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Au-delà de la Voie lactée La
formation des galaxies (VI) Comment
expliquer l’évolution des galaxies et le fait que certaines d’entre
elles émettent une puissance énergie ? Grâce aux analyses méticuleuses des données du satellite COBE effectués par le groupe du Dr Smoot du Laboratoire National Lawrence Berkeley (LBL) et en particulier des mesures effectuées par le radiomètre microonde différentiel (DMR) sensible à la polarisation linéaire, nous disposons aujourd’hui de cartes des premiers milliers et millions d'années d'existence de l'univers. Ces
cartes en fausses couleurs nous expliquent comment les galaxies se sont
formées. En plaçant ces différentes cartes en séquence chronologique,
on constate que des fluctuations dans la densité de matière originale
ont été amplifiées par l’attraction gravitationnelle, au point de
freiner localement l’expansion de l’univers. Au bout de quelques millions d’années,
la matière s’est trouvé en équilibre dans d’immenses halos plus ou
moins sphériques d’un diamètre s’échelonnant entre quelques
milliers et plusieurs millions d’années-lumière. Ces halos contenaient
un plasma à haute température (107
K)
qui, en se refroidissant, réagit avec les particules chargées, induisant
une importante émission de rayonnements X. Entraînée par la rotation du
halo, la matière fut attirée vers les régions centrales et se mis en
orbite dans son plan. D’immenses disques se formèrent alors au centre
des halos. On pense qu’en leur centre se développa de gigantesques
trous noirs qui pourraient expliquer la source d’énergie des actuels
quasars. Ces disques tournant sur eux-mêmes, la matière alentour se
rassembla et forma des bras spiraux constitués d’immenses nuages de
gaz. Traversés par les ondes de choc, ces nuages donnèrent naissance aux
premières étoiles. Selon la fréquence de ces formations naquirent les
galaxies spirales de différents types.
Les
galaxies contenant beaucoup de régions HII actives formèrent beaucoup d’étoiles
très lumineuses et consumèrent rapidement tous leurs gaz. Elles
présentent aujourd’hui une population de vieilles étoiles à laquelle
se mêle de grandes quantités de poussière, leur donnant une coloration
rougeâtre. A l’inverse,
les petites galaxies irrégulières n’ont pas eu la masse suffisante
pour développer des bras spiraux. Les étoiles naissent et meurent en
désarticulant continuellement les champs gravitationnels.
Quant
aux elliptiques géantes, elles constituent souvent la galaxie la plus
brillante des amas extragalactiques. On a d’abord cru qu’elles
avaient une structure et une dynamique similaires à celles des étoiles.
Mais elles tournent sur elles-mêmes beaucoup plus lentement qu’un corps
fluide, et leur dynamique apparaît vraisemblablement liée à un
équilibre triaxial (d’où leur forme ellipsoïdale). Des simulations
indiqueraient que ces galaxies qui présentent pour la plupart une forte
concentration centrale se sont peut-être formées suite à l’interaction
de galaxies spirales qui se sont relaxées au terme d’un mouvement
graduellement amorti. Ces interactions ont transformé la plus grande
partie du gaz sous forme d’étoiles[20]. Enfin,
les galaxies naines qui contiennent de nombreuses étoiles bleues sont
peut-être les résidus de galaxies peu structurées qui ont été
disloquées par l’explosion des étoiles de la première génération.
La plupart d’entre elles sont relativement jeunes, distances de quelques
milliards d’années-lumière tout au plus. Grâce au projet SDSS, Sloan Digital Sky Survey qui consiste à établir un relevé complet de 100 millions d'objets célestes, des étoiles et des galaxies du ciel boréal jusqu’à la 23eme magnitude et couplé aux données infrarouges du programme DENIS de l’ESO, nous connaîtrons bientôt la distance d’un million de galaxies et de 100000 quasars ce qui permettra, du moins on l'espère, d'estimer la courbure de l’univers. Ce jour là nous entreverrons peut-être l’horizon cosmologique.
Cette
histoire cache encore des zones d’ombre car les observations se sont
longtemps limitées au spectre visible. Or comme nous le disions il y a un
instant, depuis l’avènement des satellites
et des caméras électroniques (CCD), les
astronomes sont en mesure de sonder le ciel profond dans des rayonnements
inaccessibles aux moyens traditionnels, en infrarouge, en lumière X et
gamma, là où le décalage spectral enregistre ses plus grands records,
à deux doigts de la main du Créateur. Dernier chapitre
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