Les technologies du futur

Essai de prospective (I)

Ainsi que nous le disions dans l'article consacré à l'avenir des sciences, discuter des tendances de l'évolution technologique revient presque à faire un pari Pascalien. Pour le dire simplement, on réussit ou on se plante royalement !

En effet, décrire l'avenir revient au pire, au départ d'une idée géniale, à s'égarer sur des voies royales mais qui s'avèrent finalement trop complexes ou sans issue ou à se fourvoyer dans un dédale d'élucubrations, de concepts et d'inventions chimériques dignes d'un mauvais roman de science-fiction. Au mieux, on aborde le sujet en espérant avoir bien identifié les projets actuels les plus porteurs d'innovations et qui seront les plus appréciés du public, car c'est finalement lui qui jugera l'intérêt du produit.

Mais cela reste très délicat à déterminer quand on sait combien la recherche dépend des idées géniales des inventeurs mais également des subsides qu'on leur attribue. Or, si on peut espérer que les premiers survivront le temps de mener leur projet à terme, les seconds dépendent non seulement de critères objectifs mais également de l'état socio-économique de la société et des priorités du monde politique. Que l'un ou l'autre vienne à manquer ou à changer d'avis, et c'est parfois plusieurs décennies d'études et de recherches qui sont anéanties.

Qui s'occupe de prospective, le secteur privé ou public ? Il faut relativiser l'intérêt du gouvernement pour le sujet qui préfère en laisser la direction aux entreprises privées, bien que celles-ci attendent également des gestes du gouvernement (fixation d'une stratégie économique, aides financières, etc). Pour ne citer qu'un exemple, en France, le département de "Concertation et Prospective" dépend du... Ministère de l'Ecologie ! C'est déjà significatif de l'intérêt que porte le ministre de l'Industrie, de l'Education ou du Développement à ces questions : aucun ! Ce département dispose d'un budget de 100000 € par an. Il le réserve à des actions de valorisations à long terme, notamment l'aménagement du territoire (estuaire, zones agricoles, etc). Nous sommes loin de la nanotechnologie, de la bionique ou de la domotique !

Document http://ewic.bcs.org/

Pour étudier ces technologies, nous devons donc nous tourner vers les laboratoires universitaires, les entreprises privées (et parfois nationalisées) et les fondations.

A quelle échéance portera notre revue ? Quand on parle d’avenir, si nous voulons nous accorder le moins d'erreur possible, mieux vaut se limiter à un délai raisonnable d'une génération, car à plus longue échéance tous les experts en prospective se sont toujours fourvoyés faute de réalisme. En effet, en dehors des bureaux d'études, l'infuence des facteurs socio-économiques et politiques peuvent difficilement être évalués à si long terme et viennent grever l'imagination d’une marge d’erreur très importante.

Nous allons donc décrire ce que sera probablement notre quotidien de demain, d'ici 2030, en nous basant sur l'état des sciences et des techniques actuels, les seules certitudes que nous possédons pour extrapoler ces idées. Avec un peu de chances nous serons encore de ce monde pour corriger le texte le cas échéant !

Nous allons passer en revue plusieurs révolutions technologiques :

- Les écrans souples OLED

- Le papier électronique

- Les vêtements intelligents

- La nanotechnologie

- La médecine à l'ère numérique

- La domotique

- La voiture du futur

- L'ordinateur du futur.

Cette liste n'est bien sûr pas exhaustive, car nous pourrions également décrire beaucoup d'autres projets innovants (concernant les systèmes de propulsion, l'armement, l'imagerie, la cybernétique, ...), y compris dans les domaines scientifiques (génétique, météorologie, océanographie, astronautique, écologie, ...) ou sociaux (soins de santé, système judiciaire, politique, etc) mais cela serait trop vaste.

Nous n'aborderons dans cet article que les innovations technologies, et encore, limitées à quelques produits phares, dont certains sont sur le point d'être commercialisés, histoire d'être aux avant-postes de l'avenir pour notre plus grand bonheur.

Les écrans souples OLED

Les écrans envahissent notre vie. Depuis le tube cathodique des années 1930 (les premiers postes de télévision américains) à l'écran plat des années 2000, nous assistons à une véritable révolution technologique.

