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La biodiversité Les espèces menacées (IV) Une espèce est dite menacée d'extinction (threatened with extinction), lorsque sa population tend irrémédiablement vers le seuil minimum viable; elle est en danger critique de survie. Sans protection, cette espèce est condamnée à disparaître. Au 1 janvier 2000, l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature et des Ressources Naturelles (The World Conservation Union, IUCN) avait recensé 11167 espèces menacées. Il y en a 16306 en 2007. Malheureusement le lynx ibérique a fait son entrée dans cette liste en 2006, raison pour laquelle je lui rends hommage. C'est le premier chat sauvage proche de l'extinction depuis 2000 ans. Il en est de même pour l'antilope Saiga, le koala, l'ours blanc, l'hippopotame ou la raie manta. La liste se voit malheureusement complétée d'au moins 1 espèce chaque semaine (~ 60 par an). Aujourd'hui, un mammifère sur quatre, un oiseau sur huit, un tiers de tous les amphibiens et 70% de toutes les plantes sont en péril et menacés d'extinction ! Les grands singes, les reptiles d'Amérique du Nord, les vautours, les dauphins, les coraux sont tous en danger. La "Liste Rouge" de l'IUCN est mise à jour chaque année et revue en détail tous les 4 ans environ (la prochaine mise à jour est prévue pour 2010) car il arrive que certaines espèces considérées comme disparues renaissent tel le Phoenix ou plutôt que l'on retrouve par chance quelques individus (par ex. l'hocco unicorne "Crax unicornis koepckeae", etc). Le nombre d'espèces que l'on ajoute à cette liste est une référence clé pour déterminer le statut de la biodiversité de la planète. La Liste Rouge de l'UICN est différente des Annexes CITES. La Liste Rouge concerne toutes les espèces et considère toutes les raisons pour lesquelles une espèce pourrait être menacée alors que les Annexes CITES ne considèrent que les espèces qui sont menacées par le commerce international et les espèces pour lesquelles il est nécessaire de réglementer leur commerce afin qu'elles ne soient pas menacées. A consulter à l'IUCN : La Liste Rouge des espèces menacées d'extinction
Selon l'IUCN, les espèces menacées le sont pour deux raisons : la perte de leur habitat au profit des activités humaines et la dégradation du milieu. Ces deux facteurs affectent 89% des oiseaux menacés, 83% des mammifères et 91% des plantes menacées ! Ainsi, en 2007, le primatologue néerlandais Marc van Roosmalen de l'Université de Wisconsin, à qui l'on doit la découverte de sept espèces de singes dans la forêt d'Amazonie, a découvert un nouveau genre de pécari géant mais il est déjà pourchassé en toute illégalité car il ne se se défend pas face aux chasseurs. Les chercheurs ont été contraints de mettre le Pécari géant sur la Liste Rouge de l'IUCN. Marc van Roosmalen et ses collègues font un travail remarquable et méritent d'être encouragés. A ce titre, en 2000, le TIME magazine n'a pas hésité à élire Marc van Roosmalen parmi les "Héros pour la Planète".
