|
|
La biodiversité Derniers états de santé de la planète (V) Le 29 mars 2005, dans le cadre des études sur le changement global, l'OMS publia un rapport sur l'état de santé de la planète. Le communiqué de presse résumait toute l'ampleur du problème : "Les atteintes aux écosystèmes menacent de plus en plus la santé de l'homme". Le constat était clair, annoncé tel un signe d'impuissance des autorités devant le saccage de la nature. Ce rapport de synthèse intitulé "L'évaluation des écosystèmes pour le millénaire" (EM) résume les résultats d'une enquête demandée par l'ONU qui a mobilisé, pendant quatre ans, plus de 1300 experts de 95 pays. Ce rapport établit qu'environ 60% des bienfaits que procure l'écosystème mondial pour soutenir la vie sur terre (eau douce, air pur et climat relativement stable) sont en voie de détérioration ou utilisés de façon non viable. Selon l'OMS, les conséquences dommageables de cette détérioration pour la santé humaine ont été plus importantes depuis 1960 qu'au cours des deux siècles précédents ! Ces conséquences se font déjà sentir et pourraient s'aggraver sensiblement au cours des 50 prochaines années. Le rapport EM prévoit que l'érosion des écosystèmes pourrait entraîner une augmentation des maladies existantes telles que le paludisme et le choléra, ainsi qu'un risque accru de nouvelles maladies émergentes du fait de la disparition des biotopes des virus. Le Dr. Kerstein Leinter, membre de l'OMS et associé au rapport EM rappela que "ce sont les écosystèmes qui entretiennent la vie sur la planète. Ils sont essentiels pour la santé et indispensables au bien-être des populations partout dans le monde. Les travaux de l'EM montrent clairement l'interdépendance entre les écosystèmes et la santé humaine - et combien il est important que les décisions liées au développement économique protègent aussi l'environnement afin de sauvegarder en définitive la santé humaine". Il existe deux manières d'éviter les maladies et les traumatismes consécutifs à la désorganisation de l'écosystème. L'une d'elle consiste à prévenir, à limiter ou à combattre la détérioration de l'environnement; l'autre est de trouver les moyens de protéger les personnes et les populations des conséquences de l'évolution défavorable de l'écosystème mondial. Les liens entre les changements environnementaux et la santé humaine sont d'autant plus complexes qu'ils sont souvents indirects, décalés dans l'espace et dans le temps, et qu'ils dépendent d'un certain nombre de facteurs. Pour le Dr. Carlos Corvalan de l'OMS et qui collabora également au rapport EM, "l'une des conclusions frappantes de cette évaluation, et qui a une portée très vaste, est la nécessité fondamentale d'assurer la pérennité écologique afin de sauvegarder les écosystèmes et de protéger ainsi la santé humaine sur le long terme. Là où la mauvaise santé est due à une surconsommation des éléments fournis par l'écosystème tels que l'eau, les denrées alimentaires et l'énergie, une réduction sensible de la consommation - assortie du droit des communautés marginalisées d'accéder aux ressources essentielles - aurait des effets bénéfiques majeurs sur la santé". Le constat des experts est donc alarmant : si nous continuons à épuiser la terre à l'allure actuelle nous ne sommes pas certains qu'elle puisse supporter notre mode de vie encore 50 ans. A l'heure actuelle 60% des écosystèmes permettant la vie dans ses différents biotopes ont été, à des degrés divers, dégradés par les activités humaines.
