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Les technologies du futur La domotique (IV)
La domotique ou informatique domestique regroupe l'ensemble des techniques et technologies permettant de superviser, d'automatiser, de programmer et de coordonner les services dans les habitations individuelles et collectives. Depuis que l'informatique s'est démocratisée à la fin des années 1970, les "experts" en prospective n'ont cessé de nous faire rêver en imaginant à quoi ressemblerait la maison du futur. La NASA, des bureaux d'architectes et des chercheurs ont participé à des concours publics où l'imagination était plus au pouvoir que le réalisme ! Au cinéma, dans "Mon oncle" (1958), Jacques Tati, dont voici la filmographie, s'en est d'ailleurs bien amusé à notre plus grande joie ! Concrètement, bien que la plupart de ces projets soient grandioses et réservés à des milliardaires capables de s'offrir des prototypes hors de prix, dix écrans-plats tactiles et des kilomètres de fibre optique, l'habitation informatisée, la "maison intelligence" fait petit-à-petit son entrée dans les expositions et sur la table à dessin des architectes. Banalisation de la domotique Signe des temps, aujourd'hui nous trouvons normal de disposer d'une télécommande pour ouvrir la porte du garage ou commander à distance un appareil Hi-Fi ou un home cinema, de disposer d'une alarme et d'un détecteur de mouvement, d'un simulateur de présence, d'une climatisation intérieure, de panneaux solaires, d'un WC autonettoyant, d'un système automatique de recyclage des eaux usées ou d'une carte d'identité à puce pour faire des achats en ligne. Plus d'une chambre d'hôtel sont déjà équipées de clés magnétiques et de système vidéo en circuit fermé. Progressivement la domotique pénètre dans nos foyers et se banalise. Les télécommandes sont déjà sur le marché. Après le modèle Pronto de Pillips, Logitech a sorti en 2006 la télécommande infrarouge Harmony 1000 (voir ci-dessous). Cette télécommande universelle qu'il suffit de connecter à un ordinateur pour le smsies à jour, dispose d'une base de données de 150000 appareils domestiques infrarouges. Utilisant des ondes Z-Wave (technologie sans fil à 900 MHz), elle est dédié à la domotique et permet, à condition d’acheter des appareils compatibles, de contrôler l'éclairage, les alarmes, les volets, la climatisation, la TV, le four microonde, le lave vaisselle, etc.
Un peu partout fleurissent des maison-témoins dans lesquelles des architectes nous expliquent comment la domotique va s'intégrer à la maison de demain. L'une de ces maisons, fief de la domotique est occupée par... monsieur Microsoft, Bill Gates en personne, à Medina (voir Google map), en bordure du Lac Washington dans l'Etat du même nom. Les bâtiments s'étendent sur 4600 m2 mais abritent également des salles de réunion, une bibliothèque, une salle de sport,.... Actuellement et jusqu'en 2012, le centre de recherche "Living Tomorrow" présente la maison, les bureaux et les industries créatives du futur (automobile, aviation, services, santé, etc) au public et aux chefs d'entreprise. L'exposition qui s'étend sur 4500 m2 se tient à San José (USA), à Amsterdam (PB) et à Bruxelles (Vilvorde). Le ticket d'entrée est fixé à 10 € par personne. Un billet combiné (Mini-Europe, Planétarium, Musée Scientastic et brasserie Palm) est également proposé. Persuadé de l'intérêt du public pour les innovations technologiques, les organisateurs prévoient un million de visiteurs en 5 ans. Cette exposition mérite un détour car elle aborde toutes les questions que nous nous posons à propos de la domotique, y compris à propos de son adaptation aux personnes âgées et les questions liées à la sécurité qui nous préoccupent tous à l'heure du car-jacking et de la violation de la vie privée par Internet. L'ordinateur omniprésent Tous ces projets s'articulent autour d'un ordinateur central (serveur) qui gère la totalité des fonctions de l'habitation et ce, de manière personnalisée, pièce par pièce ou en fonction des appareils, chacun disposant d'un ordinateur (client relié par cable ou sans fil) intégré dans un écran plat, pas plus épais qu'un agenda ou qu'un livre. Dans la propriété de Bill Gates par exemple, le visiteur comme les membres de la famille détiennent une puce électronique qui leur permet d'interagir avec le système central sans devoir passer des commandes directes. Les lumières s'allument devant votre passage, les hauts-parleurs cachés derrière les murs vous distribuent une musique d'ambiance qui vous suit d'une pièce à l'autre et des dizaines d'ordinateurs portables à écran tactile vous permettent de contrôler tous les appareils de l'habitation. Rumeur ou pas, on a dit que son projet fut dessiné sur un Macintosh, d'autres disent que toutes les liaisons extérieures sont gérées par un système Linux... Grâce