A l'heure actuelle, ce sont les habitats des basses terres et des montagnes des forêts pluvieuses où l'on trouve le plus de mammifères et d'oiseaux en voie d'extinction. Si on prend le chimpanzé par exemple, il existait 1 million d'individus en 1950, il en reste à peine 100000 aujourd'hui... On estime qu'à ce rythme, les grands singes auront disparu vers 2025. Comme l'ont dit les responsables de l'Institut Jane Goodall, quand on ne pourra plus se regarder dans les yeux des grands singes, ce jour là l'homme aura perdu son humanité. Les biotopes marins sont également extrêmement vulnérables et comprennent de nombreuses espèces de poissons, d'amphibiens et d'invertébrés menacés, parmi lesquels l'hypoccampe, le phoque moine ou la baleine franche de Biscaye. Mais il ne faut pas nécessairement aller aux antipodes ou dans les mer chaudes pour trouver des créatures menacées d'extinction. Rien qu'en Belgique mais c'est valable également en France, suite à l'urbanisation et l'industrialisation, la moitié des espèces de papillons sont menacées dont le fameux Citron. Quelles sont les raisons ? Ils ne trouvent plus suffisamment de nectar et les fleurs disparaissent. Résultat, c'est tout un écosystème qui souffre de l'expansion des hommes... La situation est encore plus préoccupante chez les abeilles qui ont un rôle pollenisateur essentiel. Non seulement il arrivera un jour où nous n'aurons plus droit au nectar des dieux mais nous ne verrons plus son messager non plus. Il est urgent d'agir. Le risque d'extinction Nous, êtres humains, faisons partie intégrante des écosystèmes; nous sommes un produit de la nature et subissons encore ses lois pour l'essentiel, quoiqu'on en pense. En théorie, nous dépendons totalement des interactions que nous pouvons avoir avec les animaux, les plantes et les micro-organismes, sans parler de l'influence directe des gaz atmosphériques sur notre santé ou celle des rayonnements solaires (champs électromagnétiques ou corpusculaires). Si l'équilibre de la biosphère venait à fléchir, nous subirions ces effets de la même manière que les autres espèces et nous devrions faire face à des problèmes écologiques voire sanitaires face auxquels nous n'avons aucune solution. En pratique, nous pourrions sans doute temporairement y résister ou les annuler grâce à notre science, mais cette "mise sous cloche" ou cette immunisation de notre humanité serait artificiellement entretenue. De plus nous ignorons les conséquences écologiques et les effets de bord de cet isolement permanent des cycles naturels. Elle représente finalement la pire des solutions. Ainsi que nous l'ont expliqué Stephen Gould, David Raup et Richard Leakey, depuis que la Terre existe, les extinctions de masse nous ont démontré qu'aucune espèce n'est supérieure aux autres et aucune ne peut échapper à ces mauvais coups du sort. Pourquoi se produisent-ils ? La question reste posée. Il est probable que l'inadaptation, la malchance, les lois du hasard ou même un facteur extérieur contribuent pour se liguer un jour ou l'autre contre certaines espèces ou communautés. Jusqu'à preuve du contraire, en aucun cas il ne faut y voir un signe du destin comme le fait que l'avenir de l'homme serait dicté par une puissance surnaturelle ou des théories plus extravagantes encore. Jusqu'à preuve du contraire, à l'échelle globale aucune espèce aussi gentille ou féroce soit-elle n'a échappée aux forces de la nature ! Rappelons qu'au cours des extinctions massives qui ont ponctué le passé, jusqu’à 98% des espèces existantes ont été anéanties ! Que l'homme soit à l'image de Dieu, un "bon sauvage" comme le pensait Rousseau ou plutôt un superprédateur, cela ne change rien à notre condition d'être vivant; nous devons relativiser notre supériorité et nous dire qu'en toute probabilité, nous avons quelques chances de disparaître sans espoir de lendemain. Selon Stephen Gould, les grandes extinctions se produisent en moyenne tous les 26 millions d’années, sans aucun rapport avec les phénomènes astronomiques ou la sélection naturelle. La compétition entre espèces est simplement temporairement suspendue au profit de règles différentes face auxquelles aucune espèce n'est préparée. On estime aujourd'hui qu'une espèce disparaît toutes les 15 à 20 minutes environ, soit entre 20 et 35000 espèces chaque année ! Peter Raven du Jardin Botanique du Missouri estime qu'au rythme actuel 60% de toutes les espèces vivant sur Terre seront éteintes dans 300 ans ! C'est une attitude criminelle car nous assassinons délibérément les enfants