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La Terre, berceau de l'Humanité

Les océans (VI)

Que savons-nous de ce "grand bleu" qui recouvre les trois-quarts de la surface de la Terre ? Asseyons-nous quelques instants sur la plage pour aborder l'aspect physique des océans.

Avant le XXe siècle les savants ignoraient tout des océans. Pendant l'Antiquité, 1500 ans avant notre ère, les Grecs naviguaient sur la mer Egée pour récolter du corail, des coquillages et faire du commerce avec les comptoirs établis sur les côtes étrangères. On sortait à peine de la Méditerranée et le "Palais de Neptune" n'était connu que jusqu'à 20 ou 30 mètres de profondeur. Il ne leur vint jamais l'idée qu'il était conquis par l'obscurité quelques brasses plus bas. En revanche, les monstres et les sirènes y pullulaient.

La mer dans tous ses états. Documents du domaine publique et 805surf. Recharger le bruit des vagues (Wav de 942 KB, Esc pour arrêter).

Ce n'est qu'à la fin du XIXe siècle, lorsqu'on posa les premiers câbles sous-marins à -1800 m que l'on découvrit que la vie s'était développée à de telles profondeurs. C'est alors que débuta réellement l'exploration océanique et la course aux grands fonds.

Les mers ont été divisées en quatre océans : l'océan Atlantique, Pacifique, Indien et Antarctique. Notons que depuis 2000, l'ancien océan Arctique est considéré comme l'extension Nord de l'océan Atlantique.

La surface des mers occupe 361.22 milliards de km2, soit 70.8 % de la surface du globe. L'hydrosphère (océans, lacs, glaciers, eaux souterraines, rivières, etc.) représente de nos jours 1.38 milliard de km3 d'eau ce qui représente un cube de seulement 1113 km de côté ou une "goutte" d'eau de 556 km de rayon soit plus de 11 fois plus petite que le rayon de la Terre. Ce volume contient 97 % des réserves d'eau de la planète mais l'eau potable ne représente qu'un cube de 46.4 km de côté ou une "goutte" d'eau de 23 km de rayon, c'est dire combien elle est précieuse. La masse des océans représente 1.37 milliard de milliards de tonnes (1021 kg) ce qui représente 0.023 % de la masse totale de la Terre.

La profondeur moyenne des océans est de 3800 m. Plus de la moitié des eaux océaniques plongent à plus de 3000 m de profondeur. Rapportés au diamètre de la Terre, les océans ne représentent qu'un film excessivement mince équivalent à 1/1700 du rayon de la Terre. Ils représentent néanmoins 300 fois la masse de l'atmosphère et 1200 fois sa capacité de stockage de la chaleur. Ils jouent donc un rôle thermorégulateur très important.

Pourquoi l'eau de mer est-elle salée ?

L'eau de mer contient 96.5 % d'eau pure et 3.5 % d'autres substances dont notamment des sels, des gaz dissous, des substances minérales et organiques. Les scientifiques estiment que l'eau de mer contient 50 trillions (millions de milliards) de tonnes de matière dissoute diverse.

Cette solution complexe faiblement concentrée contient "un peu de tout". Le chlore et le sodium (NaCl) représentent à eux seuls 85 % du poids des substances dissoutes. Au moins 72 éléments chimiques ont été identifiés dans l'eau de mer, la plupart en quantité extrêmement faibles, y compris de l'or (0.000005 mg par litre d'eau). Certains éléments se dissolvent dans l'eau, d'autres tombent au fond des océans.

La mer contient environ 35 g de sel par kilogramme d'eau, ce qui représente une salinité de 35. Cette salinité peut monter entre 36 et 39 dans la mer Méditerranée et dans le Golfe Arabo-Persique, 44 dans la mer Rouge et jusqu'à 275 dans la mer Morte (en surface car elle atteint 325 à 350 m de profondeur). En revanche, elle tombe à 13 dans la mer Caspienne. L'Atlantique Nord est l'océan le plus chaud et le plus salin du monde avec une température moyenne de 5.08°C et une salinité moyenne de 35.09.

