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Plaidoyer : Quand la Terre tourne à l'envers

ou les raisons des modifications de l'écosystème

Est-ce un rêve ou un cauchemar ? (V)

En comptabilisant au fil des années les accidents écologiques qui se produisent à travers le monde, les décisions irréfléchies des chefs de gouvernements ou des autorités locales, parfois on se demande si on ne vit pas un rêve ou plutôt un cauchemar éveillé...! Voici quelques exemples révélateurs de l'insouciance et de l'irrespect de certains de nos compatriotes envers la nature. Dans la plupart des exemples, la population a été contaminée.

Bhopal, victime des multinationales

Durant la nuit du 2 au 3 décembre 1984, sans bruit, un nuage blanc et dense est descendu sur Bhopal, une ville de plus d'un million d'habitants située dans la province de Madhya Pradesh, en Inde. 500 litres d'eau s'étaient infiltrées dans un réservoir de MIC (isocyanate de méthyle), un gaz toxique hautement mortel stocké par l'une des usines chimiques d'Union Carbide, provoquant la libération du gaz. La multinationale avait préféré mettre hors circuit quatre systèmes de sécurité pour des raisons d'économie d'échelle et gagner ainsi quelques dollars.

A lire : Bhopal, un verdict injuste après 26 ans de procédure (sur le blog, 2010)

  La liste des 10 villes les plus polluées de la planète (sur le blog, 2007)

A gauche, non, ce n'est pas une poupée... Cette image révoltante est celle d'un enfant victime du gaz MIC. Cette image a fait le tour du monde. A droite, une partie des installation corrodées, abandonnées par Union Carbide (Down Chemicals) telles qu'elles se présentent aujourd'hui. Documents Raghu Rai/Greenpeace.

Si officiellement 3500 personnes sont décédées, selon les ONG quelque 25000 personnes ont succombé pour cette terrible négligence tandis que 50000 autres portent aujourd'hui les séquelles dans leurs chairs : elles sont devenues borgnes, aveugles, sont brûlées ou portent des malformations congénitales !

Suite à des arrangements douteux entre les avocats américains d'Union Carbide et le gouvernement indien, le procès de la société s'est déroulé en Inde, histoire que si la société était condamnée, elle payerait moins d'indemnités aux victimes... Et de fait, au terme d'un procès express, les familles des victimes ont été indemnisées à concurrence d'environ 750 € chacune, une misère ! 

Mais ce n'est qu'en 2010, après 26 ans de procédure pénale, que le verdict tomba. Les 7 principaux dirigeants d'Union Carbide India furent condamnés à 2 ans de prison et à une amende de 100000 roupies (2100$). L'ancien président d'Union Carbide India, Keshub Mahindra, aujourd'hui directeur général du constructeur de véhicules utilitaires Mahindra & Mahindra, a écopé d'une amende de 500000 roupies (10600$) pour... négligence, un déni de justice ! On s'attendait au moins à ce que les responsables soient condamnés pour homicide involontaire ! C'est ici qu'on se rend compte de la toute puissance des sociétés multinationales !

Vingt-cinq ans plus tard, l'usine à pesticide se dresse toujours dans la ville, telle un vaisseau fantôme envahi par la rouille et les mauvaises herbes. Le réservoir E610, source de tous les maux est toujours sur place, narguant ses habitants. Ni la société ni le Gouvernement n'a décontaminé le site et nettoyé cet univers chaotique. Et pour cause, le contrat d'entreprise stipulait que la société n'était pas tenue de remettre le site en état après son départ ! 

Aujourd'hui des métaux lourds ont été identifiés dans la terre et les nappes phréatiques : nickel, mercure, plomb, zinc. Les premiers habitants se trouvent à 10 mètres de l'usine et pompent l'eau du sol ! Empoisonnée, c'est toute une génération de victimes qui frappent aujourd'hui aux portes d'Union Carbide.

Scandalisée par l'attitude d'Union Carbide et de leur gouvernement, les victimes et les associations écologiques indiennes ont finalement décidé d'attaquer la société-mère américaine en vertu du principe "pollueur-payeur". Aujourd'hui, soit 25 ans plus tard, si la plainte a bien été déposée aux Etats-Unis, le procès se fait toujours attendre.

