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Hypocrisie et manipulations (VI) L'hypocrisie d'EDF EDF est une entreprise publique garante de l'approvisionnement des Français en électricité. Cette société publique prétend, maladroitement, défendre des valeurs écologiques, notamment de développer une énergie nucléaire propre au point de souscrire au "pacte écologique" de Nicolas Hulot (voir plus bas). Que constate-t-on dans les faits ? EDF use et abuse de la publicité pour gagner l'opinion du public à sa cause. Malheureusement pour cette société, le public est instruit et n'est pas dupe et ne compte pas se laisser dicter ses actions comme le pensent nos Eurochrates. En 2006 et 2007, EDF annonçait par exemple dans ses publicités "Pour préparer l'avenir, nous mettrons en service dès 2012 la nouvelle génération de centrale nucléaire (EPR). EDF, leader européen des énergies de demain". Ce texte prétend que le nucléaire constituera l'énergie de demain. Or, nous savons tous que la moitié des pays européens sont anti-nucléaires et que la plupart des pays européens sont en train de développer des énergies alternatives qui ont autant si pas plus d'avenir que l'énergie nucléaire. Non seulement EDF interprète les statistiques comme bon lui semble, mais placer comme elle le fait l'énergie nucléaire en position de supériorité par rapport aux énergies renouvelables n'est pas légal. En effet, du seul point de vue publicitaire, EDF contrevient à l'article 2-9 des recommandations écologiques du BVP qui précise : "L'allégation ne doit pas induire une fausse supériorité et/ou permettre à un produit de se distinguer abusivement d'autres produits similaires ou possédant des caractéristiques analogues en ce qui concerne leur contribution à la protection de l'environnement". Pourtant aucune association, aucun comité d'éthique, aucun ministre de l'environnement ne s'est opposé à cette campagne de publicité. Seraient-ils parrainés par cette entreprise au point de ne pouvoir parler et dénoncer ce mensonge d'Etat ? EDF prétend également préparer les énergies de demain et essaye de nous convaincre qu'elle sera nucléaire et propre. Or EDF doit respecter les directives européennes et ne peut présager de l'avenir, comme elle ne peut démontrer que l'énergie nucléaire est inoffensive puisque nous savons bien qu'elle génère de nombreux déchets radioactifs et des pollutions liées notamment à la production de minerais d’uranium. Bref, EDF multiplie les campagnes de publicité mensongères et tente de nous manipuler, osant affirmer qu'elle "produit l'électricité la moins polluante d'Europe" alors que nous savons tous que toutes les centrales accumulent des tonnes de déchets radioactifs que nos descendants devront gérés durant des centaines de milliers d'années ! En insistant sur la vapeur d'eau libérée des réfrigérants, EDF détourne en fait notre attention du problème majeur que représentent les déchets ! Cette attitude est typique de la propagande et d'autant plus intolérable qu'elle est organisée par une entreprise publique qui bénéficie d'un monopole. Deuxième exemple. EDF prétend qu'elle fournit une énergie "propre" et d'avenir mais d'un autre côté elle refuse de dépolluer les sites qu'elle met en vente ! Ainsi, depuis 2004 le réalisateur Luc Besson a signé avec EDF une promesse de vente portant sur un terrain proche de Paris qui lui coûtera quelques centaines de milliers d'euros où il espérait construire un complexe hollywoodien. Mais en pratique il ne peut réaliser son projet car il attend qu'EDF assainisse le site, action qu'EDF refuse d'exécuter et qu'elle aimerait qu'il prenne en charge ! En d'autres termes EDF voudrait faire porter la responsabilité d'une éventuelle pollution, d'une contamination des employés ou d'un procès public qui nuirait à son image de marque sur le futur propriétaire du site, dans ce cas ci sur Luc Besson ! Bien entendu le réalisateur qui est également écologiste ne compte pas accepter ce contact de dupe et espère bien qu'EDF assumera ses responsabilités. Quelle est la leçon de cette histoire ? C'est simple, EDF nous ment et ne s'intéresse nullement à protéger l'environnement mais cherche avant tout à faire du business, peu importe les conséquences néfastes sur l'environnement. Entre nous, trouvez-vous normal qu'EDF dont les 115000 fonctionnaires payés par les contribuables ne prône que les vertus des centrales nucléaires de nouvelle génération ? Trouvez-vous normal qu'EDF ne mette jamais l'accent sur les projets de constructions d'éoliennes, d'exploitation