Si tout le sel contenu dans l'eau de mer était déposé également à la surface des terres fermes, il formerait une couche uniforme de plus de 150 mètres d'épaisseur, l'équivalent de la hauteur d'un building de 40 étages !

Vidéos à voir : Plongez au fond des océans (Greenpeace)

A gauche, les principaux constituants de l'eau de mer. A droite, comparaison entre les compositions de l'eau de mer et de l'eau douce de rivière. Documents T.Lombry adaptés de l'USGS.

L'eau de mer contient tout d'abord des sels minéraux dont 3 % de chlore et de sodium, 0.3 % de sulfate et 0.1 % de magnésium ainsi que d'autres sels à l'état de trace (< 0.05 %). Il faut ajouter à ces quantités de la matière organique en décomposition produite essentiellement par les organismes marins. La plus grande partie du sel des océans provient de processus naturels lents comme l'érosion par le vent et les rivières des roches igneuses refroidies de l'écorce terrestre, le lavage des montagnes ainsi que la dissolution des sédiments par l'action des pluies et des courants qui transportent ces minéraux jusqu'à la mer. Certains sels ont également été arrachés et dissous des roches et des sédiments situés sous le socle continental. Parmi les autres sources de sels citons les matériaux solides et gazeux qui se sont échappés de l'écorce terrestre à travers les bouches volcaniques ou qui sont issus de l'atmosphère.

Des mesures récentes indiquent que les solides arrachés aux masses continentales par les rivières s'élèvent à 10 tonnes par km2 en Australie et à environ 193 tonnes par km2 en Europe. A l'échelle mondiale, les rivières transportent quelque 4 milliards de tonnes de sels dissous vers les océans.

A consulter : Ocean World

Température et acidification de l'eau de mer

L'eau de mer présente une température moyenne de 3.51°C et pèse en moyenne 1.028 kg par litre du fait de la présence de sels dissous. Dans l'eau de mer, les sons se propagent à la vitesse d'environ 1500 m/s, soit 5 fois plus vite que dans l'air.

Le pH moyen ou taux d'acididité de l'eau de mer varie entre 7.90 et 8.20 (atteignant 8.6 dans les eaux de surface et les floraisons littorales de plancton et même 9.5 dans les flaques), le milieu est donc légèrement basique, phénomène lié à la présente de sels. Toutefois dans son rapport 2010, la Convention sur la Diversité Biologique (CBD) précise que depuis le début de l'ère industrielle (plus précisément entre 1751 et 2004) environ 500 milliards de tonnes de gaz carbonique ont été dissous dans les océans, augmentant leur acidité de 30 % soit une baisse du pH de 0.1, passant de 8.25 à 8.14. Sur la même période, la température moyenne des océans a également augmenté de 1 degré. Si ce phénomène est inquiétant, une autre découverte rend cette tendance plus alarmante : les tourbillons géants (voir plus bas).

Si rien ne change et si nous continuons à polluer l'air avec des gaz à effet de serre, les experts du GIEC prévoient que la température moyenne des océans augmentera d'au moins 2 degrés entre 2050-2100, des valeurs sensiblement supérieures à celles des 420000 dernières années, à la différence importante que ce sont les activités humaines qui ont provoqué cette augmentation en moins de 200 ans ! Cette élévation de la température va bouleverser les écosystèmes marins. Par endroit, on constate déjà que la faune et la flore ont disparu lorsque la température des eaux de surface augmenta de 3 degrés ou par des concentration de gaz carbonique supérieures à 500 ppm. On reviendra sur les conséquences d'un excès de gaz carbone à propos de l'effet de serre.

La vie dans les océans

Les océans abritent 80 % de la biodiversité de la planète, autrement dit entre 4 et 80 millions d'espèces de créatures selon les estimations ! Ce milieu constitue une source de nourriture primordiale pour des millions d'organismes et de personnes.

