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Les
réserves de biosphère
La
protection de la nature
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La
réserve de biosphère des Tuamotu. |
Le
concept de réserve de biosphère est, je le crains, presque uniquement connu des cercles privés
d'écologie et de quelques élus locaux mais reste passablement
méconnu du grand pubic. Aussi un rappel de son rôle n'est pas superflu.
En 1971, le programme MAB, Man And Biosphere,
succède au Programme Biologique International de l'UNESCO qui vise
à étudier les ressources naturelles. Trois ans plus tard l'UNESCO
et le Programme des Nations Unies pour l'Environnement, le PNUE, décident
pour la première fois de parler de zonage dans les réserves ou
territoires concernés en définissant trois catégories de zones :
centrale, tampon et transition.
En 1971, le programme MAB, Man And Biosphere,
succède au Programme Biologique International de l'UNESCO qui vise
à étudier les ressources naturelles. Trois ans plus tard l'UNESCO
et le Programme des Nations Unies pour l'Environnement, le PNUE, décident
pour la première fois de parler de zonage dans les réserves ou
territoires concernés en définissant trois catégories de zones :
centrale, tampon et transition.
En 1976, les premières "réserves de biosphère"
sont désignées mais seules sont retenues les zones protégées consacrées
à la recherche. Les zones où le développement est préconisé
n'existent pas encore et aucune action n'est menée en faveur d'un développement
respectueux des ressources naturelles.
Il faudra attendre 1984 pour que le Congrès de
Minsk adopte un plan d'action conjoint avec le PNUE et élabore un
catalogue de tout ce qui peut se faire dans une réserve de biosphère.
Malheureusement le PNUE ne participera pas au financement de ce plan
d'action et l'UNESCO ne l'appuye pas. Pire, au cours de la conférence de
Rio en 1992, il sera même dit que les réserves de biosphère n'existent
pas !
La situation change radicalement en 1995 à Séville.
Les principaux protagonistes élaborent enfin le cadre statutaire du réseau
des réserves de biosphère ce qui permet au programme MAB d'entrer
officiellement dans les salons feutrés des milieux diplomatiques.
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A
l'heure actuelle il existe plus de 550 réserves de biosphère dans
le monde réparties sur les 5 continents du Canada à l'Australie, de
la Patagonie à la Polynésie. |
Que
sont les réserves de biosphère ? Les réserves de biosphère sont des sites
d'application du Programme
MAB
de l'UNESCO.
En
2001, l'UNESCO répertoriait 394 réserves de biosphères dans 94 pays.
En 2009, il y en a 553 réparties dans 107 pays sur les 5 continents.
L'une des plus
proches située dans la grande région francophone est la réserve
franco-germanique des Vosges.
L'une des plus vaste est la Réserve
de biosphère Andine-Nord Patagonienne qui s'étend sur 27000 km2,
l'équivalent des 3/4 de la superficie de la Belgique !
Les réserves de biosphère travaillent dans le
cadre des accords signés par les Etats membres de l'UNESCO : la Stratégie
de Séville et le Cadre Statutaire du réseau mondial des réserves de
biosphère. Leurs directives ont adoptés en 1996 et définissent les
principes de fonctionnement des réserves de biosphère. Toutefois, en
raison de la légitimité des états, leurs applications restent sous la
juridiction du pays dans lequel elles se trouvent, et s'appuient en partie
sur des espaces légalement protégés, comme des parcs ou des réserves.
Les réserves de biosphère combinent trois
fonctions complémentaires.
- La conservation des écosystèmes, des
paysages, des espèces et de leurs patrimoines génétiques doit y être
assurée, aussi bien dans les zones naturelles que celles qui sont exploitées
par l'agro-sylviculture, la pêche, la chasse, le tourisme ou toute autre
activité. Des pratiques respectueuses de l'environnement sont privilégiées.
- Les réserves jouent aussi un rôle dans le développement
économique et social respectant la nature et la culture locale. Ceci
implique que la population y prenne une part active et soit impliquée
dans les prises de décision.
-
Enfin, plus qu'ailleurs, une importance particulière est accordée à la
recherche et aux études, à l'observation continue de l'environnement, la
formation et l'éducation du public et des jeunes en particuliers, car
elles fournissent un réel appui pour envisager de façon plus éclairée
l'avenir du territoire et de ses habitants.
Fonctionnement
Une réserve de biosphère a besoin de
structures pour fonctionner : un comité de gestion et un conseil
scientifique.
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Réserve de biosphère en Alaska.