de la force marémotrice, des biocarburants ou des voitures hybrides ? En fait EDF a un marché à défendre, des privilèges à protéger et ne tolère aucune forme de tolérance. C'est pas banal pour une entreprise publique ! Vous en voulez une preuve ? A tous les échelons des pouvoirs publics EDF place des obstacles administratifs importants à la construction de systèmes alternatifs visant par exemple à équiper les communes en éoliennes afin qu'elles soient indépendantes sur le plan énergétique. Même à titre privé, vous aurez beaucoup de mal en France à ériger une éolienne dans votre jardin du fait de l'importante paperasserie et des conditions à remplir, sans parler que le conseil communal peut à tout instant refuser votre projet. Cela ne vas pas renforcer le "pacte écologique"... Cette attitude n'a qu'une seule raison. EDF reste un lobby nucléaire et à ce titre ni l'entreprise ni l'Etat français ne vont jamais encourager ni avantager d'aucune manière les projets touchant les énergies renouvelables, quitte à mentir et minimiser par exemple les effets du nuage de Tchernobyl et laisser contaminer sa population que de lui avouer les dangers du nucléaire ! A chacun d'en tirer la leçon. Nicolas Hulot, une notoriété manipulée Tous les téléspectateurs francophones connaissent le journaliste Nicolas Hulot, producteur de la série TV "Ushuaïa" et quelques autres. Récemment, en 2006, il s'est également avancé en politique à la veille des élections présidentielles françaises, appuyant l'idée d'un "pacte écologique" afin de préserver notre environnement. Rappelons tout d'abord sa biographie afin de mieux cerner l'action mais également le dilemme auquel doit faire face le personnage. Nicolas Hulot est né à Lille le 30 avril 1955. Il obtient une licence en journalisme et parcourut le monde comme photoreporter pour l'agence SIPA. Passionné d'aventure, il dirigea plusieurs expéditions, notamment la traversée de la Manche en planche à voile, l'expédition au Pôle Nord magnétique en scooter des neiges (1983), la traversée du Zambèze à la pagaie (1985), l'exploration du Pôle Nord géographique en ULM (1986-87) et le survol de l'Okavango en hélicoptère (1988). En 1987, il devint animateur et producteur pour la chaîne TF1, animant la série "Ushuaïa, l'extrême" (1987-1995), puis "Opération Okavango" (1996-1997) et depuis 1998, "Ushuaïa Nature". Ecologiste convaincu, Nicolas Hulot a toujours voulu sensibiliser le public à la protection de l'environnement face à l'irresponsabilité de nos dirigeants et des industriels peu scrupuleux. Il réalisa plusieurs campagnes de publicité, écrivit des livres et fonda la "Fondation Nicolas-Hulot pour la Nature et l'Homme" en 1990. En 2006, il publia son livre "Pour un pacte écologique" dans lequel il rappela la fragilité de notre planète afin d'inciter le monde politique comme chacun d'entre nous à agir de manière plus responsable et plus concrète pour protéger notre environnement. En une semaine, son Pacte était supporté par 45000 signatures. Au bout d'un mois il avait reçu 240000 signatures et 80 jours après sa publication il était fort de 540000 signataires ! Des intellectuels tels Boris Cyrulnik, Pierre-André Taguieff, Erik Orsenna, Dominique Bourg, des scientifiques tels que Hubert Reeves, Jean-Marc Jancovici, Jane Goodall et des personnalités aussi diverses que Luc Besson, Mathieu Kassovitz, Florent Pagny ou encore Julien Clerc ont immédiatement soutenu son Pacte écologique mais on peut remarquer qu'aucun d'eux n'était politicien. En effet, bien que Ségolène Royal par exemple ait été Ministre de l'Environnement (1992-1993) et ait posé sa candidature à l'élection Présidentielle de 2007, elle attendit plusieurs mois avant d'approuver le Pacte de Nicolas Hulot alors qu'elle supportait les idées d'Al Gore ! Sur l'ensemble des candidats français, fin 2006 seuls deux d'entre eux avaient signé le Pacte écologique et annoncés vouloir prendre des mesures concrètes s'ils étaient élus : Corinne Lepage et Jean Marc Governatori. Aucun ténor des grandes partis politiques n'avait répondu à son appel ! Cela en dit long sur l'intérêt des politiciens français pour les problèmes d'environnement, notamment des écologistes ! Fin 2006, Nicolas Hulot annonça en public que si personne ne voulait s'occuper des problème de l'environnement, il accepterait le poste de ministre, mais espérait sincèrement que le Gouvernement trouverait des gens responsables dans ses rangs pour assumer cette fonction, à défaut de quoi il serait très déçu par leur irresponsabilité.