La biomasse océanique se divise en trois types d'individus, la méïofaune (dont la taille oscille entre 40 et 500 microns), la macrofaune et la faune de grande taille. La densité moyenne de la méïofaune est de l'ordre de 100000 à 500000 individus/m². Pour la macrofaune, on compte de 100 à 1000 individus/m². Quant à la faune de grande taille (échinodermes, crustacés, poissons, etc) son peuplement est très variable, pouvant atteindre plus de 10000 individus à l'hectare dans la mer de Norvège. 

A lire : The Deep Book - Plancton

La faune stupéfiante des océans

La faune qui peuple les océans a donné naissance aux mythologies les plus folles. Aujourd'hui nous voyons ces animaux comme des créatures parfaitement adaptées à un environ que nous jugeons hostile. Ils nous apportent la confirmation que la terre ferme n'est pas le seul endroit où la vie a pu se développer. On estime que les céphalopodes (calmars, pieuvres, etc) représentent, en masse, une population peut-être supérieure à celle des poissons. Adaptés à leur milieu depuis 500 millions d'années, leurs comportements sont fascinants. Ci-dessous, une raie Manta et un Chauliodus sloani vivant dans les abysses. Documents SOEST, Les explorateurs et Chaumeton-Bassot.

Malheureusement, nous verrons dans d'autres articles consacrés à l'écologie et l'environnement qu'à peine 0.01 % des océans sont protégés contre les activités souvent destructrices des hommes. Ainsi que nous le verrons à propos des épaves, aujourd'hui toutes les eaux du monde sont polluées et on retrouve dans toutes les régions côtières des macro-déchets jusqu'à plus de 2000 m de profondeur ! Si les poissons pouvaient pleurer, ils rempliraient les océans de larmes !

Entre la surface et les abysses

La densité de l'eau de mer dépend de la salinité et de la température, deux paramètres qui déterminent également les différentes masses d'eau de mer. Elle qera la plus dense et la plus lourde à -2°C. Les eaux froides ont donc tendance à s'enfoncer sous les eaux chaudes, et ce d'autant plus en présence de sel. Pendant l'été, en surface la température de l'eau oscille entre 15°C (Atlantique) et 35°C (Golfe Persique) et peut localement, dans des "poches", atteindre 56°C. Dans les abysses au contraire, ou sous la glace la température peut chuter à -0.8°C.

L'eau de mer commence à geler entre -1.8 et -3°C dans les régions polaires. A partir de 2000 m de profondeur, sa température moyenne est de 2°C. Enfin, entre les eaux chaudes de surface et les courants des profondeurs il existe une zone d'eau froide intermédiaire (ICF) dont la variation de température est un indice de l'évolution du climat. 10 % du volume des mers est impliqué dans les courants de surface tandis que les 90 % restants évoluent en fonction des différences de densité des masses d'eau de mer.

Eau de surface :

 Surface - 200 mètres

Eaux intermédiaires :

 200 - 1500 mètres

Eaux profondes :

 1500 - 4000 mètres

Abysses :

 Au-delà de 4000 mètres

La lumière filtre difficilement au-delà d'une centaine de mètres de profondeur, mais elle reste perceptible jusqu'à 5 ou 600 m après accoutumance. Le noir absolu ne débute qu'au-delà de 1200 m de profondeur.

Le fond des océans présente un paysage volcanique en moyenne peu accidenté formé à partir des dorsales océaniques. On y trouve cependant des fosses très profondes (la fosse des Mariannes plonge à -11516 m) et des montagnes isolées très élevées (8325 m entre les îles Samoa et la Nouvelle Zélande).

En 1974, les géologues découvrirent à plus de 3000 m de profondeur des dépôts de manganèse et des geysers d'eau chaude qui corroboraient définitivement la théorie de la tectonique des plaques de Wegener, jusqu'alors souvent tournée en dérision.

Les plaques tectoniques progressent de moins de 10 cm par an. Reporté à l'échelle de la Terre, la vie d'un océan est d'environ 100 millions d'années, terme moyen au bout duquel la physionomie de tous les continents est modifiée. L'océan Atlantique par exemple est né voici 120 millions d'années à l'endroit où se trouve aujourd'hui les fameuses fumeurs noires de Snake Pit, Lucky Strike ou de Broken Spur à mi-chemin entre l'Europe et les Etats-Unis.