Mais la société Union Carbide a bizarrement disparu. Elle a été rachetée par Down Chemicals en 2001 qui n'entend pas s'occuper du passif lâchement abandonné par l'ancienne société... L'usine serait-elle devenue propre ou ses dirigeants amnésiques et insensibles à la détresse humaine ? En revanche, ils n'oublient pas d'exploiter les gens ! 

Down Chemicals devrait changer son slogan et au lieu d'écrire sur ses pesticides "tue la vermine", il serait plus approprié qu'elle écrive "Après nous, les mouches".

Et puis il y eut Seveso, les rejets radioactifs de La Hague et les métaux lourds déversés par Solvay à Rosignano.

Les plages paradisiaques de Rosignano Solvay

En 1912, Rosignano Marittimo était une lande désertique située sur la côte Toscane à 100 km au sud-ouest de Florence. Puis Ernest Solvay a implanté son usine de soude. Du jour au lendemain une ville est sortie de terre. Solvay a construit des maisons, des hôpitaux, des écoles, des parcs, le théâtre, le stade et le centre culturel. Il a développé la poste, la gendarmerie, créé des centaines de postes de travail et... offert une belle eau turquoise à ses habitants ainsi qu'on le voit très bien sur cette image satellite.

Les eaux turquoises de Rosignano.

Mais cette attitude est trop sociale et inhabituelle pour être neutre. Jamais une entreprise commerciale ne placerait son argent dans la vie publique s'il n'y avait pas un retour sur investissement, du point de vue fiscal, économique voire des relations avec les autorités, à toute bonne fin...

Ah oui, j'oubliais un "détail", la plage et l'eau de mer si belle de Rosignano est légèrement polluée, d'abord ce fut par les métaux lourds puis par le calcaire et que sais-je encore... Le traitement de la soude présente de gros inconvénients.

Solvay ayant donné sa prospérité à la ville qui compte aujourd'hui 32000 habitants, ceux-ci sont tiraillés entre colère et reconnaissance. Toutefois, sous la pression des opposants, Solvay a signé un accord avec la municipalité en 2004 pour réduire ses déversements en mer. 

Mais les autorités locales tiennent à la blancheur artificielle de leurs plages et leurs eaux aussi turquoises que celles de Polynésie, même s'il n'y a plus d'algues, plus de poissons et si le fond de la mer est stérile... Certains habitants acceptent même comme du pain béni les mesures effectuées par Solvay.

Heureusement, certaines associations écologistes dont Greepeace veulent aller plus loin et souhaitent examiner tous les protocoles de mesures et en particulier effectuer des prélèvements plus en amont du site de déversement, là où le bât blesse car ils sont certains d'y trouver des polluants. Mais selon les responsables de Solvay, les accusations sont non fondées : tout va bien messieurs, dames, il n'y aucun risque. Nous avons déjà entendu ce genre de discours de la part d'irresponsables à d'autres occasions. On nous a trop souvent menti pour les croire sur parole.

Comme pour avouer son impuissance ou son manque de courage, l'ancien maire Gianfranco Simoncini disait que "de toute façon il faudrait un siècle pour que les plages redeviennent normales..." Autant qu'il nous dise franchement "pourquoi s'inquiéter pour demain, nous ne serons de toute manière plus là pour assumer les conséquences de nos actes !"... Ce n'est pas exactement le genre d'attitude que nous attendons d'une autorité publique.

Non mais je rêve ou je fais un cauchemar ? C'est malheureusement la triste réalité dans laquelle nous pataugeons depuis des décennies, totalement impuissants ou presque devant l'inaction des autorités. Une fois encore, seules des associations civiles et supranationales peuvent améliorer les choses et mettre les pouvoirs publics face à leurs responsabilités : si Rosignano a été pollué, le site doit être nettoyé coûte que coûte et remis à l'état naturel. Si l'assainissement est valable pour les décharges publiques ou les marées noires, il l'est tout autant pour le déversement de produits chimiques polluants. Solvay, tu sais ce qu'il te reste à faire !

