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Selon
les données transmises par le
laboratoire d'analyse de surface (SSP),
Huygens s'enfonça de 15 cm dans un sol mou ressemblant à du sable
compact ou de la terre glaise sous laquelle se trouve une couche d'une
consistance relativement uniforme. Le site est situé à quelques
kilomètres semble-t-il d'un "rivage" sombre dont on ignore la composition.
A priori il s'agirait d'une surface sèche comme en témoigne les ombres
portées par les rochers éparpillés sur la surface. Cela
n'infirme pas l'hypothèse qu'il puisse s'agir d'un lac gelé. Sur Terre, les
photographies prises autour des pôles révèlent des zones sombres bordant des
reliefs clairs. Il s'agit de zones où l'eau a récemment été gelée. Un
phénomène similaire peut être observé sur Titan. Par des températures
inférieures à -183°C, ces zones sombres pourraient représenter des lacs
de méthane ou d'éthane gelés. Il
est exclu toutefois que Huygens ait atterrit sur une surface liquide.
D'après les photographies de la surface, Huygens serait tombée dans un
lit asséché, ni mouillé ni même humide situé en bordure des grandes
plaines sombres. Aujourd'hui
le Dr Lynn Doose et les scientifiques de l'Université d'Arizona (JPL,
DISR) analysent les spectres de nombreuses régions de la surface de Titan
afin de vérifier si certaines régions diffèrent notablement des autres.
Une telle découverte pourrait conduire à la conclusion qu'il existe
encore des zones liquides. Cela reste à confirmer.
Au sol, la lumière ambiante est très pâle et son intensité vaut environ 0.1% d'une journée ensoleillée terrestre, soit environ 7 magnitudes plus faibles, autant que l'éclat du Soleil vu de Pluton. Le paysage baigne dans une clarté qui ressemble à celle d'un soleil couchant terrestre. Toutefois, cette intensité dépend de la longueur d'onde. Dans les bandes d'absorption du méthane par exemple (dans la haute atmosphère) l'intensité est presque nulle. Les photographies montrent des terrains clairs accidentés, des plaines sombres desquelles "émergent" des rochers isolés de plusieurs dizaines de mètres de hauteur. On aperçoit également de petits cratères et des cratelets ainsi que des chenaux qui ont vraisemblablement transporté dans le passé des fluides déversés par les gorges. Selon Martin Tomasko de l'Université d'Arizona, les zones claires évoquent également des zones qui ont été ou qui sont inondées actuellement. Certaines ressemblent beaucoup à certaines vallées terrestres asséchées. Concernant
les roches jonchées sur la surface, selon Tomasko ainsi que pour les scientifiques de
l'ESA, certaines roches ressemblent à des blocs de glace et mesurent jusqu'à 15 cm de longueur.Il ne peut pas
s'agir de glace de méthane car elle coulerait dans du méthane. Leurs
formes arrondies et le paysage suggèrent qu'ils ont été roulés dans un
liquide indéterminé, une rivière qui les aurait fragmenté et arrondi leurs angles.
Pour le géologue Larry Soderblom de l'USGS, ces
blocs sont en tout points similaires à nos galets ! Les
blocs situés à l'avant-plan semblent partiellement couverts de glace (neige de méthane,
etc) et porte des ombres sur le sol.
A gauche, agrandissement
des images précédentes après correction, compositage et
mise en perspective afin de faire ressortir certains détails de la surface de Titan.
Au centre, gros plan sur les canaux de drainage. A droite, un traitement de l'image
fait ressortir les détails et les différents dépôts. Documents ESA/JPL
et T.Lombry. Les
images les plus étonnantes et qui furent à l'origine de
nombreux articles dans les revues scientifiques dont Nature et Icarus à
partir de mars 2005, sont celles
révélant ce rivage énigmatique asséché, ainsi que celles montrant des blocs
glacés et des galets sur
lesquels se penchent actuellement les planétologues avec toute l'excitation
qu'on imagine.
Aujourd'hui, la mission Huygens est terminée, la petite sonde ayant
épuisé l'énergie de sa pile à combustible. Mais il reste encore des centaines d'autres images et des
mégabytes de données instrumentales à
analyser et à interpréter.
C'est
ainsi que le 9 juin 2005, la Dr Bonnie Burratti de l'équipe scientifique
de Cassini analysa les images infrarouges transmises par la sonde et mis
en évidence ce qui ressemble à un volcan.
Il repose sur une base d'environ 25 km de diamètre. Cette découverte
renforce l'idée que Titan ressemble de plus en plus à n'importe quel
astre actif et présente des propriétés proches de celles de la Terre.
Son épaisse atmosphère notamment semble réapprovisionnée en énergie
et en matière par l'activité volcanique, un phénomène identique à
celui qui se produit sur Terre, sur Io (Jupiter), Encélade (Saturne) et Triton (Neptune).
Ce
dossier sera mis à jour dans les mois qui viennent en fonction
des découvertes.
Pour
plus d'information Sources
officielles Cassini-Huygens
mission (NASA) DISR
data products (images brutes) Post
processing The
Planetary Society (images, sons et présentations audio) Anthony
Liekens pages (images corrigées par des amateurs) Jet
Propulsion Laboratory (JPL) Portefolio
Terragen (sur ce site) Articles Les
communications spatiales avec Mars
(sur ce site) Astrobiology
Magazine (Icy Volcanoes, Methane Rains) Groupe
de recherche en exobiologie du CNRS (F.Raulin) Labo
LISA (études atmosphériques, Paris-12) Préanalyses
effectuées en 2003 (planning et performances attendues) The
Huygens mission to Titan: Overview and Status (PDF de l'U.Idaho) VLBI
observations of the Huygens probe (PDF de Jive) Huygens
(PDF de l'ESA)
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