de dame Nature ! Oui, nous sommes en train de dépeupler la Terre pour assouvir jusqu'à sasiété et en-dehors de toute limite nos passions, notre goût de l'exotisme et du luxe ! A l'inverse du tigre de Sumatra présenté ci-dessous, un superprédateur au regard aiguisé qui connaît d'instinct les règles de la survie et s'adapte aux circonstances, nous avons perdu nos instincts qui sont pour l'essentiel inonscients ou refoulés et devons réapprendre à voir le monde, à sentir le pouls de dame Nature. Malheureusement, malgré toute la férocité et la ruse de ce tigre, il ne peut pas tenir tête aux hommes et a subit leurs actions sanguinaires au point que sa population est aujourd'hui réduite à 300 ou 400 individus dans le monde : il est en Annexe I de la CITES. Quand on sait qu'un tigre ne vit qu'environ 15 ans, on comprend toute l'urgence de préserver son espèce de l'extinction. Idem pour le chimpanzé. Bien qu'il puisse vivre plus de 60 ans, quand on croise toute la puissance de son regard, on ne peut s'empêcher de ressentir toute la responsabilité qui pèse sur nos épaules. Dans les deux cas, leur survie ne dépend que de nous. Alors arrêtons d'être égoïstes et pensons un peu plus aux créatures qui nous entourent avant qu'elles ne disparaissent définitivement. Sauvez un chimpanzé grâce à l'action de l'Institut Jane Goodall
Que l'homme fasse attention aux blessures qu'il inflige à dame Nature car ainsi que nous l'observons déjà avec l'effet de serre lié à nos activités industrielles et la raréfaction des ressources naturelles, un jour ou l'autre c'est toute la nature qui se retournera contre nous, bien sûr de manière imperceptible et naturelle, de la manière la plus surnoise. Cela a déjà commencé. Le destin inattendu et inquiétant de l'homme L'Histoire des hommes nous a démontré que nous ne maîtrisons pas toutes les composantes de notre évolution. Si nous sommes si intelligents que nous le prétendons, nous devons nous rendre compte que notre attitude aujourd'hui irresponsable et égoïste envers la nature nous conduit de manière accélérée à notre propre perte. Car nous sommes également un superprédateur, et perchés au sommet de notre pyramide à l'allure de tour d'ivoire, nous nous croyons tout-puissants, invincibles, autonomes et indépendants des autres communautés d'êtres vivants. Or en agisssant en égoïste, nous nous voilons la face et nous refusons de voir les effets indirects que nous produisons en saccageant et en exploitant de manière irréfléchie nos ressources naturelles. Partout dans le monde, la biodiversité s'appauvrit, les espèces disparaissent du fait de l'action des hommes. Des terres où l'on trouvait jadis des lions, des léopards, des éléphants ou des chimpanzés sont aujourd'hui dépeuplées à perte de vue. Pour assouvir nos besoins immédiats nous n'hésitons pas à sacrifier l'avenir de nos enfants, au lieu de gérer notre patrimoine de manière raisonnable en veillant au développement durable. Voyez ce qui est arrivé à l'île de Pâques. Aveuglé par le pouvoir, refusant d'accepter leur statut d'ilien et la limitation de leurs ressources, les Pasquans ont saccagé leur île jusqu'au dernier arbre pour finir par s'entre-tuer avant que leur civilisation ne disparaisse. Nous avons perdu une île tropicale luxuriante et tout un peuple. Aujourd'hui nous sommes sur la bonne voie pour reproduire ce scénario catastrophe... à l'échelle de la planète ! Si d'aucun considèrent que la période actuelle présente la plus grande diversité de tous les temps, si cette hypothèse se vérifie, la crise actuelle (en valeur absolue du nombre d'espèces éteintes) sera aussi la plus dévastatrice des extinctions de masse de tous les temps ! Biologistes et géologues pensent que nous sommes déjà dans une période d'extinction massive, la 6eme extinction... celle de l'homme. Mais d'autres risques nous menacent. La crise actuelle de la biodiversité entre en compétition avec les efforts mitigés de défense contre un risque de collision éventuel de la Terre avec un objet venu du ciel. Car la question est autant politique que scientifique. Préférons-nous payer pour détecter un astéroïde sur une orbite de collision avec la Terre ou pour préserver nos forêts des pluies acides et la biodiversité... ? Faut-il nous protéger contre un objet tombant du ciel ou ne vaut-il pas mieux protéger les espèces en voie de disparition vivant près de chez nous ? Quels sont les risques de l'un et de l'autre pour notre avenir ? Voilà autant de questions qui nécessitent une prise de conscience globale et des actions