à la domotique, l'éclairage intérieur et extérieur est sous contrôle, de même que portes et fenêtres, l'état de stock du réfrigérateur, la température ambiante, la climatisation, la température de l'eau, la musique, les alarmes, la quantité de mazout, etc. Ailleurs c'est l'univers des écrans interactifs. Ici les fenêtres font office d'écran total, un revêtement de polymères assurant ou non la transmission de la lumière et du rayonnement UV. Quand cela ne suffit pas, dans la salle de bain les ingénieurs ont transformé le miroir en écran d'ordinateur sur lequel peuvent s'afficher diverses données relatives à votre état de santé, vous rappellant au passage de prendre vos médicaments qui d'ailleurs ont été automatiquement recommandés par Internet auprès de votre fournisseur habituel. Dans le salon, un écran-plat géant relié à une station multimédia vous permet non seulement de capter la centaine de chaînes de la télévision numérique mais également de communiquer grâce à des commandes vocales avec votre ordinateur central, d'établir des communications en visio-conférence par Internet ou tout simplement de visionner vos films préférés téléchargés du site du fournisseur en format THX dolby surround. Tous ces dispositifs nous rappellent des inventions que nous utilisons déjà mais à plus petite échelle : c'est la fonction de la télévision ordinaire de 54 cm qui sera bientôt une pièce de musée ou de l'ordinateur équipé d'un écran plat de 19", d'accessoires multimédias et connecté à Internet. Projets publics Si les applications de la domotique sont décuplées, centuplées, on arrive finalement à l'échelle des infrastructures publiques pilotées par ordinateur : parkings souterrains, piscines, musées, gares et autres buildings. Dans le monde des affaires, la technologie peut aussi être sophistiquée. Même les ministères acceptent la construction de bâtiments futuristes telle la "Tour-phare" de La Défense qui devrait voir le jour dans le quartier des affaires de Paris-Neuilly en 2012.
Construite par Morphosis, un bureau d'architecure américain dirigé par Thom Mayne, pour le compte d'Unibail, la tour sera haute de 300 mètres (la Tour Eiffel mesure 324m avec les antennes) et accueillera des bureaux mais également des commerces. La façade sud comportera un système dit de "double peau" qui assurera une ventilation naturelle permettant des consommations énergétiques particulièrement performantes. Le sommet comportera un parc d'éoliennes, alliant ainsi l'ingénierie de pointe à l'écologie. La Pyramide de Shimizu Comment résoudre le problème de surpopulation à Tokyo ? Plus de 12 millions d'habitants sont actuellement coincés entre le mont Fuji et l'océan, dans une mégapole surpeuplée où presque plus personne ne peut se déplacer et où la pollution devient tous les jours un peu plus importante. Le seuil de saturation est atteint. Pour trouver de la place, il faut soit bâtir en hauteur ou quitter la terre ferme et occuper la mer. Mais dans un pays situé à la lisière d'une plaque tectonique, régulièrement touché par les tremblements de terres et les tsunamis, ces paris sont très risqués. Puisqu'il n'y a plus de terrain à bâtir à Tokyo, en 2003 l'ingénieur et architecte japonais Shimizu s'est tourné vers la mer et a imaginé la "Pyramide de Shimizu". La Pyramide de Shimizu est un projet de mégapole (arcologie) futuriste. Il s'agit d'une structure pyramidale creuse constituée de 55 pyramides tubulaires ayant chacune la taille de celle de Khéops ou de Las Vegas ! Sa base repose sur 36 piliers solidement enfoncés dans la baie de Tokyo. L'édifice représente une superficie de 88 km2. La Pyramide de Shimizu est subdivisée en 8 étages de 250 m de hauteur chacun, atteignant au total plus de 2000 mètres de hauteur, soit 12 fois la hauteur de la pyramide de Khéops ! L'édifice peut accueillir 750 000 habitants répartis dans plusieurs dizaines de buildings de 30 étages suspendus à la structure. Encore en phase d'étude, si elle venait à être construite, cette pyramide deviendrait la plus grande structure humaine jamais édifiée. A voir : City in a Pyramid (Discovery Channel)
Mais de nombreux problèmes sont à résoudre et ont déjà fait l'objet de nombreuses études. Ainsi, dès que le projet fut imaginé, il parut évident que si la pyramide était fabriquée en béton et en acier, la structure s'écroulerait sous son propre poids. En effet, un building de grande taille pèse déjà quelque 300 000 tonnes. Si la pyramide de Shimizu était fabriquée en béton et en acier, elle pèserait 200 fois plus et ne pourrait tout simplement plus se maintenir sous son propre poids ni sur ses fondations, aussi massives soient elles. Les ingénieurs ont donc imaginé d'utiliser une matière beaucoup plus légère et beaucoup plus résistante : les nanotubes de carbone. La structure serait ainsi 100 fois plus légère.