L'idée de Nicolas Hulot n'est pas nouvelle mais c'est bien le seul écologiste qui accepte de parler en tête-à-tête avec les politiciens et d'une manière plus diplomatique que José Bovet ou Greenpeace. Son courage est digne d'admiration et nous démontre qu'il y a encore des bonnes volontés et un espoir de sauver la planète. Plus d'un parti politique lui ont donc fait la cour, trouvant qu'il serait tout bénéficie pour leur image de bénéficier d'un personnage public aussi médiatique et aimé des Français et par la même occasion d'obtenir sans difficulté les 500 signatures requise pour l'inscription de son parti. A ce jour Nicolas Hulot a décliné toute proposition politique. Mais Nicolas Hulot est probablement plus à sa place au milieu de la nature que face à des politiciens pervers et des journalistes incisifs. S'il s'exprime clairement en public, on sent bien qu'il n'a pas l'étoffe d'un orateur comme Al Gore, ni la prestance ni les arguments de ses opposants. En revanche sont action porte ses fruits auprès du public et des étudiants et il a déjà inaugauré plusieurs écoles. Nicolas Hulot est trop honnête pour affronter le monde politique car il est enfermé dans un personnage naïf qui croit encore que capitalisme rime avec écologie ou que les politiciens vont supporter ses idées. Si cette cause était si simple à mettre en oeuvre, les politiciens français comme d'ailleurs l'auraient déjà appliquée depuis longtemps ! Nicolas Hulot pense sans doute qu'en sensibilisant la classe politique à son Pacte écologique, il fera parler de lui dans les médias (ce qui est exact) et que sa notoriété lui permettra d'agir plus efficacement pour défendre la cause écologique. Malheureusement, ainsi qu'il l'a constaté en questionnant le monde politique, fin 2006 peu de politiciens s'étaient engagés dans son Pacte écologique, sachant très bien que les mesures qu'ils devraient prendre ne seraient pas appréciées de la population et ne peuvent pas s'appliquer à grande échelle du jour au lendemain sans une profonde mutation socio-économique au sein des pays membres du G8 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni, Russie) et pourquoi du G20 (G8 + pays émergeants). Nicolas Hulot pensait sans doute qu'il pouvait conserver sa liberté d'expression et parviendrait à rassembler les politiciens comme les industriels à sa cause. Si ses paroles sont toujours pleines de bon sens et s'il reste apprécié du public comme des collectivités, aujourd'hui son discours comme ses actions dépendent de plus en plus du bon vouloir de ses sponsors qui, rappelons-le, comptent aussi parmi les plus grands pollueurs de la planète : EDF, Rhone-Poulenc, etc. Dans ces conditions comment peut-il défendre sa cause ? Certes, sans argent il ne pourrait sensibiliser le public de la façon dont il le fait mais doit-il pour autant s'associer à des pollueurs ? Il avoua qu'en ayant recours au mécénat, il a trouvé un moyen de leur fait payer leurs mauvaises actions sur l'environnement... Mais ne faut-il pas être naïf pour oser prétendre cela ? Il ne fait aucune doute que Nicolas Hulot est manipulé et devient une marionnette entre les mains des lobbies. En effet, pour une multinationale, Nicolas Hulot est un excellent support publicitaire et un investissement très rentable. Car derrière l'image de l'homme médiatique il a tout un business qui lui échappe. Quand Nicolas Hulot vend des produits sous la marque "Ushuaïa", vous pensez faire une bonne action et avoir bonne conscience en achetant un produit qui viendra supporter son action écologique. En fait vous avez oublié ce raccourci : en achetant un produit "Ushuaïa" en réalité vous versez directement de l'argent dans la tirelire d'EDF ou ses parrains et vous renforcez leurs actions polluantes contre lesquelles tous les écologistes se battent. Cela n'a rien d'écologique, que du contraire ! Pas plus que de parcourir le monde avec trois hélicoptères et gaspiller des millions d'euros pour nous ramener quelques films. S'il emmenait avec lui des scientifiques comme le faisait le Cdt Cousteau et conduisait en même temps des recherches scientifiques, son action serait autrement mieux valorisée que sur le plan financier et de l'image de soi. On ne peut donc plus considérer que son action est positive quand on constate que son bilan est négatif du point de vue de l'écologie.