A gauche, la naissance de l'océan Atlantique voici 120 millions d'années. Au centre, un poisson prédateur létargique. Il se nourrit de vers Riftia et de crevettes vivant autour des fumeurs abyssales. A droite, la diversité du plancton. Documents Nova Scotia Museum, WHOI et Christian Sardet.

On peut encore retrouver les traces de cette mer primitive ou Tethys car elle a périodiquement débordé sur les continents depuis quelque 250 millions d'années. Entourant le continent primitif ou Pangée, la Tethys a progressivement ouvert l'océan Atlantique en provoquant l'isolement progressif de la mer Méditerranée et la séparation de l'ancien monde du continent américain.

Ainsi que nous l’avons déjà souligné, les dorsales océaniques situées au milieu des océans jouent un rôle majeur dans l'évolution des continents. C'est en effet à cet endroit que le matériau chaud du manteau terrestre monte jusqu'à la jonction des plaques, où il se solidifie au contact de l'eau et se sépare sur les flancs des dorsales en provoquant le déplacement des plaques tectoniques. Inversement, dans les grandes fosses abyssales, la matière retourne à ses origines. L'ensemble constitue un cycle sans fin entretenu par la chaleur du noyau.

C'est également sur ces dorsales océaniques que l'on a découvert en 1977 à plusieurs milliers de mètres de profondeur des évents de fumeurs noires portées à 380°C, des endroits a priori inhospitaliers mais où vivent et foisonnent des vers Riftia d'1.80 m de longueur, des moules géantes et des poissons chemoautotrophes, une faune très particulière sur laquelle nous nous attarderons dans l'article passionnant consacré à la faculté d'adaptation ainsi qu'en bioastronomie.

Les courants océaniques

Schéma simplifié de la circulation générale des courants océaniques surnommée le "tapis roulant". Cf le texte pour les explications. Document UNEP adapté par l'auteur.

Les océans représentent une extraordinaire source d'énergie. Celle-ci provient des propriétés de la molécule d'eau et de l'énorme quantité de chaleur échangée avec l'atmosphère. Les océans influencent le climat. Ils agissent comme un régulateur thermique, une sorte de “volant d’inertie” du fait que la température de l'eau fluctue comme l'atmosphère mais à un rythme plus lent, provoqué par son inertie.

L'océan contient deux types de courants : des courants verticaux dits convectifs et des courants horizontaux, reliés entre eux par des courants qui remontent des profondeurs vers la surface et qui ferment le "tapis roulant. Les courants océaniques forment donc un circuit ininterrompu entraînés par les courants des profondeurs.

Les courants des profondeurs, froids et plus salés, sont appelés les courants thermohalins tandis que les courants moins profonds font partie de ce qu'on appelle la circulation thermocline. Le courant du Gulf stream de l'Atlantique Nord fait partie des courants thermohalins.

Ainsi que le montre le schéma présenté à droite, en partant de l'Europe, les eaux chaudes de surface (rouge) sont refroidies (bleu) en remontant vers le pôle Nord, deviennent plus salées, coulent au fond de l'océan en quelques heures où elles se propagent horizontalement jusqu'au pôle Sud où elles se divisent en deux courants avant de remonter vers l'océan Indien et le Pacifique. Perdant progressivement leur salinité, elles remontent en surface au large de l'Inde et de l'Alaska où elles se réchauffent et rebroussent chemin pour refermer le circuit. Il existe également un courant chaud autour du continent Antarctique.

La vitesse des courants horizontaux oscille entre 0.2 et 0.3 m/s dans les courants équatoriaux et entre 0.5 et 1.5 m/s dans le Gulf Stream. Les océans transportent donc de la chaleur qui progressivement crée des microclimats et influence le climat global à long terme.