Doc Philg/MIT. |
La grande spécificité des réserves de biosphère est le
zonage qui représente un gradient entre la zone de transition, où
s'exerce le développement humain, et l'aire centrale où la nature a la
priorité en passant par la zone tampon, véritable zone laboratoire pour
des activités humaines compatibles avec la conservation de la nature.
Comment un lieu devient-il une réserve de biosphère ? La reconnaissance
d'un territoire comme "réserve de biosphère"
est l'aboutissement d'une procédure rigoureuse.
Un dossier doit être constitué, répondant à
un ensemble de critères : présenter des espèces et des paysages
méritant d'être protégés, regrouper des types d'intervention humaine
variés, disposer d'une structure de coordination adaptée, de programmes
scientifiques, et enfin d'un assentiment officiel des représentants de la
population locale. Ce dossier est examiné par les instances de la
Division des sciences écologiques du MAB à l'UNESCO. Une fois établies,
les réserves de biosphère sont révisées tous les 10 ans.
Le réseau mondial
Aujourd'hui,
les réserves de biosphères occupent plusieurs centaines de millions
d'hectares, environ 5 fois la superficie de la France et leur nombre
augmente chaque année. En chacun de ces lieux, malgré des conditions écologiques,
socio-politiques et culturelles variées, ces réserves de biosphère s'appliquent à mettre en
oeuvre la même philosophieà travers un cadre statutaire commun.
La coopération entre réserves de biosphère
s'établit le plus souvent dans le cadre de réseaux régionaux :
-
EUROMAB : regroupe les pays d'Europe et l'Amérique du Nord
-
IBEROMAB : l'Amérique latine, l'Espagne et le Portugal
-
AFRIMAB : les pays d'Afrique francophone
-
BRAAF : les réserves d'Afrique anglophone
-
EASBR : les réserves d'Asie de l'Est.
Par
ailleurs, des jumelages entre réserves de biosphère
sont facilités par le réseau (par exmeple entre celle des Cévennes avec Montseny
en Espagne).
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De
gauche à droite la réserve de biosphère de Kronotsky
dans le Kamchatka (Russie),
de
Clayoquot
(Canada) et de Kosciuszko
(NSW, Australie). Ces réserves naturelles couvrent une
superficie qui va de quelques centaines d'hectares à près
de 700000 hectares comme en Australie. |
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Les tendances actuelles et les enjeux pour le futur
Le réseau mondial des réserves de biosphère
est en perpétuelle évolution. Plus qu'autrefois, il apparaît clairement
aujourd'hui que les réserves intègrent des zones urbaines et s'intéressent
aux problèmes de la ville. Face à des enjeux très complexes, elles
changent de dimension. Beaucoup plus grandes que par le passé, elles élargissent
leur champ d'action.
Plusieurs réserves de biosphère récentes
sont proches de grandes cités : les ceintures vertes de Rio et de Sao
Paulo au Brésil ou le Pays de Fontainebleau, à 70 km du centre de Paris.
Poumons de ces cités, ces réserves sont confrontées à la gestion de
flux très importants de visiteurs. Afin d'éviter un grignotage des
espaces naturels, elle doivent aussi maîtriser l'urbanisme, gérer les
questions de transports, etc.
L'inclusion même de villes dans le réseau
mondial des réserves est très discutée : la ville de Rome, où des
programmes d'écologie urbaine sont conduits depuis de nombreuses années,
pourrait être la première candidate.
Pour répondre aux enjeux d'aménagement du
territoire à l'échelle régionale, les réserves nouvellement créées
sont beaucoup plus vastes que les anciennes, dépassant très largement
les espaces protégés avec lesquels elles étaient le plus souvent
confondues au début du Programme MAB.
Bien au-delà de la protection de
l'environnement, elles affirment ainsi leur fonction de coordination
locale et d'outil de développement. Par conséquent, les personnes
impliquées dans les réserves sont beaucoup plus diversifiées : élus et
responsables d'associations côtoient les scientifiques et les
administrations. Les thématiques abordées, autrefois scientifiques et
naturalistes, se sont élargies à l'architecture, à l'élaboration de
marques pour les produits locaux, à la médiation.
Des
écosystèmes à protéger de toute convoitise
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Le coati (nasua
nasua). Ce gentil petit animal omnivore à la fourrure épaisse mesure
30 cm au garot et pèse entre 3 à 6 kg. Il vit notamment en Equateur.
Comme beaucoup d'animaux, ce mammifère est particulièrement
vulnérable à la fragmentation de son territoire. Si ce n'était
pas suffisant, avec son regard attendrissant, certains n'hésitent
pas à le vendre comme
jouet aux enfants. Il n'est pas repris parmi les animaux menacés.