Sans entrer dans l'idéologie de la décroissance économique prônée notamment par le "Journal de la décroissance", il faut bien constater que si Nicolas Hulot essaye de sensibiliser les gens à son action et y réussit avec plus ou moins de succès, il n'est pas encore parvenu à convertir le monde politique à ses idées. Ses seules convictions ne suffiront sans doute pas à faire prendre conscience à nos politiciens des enjeux qui nous concernent tous car en fait ces problèmes ne les touchent pas directement et coûtent plus qu'ils ne rapportent à court terme. Combien de fois les politiciens ont appliqué avec zèle le slogan "Faites ce que je dis pas ce que je fais !" Parler et agir sont deux choses différentes, des notions que nos politiciens maîtrisent mieux que personne. Pour que l'action de Nicolas Hulot donne un résultat sur le plan politique et affecte durablement nos habitudes, il doit agir de l'intérieur du système et devenir un politicien fervent défenseur de la cause écologique. Or en devenant l'un d'entre eux, il devra obligatoirement faire des compromis et des alliances s'il veut garder son siège tout en défendant quelques unes de ses idées. A défaut, il se retrouvera dans l'opposition et pour ainsi dire plus impuissant et muselé que s'il était resté apolitique et indépendant. Mais nous voyons bien que même au niveau européen, les Verts ont du mal à se faire entendre, au point que la Commission Européenne maintient sa confiance dans le nucléaire. Mais les Etats n'ont pas besoin de l'avis de la Commission pour sortir du nucléaire , et plusieurs d'entre eux ont déjà fait le pas. Le 31 janvier 2007, comme si une mouche les avait piqués, tous les candidats à l'élection présidentielle acceptèrent de signer le Pacte de Nicolas Hulot. Mais leur démarche semblait peu convaincante. Dans ce contexte où les politiciens cherchent d'abord à soigner leur image plutôt que la planète, on comprend mieux les actions coup de point des associations écologiques. L'attitude irresponsable de la classe politique prouve que les ONG comme Greenpeace ont plus que jamais un rôle à jouer. Comme il fallait s'y attendre, le 22 janvier 2007 Nicolas Hulot annonça qu'il n'était pas candidat aux élections présidentielles. La raison est simple. Nicolas Hulot n'a pas l'envergure d'un politicien. Si Nicolas Hulot ne voulut pas s'engager et risquer d'être muselé à jamais, il n'avait pas d'autre alternative que de trouver des sponsors plus respectueux de l'environnement et continuer à sensibiliser la population comme le fait Al Gore ou Greenpeace en espérant que ses discours feront pression sur le monde politique le jour des élections. Mais ne soyons pas naïfs car nous devons relativiser l'impact de l'écologie. Chacun sait que l'écologie restera encore longtemps une idéologie plus qu'un véritable combat politique car ses idées sont généralement impopulaires et coûtent très cher à la communauté. Le combat est loin d'être gagné, malheureusement la santé de Gaïa est tous les jours plus précaire. Une chandelle pour l'écologie J’imagine que des voix s’élèveront pour dire qu'il faut laisser du temps aux industries et à la société en général pour s'adapter aux principes de l'écologie, expliquant qu’il s’agit d’un concept récent dont la mise à exécution est fort onéreuse et contraignante. Mais vivre dans un monde pollué n'est-ce pas plus contraignant encore ? Les hommes politiques disent qu'une nouvelle technologie met de 40 à 50 ans pour pénétrer une économie. Disons plutôt 25 ans pour mener à bien un projet d'envergure dès lors que la décision politique est acquise et tous les moyens mis en oeuvre pour l'appliquer.