Mer d'Aral, mer Blanche, mer Noire...  bientôt mers mortes !

Et ils continuent ! Durant le régime communiste l'usage immodéré des ressources a perdu la mer d'Aral et la méconnaissance de l'environnement a condamné la mer Blanche, bouleversant toute la biosphère sur 40 km à la ronde; ces bassins fermés n'ont pas résisté à la pression des hommes.

Combiné au réchauffement climatique, il y a 20 ans les rivages de la mer d'Aral avaient reculé de 100 km, sa superficie avait diminué de 40% et sa surface était 70 mètres plus bas que du temps d'Alexandre le Grand, il y a plus de 2300 ans !

A gauche, la mer Noire photographiée le 9 juin 2003. On distingue au nord près du Danube, en vert, les traces d'alluvions riches en nutriments et au sud, en turquoise, des traces probables de phytoplancton. Au centre, ce que devient la mer Noire : un égoût à ciel ouvert. A droite, ce qui restait de la mer d'Aral en 2014 : moins de 10% de sa superficie, un peu d'eau polluée dans beaucoup de sable. Documents NASA/SeaWiFS, RDT Info/CE et Google.

Aujourd'hui, faute d'être alimentée par ses anciens affluents et ne pouvant compter que sur les faibles quantité d'eau de pluie pour se régénérer, en beaucoup d'endroit la mer d'Aral n'est plus qu'une vaste étendue de sable. Les photos satellites montrent clairement que cette mer a perdu plus de 90 % de sa superficie en deux générations et est en train de disparaître par la faute des hommes.

A quelques centaines de kilomètres vers l'ouest, depuis deux générations, les Soviétiques ont vu progressivement la mer Noire, profonde de 2200 m, servir de poubelle à 17 pays qui y déversent leurs déchets sans aucun contrôle. Ainsi, on estime que chaque année les pays riverains déversent dans la mer Noire 50000 tonnes d'hydrocarbures, 6000 tonnes de zinc, 4500 tonnes de plomb, 1000 tonnes de chrome, 280 tonnes de cadnium et 60 tonnes de mercure !

Depuis les années 1980, certaines zones de la mer Noire sont convertes d'une boue d'acide sulfurique de laquelle s'échappe de l'hydrogène sulfureux, condamnant toute vie marine et côtière...

Devant cette situation alarmante, une Commission de la Mer Noire a été créée en 1992 comprenant des représentants de la Bulgarie, de la Géorgie, de la Roumanie, de la Russie, de la Turquie et de l'Ukraine pour mettre fin aux activités polluantes et irresponsables des industriels (cf. ses publications sur l'état de l'environnement).

Mais de toute évidence son pouvoir est resté sans effet. En 2008, à peine 200 m de profondeur de mer étaient encore "vivants", abritant de nombreuses espèces de poissons et de plancton. Entre 200 m et 2200 m de profondeur, la mer Noire est morte, privée d'oxygène où ne vivent que des bactéries ! Un plongeur ne pourrait pas y rester une minute au risque d'avoir les yeux irrités et voir son matériel se corroder...

Le lac Poopó en Bolivie

On constate le même problème en Bolivie avec le lac Poopó situé à 3680 m d'altitude qui est devenu méconnaissable entre 1986 et 2016 comme on le voit ci-dessous. Ce lac d'une superficie d'environ 4000 km2 en 1986 est alimenté par la rivière Desaguadero qui s'écoule du lac Titicaca. Ce lac est toujours bien alimenté. En revanche, les autorités n'ont pas géré le contrôle des barages en aval alors que les habitants et les industriels dérivaient son eau pour alimenter leurs champs et les mines. Aussi, progressivement la rivière s'est remplie de sédiments et s'est asséchée suite à son exploitation intensive par les industriels. Résultat, le lac Poopó s'est dramatiquement asséché en l'espace de 30 ans. Selon Victor Hugo Vazquez, gouverneur de la région de l’Oruro, en 2015 il ne restait que 4% de sa surface ! 