De la télévision au GSM en passant par l'écran d'ordinateur, l'APN et l'album photo-souvenir, les écrans plats sont partout : domicile, bureau, voiture, ... 

Les applications des écrans plats ont débordé le secteur multimédia pour s'adapter aux exigences des utilisateurs, qu'ils soient à domicile, en vacance ou sur leur lieu de travail.

Document AFP/Yoshikazu Tsuno.

Les écrans souples sont à portée de main. A gauche, le vidéo-bracelet de Vodafone. A droite un écran OLED

La taille des écrans s'est adaptée aux périphériques; elle varie du mémo-stick pas plus grand qu'un ongle à celui de l'écran mural de plusieurs mètres carrés. 

La révolution des écrans plats est surtout celle des écrans souples. Cette révolution technologique se base sur des diodes lumineuses organiques, ce qu'on appelle les OLED.

Tout a commencé avec les diodes électroluminescentes (LED) qui ont permis de concevoir et de développer des systèmes d'éclairages de plus en plus sophistiqués tout en limitant leur dimension.

Puis sont apparues dans les années 1970 les calculatrices ultra plates munies d'écrans LCD ou TFT (plus rapides) qui furent bientôt capables d'afficher des graphiques en haute résolution. Cette technologie fut ensuite appliquée aux GSM et plus récemment aux PDA (Personal Digital Assistant genre PocketPC).

L'écran OLED développé par Sony (2007).

Malgré une saturation du marché de la téléphonie mobile au sens large, les experts estiment que cela va continuer à croître et se développer, touchant de plus en plus de secteurs. Les fabricants imaginent déjà utiliser des écrans souples dans toutes sortes d'applications : les vidéos-bracelets, les affiches publicitaires, dans les journaux, les magazines, les vêtements, etc.

Même le Ministère de la Défense américain et les compagnies d'astronautique envisagent de munir les militaires et les astronautes d'écrans souples (fixés sur l'uniforme, au-dessus de la combinaison ou portatif) pour garder le contact ou pour interroger des bases de données. 

Indirectement, ces écrans souples permettront de faire des économies de papier (et de déchets). Cela nous offre une transition idéale pour découvrir le papier électronique.

Le papier électronique

Vers 2020, on envisage également de remplacer les journaux ou les livres par des écrans souples OLED exploitant la technologie EPD (electronic paper display) et une encre électronique (e-ink). Ce dispositif pourrait être exploité dans le cadre de l'édition, de l'éducation, des loisirs et même du commerce. 

A l'heure de l'informatique et des liaisons radiofréquences, la mise à jour des informations serait assurée automatiquement en passant l'appareil près d'une borne d'émission. Inversement, vous pourrez vous abonner à des services Internet qui mettront vos magazines et vos livres électroniques automatiquement à jour sans que vous n'ayez à les manipuler !

A lire : Kindle, le lecteur de livre électronique d'Amazon (sur le blog)

La société américaine Plastic Logic devrait commercialiser le premier journal électronique sur écran souple en 2008.

Fini également les bloc-notes, les carnet d'adresses, les cartes routières et les journaux encombrants. Une feuille souple et légère de la taille d'une main ou A4 vous permettra d'afficher n'importe quel texte ou image avec une qualité supérieure à celle du papier (150 ppi). La société Plastic Logic devrait commercialiser les premiers journaux numériques sur écran souple de 10" dès 2008. De son côté, Sony s'apprête à commercialiser son « eBook Reader » au prix de vente de 350$.

Imaginez également un rouleau de papier ou un film électronique de la taille d'un crayon. Chaque fois que vous le déroulez, vous affichez un texte ou une image différente. Le contenu est mis à jour instantanément. Vous pouvez ainsi obtenir les dernières nouvelles par exemple, comme vous lisez aujourd'hui votre journal du matin.

Enfin, en prenant un livre électronique, vous l'ouvrirez toujours à la dernière page que vous avez lue. S'il s'agit de l'enregistrement d'un concert, vous mettrez votre oreillette sans fil pour écouter votre groupe favori.

Bientôt, ces technologies multimédia seront incorporées à nos vêtement. Ce sera le sujet du prochain chapitre.

Prochain chapitre

Des vêtements intelligents

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