Cela fera bientôt deux générations que nous sacrifions au dieu profit sans nous rendre compte que le feu de ce sacrifice nous consume tous ! Puisque nos dirigeants le savent, pourquoi n'agissent-ils pas ? Par peur des réactions des lobbies, de perdre leur place confortable, ou par manque d'idées ? Chaque état revendique sa souveraineté ou nous renvoie la critique, mais chacun oublie qu'il vit en communauté. Le G8 et plusieurs organismes supranationaux ont le pouvoir et les moyens de transformer toute la planète comme bon leur semble. Mais leur égocentrisme les détruira à long terme car ces anti-écocitoyens sont en train de scier la branche sur laquelle ils vivent ! Nous leur faisons écho car sans nous défendre le public participe à sa propre perte. Si vous n'y croyez pas, allez vous rendre compte sur place de la dégradation du milieu (forêts, nappes aquifères, rivages, etc) et visiter les entreprises de recyclage ou les victimes de la pollution ou des contaminations. Alors vous vous rendrez compte que cela vous touche de beaucoup plus près que vous l'imaginiez... Une autre situation est tout aussi explicite. En 1988, pendant sa période électorale, le futur Président George H.W. Bush (père) se disait "vert". Quatre ans plus tard, à la veille de sa réélection il refusa de ratifier le protocole de Rio invoquant son désir de ne pas enrayer son économie prolifique. Ses successeurs se sont aussi démarqués... dans le même sens ! Ceux qui devaient donner l'exemple doivent aujourd'hui affronter le problème Nord-Sud sans offrir la moindre compensation. Au contraire, les Etats-unis continuent de mettre la Terre à vif en rejetant 25% du gaz carbonique mondial et pulvérisent toujours autant d'engrais chimiques (phosphates) pour fertiliser des sols condamnés à l'infertilité. On peut se lamenter de cette situation et se dire combien le progrès est relatif... Leur prise de position est scandaleuse et les différents responsables européens tentent heureusement d'intervenir de leur poids économique pour changer les choses.
En réalité le dialogue d'Etat à Etat est si difficile et l'illusion du bien-être si précieuse que les Etats-Unis ou le Japon refuse quasiment de discuter de la solidarité Nord-Sud ! Mais le jeu est dangereux. Si on laisse de côté les problèmes humanitaires, financiers et politiques, que constate-t-on ? On oublie trop souvent que l'équilibre de notre planète - son climat - dépend de la bonne santé des écosystèmes. A leur tour ils conditionnent la production des espèces et la sédentarisation des habitants. Dans un pays civilisé le problème est avant tout économique. Mais il bon de rappeler que 80% des habitants du monde vivent dans la misère et que 20% seulement tiennent les rennes de l'économie mondiale parmi lesquels moins d’1% ont une main-mise financière fermement attachée à ses acquis. Si les terres disparaissent en Afrique ou en Amérique du Sud, dans les pays industrialisés la surproduction et la mise en culture de céréales inadaptées au sol ont également entraîné une érosion précoce des terres et leur empoisonnement. "Tout f... le camp" dit-on en France ou aux Etats-Unis. Quel est donc l'avenir de l'agriculture ? Avons-nous réellement l'intention d'enrayer ce processus de dégradation ? A côté de la chandelle des droits de l'Homme, nous devrions allumer une chandelle pour la protection de l'environnement. Aujourd'hui nous connaissons environ 1.4 millions d'espèces. En 30 ans, le WWF a estimé que 40% des espèces animales terrestres et marines avaient disparu ! Si nous ne changeons pas nos habitudes, dans 30 ans un million d'espèces auront disparu ! Ce taux de mortalité est le plus rapide que la Terre ai jamais connu, plus rapide que l'extinction des dinosaures... Ce n'est plus un mal de tête qu'auront bientôt nos chefs-d'état, car les maux de l'environnement n'aggravent pas seulement leurs soucis, mais ils appauvrissent également l'humanité. En perturbant le milieu nous finirons par atteindre ce que les écologistes appellent le seuil de "population minimal viable". Le résultat ? C'est un monde sans vie, l'extinction progressive des espèces, et l'homme en fait partie. Franchir ces seuils catastrophes revient donc à déclencher des mécanismes biophysiques et chimiques inconnus mais dont le résultat final est connu d'avance. Certains scientifiques ont même avancé l'idée que certains virus mortels comme Ebola, le HIV ou le STRAS nous seraient "tombés dessus" parce qu'ils auraient perdu leur biotope original... Si cela s'avère exact, nous vivons sur une bombe à retardement et il y a vraiment de quoi avoir peur pour l'avenir de l'humanité.