Ce cycle se maintient au moins durant 1000 ans mais sa persistance varie en fonction des aléas des changements climatiques. C'est la raison pour laquelle, la fonte des glaces d'eau douce par exemple est susceptible d'interrompre ce tapis roulant, notamment le courant du Gulf Stream durant plus de 1000 ans, le temps que l'eau douce se dilue dans l'eau de mer et que les courants verticaux redémarrent, réenclenchant le tapis roulant pour un nouveau cycle. Un arrêt subit du Gulf Stream conduirait probablement l'Europe à connaître les rigueurs des hivers du Canada. L'économie de l'Europe septentrionale en serait profondément bouleversée.

Pour ne pas alourdir cet article, les marées, vagues scérélérates et tsunamis sont décrits séparément.

Schéma détaillé de la circulation des courants de surface dans l'Atlantique Nord. A droite, la direction des courants. Les valeurs représentent les quantités transportées en millions de mètres cubes par seconde. Les traits continus représentent les courants chauds, les traits discontinus les courants froids. Ainsi qu'on le voit, la réalité est bien plus complexe que les concepts vulgarisés... Documents Ocean World/TAMU et extrait de "The Oceans. Their Physics, Chemistry, and General Biology" de Sverdrup, Johnson et Fleming, 1942 (p684, fig.187).

Un océan de tourbillons

Pendant que les océanographes étudiaient les vagues scélérates et la hauteur de la houle grâce aux radars embarqués à bord des satellites, au début des années 2000 ils découvrirent que la surface de la mer était couverte de tourbillons invisibles de la surface. Ces zones turbulentes pouvant mesurer jusqu'à 400 km de diamètre brassent l'eau horizontalement mais également verticalement dans un mouvement continu.

Chaque vortex peut survivre entre quelques semaines et quelques années pour les plus vastes. Leur existence s'explique en partie par le fait que l'eau mer est chargée en ions salés et en molécules d'eau dipolaires sensibles au champ magnétique terrestre. En se déplaçant au gré des lignes de force du champ géomagnétique, elles forment des anneaux, des tourbillons rassemblant des milliards de milliards de molécules d'eau qui naissent à partir des mouvements verticaux de l'eau.

A voir : Perpetual Ocean, NASA, 2012

Un océan de tourbillons

En étudiant des tourbillons en détail, on s'est rendu compte que les courants océaniques à petites et grandes échelles sont loin d'être des rivières s'écoulant calmement et de manière rectiligne dans les bassins océaniques. En fait, ces courants sont composés d'une myriade de petits tourbillons formant des systèmes turbulents persistants.

On sait aujourd'hui que ces tourbillons participent aux échanges de chaleur et de gaz carbonique avec l'atmosphère et donc aux variations climatiques au même titre que le plancton et d'autres composantes plus visibles. En séquestrant le gaz carbonique, ces tourbillons participent donc également à l'acidification des océans. Le problème est que nous ignorons quelle quantité de gaz carbonique l'océan est capable d'absorber et tout indique que par endroit il atteint la saturation et plutôt que de l'absorber, il le libère dans l'air. Dans ce cas, on doit s'attendre à une sérieuse augmentation de l'effet de serre dans les décennies ou le siècle à venir.

Le phénomène El Niño et l'oscillation australe (ENSO)

Les courants marins et principalement les courants verticaux sont très sensibles aux variations de température. Ainsi le phénomène "El Niño" consiste en un réchauffement de 2 à 3°C de la température de surface des eaux dans la partie orientale du Pacifique sud, là où il n'y a normalement pas de courant chaud. Ce phénomène provoque le réchauffement des côtes de l'Equateur et du Pérou généralement entre décembre et février. Ce réchauffement des eaux affecte les populations de poissons et peut interrompre une saison de pêche parfois durant 6 mois, de l'Amérique centrale jusqu'aux îles Galapagos. Comme on le voit ci-dessous, ce courant chaud s'étend également horizontalement sur environ 8000 km à travers le Pacifique équatorial, jusqu'aux îles Christmas. El Niño affecte également le climat en Asie en réduisant les précipitations sur l'Asie du Sud-Est.