Concernant la faune, trois des quatre espèces de poissons endémiques ont déjà disparu (le Mauri, le Carache et l'Ispi) et les 34 espèces d'oiseaux marins sont en train de disparaître. Quant à la flore, sur les 17 plantes supérieures et les 3 espèces d'algues vivant dans ou près de ses eaux, l'augmentation de la désertification et le retrait du littoral vont entraîner leur disparition d'ici une décennie.

Le Bassin du Poopó est exploité pour ses minerais depuis l'époque des Incas au XIIIe siècle qui en tirait des métaux à usage militaire. Ensuite, au XVIe siècle, les colons espagnols l'ont exploité à plus grande échelle mais c'est à partir de la fin du XXe siècle (~1990) que la situation est devenue alarmante.

Aujourd'hui, en raison de son assèchement, le lac Poopó a concentré les métaux lourds comme l'arsenic, le plomb et le cadmium qui selon l'OMS dépassent les valeurs tolérables et rendent à présent son eau non potable.

Par conséquent, toutes les familles qui vivaient de la pêche se retrouvent sans eau, sans nourriture, sans travail et ne peuvent plus payer les études de leurs enfants comme l'explique cet article de Juan Karita d'Associated Press. Une poignée d'entre elles sont parties pour la capitale La Paz en espérant y trouver un avenir meilleur mais plus souvent pour grossir les files de chômeurs et vivre dans la misère. Selon les autorités, à ce jour plus de 3250 Boliviens sont restés sur place et ne survivent que grâce à l'aide humanitaire.

A voir : Inside the Americas – Bolivia’s Lake Poopo Transformed into Desert

A gauche, état du le lac Poopó ou ce qu'il en reste en Bolivie entre le 11 octobre 1986 et le 16 janvier 2016; près de 4000 km carrés se sont transformés en désert pour le seul profit des pays industrialisés ! Au centre, l'épave d'un barque sur le lac asséché tel qu'il était le 12 janvier 2016. A droite, ce qui reste des poissons. Aujourd'hui, il ne reste que quelques kilomètres d'eau tandis que plusieurs millions de poissons et 500 oiseaux sont morts suite à cette la sécheresse. Documents USGS, Juan Karita/AP et David Mercado/Reuters.

Dans la région, le réchauffement climatique entraîné par le phénomène El Niño a provoqué une augmentation de 1°C de la température moyenne en l'espace d'un siècle ce qui a contribué à multiplier par trois le taux d'évaporation du lac. Mais ce phénomène n'explique pas à lui seul qu'il ait pratiquement disparu en quelques décennies ainsi que toute la faune qui en dépendait (des millions de poissons et 500 oiseaux sont morts suite à cet assèchement). Comme ce fut le cas de la mer Noir, le lac Poopó est en train de disparaître en raison de son exploitation intensive par les 150 mines de la région qui extraient le lithium et d'autres minerais très convoités par les industries automobiles et électroniques des pays industrialisés !

En 2014, le lac Poopó fut déclaré "zone sinistrée" et voyant que la situation empirait, fin 2015 Victor Hugo Vazquez a lancé un appel international pour sauver ce qu'il reste du lac et dénoncé "l'attitude et l’irresponsabilité des pays industrialisés qui polluent 365 jours par an". C'est un triste exemple où la technologie moderne de l'Occident contribue depuis 30 ans et sans remords à la disparition d'un lac vital pour ses habitants et à l'exode de sa population.

Comment ne pas se révolter devant une telle énumération et tous les autres accidents écologiques qu'on ne peut citer ici... !

Tous ces accidents et changements climatiques sont graves et ne peuvent pas nous laisser indifférents. Ces négligences, qui touchent la responsabilité suprême des nations, coûtent très cher quand elles ne tuent pas les hommes.

En 1994, la pollution de la mer et des rivages de l'Alaska par le pétrole coûta à la société Exxon Valdez la somme de 7 milliards de dollars. Les victimes en espéraient trois fois plus. Par endroit les rives étaient tellement imprégnées de pétrole que les experts travaillèrent dix ans pour que le biotope retrouve son aspect naturel !

