Jintao (Chine), Putine et Berlusconi notamment qui seraient plus à l'aise derrière les barreaux d'une prison, tenant compagnie à Chirac. Un autre exemple parmi des dizaines d'autres suffit pour dénoncer leur attitude : l'accident du Kursk.

Prochain chapitre

Est-ce un rêve ou un cauchemar ?

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