Document Finding
Species.
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En
ce début du XXIeme
siècle, les réserves de biosphère, à l'image des sociétés qu'elles
représentent, sont confrontées à des questions nouvelles et complexes
auxquelles elles s'adaptent tant bien que mal. Elles réalisent un travail
de fond, inscrit dans le long terme, au service de l'Homme et de la Nature
sans laquelle il ne peut vivre.
Mais
tout le monde ne voit pas ces réserves de la même façon. Si pour les
écologistes ce sont des sanctuaires et pour les scientifiques des
trésors de savoir, pour les promoteurs et les commerçants ce sont des
mines d'or et des animaleries dont ils peuvent tirer profit à moindre
frais. Et cette attitude est très difficile à combattre.
Les
réserves de biosphère sont avant tout des écosystèmes restés
intacts qu'il faut à tout prix préserver. Ce sont notamment des communautés
d'êtres vivants à protéger, regroupant dans certaines réserves des
milliers d'espèces que l'on ne voit nul par ailleurs.
Mais
le combat contre la convoitise des promoteurs et des commerçants de tout bord est long et difficile.
Je n'en veux pour preuve que trois exemples.
Un certain public a
tendance à apprécier la compagnie des animaux exotiques, les NAC
(les nouveaux animaux de compagnie). Les enfants mal éduqués par leurs
parents considèrent tout ce qui est petit et à poils à l'image de
leurs peluches. Sachant cela, certains commerçants peu scrupuleux
n'hésitent pas à exporter en Occident ou en Asie des mammifères
trouvés dans la jungle, coati, lémurien et autre ocellot, que les
enfants prendront pour des jouets... Beaucoup meurent de
stress ou d'épuisement sur le chemin de l'exil, mais cela ces marchands
s'en moquent. Seule des lois de protection plus rigoureuses et l'action
des douaniers peuvent enrayer ce genre de trafic.
Idem
pour les réserves elles-mêmes. La
réserve de Braulio
Carrillo, au Costa Rica, par exemple est déjà traversée par une autoroute tandis
que le parc de Yasuni,
en Equateur, abrite des puits de pétrole. En 2006, les mouvements de
protection de l'environnement ont pu empêcher la construction d'une
autoroute à travers la réserve. Mais les écologistes doivent garder un
oeil vigilant sur ces entreprises, car nous savons d'expérience que dans
dix ans les investisseurs privés remettront le projet sur la table...
Madames et messieurs les politiques, vous savez ce qu'il vous reste à faire !
Quant à nous, public, nous pouvons supporter les ONG, en souscrivant à
leur magazine, en signant leurs pétitions, et en sensibilisant les gens
à la protection de l'environnement.
Les
réserves naturelles les plus riches au monde :
Yasuni
Rainforest
- The
Petén Maya Biosphere Reserve - Braulio
Carrillo
Pour plus d'information
La
biodiversité (sur ce site)
Finding
Species (biodiversité)
US
National Parks
Geoconnexions
(Canada)
Parcs
Nationaux de France
MAB
(UNESCO)
MAB-France
Réserve
de biosphère des Vosges du nord (France)
Réserve
de biosphère de Sanlucar (Espagne)
Réserve
de biosphère du Delta du Danube (Roumanie)
Réserve
de biosphère de Bile Carpatie (Rép.Tchèque) Réserve
de biosphère de Kronotsky (Kamchatka, Russie) Réserve
de Biosphère de l'Archipel des Bijagos (Guinée-Bissau) Réserve
de biosphère d'Arunachal Pradesh (Indes)
Réserve
de biosphère du SO Nouvelle Ecosse (Nova Scotia) Réserve
de biosphère du Niagara (Canada)
Réserve
de biosphère du Golden Gate (CA, USA)
Réserve
de biosphère du papillon monarque (Mexique) Réserve
de biosphère de Sian Ka'an (Cancun, Mexique) Réserve
de biosphère de Yasuni (Equateur) Réserve
de biosphère de Guadeloupe Réserve
de biosphère du Delta del Paraná (Argentine) Réserve
de biosphère de Petén (Guatemala) Réserve
de biosphère de Manu (Pérou), Manu Réserve
de biosphère de Coquimbo (Chili) Réserve
de biosphère Andine-Nord Patagonienne
Réserve
de biosphère des Tuamotu Réserve
de biosphère de Loch Luna (Australie) NSW
National Parks & Wildlife Services (Australie)
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