A télécharger : Google Earth Engine

Evolution de la Terre depuis ~1984 en time-lapse

A consulter : Les impacts de l'homme sur l'eau (sur ce site)

L'hydrazine de Baïkonour

Le 13 janvier 2005, lejournal Nature (433, p95) présenta une étude encore non publiée sur l'état sanitaire de la région de Baïkonour, où se trouve le célèbre cosmodrome russe. Selon les auteurs de l'étude, depuis plus de 40 ans que le site est utilisé pour lancer des fusées, suite à la retombée des étages propulseurs et des réservoirs, de grandes quantités d'hydrazine ont été libérées dans l'atmosphère et des milliers de débris métalliques, petits et gros, ont été dispersés sur des milliers de kilomètres carrés.

Or l'hydrazine est un gaz toxique (à Cap Canaveral ou Edwards par exemple, lorsque la navette rentre de mission, les ingénieurs ne s'approchent pas des moteurs sans porter une combinaison étanche). Les médecins russes constatent aujourdui qu'il y a deux fois plus de cancers dans la population des enfants que dans la moyenne de la population. Les adultes se plaignent également de malaises qui semblent bien liés à la dispersion de ce gaz dans l'atmosphère.

Vue des installations spatiales de Baïkonour. Au centre, une fusée Proton. A droite le genre de débris qu'on peut trouver un peu partout dans la région. Dans ce cas-ci, il s'agit d'un morceau du réservoir d'un lanceur N1. Documents Klaus Andrews, Atlas Aerospace et Mark Wade.

A ce jour, le maire de Baïkonour refute les accusations. Mais il est un fait que la population a été contaminée du fait de l'activité astronautique de la base.

Aujourd'hui les habitants de Baïkonour se demandent pourquoi ni l'agence soviétique ni la NASA ne les ont mis en garde à propos des risques liés à l'activité du centre. Comme toutes les questions touchant à la santé des populations, la réponse se fait attendre.

Les débris de satellites et l'aluminium

Il est des pollutions dont on parle très peu mais qui participent néanmoins à l'augmentation de la pollution de la planète. C'est notamment le cas des débris de satellites et de l'aluminium perdu par les fusées.

Au jeu de la course à l'espace, d'un point de vue écologique, aucune agence astronautique n'est "clean", ni la NASA, ni l'ESA ni même la petite JAXA japonaise. Pour des questions de prestige, les autorités feignent d'ignorer ces problèmes, les minimisant pour insister sur les bénéfices qu'apporte leur technologie. Mais le progrès est un concept bien relatif. En voici une autre preuve.

Toutes les agences spatiales se ventent de surveiller la pollution terrestre et de développer des programmes d'entr'aide avec les pays du tiers monde.

 Depuis 1958, les agences astronautiques lancent dans l'espace des fusées dont les propulseurs retombent généralement sur Terre et coulent au fond des océans. C'est par dizaines de milliers que se comptent aujourd'hui les débris des différents étages des fusées et des satellites qui sont retombés au terme de leur mission. A l'image des épaves, ils pollueront les océans durant des centaines d'années. Et ne parlons pas des milliers de débris de grande taille qui sont toujours satellisés et resteront en orbite durant des milliers voire des millions d'années si on ne se décide pas un jour à dépolluer l'espace.

De plus, chaque lancement de fusée s'accompagne de pertes d'aluminium qui vient s'ajouter aux autres éléments atmosphériques pour former des pluies acides. Leur quantité est bien sûr sans rapport avec les autres polluants majeurs de l'atmosphère (gaz carbonique, etc), mais goutte après goutte, les petites rivières font les grands fleuves. Les agences spatiales ont-elles réfléchi à cette question et pris des mesures concrètes pour y remédier ? Il est certainement plus facile de critiquer son voisin que de voir ses propres erreurs.