Selon la NOAA, entre 1960 et 2005, 10 El Niño ont affecté la côte sud américaine. Les plus doux n'ont augmenté la température de l'eau que d'1°C et la surface des eaux d'à peine 10 cm sur plusieurs milliers de kilomètres. Mais en 1982-1983 El Niño provoqua une élévation de 25 cm du niveau de la mer dans le Pacifique, donna naissance à 6 lacs au Pérou et provoqua une hausse de la température de l'eau de 5°C (passant de 22 à 27°C) ! Ce phénomène inhabituel entraîna une modification du climat à l’échelle planétaire. On observa des sécheresses et des feux de forêts plus fréquents en Australie, des orages en Californie méridionale et des inondations dans le sud des Etats-Unis. Les rythmes de la flore et de la faune marine furent également bouleversés. Le coût total pour la planète de cet El Niño a été estimé à plus de 15 milliards de dollars US !

Au début du XXe siècle, le mathématicien anglais Sir Gilbert Walker, directeur général des observatoires météorologiques des Indes découvrit que la pression atmosphérique au niveau de la mer oscillait régulièrement dans le Pacifique sud entre un "indice haut" et un "indice bas", phénomène que Walker baptisa  l'“Oscillation Australe”. Ainsi en novembre, la pression est plus élevée à l’est de Tahiti que plus à l’ouest. Cette différence de pression le long de l’équateur crée une circulation des masses d'air vers l’ouest. 

A gauche, étendue du courant chaud d'El Niño et hauteur de la mer en décembre 2015 comparée à 1997. On constate que si la hauteur de l'eau n'a pas fort varié en 18 ans, le phénomène s'est élargi en latitude. En été une langue équatoriale d'eau froide superficielle s'étend de l'Amérique du Sud vers le Pacifique mais en hiver elle est remplacée par le courant chaud d'El Niño qui devient plus intense chaque année. Il provoque plusieurs phénomènes climatiques dont une hausse des températures à l'ouest de l'Amérique latine, une réduction des pluies en Asie du Sud-Est affectant les récoltes de blé, riz, café et autres céréales et une augmentation du nombre de tempêtes aux latitudes moyennes. A droite, Jacob Bjerknes en 1966 à l'UCLA. Documents JPL et NOAA.

A d'autres époques, le phénomène inverse se produit : pression plus élevée à l'ouest de Tahiti, affaiblissement des alizés de surface et déplacement des masses d'air vers l’est. Cette phase d’indice bas est généralement accompagnée d'un El Niño.

A partir de 1957, le météorologiste norvégien Jacob Bjerknes, alors en poste aux Etats-Unis à l'UCLA, étudia le phénomène El Niño et découvrit quelques années plus tard un lien entre ce phénomène et le cycle de vie des tempêtes aux latitudes moyennes.

Avant de nous quitter en 1975, il suggéra également que les températures de surface anormalement chaudes des eaux du Pacifique méridional sont reliées aux alizés faibles et aux fortes chutes de pluie qui accompagnent El Niño. En effet, lorsqu'un El Niño se produit, les alizés faiblissent et reculent dans l'est du Pacifique, permettant aux régions centrales du Pacifique de se réchauffer, tandis que les zones de pluie normalement confinées à l'ouest se déplacer vers l’est.

Pour Bjerknes, l'El Niño et l’oscillation australe sont les deux composantes d’un même phénomène qu'on appelle aujourd'hui ENSO (El Niño Southern Oscillation). Entre mi-2007 et janvier 2008, le phénomène ENSO provoqua temporairement une élévation de la température moyenne du globe de 1.5°C passsant de 15°C à 16.5°C !

D'où vient l'eau de la Terre ?

Alors que nous explorons les mers, au hasard d'un escale on découvre que certains sols sont spongieux et qu'il existe ci-et là des geysers ainsi que des sources d'eau douce. C'est ainsi que nous vient à l'esprit la question de savoir si l'eau des océans représente toute l'eau de la Terre ?

Le bilan complet de l'eau considère que l'eau contenue dans les océans ainsi que dans l'atmosphère ne représente finalement que 50 % de la quantité d'eau présente sur Terre. L'eau qui ruisselle en surface, dans les cavernes et surtout emprisonnée dans les roches jusqu'à plusieurs centaines de kilomètres de profondeur, notamment dans la ringwoodite, représente à son tour 50 % de l'eau terrestre !