coordonnées des pouvoirs publics. Pour l'heure la NASA et quelques observatoires scrutent le ciel à la recherche de ces petits corps. Nous connaissons les principaux objets célestes pouvant heurter la Terre d'ici à 100 ans. Nous ignorons bien sûr la trajectoire des corps les plus petits ou qui nous prendraient par surprise comme les comètes de la famille Swift-Tuttle ou les NEO dont certains nous laissent à peine 4 jours pour réagir ! On y reviendra dans d'autres articles. Le développement durable L'avenir de l'humanité n'est donc pas garanti sur le plan des risques cosmiques. Il ne l'est pas plus du point de vue écologique. Le rythme des extinctions s'accélère depuis que l'homme a jugé que la planète lui appartenait en exclusivité : pollutions, déforestations, consommation outrancière, démographie exponentielle, chasse intensive, sont autant de facteurs qui contribuent à mettre en péril la vie de toutes les espèces qui nous entourent et par conséquent - dure loi de la biodiversité et de l'équilibre des écosystèmes - notre propre survie. Mais il y a d'autres risques potentiels dont nous subissons déjà les effets : risque sociaux, culturels, politiques, économiques, éthiques, etc, dont certains avaient déjà été entrevus par les économistes Malthus, Mill et Ricardo dès le début du XIXeme siècle. Comment enrayer ces processus qui s'emballent et dérèglent la planète ? De manière générale, les individus comme les pouvoirs publics ou les industriels ont jusqu'ici pris peu de mesures en faveur du développement durable. Disons qu'ils en prennent dans les pays riches mais timidement en fonction de leurs moyens et sans trop oser bousculer nos habitudes ou les lobbies. Ailleurs, dans les pays pauvres, l'ampleur du travail est telle que les autorités sont dépassées et sont incapables de juguler ces problèmes sans aide extérieure. Malgré la pression des groupes de défense de la nature et du travail des sénateurs qui rédigent les lois, il existe peu de règles en matière d'environnement et peu d'organismes de contrôle alors que les industries polluantes, les trafiquants et autres braconniers sont légions. Certaines lois sont mêmes en leur faveur quand elles leur accordent des "tickets pollutions" et autre mise en décharge de leur produits polluants ! Heureusement gâce aux actions du "Club de Rome", depuis un peu plus d'une génération la population et les pouvoirs publics ont pris conscience des risques qu'ils faisaient courir à la planète et commencent à modifier leur mode de vie. Mais si le sentiment écologique germe doucement en Occident, dans d'autres pays où la terre est stérile à tous les points de vue il ne fait pas encore partie de leur culture. Pour inverser la balance et rééquilibrer le monde, il a fallut inventer un super projet supranational et des systèmes de contrôle décentralisés dans chaque pays pour édicter tant bien que mal de nouvelles règles afin de mieux nous respecter ainsi que la nature, puisque nous n'étions pas capables de le faire seul.
Cette "optimisation" du vaissseau Terre n'est toutefois pas sans conséquences économiques et politiques, sans parler bien entendu de son impact sur nos mentalités. Les problèmes à résoudre faisant souvent partie de "problèmes de société" entrés dans les moeurs depuis plusieurs générations, d'organisation politique ou remettant en question notre style de vie, tant les décideurs que la population ne les acceptent pas toujours facilement et cela peut se traduire par des grèves généralisées et autre réaction de mécontentement lors des élections. Chaque problème nécessite une réflexion et des études très minutieuses de la part des scientifiques, des économistes, des hommes d'affaires et des autorités publiques en charge de les résoudre. La remise en état du vaisseau Terre peut durer plusieurs générations. Mais comme l'on dit, "l'essentiel est de commencer, le reste viendra tout seul". C'est ainsi que sont nés toute une série de nouveaux métiers d'expertise en "développement durable", allant de l'éco-conseiller en prise directe avec les acteurs de terrain, aux journalistes et autres communicateurs scientifiques qui ont pour tâche de transmettre l'information et de sensibiliser la population. A terme, il ne fait aucun doute qu'un changement de mentalité s'opèrera et que nous parviendrons à rétablir la santé de Gaïa. Nous reviendrons sur cet important sujet dans l'article que j'ai consacré au développement durable. Dernière partie Derniers états de santé de la planète
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