Impératifs économiques et écologie

Dans le fond l’homme est indifférent à ce qui ne le concerne pas et est peu concerné par ce qui se passera disons, dans 50 ans. De là viennent une bonne partie des problèmes économiques et sociaux que nous connaissons. Depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, en l'espace de cinquante ans nous avons détruit ce que la nature a protégé durant des millénaires. Mais ce qui est plus grave encore c'est que tous ces événements ont des causes bien connues : la recherche du prestige, du profit immédiat et l'égoïsme.

La consommation mondiale d'énergie

On entend aux Etats-Unis de hauts représentants refuser de modifier leur mode de vie. Or ce pays de 313 millions d'habitants qui représente à peine 5 % de la population du monde (qui atteignait 7 milliards d'habitants en 2011) consomme 30 % des énergies de la planète - 20 % de plus qu'il y a 20 ans, contre seulement 17 % pour l'Europe de l'Ouest ! A titre d'information, la Russie consomme 13% des énergies, l'Australie 7%, l'Amérique du Sud et le Moyen-Orient chacun environ 5% et l'Afrique 3 %.

De manière globale, en 2008 la consommation mondiale d'énergie fut estimée à 474 exajoules (474×1018 J), environ 10 milliards de milliards d'ergs chaque seconde, dont 80-90 % étaient dérivés de la combustion des énergies fossiles. Cela équivaut à une consommation moyenne d'énergie de 15 terawatts (1,5 x 1013 W) qui augmente de manière exponentielle.

Si nous devions compter sur les ressources exclusivement naturelles de la planète, il nous faudrait 3 Terre pour subvenir à nos besoins ! Combien de temps alors-nous pouvoir tenir ce régime ? Jusqu'à ce que la planète arrive à saturation et nous rejète tous ? Et que ferons-nous ce jour là ? Il sera trop tard pour pleurer. C'est aujourd'hui qu'il faut donc réagir !

A consulter : Statistical Review of World Energy (BP) - IEA Maps

Un appétit insatiable

La consommation mondiale d'énergie. A gauche, consommation estimée en 2004 en tonnes équivalent pétrole par habitant. A droite, proportions estimées en 2006 par type d'énergie. En 2008, nous avons consommé en moyenne l'équivalent de 15 terawatts d'énergie. Depuis 1980 la consommation d'énergie des pays de l'OCDE a diminué de 5% alors qu'elle a augmenté de 8.7% en Asie Pacifique, au Moyen-Orient et en Chine. Documents IEA et CNBC.

Concernant les énergies fossiles, la situation s'aggrave également. En 1997, rien qu'en charbon, les Etats-Unis consommaient 25 % de la consommation mondiale alors que des pays en voie de développement comme la Chine ou l'Inde, où l'essentiel de l'industrie repose sur le charbon, consommaient respectivement 24 % (en hausse de 30 % chaque année) et 7 % du charbon mondial ! L'essence est le produit en plein essort :  l'Amérique du Nord (USA-Canada) consomme 2890 litres d'essence par an et par habitant alors que l'Allemagne n'en consomme que 530, le Japon 428, la Russie 208 et la Chine 38 litres. Si l'Américain fait 76 fois son plein d'essence par an, le Chinois n'en fait qu'un seul ! Mais son pays aussi est en train de prospérer et bientôt il rejoindra le milliard de clients empressés d'acheter une nouvelle voiture pour dégrader encore un peu plus vite la qualité de l'air...

Plus que jamais le développement durable doit faire partie des mentalités et des programmes politiques. Mais si le concept a trouvé un certain écho en Occident et existe en anglais, "sustainable development", de toute évidence il ne semble pas encore avoir été traduit en russe, ni en japonais ou en chinois...

Souvenez-vous de Minimata...

Jusqu'à aujourd'hui la plupart des voitures disposent de commutateurs au mercure pour assurer certaines fonctions de contrôle. Une voiture peut en utiliser plusieurs centaines ce qui représente autant de grammes de polluants. Que devient ce mercure lorsque les sociétés de recyclage démantèlent nos épaves ? Si une partie du mercure est bien récupérée, l'essentiel de ce métal liquide à température ambiante reste collé aux pièces métalliques éparses qui sont ensuite fondues dans d'énormes chaudrons dans lesquels règne une intense chaleur. Ce mercure n'est donc pas récupéré et c'est ainsi que chaque année un pays comme les Etats-Unis ou le Canada vaporise dans l'atmosphère plusieurs dizaines de tonnes de mercure, participant à l'augmentation de la pollution générale.