A lire : L'eau, l'or bleu

Fjord en Norvège Iceberg à Pleneau Bay

L'hydrosphère (océans, lacs, fleuves, rivières, sources, nappes phréatiques, fjords, glaces flottantes, etc.) représente 1.38 milliards de km3 d'eau. Nous avons de l'eau pour des millions d'années, mais elle est très mal distribuée, parfois inaccessible ou impropre à la consommation. Documents Touristphoto, Water magazine et Digiocto.

D'où vient toute cette eau ? Nous avons vu précédemment (cf. page 2) qu'elle serait issue du dégazage des roches météoritiques tombées sur la jeune Terre durant la phase primordiale de son évolution mais l'impact des planétésimaux et des comètes ont vraisemblablement également joué un rôle. Une partie de l'eau se serait également formée par réactions chimiques dans le manteau de la Terre. Le sujet étant très vaste, on y reviendra quand nous aborderons l'origine de l'eau présente sur la Terre.

La terre et l'humus

Enfin, il y a une composante essentielle que nous n'avons pas encore décrite, c'est la terre que nous foulons, l'humus qui recouvre toutes les terres arables. Le sujet concernant autant les sciences de la terre que du vivant, nous y reviendrons en détails en écologie dans l'article la terre et l'humus.

Telles sont en quelques mots les caractéristiques physiques de la Terre, un thème aussi vaste que son sujet. Dans d'autres articles nous nous étendrons sur les autres caractéristiques de cette planète unique en son genre.

Pour plus d'informations

Sur ce site

La terre et l'humus

Les volcans terrestres

Les régions polaires

Les Phénomènes Lumineux Transitoires (jets, sprites, etc.)

Le champ magnétique terrestre

Les grandes étapes de l'évolution de la Terre et de la vie

Marées, vagues scérélérates et tsunamis 

L'eau, l'or bleu

L'Ecologie et l'Environnement

La météorologie

Dans la bibliothèque de LUXORION (bibliographie)

Sur Internet

Applets (simulateurs) de l'Université de Nebraska-Lincoln

Planète Terre, P.-A. Bourque/U.Laval, Can.

GeoWiki

Le champ magnétique terrestre, IRM

L'environnement terrestre, les rayonnements cosmiques et leurs interactions, Vincent Lafon

Océanologie

Perpetual Ocean (animation sur les tourbillons géants), YouTube, NASA, 2012

D'où vient l'eau des océans, U.Liège

Ocean, portail du Smithsonian

Ocean World, U.Texas

MaxWave

Aviso (CNES)

Synthèse scientifique des impacts de l’acidification des océans sur la biodiversité marine, CBD, 2010

Freak waves, rogue waves, extreme waves and ocean wave climate, K.Dysthe/U.Bergen, et al.

Tsunami pictures

Plongez au fond des océans (vidéos), Greenpeace

IFREMER

Séismologie et volcanologie

Physique de la Terre (Notes de cours, PDF), A.Fournier/U.Jussieu

Logiciels à télécharger dont Earthquake 3D et Quake-Catcher Network (sous BOINC)

Volcano world, U.Oregon

GEOWARN

ORB

USGS

Livres

Dynamics of the Earth's Radiation Belts and Inner Magnetosphere, D.Summers et al., ANU, 2013

Le Soleil, la Terre... la vie : La quête des origines, Robert Pascal et al., Belin/Pour la Science, 2009

À la recherche de l'eau dans l'Univers, Thérèse Encrenaz, Belin/Pour la Science, 2004

Evolution of a Habitable World, Jonathan Lunine, Cambridge University Press, 1998/2000

The Wave (sur les vagues scélérates), Susan Casey, Doubleday, 2010

Cartes, maquettes et mappemondes

Ballon gonflable de la Terre de 1m de diamètre, The Space Store

Mappemondes et globes, Geodus

National Geographic (shop).

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