On peut rapprocher ce pourcentage du nombre d'espèces qui, estime-t-on, disparaîtront d'ici 300 ans si rien ne change : 60% de la biocénose. Restera alors sur Terre moins de 10 millions d'espèces animales et végétales. Au sommet de ces communautés se trouve l'homme. Mais sachez déjà que si notre autodestruction était éventuellement programmée, malgré toute notre science, nous ne disparaîtrions pas en dernier lieu, tel le dernier rempart face à la 6eme vague d'extinction. Des créatures plus insignifiantes mais oh combien mieux adaptées et tout aussi bien organisées règneront après nous : les insectes et les microbes ! Malgré tout le respect que nous leur devons, ne laissons pas la terre aux cafards ! La biodiversité, gage de notre avenir Pour clôturer cette prise de conscience, permettez-moi une réflexion plus personnelle, plus percutante si les faits et les discours officiels ne vous ont pas encore convaincu qu'il était grand temps d'agir. Prenez les milliards d'insectes et de microbes qui peuplent nos contrées. Il serait tout de même insensé d'avoir chevauché tant de contrées par monts et par vaux, d'avoir combattu tant de hordes ennemies et protégé nos êtres chers et nos biens durant tant de millions d'années pour finalement abandonner le combat et la planète à ces êtres qui n'ont même pas conscience d'exister, ne trouvez-vous pas ? Rien qu'à ce titre et en mémoire de nos ancêtres, cela vaut la peine de nous battre pour préserver la biodiversité et consolider la branche sur laquelle nous sommes tous assis. Ce ne serait pas faire preuve d'intelligence et serions même encore plus stupides et inconscients que ces insectes ou ces microbes si nous ne comprenions pas ces cris d'alarme lancés par dame Nature. Si c'est le cas, le jour venu ils pourront bien représenter les créatures les plus intelligentes du monde. Ne leur offrons pas cette opportunité, voulez-vous. Comme vous, j'aimerais autant laisser à la postérité autre chose que... des mouches !
2050, c'est demain. Les adultes qui vivront à cette époque sont déjà là. Si la génétique le veut bien, je serai encore de ce monde et je pourrai apprécier le chemin parcouru. Certains de ceux qui vivront dans un siècle sont déjà nés aussi. Les actions que nous menons aujourd'hui les concernent au premier chef et ils seront encore là dans 50 ans pour nous juger. Donnons-leur bonne impression. Pour l'heure j'ai un mauvais pressentiment car les discours et les chiffres s'emballent sans que personne ne fixe d'objectifs concrets. Aidez-nous à protéger la Terre et vos petits-enfants vous remercieront. Nous devons agir maintenant pour ne pas avoir à pleurer demain sur le cerceuil de Gaïa et de nos semblables. Je compte sur vous pour transmettre le message et sensibiliser votre entourage à la fragilité des écosystèmes. Ce n'est plus un souhait, c'est devenu le premier commandement de la constitution d'un nouveau monde plus équilibré. Oui, cela doit devenir un enjeu politique. Tant que nous ne comprenons pas cela, la survie de la biosphère sera en sursis. La biodiversité est notre assurance-vie. Les actions écologiques vous passionnent ? Vous avez la rage et souhaitez agir dans le bien général ?
Sur ce site Rapport de la Conférence de Rio de 1992 Banques d'images The Great Barrier Reef - Image Collection Sunset boulevard (sur ce site) Organismes francophones Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO) MediaBase de la FAO (salle de presse et photothèque) Europa-Recherche, les dossiers de l'Union européenne Les énergies renouvelables (CERN) One voice (F) La sixième extinction. Evolution et catastrophes, R.Leakey et R.Lewin, Flammarion, 1995/1998 Ministère de l'Ecologie et du Développement Durable (F) Commission Interdépartementale du Développement Durable (B) Organismes anglophones Nations Unies (ONU) Les rapports de synthèse de l'ONU (ONU, WWAP) World Heritage (UNESCO) Organisation Mondiale de la Santé (OMS, Global Change) International Union for the Conservation of Nature and Natural Resources (IUCN) Red List (espèces menacées d'extinction) CITES (application de la Convention de Washington) Convention on Biological Diversity Human Activities and their Impacts (The Canadian Biodiversity Web Site) ICES (Conseil International pour l'Exploration de la Mer) Millenium Ecosystem Assessment International Geosphere and Biosphere Programme (IGBP) World Wildlife Fund (WWF) National Geographic - Earthpulse Retour à L'Ecologie et l'Environnement
|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||