Cette belle Mercury MC4 porte malheureusement trop bien son nom

Quand on sait que tout le mercure contenu dans une voiture peut contaminer un petit lac et rendre les poissons impropres à la consommation durant un an, on comprend mieux le fléau qui nous menace... Absorbé par les poissons, ce mercure se transforme en méthyl-mercure et devient des milliers de fois plus toxique ! On finit par le retrouver au sommet de la chaîne alimentaire, dans les tissus des globicéphales par exemple qui peuplent les eaux très poissonneuses des îles Féroé. Et comme l'homme s'en nourrit, les enfants présentent des signes de saturnisme...

Que fait-on pour enrayer ce mécanisme ? A l'heure actuelle constructeurs automobiles et sociétés de recyclage se renvoient les responsabilités. Les premiers considèrent que les seconds ont tout en main pour isoler ce métal tandis que les seconds pensent au contraire que les constructeurs ne se préoccupent pas de ce problème. 

Dès avant 2005, seul VOLVO avait ouvertement engagé une action préventive en annonçant qu'il remplacerait progressivement tous les éléments au mercure par des systèmes non toxiques dans leurs nouvelles voitures. Encore une fois la société emblématique de la sécurité active se démarque de ses confrères en trouvant des solutions qui protègent la Nature. Que les autres "Ford and Co" méditent cela pour action. Pour plus d'informations consultez le site multilingue de la Commission européenne.

Pour revendiquer notre place au Soleil, on saccage la nature comme on assassine les animaux pour leur fourrure; on jette sans précautions ou on recycle au mépris de la sécurité des déchets toxiques ou faiblement radioactifs que l’administration “a oublié” de récupérer. Deux exemples : le saumon et le petit nucléaire.

Malgré les conséquences génétiques que nous connaissons, en 50 ans la concentration du mercure a doublé. Aujourd'hui vous ne trouverez plus un saumon sauvage qui n'est pas contaminé à un degré ou un autre par des produits chimiques. Il faut attribuer l'origine de ce phénomène à la combustion du charbon dans les centrales thermiques et par les industries indélicates et peu concernées par l'écologie (voir encart ci-dessus). 

Le Kursk à quai avant son démantèlement.

Petit nucléaire et sale bombe

Dans un autre domaine, le "petit nucléaire" qui représente tous les laboratoires équipés des moyens de stérilisation ou les hôpitaux équipés des outils de chimiothérapie cache plusieurs dizaines de milliers de sources de rayonnement mortel qu’il est grand temps de surveiller de plus près. 

On ne pourra pas dire que n'ont pas été prévenu. En 1995, les rebelles musulmans de Tchechenie ont envoyé une reporter de la télévision russe dans un parc situé au centre de Moscou. Le paquet qu'elle y trouva contenait une petite quantité d'explosif et quelque chose d'autre : du Césium-137, un isotope radioactif. C'était la première fois qu'apparaissait ce qui est devenu un mot qui fait peur : une sale bombe. Imaginez ce que cela donnerait si un terroriste avait l'idée d'attaquer un pays en faisant exploser une de ces sales bombes radioactives dans une capitale...

Ces produits sont disponibles dans les laboratoires nucléaires, les centres médicaux, les hôpitaux désaffectés ou dans le matériel militaire laissé à l'abandon. Ainsi, si le Kursk présenté à droite finit à la ferraille, 250 autres sous-marins de la flotte russe croupissent dans les eaux peu profondes ou dans des lales sèches de Murmansk et d'ailleurs, leurs réacteurs coupés mais toujours en place ainsi que leur combustible et leurs déchets radioactifs. Tout ce qu'il faut pour approvisonner les terroristes adeptes des sales bombes.

Heureusement, quelques journalistes sont là pour dévoiler les carences du système.

Dernier chapitre

Hypocrisie et manipulations

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