Parmi les problèmes techniques à résoudre citons : Les avantages de cette structure seront parmi d'autres : un gain d'espace sur les terres, un prix d'achat très abordable pour les promoteurs compte tenu du prix du mètre carré au Japon, son autonomie (une ville dans la ville), la production d'oxygène et une amélioration de la qualité de l'air de Tokyo. Mais restons réalistes. Le directeur de Shimizu Corporation lui-même considère que ce projet n'est pas à l'ordre du jour, et d'autant moins que tous les problèmes ne sont pas résolus, notamment ceux liés à la technologie des nanotubes, la fabrication des robots et la production d'énergie. Ce projet hors norme pourrait voir le jour dans la baie de Tokyo vers 2100. De l'intérêt de la domotique Certains promoteurs d'une certaine qualité de vie se plaignent déjà que nos villes ressemblent à des couloirs entourés de grattes-ciel propices aux rafales de vents ou que nos appartements ressemblent à de "petites boîtes" enfilées les unes sur les autres comme des cages à lapin sans âme, austères et froides, dont l'épaisseur des murs vous fait regretter de ne pas vivre dans une maison. Ceux-là ne visiteront sans doute jamais la Tour-phare de La Défense et ne franchiront jamais non plus le seuil d'une maison gérée par la domotique. Ces nouveaux bâtiments fruit de la haute technologie représentent un futur encore plus froid que nos résidences habituelles, des lieux gérés par la science et la technologie, où l'initiative humaine n'a plus aucune place, un pas de trop diront les amateurs de nature. Mais qu'ils se rassurent. Généralement l'ingénieur spécialisé en domotique vous fait grâce du système de cablage très discret mais qui court à travers toute l'habitation, du sol au plafond quand il n'est pas parfois relayé par des systèmes radiofréquence ou infrarouge. L'exposition "Living Tomorrow" ou comment sera la maison de demain. Il est possible d'intégrer les reliefs de cette technologie (cablage et périphériques) dans les faux-plafonds, dans les murs ou dans le sol. Le serveur peut être logé à la cave, au garage ou au grenier. La domotique est généralement transparente pour l'utilisateur qui remarque simplement qu'il y a un peu plus d'écrans tactiles, de détecteurs, de voyants, et d'interfaces dans sa maison. Mais reconnaissons qu'à l'image de toute innovation, la domotique présente encore par quelques défauts de jeunesse qui font que les clients ayant franchit le seuil des maisons du futur en ressortent mitigés, à la fois conquis et réticents. D'une part, innovation oblige, la domotique se paye très cher. Certaines habitations "intelligentes et toutes automatiques" se vendent plus de 10 millions d'euros. La propriété de Bill Gates avec les 2 ha qui l'entoure est estimé à 125 millions de dollars (auxquels il faut ajouter 1 million de dollars de taxe foncière annuelle), mais la première fortune du monde peut bien s'offrir ce luxe. Le prix de la construction de la Tour-phare est estimée à 1.35 milliards de dollars (1 milliard d'euros), question de prestige dit-on. Foi d'informaticien, la domotique n'est pas non plus sans faille, y compris de sécurité. Comme partout dans l'univers de l'informatique et de la connectique, Murphy n'est jamais très loin pour invalider les idées reçues les plus logiques et déstabiliser les appareils les plus stables ou parasiter les connections les plus fiables. Enfin, la technologie n'est pas standardisée. Les standards d'interopérabilité sont multiples : X10, Z-Wave, ZygBee, etc. Même chose pour les cartes d'identification à puce qui ne supportent pas encore toutes le format RFID. Cela signifie que si vous achetez une télécommande aujourd'hui au standard Z-Wave par exemple, vous ne pourrez plus acheter de produits concurrents ou vous serez contraint d'acheter une nouvelle télécommande compatible avec cet appareil. Ceci dit, on peut très bien vivre avec les avantages de la domotique sans en subir les inconvénients ou l'hégémonie. Le tout est de se fixer des limites et les moyens de parvenir à ses objectifs. Après les éléments domestiques et le système informatique, la voiture vient en troisième place parmi les objets les plus fréquemment utilisés. Comment va-t-elle évoluer ? Dernier chapitre
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