A consulter à l'Institut Pasteur : Les virus émergents
Les
politiciens considèrent encore trop souvent que l’économie de marché ou sa
version socialiste à la chinoise est
incompatible avec l’environnement, qu’elle ne peut ni protéger l’environnement
ni éradiquer la pauvreté. Mais cette idée est dépassée ! En fait, si actuellement cette prise de conscience
est difficile à concilier dans notre monde avec les impératifs socio-économiques,
nous devons bon gré mal gré changer d’opinion et de culture. Cela s’effectuera
sur une période de 50 ans, 100 ans peut-être, ce sera certainement difficile mais nous
n’avons pas d’alternative. Dans tous les cas l'épuisement des énergies
fossiles agira à notre place. Nous entrerons alors dans une nouvelle phase dans
laquelle les générations auront un idéal, car de l’aveux des écologistes,
le progrès n’est pas un idéal, c’est une dictature technocrate qui s’ose
pas faire son autocritique de peur de briser sa force de persuasion. Car
on ne peut plus continuer à fermer les yeux sur la misère du monde et l'ampleur des dégâts
écologiques. C'est un peu comme si on ignorait que sous chaque hectare de
terre fertile il existait environ 6.4 tonnes d'organismes vivants. L'air, la
terre et la mer forment un écosystème très précieux, essentiel à notre
survie. Si ces organismes survivent, notre avenir sera assuré. Si nous avons la
sagesse de comprendre ces cris d'alarme et si nous sommes prêts à bâtir un
monde plus stable et mieux organisé, ces bouleversements s'évanouiront dans
notre mémoire en cette aube du XXIeme
siècle, avec la naissance d'une nouvelle génération. Gardons
espoir Terminons
cette analyse peu encourageante sur une note plus optimiste. Place aux jeunes :
dans beaucoup d'écoles on apprend aux
plus jeunes à ne plus gaspiller, qu'il faut trier les déchets ménager pour
éviter de polluer, qu'il faut économiser l'eau car elle devient une denrée
rare et très cher, et quantité d'autres bonnes actions qui visent à
préserver notre environnement. Une fois acquis, les éducateurs espèrent que ces bonnes intentions
deviendront des actes réflexes lorsque ces enfants deviendront adultes. Mais ce
n'est pas garanti. L'éducation en cette matière est indispensable car où que nous allions, nous
découvrons que la planète est trop souvent considérée comme une décharge à
ciel ouvert. Le message n'est pas encore bien compris de tous. Bonne
nouvelle pour l'environnement, plusieurs pays européens ont décidé d'abandonner
le nucléaire pour de nouvelles énergies propres. En l'an 2000, 14% de l'énergie
mondiale provenait de la biomasse : bois de chauffage, résidus des
semences, excréments d'animaux et 5% des énergies étaient renouvelables (énergie
solaire, éolienne, géothermie...). D'ici 2050, certains analystes prédisent
que la moitié de l'énergie mondiale sera renouvelable. Que la lumière
soit ! Changer
les mentalités, changer la Constitution Suite
aux nombreuses marées noires qui ont envahi les côtes françaises, le
Président Chirac demanda en 2004 que la préservation de l'environnement soit
inscrite dans la Constitution française. C'est un acte courageux que nous devons applaudir
car très peu de gouvernements y pensent malgré leurs bonnes intentions. Pourquoi ?
Cela prouve que nous sommes toujours à demi-éveillé, d'autres diront à demi-inconscient
car nous ne prenons toujours pas conscience des risques que nous faisons courir à la planète.
Et ce n'est pas faute de
le savoir car la télévision nous montre périodiquement des catastrophes
écologiques. Mais étant donné que les
accidents n'arrivent soi-disant qu'aux autres, nous ne nous sentons pas
concernés.
De plus, du fait que ces changements coûtent beaucoup de l'argent et
remettent en question notre style de vie, nous ne voulons pas nous investir pour
des causes dont nos descendants se préoccuperont ou des risques de pénurie ou d'accidents potentiels.
Dès lors, très peu d'organisations agissent pour une meilleure gestion ou dans des actions
préventives.
On ne peut blâmer personne car il faudrait blâmer tout le monde
car cette attitude non volontariste, réagissant plutôt qu'agissant est aussi
une façon de se protéger pour survivre. Mais la vie n'est pas un jeu. En
fait, on préfère épuiser des ressources dont les investissements sont déjà
amortis que d'investir des milliards d'euros dans de nouvelles technologies et
autres "ventures" à l'état de prototypes et dont on ne connaît
quasiment pas les impacts sur les tissus industriel et économique. Mais cet
attentisme est malheureusement inadapté à la société actuelle qui évolue dans
un marché mondial à cent à l'heure. Il faut de nouveaux projets de sociétés si nous voulons éviter les
crashes socio-économique et écologique. C'est bien pour cela que l'ONU et
plusieurs instances supranationales ont tiré la sonnette d'alarme et que nous
essayons tous aujourd'hui appliquer les principes du développement
durable. A long terme, il en va tout simplement de notre survie. Si
on ne considère que les risques industriels et naturels, les
remises en question et les nouvelles décisions sont en général meilleur marché que la réparation qui suit un
accident. Voyez le coût de la protection du site de Tchernobyl comparé à
celui d'une centrale atomique à double coque et tenue en état, ou le prix de la
catastrophe du cyclone Katrina en Louisianne et de l'éventrement des digues
comparé à celui de l'installation de digues et de barrages robustes comme ont si bien
appris à le faire les Hollandais... Les mesures de prévention sont en
général 10 fois moins cher que les réparations de fortune. Mais jamais les
hommes agissent de cette façon. Ainsi que je l'ai dit ailleurs, les
gouvernements réagissent sous la pression, mais ils n'agissent jamais. En
d'autres termes, on attendra toujours que la catastrophe survienne pour réagir
au lieu d'agir préventivement. Car au-dessus des idées, il y a toujours le problème du financement et l'incrédulité des gens. Comme nous avons inscrit les Droits de l'Homme dans la chartre de l'ONU, nous devons inscrire l'écologie dans la Constitution nationale. C'est en effet la seule manière de ne pas oublier notre devoir envers dame Nature et de la protéger pour l'avenir des générations au même titre que la liberté, l'égalité, le droit à l'éducation ou au logement. Comme le dit un proverbe indien, "quand la terre sera empoisonnée, que l'eau sera polluée et l'air sera devenu irrespirable, l'homme se rendra compte qu'on ne peut pas manger l'argent..." Espérons que l'avenir puisse être à l'image du carnaval de Rio et puisse encore nous amuser. Comme le rappelle le slogan du WWF, "laissons à nos enfants une planète vivante". Que pouvons-nous faire dans l'immédiat ? Chacun peut faire entendre sa voix. Agissez maintenant en demandant des comptes à vos représentants politiques, en adhérant aux associations de protection de la nature telles le WWF, Greenpeace ou des comités de défense locaux. Si leur combat ressemble à celui de David contre Goliath, leurs résultats sont encourageants et méritent que nous supportions leurs actions. Pour plus d'information Sur l'écologie : Le scandale des décharges industrielles (sur ce site) La biodiversité (sur ce site) Le développement durable (sur ce site) Le Traité sur l'Antarctique (sur ce site) Katrina et le Mississippi contre New Orleans : 1-0 (sur ce site) Rapport de la Conférence de Rio de 1992 (sur ce site) Le chemin de Stockholm à Johannesburg (ONU) Europa-Recherche, les dossiers de l'Union européenne Les Amis de la Terre (France) Les énergies renouvelables (CERN) Magazine "Environnement" suisse (BUWAL) National Geographic - Earthpulse Human Activities and their Impacts The Great Barrier Reef - Image Collection Sur le nucléaire : L'accident de Tchernobyl (sur ce site) Mesure de la radioactivité et protection civile (sur ce site) Les effets des explosions nucléaires (sur ce site) The long road to recovery: Community responses to industrial disaster, UN University Press, 1996 Bulletin of the Atomic Scientists Retour à la TerreRetour à L'Ecologie et l'Environnement
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